La souris qui fait peur à la télévision

22 11 2008

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La rédaction de Thalassa gardera un mauvais souvenir de son passage sur le Bassin d’Arcachon et je doute fort qu’ils ne reviennent de sitôt…

Une incroyable polémique sème désormais le trouble entre candidats aux législatives, ostréiculteurs, associations de défense de l’environnement et milieu de la presse et des médias.
Les faits sont très bien relatés dans cet article du journaliste Jacky Sanudo dans le Sud Ouest d’aujourd’hui:
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A lire aussi, l’article sur le site de telerama

Faisant moi même parti de cette émission et me retrouvant au final seul à attirer l’attention sur les problèmes environnementaux du Bassin (ma modeste intervention de 30 secondes concernait une fois de plus le Wharf de la Salie Sud…), je tiens à apporter certaines informations complémentaires qui vous aideront peut-être, chers lecteurs, à vous faire une opinion.

Car figurez vous que j’ai eu aussi affaire au reportage intitulé « Bassin d’Arcachon, le dossier noir de la plaisance »

En effet, j’avais été contacté courant août par le réalisateur Jean Marie Barère pour faire partie de cette « mini-enquête » qui lui avait été commandé par la production de Thalassa. Mon engagement environnemental tout récent était parvenu à ses oreilles et je devais donc être le fil conducteur de ce sujet, l’amenant à bord de mon bateaux à la rencontre des intervenants sur différents lieux du Bassin.
Avant de définir la date du tournage nous avons eu un grand nombre de conversations téléphoniques, parfois interminables, pendant lesquelles je lui expliquais ma vision du problème et tentais de m’assurer que mon intervention dans son reportage permettrait d’établir une balance équilibrée entre les problèmes, les solutions, et les perspectives d’avenir.
Mon souhait était de mettre en avant un certain nombre d’initiatives positives et de faire passer un message d’encouragement aux élus du Bassin qui sont conscients du problème mais qui, selon moi, manquent peut-être encore de créativité, de curiosité et de réactivité.

Parmi ces bonnes initiatives :
- le quai patrimoine au Port d’Arcachon, qui pourrait se populariser,
- encourager la plaisance traditionnelle, la voile, notamment par des places au port à tarifs attractifs et prioritaires pour les voiliers,
- développer et encourager la location de bateaux sans antifouling,
- restreindre l’accès aux sites sensibles dans les quelques week ends d’affluence excessive, par exemple en autorisant l’accès au Banc d’Arguin uniquement aux bateaux les moins polluants,
- encourager et trouver des financements pour aider les constructeurs de bateaux électriques et écolos comme la Tillole visible au port de la Teste.

Nous étions donc mi août et pour cette après midi de tournage à bord de mon zodiac le réalisateur allait d’abord faire ses images à l’Ile aux Oiseaux, interviewer des plaisanciers, interroger un chercheur qui venait à peine de commencer une étude sur le sujet, puis ce serait à mon tour d’argumenter.
Après 3 heures de tournage c’était à moi de parler.
Pour évoquer tous mes arguments je m’étais mis a proximité du Bac à Voile « Mallet » qui faisait des cercles autour de mon zodiac. Je pensais que cette image était celle qu’il faudrait retenir à la fin de ce reportage. Mais mon interview tourna au vinaigre. Je senti que le réalisateur n’avait que peu d’intérêt pour mes propos et qu’il y avait peu de place pour une note positive dans ce reportage. Je décidais alors de couper court à ce tournage en débarquant l’équipe sur le quai.
J’exigeais du réalisateur de ne pas figurer dans son « enquête », et afin de m’en assurer, je contactais le lendemain par téléphone le rédacteur en chef de Thalassa qui me rassura sur ce point.

Je sentais que ce sujet délicat n’était pas abordé d’une manière équilibrée. On allait montrer du doigt les bateaux à moteur et les jets ski comme des coupables, comme on montre les « méchants » propriétaires de 4×4, et faire l’impasse sur les possibilité intelligentes d’inverser la tendance et de revenir à une navigation plus sereine et mieux adapté à cet environnement fragile. On allait dénoncer un Bassin pollué par les plaisanciers alors que les journées d’affluences critiques se comptent sur les doigts d’une main…

Je n’ai pas eu la chance de pouvoir visionner ce reportage mais je peux comprendre la réaction violente et expéditive d’Olivier Laban, le nouveau président du syndicat ostréicole du Bassin quand il a exigé de visionner le documentaire, la veille de l’émission.

Mais alors… et la liberté d’expression dans tout ça ?

Facile à dire quand on n’est pas un ostréiculteur à un mois des fêtes de fin d’année…
Il faut aussi se mettre à leur place. Un métier de plus en plus difficile, exercé sous un climat politique local extrêmement tendu, une usine de carton ondulé au comportement douteux, une jetée en ferraille suspectée de polluer les eaux et toujours cette satanée souris qui apparaît comme une épée de Damoclès au dessus de leur tête.

Alors que faire de ce reportage ?
Liberté d’expression et indépendance de la presse ou protection d’une activité professionnelle en danger ?

Pour ma part, le choix sera toujours la liberté d’expression, garante de la démocratie.
Puisque ce reportage a été commandé et validé par Thalassa il aurait dû être diffusé.
Olivier Laban aurait pu argumenter et démonter le reportage en direct sur le plateau. Les blogs et internet se seraient chargés du reste.
Le dialogue et l’échange, même viril, plutôt que la censure. C’est la moins pire des solutions.

Quel dommage que ce reportage ait été tourné mi août quand tout allait mal sur le Bassin et diffusé 3 mois plus tard… quand tout va bien.
Quand au contexte politique lié aux législatives de demain : de la pure parano de la part des deux candidats impliqués dans cette polémique.

Cette histoire de déprogrammation de reportage me trouble au point que j’ai déjà changé d’avis sur la question trois fois depuis hier midi… et vous ?


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13 réponses à “La souris qui fait peur à la télévision”

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  1. 23 11 2008
    Patrick Delavaud (02:10:37) :

    En tant que « spectateurs » de Thalassa, depuis les Alpes, je n’ai vu que cet horrible tuyau qui déversait ses eaux le WHARF de la SALIE, et félicitations pour Votre très saine intervention ! Les élus ne voulaient pas faire de vague, mais pour déverser leurs eaux usées par le WHARF de la SALIE, qui feront que nos enfants deviendront STERILES, dans 20 ans ne les gênent pas ! ! !….eux ne seront plus à la Mairie dans 20ans, mais ils auront laissez LEUR MERDE ! ! ! Cela ne peux plus continuer, de laisser mourir le Bassin d’Arcachon, en laissant faire ces élus qui ne pense qu’à s’enrichir, autour de NOTRE Patrimoine ! ! ! La Sentinelle des Alpes PATRICK DELAVAUD.

  2. 23 11 2008
    CatFish (04:14:57) :

    « Bassin d’Arcachon, un monde à part »…

    Slogan à destination du tourisme, à la fois très vrai (tout ici est unique/original, ou presque, et précieux en tout cas) et très faux (le bord du monde ne fait pas le tour du bassin, malgré la façon de penser et d’être de beaucoup).
    Slogan à retenir (il y a tout ici, et toutes les raisons de venir le découvrir) et à rejeter (il y a des problèmes -toujours d’origine humaine- avec tout et tout le temps, c’est épuisant…).
    Et aujourd’hui c’est un jour sans, alors tiens j’en ai assez, et j’en cause.

    D’accord il y a, partout en France et dans le monde, des luttes mesquines et des mégalos de bac à sable au niveau de maturité affligeant (mais affichant avec paternalisme l’idée du contraire), des susceptibilités que l’on massacre à tort ou que l’on ménage pour de mauvaises raisons, des médias à qui l’on peut reprocher (presque) autant qu’aux responsables des affaires dévoilées…

    Mais pourquoi donc notre bien aimé bassin, ou plutôt ses émanations tribales les moins gracieuses, s’ingénue parfois à ce point à faire « pire que les autres » ?
    Certaines des localités qui ont été ou seront visitées par « Thalassa » ont des soucis plus graves encore que les nôtres…mais je mettrais ma main sur le grill qu’aucune autre émission de la collection ne se verra privée du direct, ou amputée de son reportage emblématique de la semaine, quel qu’en soit le contenu !!

    Alors quoi, on est vraiment encore plus (auto-censuré) qu’ailleurs ?
    Ca passe pas, pourquoi ?
    Parce que gnia gnia gni et gnia gnia gnia ? Bisque-bisque-rage ?
    Parce que « vous comprenez, ici les gens sont sérieux (comment ça ailleurs aussi ?) alors tout est sacré hein, les huitres comme les partis politiques, les 4×4 au format tank soviétique comme les labradors jaunes sur les plages interdites aux caca-toutous, la plaisance de masse dérégulée comme le mitage urbain débridé, alors t’est gentille la liberté d’expression mais tu va jouer plus loin  » ?

    Tss tss, une chance que j’aime rire jaune sur fond d’humour noir, parce qu’autrement autant se pendre au grément…

    Enfin, au moins quand la nature peut rapporter gros, on daigne lui porter attention…encore faudrait-il pour cela se donner les moyens de diriger vraiment l’intérêt des gens à sa destination, qui sait ça pourrait donner le change après un été a regarder les touristes (de moins en moins « de masse ») plantés immobiles sur la plage, faute de budget a consommer dans les 100 000 commerces clonés le long des grands boulevards….
    Mais pour ça il faudra d’abord respecter la Nature pour ce qu’elle est, sans spéculer, et beaucoup l’aimer.

    Ceci étant réjouissons nous, au-delà des manigances et jets de fiel des uns et des autres, le résultat se précise : depuis « l’affaire des rejets » cet été, le bassin n’a jamais été aussi écolo dans ses thématiques discursives et autres belles intentions…d’ailleurs avant on en parlait jamais, mais les gros mots finissent toujours par passer dans le langage courant.
    Ce n’est qu’un début, alors comme le disait en son temps la mère de l’Empereur du fond de sa Corse natale, « pourvu que ca dure!… »

  3. 23 11 2008
    johan (14:48:27) :

    bonjour,

    Aurais tu a tout hasard un scan de l’articile du sud ouest? Assez troublant toute cette histoire! Thalassa s’engage a le diffuser….Oui mais quand? En 2009? Il y aura t’il un « bon » moment pour le diffuser? mouais…pas persuadé! En tout cas, le bassin fait parler de lui dans le mauvais sens du terme, c’est bien dommage!
    Allez, je file regardé l’emission que j’avais enregistré!
    Bon apres midi.

  4. 23 11 2008
    Virginie (19:24:20) :

    Salut Stéphane…. Bon nous avons regardé l’émission dans sa quasi-intégralité… j’ai regardé ton reportage que j’ai trouvé fort juste mais…….. fort court comme s’il avait été coupé, comme si on ne voulait pas que tu parles, que tu racontes trop….. J’imagine ta déception face à tant de censure…. Alors moi ma position face à tout ça reste la même, la liberté d’expression doit lutter face à ses despotes, hors de question que parce qu’une profession se sente en danger, il faille museler cette liberté… On n’en ferait pas autant pour d’autres professions tout aussi en crise…. navrant!! Je suis pour et encore pour l’échange d’opinions, d’idées, car les solutions ne peuvent sortir que de l’échange…. Tu ne peux pas flancher, changer d’idées car maintenant tu es sur le devant de la scène, tu vas exposer le bassin et donc le défendre, ce qui est très bien! Et puis ce wek-end j’ai discuté avec un biologiste sur nos petites bactéries qui sont bien plus souvent issues de la résultante organique (déchets organiques) que chimique (surtout axée sur le pétrole dans ce cas là)… une éclaircissement…. Sinon, le résutat va être la victoire du mercantilisme sur la nature, mais ça on sait très bien que ça n’est plus possible, alors oui la vie est dure, inquiétante pour tout le monde, pour les ouvriers de Smurfit, pour les ostréicuteurs, pour toi, pour moi mais il faut avancer dans la concertation et non au profit du profit!!! A bientôt et bon courage Stéphane. Bises.

  5. 23 11 2008
    stephanescotto (19:45:12) :

    Salut Virginie et merci pour ton post.

    Je tiens à faire quelques précisions.

    Concernant mon intervention dans l’émission de Thalassa, il m’avait bien été précisé dès le départ que le « coup de gueule » ne durait que 30 à 60 secondes. Un exercice très difficile que d’expliquer les problèmes du Wharf et des rejets en mer en si peu de temps. Après hésitation j’ai néanmoins accepté. Je me suis dit que c’était une occasion supplémentaire d’attirer l’attention sur ce sujet et que les intéressés pourraient toujours se documenter par la suite.
    Je n’ai donc pas été victime de censure et le journaliste de Thalassa Bernard Dussol, qui est un grand professionnel, était tout à fait conscient de la difficulté pour moi et de ce que je risquais dans l’histoire. On m’a d’ailleurs laissé la possibilité de visionner le sujet monté avant sa diffusion et le choix de me retirer si je ne le sentais plus.

    Toute la polémique repose sur le contexte politique et économique et les pressions exercées par deux candidats et le syndicat ostréicole sur la rédaction de Thalassa.
    Moi je comprends les arguments avancés par chacun d’entre eux. Il sont louables.
    Mais, encore une fois, RIEN ne doit pouvoir entraver la liberté de la presse et la liberté d’expression.
    Si on commence à laisser passer ça, on sait très bien ou cela va nous mener…

  6. 23 11 2008
    Virginie (20:13:32) :

    Bon alors tu as eu bien raison de faire ton  » coup de gueule », reste juste à déplorer cette censure politico-ostréicole car comme tu le précises et je suis entièrement d’accord avec toi, rien ne doit entraver la liberté de la presse et d’expression ! A bientôt!

  7. 24 11 2008
    Dieter Schmid (00:09:31) :

    J’ai lu que les ostréiculteurs ne voulaient pas de ce reportage, qui aurait pu porter atteinte à leur chiffre d’affaires pour noël- comme le dit leur président.
    Je pense que c’est dommage que le reportage ne soit pas passé, parce que c’était peut-être le dernier avertissement ‘grand public’ pour tous les acteurs de réfléchir comment contenir la pollution (il y en a plusieurs, pas seulement celle des plaisanciers!). Certes, les ostréiculteurs ont ‘sauvé’ leurs ventes de noël, pour cette année, peut-être encore pour deux ou trois autres. Mais après, tout le monde sera détruit… Donc, le président de la section agit exactement comme l’aurait fait un politicien. Colmater la brèche dans l’immédiat, et après nous le déluge.

  8. 24 11 2008
    Patrick Delavaud (15:12:35) :

    Bonjour à tous, j’ai bien lu vos post. Pour arrêter la pollution du Bassin, il y aurait deux solutions à mettre en oeuvre: 1er faire que tous les bâteaux sur le bassin soient équipés, comme les campings-car de cassette pour wc, et de réservoir pour les eaux grises, à vider obligatoirement aux ports – Et 2ièm faire que les 60 000 mètres cube journalier d’eau déversé par le wharf, soient très bien filtré, et déversé aux niveau d’Audenge ou du Teich, provaquant une chasse et le désenvasement . C’est actuellement ce qui se réalise au Mont St Michel pour désenvaser, j’ai vu les travaux cet été ! Rectification des erreurs commises, par les municipalités précédentes ! ! !

  9. 24 11 2008
    stephanescotto (15:35:18) :

    Bonjour Patrick,

    Je ne vous suit pas trop dans vos idées…
    En fait, le problème des eaux grises est partiellement résolu puisque il est obligatoire désormais de posséder un réservoir eaux noires à bord de son bateau pour mouiller plus de 7 heures au même endroit.
    Mais concernant la plaisance sur le Bassin, je pense que le problème est ailleurs : c’est l’accumulation de bateaux à une période bien précise qui pose un soucis. D’autant qu’au delà des eaux grises ou noires il y a le problème des antifouling. Il faudra de la créativité et de l’audace pour trouver des solutions, mais je suis certain que c’est possible.

    Concernant les rejets en mer du Wharf alors là je vous suit encore moins bien : si le wharf a été conçu c’était justement pour ne pas rejeter à l’intérieur du Bassin… Je pense que si l’on appliquait la solution que vous proposez ce serait pire encore !!! ce qui semble fonctionner au Mont St Michel ne fonctionnera pas forcément ici…
    En revanche, ce qui serait souhaitable c’est d’analyser quotidiennement pendant un an ce qui sort du Wharf et aux alentours (Banc d’Arguin, plages de Biscarosse) afin de connaître exactement l’impact de cette éventuelle pollution.
    On peut certainement envisager d’améliorer le traitement des eaux usées. Le Siba vient de lancer un programme de communication pour inciter les habitants du Bassin a ne plus utiliser de détergents et de pesticides.
    Il y a des solutions d’urgence, faciles à mettre en place et peu coûteuse et il y a le long terme, à étudier avec beaucoup de sérieux pour ne pas se planter.
    Mais pour arriver à avancer il faudrait d’abord sortir de ce climat d’affrontement entre les uns et les autres, et pour cela il faudrait d’abord que nos élus locaux montrent l’exemple et arrêtent de nous emmerder avec leurs ambitions politiques démesurées qui sèment un climat excecrable sur un territoire qui mérite mieux que ça.
    Les américains viennent de donner une grande leçon de démocratie et de tolérance au Monde entier.
    Et nous on fais quoi ?

  10. 24 11 2008
    Patrick Delavaud (16:16:30) :

    Bonjour, quand je vois qu’aujourd’hui dans l’espace les astronautes, utilisent l’eau en circuit fermé, même leurs urines sont filtrées,(domaine que je connais bien ) c’est pour cela que je voyais cette idée, d’eau absolument propre, se déversant au fond du Bassin ! Bon d’accord ce n’est pas pour demain ! Mais 20 000 bateaux de plaisance, qui consomme 4 000 000 litres de carburant, qui reste dans le Bassin…il y a du soucis à se faire si la plaisance augmente de 20% par an sur le Bassin D’Arcachon ! ! ! A la têtes des municipalités, se sont des personnages qui ne pensent qu’à s’enrichir, preuve en est : Michel Noir, Carignon, Juppé, Villepin, Chirac, et je m’arrête là…..parce que dans nos petites communes c’est encore plus sournois ! ! !

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