Mon rêve brisé

30 10 2009

Ce soir j’ai vraiment le cafard.

Je savais qu’en me rendant à ce « débat public » du SCOT (Shéma de Cohérence Territorial ) organisé par le SYBARVAL (Syndicat du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre), je serai déçu. Mais pas à ce point.
Après avoir essayé, en vain, de convaincre mes propres amis de m’accompagner, je m’y suis donc rendu seul ce soir, à la Salle des Fêtes de Biganos.

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Première constatation : 45 personnes dans la salle !
Pour un territoire qui comporte 140 000 habitants, un débat qui porte sur son avenir de façon très concrète, seuls 45 personnes ont jugé utile d’y participer. C’est désespérant.
Mais il est vrai que nos élus n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour proposer à leurs concitoyens de participer au débat… quel est l’habitant du Bassin et du Val de l’Eyre qui a été informé de cette réunion pourtant d’une importance capitale ? Même la presse locale a brillé par son absence. Il n’y avait dans la salle qu’un correspondant de Sud Ouest (même pas journaliste professionnel), une correspondante de la Dépêche du Bassin, et… c’est tout !

Parmi elles, beaucoup de retraités, des Présidents d’Associations diverses et variées (qui manifestement n’ont même pas réussi à mobiliser leurs adhérents), les Verts, et une représentante du Parti Communiste.

Je balaye du regard la salle à la recherche d’un ostréiculteur. Pas un seul. Il me semble pourtant les avoir bien entendu cet été crier au complot immobilier qui se préparait derrière leur mort annoncée… Il faut dire que les souris ne meurent plus, et qu’ils sont invités au cirque Pinder à Paris le 1 er décembre pour promouvoir leurs huîtres. C’est tellement plus facile de dompter les tigres en cage plutôt que les promoteurs « bétonneurs » !

Donc pas d’ostréiculteurs ce soir et c’est bien dommage car si il y a bien une corporation qui peut sauver le Bassin ce sontcertainement les paysans de la mer.

Sur 17 maires de la circonscription, 5 sont présents !!! Il y a Marie Hélène DesEgaulx (MHDE) sénateur-maire de Gujan-Mestras, le Maire de Biganos Bruno Lafon, la Maire d’Audenge Nathalie Le Yondre ( bien placée pour savoir les conséquences que peuvent représenter les ordures ménagères de 10 communes déversées sur sa ville pendant des années…), Christiane Dornon , maire du Barp et Jean-Guy Perrière le maire d’Arès qui « anime » la soirée. On notera donc l’absence du Président de la Cobas Yves Foulon qui était occupé à donner une interview sur Radio Côte d’Argent après un conseil municipal sur sa comune. Quelques élus conseillers municipaux ou conseillers régionaux sont là aussi : Vital Baude et Michel Daverat des Verts, et René Serano ancien conseiller général pour la Teste.

De toute évidence, à presque 40 ans, je suis le plus jeune dans la salle… (à part Vital Baude des Verts). Finalement j’ai honte de ma génération, qui a le devoir de s’investir pour changer les choses et les améliorer, et qui est totalement démissionnaire, préférant de loin aller se bourrer la gueule dans les bars du Moulleau et aller surfer plutôt que d’aller se faire chier à écouter parler de SCOT, de SYBARVAL, de PADD, de SDAU 1 et même de SDAU 2 !!!! Comment leur en vouloir, tout est conçu pour repousser le jeune citoyen vers ses préoccupations quotidiennes et finalement assez insignifiantes.

En face de ce maigre public non représentatif de la population du Bassin, une estrade et 3 intervenants. Ce sont les ingénieurs de l’étude qui a été commandée par le Sybarval pour définir les enjeux et les perspectives de développement du SCOT. J’apprends que cette étude commandée au cabinet A’URBA aura coûté aux contribuables la coquette somme de 830 000 € ! Dépensons sans compter, c’est du « développement durable »…

La présentation commence…

Projections de cartes et de simulations démographiques et urbaines au mur, annonces de chiffres (presque à voix basse tellement c’est indécent…), et solutions envisagées, adaptations… tout cela enrobé de jolies phrases dans un vocabulaire qui rapellerait presque le menu d’un restaurant étoilé !

sybarval04.jpg  sybarval03.jpg  sybarval02.jpg

3 aspects sont développés : l’urbanisation, le transport, et l’offre économique et touristique.

Dès le début, je suis pris d’un mal être. Je m’aperçois en effet que comme tous les habitants du Bassin (qui ne le savent pas encore…) je suis mis devant le fait accompli. Les élus ont bel et bien décidé d’assumer les + 100 000 habitants (minimum) annoncés pour 2030 sur le Bassin d’Arcachon et ont commandé (en toute discrétion) cette étude sérieuse afin de savoir quelle était la meilleure façon de bétonner et d’offrir les infrastructures nécessaires pour accueillir ces nouveaux arrivants. Pourtant, l’année dernière, lors du débat de la journée « L’eau en partage » organisée par le SIBA, deux élus d’importance et de bords différents : François Deluga Député-Maire du Teich et Michel Sammarcelli, maire du Cap-Ferret, Président du SIBA, avaient donné publiquement leur avis sur la question : c’était « NON, STOP, on a atteint la limite ». Mais ce soir ces deux élus ne sont pas là… faut-il en déduire quelque chose …?

Il aurait été plus simple et moins coûteux de geler l’urbanisation pendant 10 ans et d’observer les dégats occasionnés par les 10 années de bétonnage qui viennent de s’écouler. Mais non, cela réclame un courage politique que nos élus n’ont pas. Quelque part je les comprends. Difficile de dire à un jeune ménage qui voudrait bien s’installer dans le coin et profiter lui aussi de la qualité de vie qu’offre ce territoire : « désolé il n’y a plus de place pour vous, il fallait venir avant ». Et pourtant, aussi injuste que cela puisse être, j’en suis convaincu c’est la seule et unique solution pour protéger la nature exceptionnelle du Bassin d’Arcachon qui fait tout le charme de la qualité de vie qui nous attire. Alors, depuis des années, sous prétexte de limiter la spéculation foncière, on a autorisé la construction de nouveaux lotissements, on a mordu et mordu encore sur la forêt, sur le bord de mer (Gujan-Mestras, vers le Chateau Madère), même inondable c’est pas grave… on a autorisé la division de terrains et la construction de « cages à lapins » mitoyenne  spécialité du constructeur Palma Immobilier, au beau milieu de villas arcachonnaises classées au patrimoine ! incohérence totale ! anarchie permanente ! manque de respect de l’identité de nos villages, et on ne pourra pas faire marche arrière. Ce qui est construit ne sera pas détruit. Il faudra vivre avec. Ce soir pour nous rassurer, les élus ont affirmé leur volonté de ne plus ouvrir de nouveaux territoires à la construction. Nous allons donc « densifier » les communes… heureux propriétaires d’une jolie villa arcachonnaise ou d’un chalet en bois de pêcheur, préparez vous car si votre voisin vend son bien, il aura tout intérêt à vendre son terrain à un spécialiste de la « cage à lapin » qui optimisera chaque cm2 constructible, ne laissant aucune place pour un petit bout de jardin. Sur la commune sur laquelle je vis, La Hume/ Gujan-Mestras, c’est la politique menée malgrè les belles promesses de campagne.

Mais revenons à cette belle présentation du SYBARVAL…

Après avoir évoqué donc l’urbanisation, nous voici sur le sujet du transport. On nous parle de transports collectifs mais moi je sais que sur un tel territoire, on utilisera toujours plus sa voiture que le bus ou le train. Il y a un individualisme sur le Bassin assez évident et il sera difficile de changer les mentalités. On aura beau doubler les voies rapides, il y aura toujours plus de voitures, plus de camions et donc… plus d’embouteillages qui rendront la vie de ceux-là même qui voulaient vivre ici, de plus en plus proche de la vie qu’ils avaient dans la grande ville qu’ils ont fui…

Puis le sujet de l’économie. Alors là je dois dire que j’ai été épaté par l’imagination et la créativité de nos ingénieurs ! On nous propose de construire des bureaux, beaucoup de bureaux car il n’y en a pas sur le Bassin. De miser sur une usine de fabrication de panneaux solaires car nous avons du silicium sur place (mais l’intervention d’un monsieur qui avait l’air bien renseigné sur la question a vite fait perdre son enthousiasme à l’ingénieur-économiste : en effet il semblerait que le marché des panneaux solaires soient définitivement occupé par les chinois, faute d’avoir anticipé sur la demande. Et qu’en plus, une nouvelle technologie plus performante n’utilisant pas du silicium soit déjà à l’étude…). On nous propose aussi de développer la filière bois en la diversifiant. Là par contre, je trouve que l’ingénieur à vu juste en précisant au Maire de Biganos que l’usine Smurfit ne sera certainement plus là dans 20 ans et qu’il faudra donc trouver de nouveaux débouchés pour tous ces pins. Personnellement je pense que Smurfit ne sera plus là dans 5 ans du fait des crises économiques mondiales à répétition que nous allons subir. En revanche j’ai été choqué par l’idée de clôturer les forêts pour « protéger »  des promeneurs du dimanche la ressource sylvicole. C’est un comble quand même : on livre de l’espace naturel aux promoteurs mais on « protège » la forêt des promeneurs indésirables !!! Le monde à l’envers.

Il a également évoqué l’industrie nautique que l’on pourrait développer en créant des… ports à sec ! ben voyons ! tout le monde à bien remarqué cet été qu’il n’y avait pas assez de bateaux sur le Bassin !!!

A ce stade de la présentation je me rends compte que nos élus ont fait le choix d’adapter le territoire à l’Homme sous couvert du mot magique : « développement durable » parsemé par ci par là… pourtant la seule chose qui « dure » dans le « développement » c’est la pollution. Et la nature dans tout ça ? oh et bien elle s’adaptera à l’Homme elle aussi. Enfin… on verra ça plus tard…

Au bout de deux heures, la présentation se termine enfin. Le débat peut commencer.

C’est Michel Daverat, élu des Verts au Conseil Régional, qui prend la parole le premier. Il reprend un chiffre annoncé lors de l’exposé : 38 000 logements en plus ! Oui vous avez bien entendu : 38 000 logements !!! dont 15000 logements sociaux. Multiplié par 3 ou 4 personnes par logement = 130 000 habitants en plus. Et il s’interroge : que vont faire ces gens ? quels emplois pour eux sur un territoire déjà bien touché par le chômage et les emplois précaires et saisonniers ? il rappelle aux élus présents qu’ils avaient parlé de « freins à l’urbanisation » mais qu’au final c’est un schéma tout à fait contraire qui a été présenté ce soir. Et de conclure :  » développement durable, je ne vois pas ce qu’il y a de durable dans tout ça ».

Jean-Claude Laloubere, personnalité politique du Barp saisit le micro et se lance dans une critique fort bien faite sur la qualité du travail effectué par le cabinet A’URBA et soulève le manque de démocratie qui règne au sein de ce débat majeur.

Puis c’est Monsieur Duhard, président du COBARTEC (collectif pour le transport en commun) qui prend la parole et s’engage dans la lecture interminable du tract qu’il a distribué à l’entrée. Tout ce qui est dit dans ce tract est vrai, bien éclairé, et très clair. Le seul problème c’est qu’il fait deux pages A4, que tout le monde l’a déjà lu et qu’il nous faut maintenant l’écouter en totalité. Des voix s’élèvent : « faites le taire ! », « pfffffffffffff », tout le monde en a marre mais l’élu chargé d’animer le débat laisse parler. Au bout de 10 minutes c »est enfin terminé et le débat reprend.

C’est très tendu et désordonné. Cela part dans tous les sens. Le maire d’Arès chargé de mener le débat ne semble pas motivé pour créer une animation constructive. C’est un peu comme si il laissait parler les « empêcheurs de tourner en rond » dans un désordre volontaire, histoire que le débat ne mène à rien… pipo, pipo !

Moi même je me suis lamentablement fait remarqué dans une intervention excessive en réclamant le micro de façon maladroite et impolie… Bref, je suis passé pour un con. Je décide donc de me calmer un peu et d’attendre avant d’intervenir à nouveau.

J’arrive enfin à avoir le micro. Je précise à la salle que je ne suis « membre de rien », ce qui fait sourire Jean-Guy Perrière. Mon intervention se limitera à exprimer mon désarroi aux élus présent. Leur dire que je me sens bien seul dans cette salle, leur rappeler que le Bassin est très fragile, qu’il souffre déjà beaucoup de surpopulation et qu’il faut s’arrêter là. Je conclu par la phrase d’un ami, un jeune architecte de 26 ans amoureux du Bassin :  » le Bassin c’est comme un cannot de sauvetage prévu pour 10 personnes… si on monte à 30 dessus, il coule et tout le monde meurt ». Je m’attendais à quelques applaudissements pour cette phrase tellement significative mais rien. Et Monsieur Jean-Guy Perrière, maire d’Arès de rétorquer que les élus du Bassin sont des gens responsables. Responsables peut-être mais conscients j’en doute.

Enfin, c’est Vital Baude, élu d’Arcachon pour les Verts qui prend à son tour la parole. Il précise, et je tiens à l’en remercier, qu’il comprend très bien ma réaction puisque j’ai fait l’effort de venir à cette réunion et que j’ai découvert que j’avais été mis, comme tout le monde, devant le fait accomplit, sans aucun débat préalable à cette étude, et que cela n’était pas normal de considérer les citoyens du Bassin de cette façon. Il intervient sur un point qui n’a pas été pris en compte dans cette étude pourtant très coûteuse: la nourriture. Qu’allons nous en effet donner à manger aux 250 000 habitants du Bassin ??? Il interpelle MHDE car il est vrai que depuis la projection du film « Nos enfants nous accuseront » et le débat violent qui a suivit (voir mon article en cliquant ici), elle a fait la démarche d’amener le bio dans les cantines de sa commune et c’est une très bonne mesure. Comment faire donc pour offrir une nourriture de qualité à une population aussi importante qui vit sur un territoire ou la pression foncière est telle qu’il est difficile voir impossible pour un maraîcher de s’y installer. Allons nous subir un va et viens permanent de camions remplis de nourriture industrielle vendue dans les hyper qui viendront s’installer dans les nouvelles Zones Industrielles crées pour l’occasion ? cet aspect pourtant capital n’a pas été pris en compte dans le SCOT.

A ce stade, il ne reste plus que 20 personnes dans la salle, il est 21h30 et je décide de rentrer.

Dans ma voiture j’ai eu envie de pleurer.

Ce soir j’ai compris que c’était foutu. Il n’y a plus rien à faire. Le compte à rebours de la déchéance du Bassin à commencé. Dans 5 ans, on commencera à s’en rendre compte mais il sera trop tard pour faire marche arrière. Finalement j’en arrive à la conclusion que, de part leur manque d’implication, ni les habitants, ni les ostréiculteurs du Bassin ne méritent ce territoire merveilleux. Ils vont donc le perdre au profit des bétonneurs. Je ne veux pas assister impuissant à l’agonie d’un endroit aussi magique qui méritait tellement plus de respect.

Je décide donc de partir avant le désastre.

A partir de ce jour, je vais réfléchir sérieusement à une nouvelle expatriation.

Cela devrait prendre deux ans à peine.

Certains seront contents de me voir partir, d’autres moins, mais je partirai la conscience tranquille car moi, au moins, j’aurai fait l’effort de m’informer, de m’exprimer, de participer aux différents débats et d’essayer de vous sensibiliser, tout en restant un simple citoyen apolitique et indépendant.
Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, je vous en remercie.

 

intervention de Michel DAVERAT, Conseiller Régional des Verts après les deux heures d’exposé:

http://www.dailymotion.com/video/xazyl5

Archives vidéos (deux Maires au moins affirmaient il y a moins d’un an qu’il n’était pas raisonnable de ne pas mettre un frein à l’augmentation démographique sur le Bassin):

Dans cette vidéo tournée lors du débat qui suivait la journée « L’eau en Partage » en février 2008, François DELUGA, député-Maire du Teich répond à la question d’un habitant concernant la pression démographique. Il parle alors de +70 000 habitants évalués alors que nous parlons désormais de… + 130 000 habitants !!!:

http://www.dailymotion.com/video/xb00nk

http://www.dailymotion.com/video/xb01bk

Dans cette vidéo, la réaction de Michel SAMMARCELLI, Maire de Lège-Cap-Ferret et Président du SIBA:

http://www.dailymotion.com/video/xb01xg


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33 réponses à “Mon rêve brisé”

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  1. 30 10 2009
    stephanescotto (18:45:27) :

    Coyote, cette phrase est entre guillemets, sur le ton du cynisme, exagérément simplifiée, pour justement lui donner le caractère percutant que je souhaite. Elle sonne de la même façon pour moi qui ne fait pas parti des « riches ». Mais c’est malheureusement un fait que nous sommes pris au piège entre deux solutions : limiter l’accès au Bassin ce qui bien sur déservira les plus modeste ou ne pas limiter l’accès, ce qui, à terme, nuira à tout le monde, riches, prolos, et classe moyenne. Mais la première à en pâtir sera la nature. Cette idée vous gêne ? moi aussi figurez-vous.
    Quand aux assos « écolos », je dis seulement qu’aujourd’hui nous jouissons tous d’une certaine liberté qui nous permet de vivre en cohérence avec la nature. Mais demain, à la perspective de 260 000 habitants sur le Bassin, ce ne sera évidemment plus possible. Encore une fois, à ce jeu là, tout le monde sera perdant.
    Quand au fait que je ne sois pas urbaniste c’est évident mais cela ne m’empêche pas de donner mon avis car à ce que je saches nous sommes dans un pays libre ou la liberté d’expression existe encore, et d’ailleurs la preuve puisque vous pouvez réagir sur mon blog et donner votre avis également.

  2. 30 10 2009
    LALOUBERE Jean-Claude (18:52:27) :

    Merci de votre compte rendu.
    Je l’ai lu jusqu’au bout …. mais pas entièrement puisque j’étais présent dans la salle et donc, je sais ce que vous avez dit.
    Par contre, première réaction : 2 points que je soulève.
    1- Il y avait d’autres élus dans la salle
    2 – Vous oubliez mon intervention située après Michel DAVERAT

    1 – Il y avait également Christiane DORNON, maire de Le BARP (Val de l’Eyre) mais qui ne représentait personne et qui était plutôt pressée de rentrer à la maison !
    Il y avait aussi René SERANO, conseiller général, qui ne représentait personne non plus et était venu écouter.
    Et, je crois que c’est tout.

    2 – Vous ne pouvez pas avoir manqué mon intervention, car j’ai fustigé tant les élus que le cabinet d’architecte sur la qualité de leur travail faisant même ressortir la faute professionnelle sur la conduite du projet :
    . Pour les élus qui n’ont fait aucune publicité sérieuse auprès de leurs administrés et qui se sont emparés du sujet comme si c’était le leur.
    . Pour le cabinet, dont j’ai fait ressortir le manque d’objectif, le manque de mise en place d’indicateurs, la conduite sans étape, etc …

    d’une manière générale, j’ai surtout argumenté sur le manque la structuration juridique de ce projet qui ne ressemble à rien, sur la manière de procéder qui est comme ça vient, enfin sur le fait que le résultat de ce travail n’est que le fruit d’un petit groupe de personnes élues et qu’on ne nous fourbissait que de la politique et non de la démocratie.

    Mais je comprends que vous ayez eu le cafard.
    Personnellement je crains pour l’avenir.
    A bientôt.
    Jean-Claude LALOUBERE

  3. 30 10 2009
    stephanescotto (19:05:23) :

    M. Laloubère, je vous remercie de ces précisions.

    Comme je ne fais pas de politique je ne connais pas tous les visages d’autant plus sur les communes du Val de l’Eyre.
    Je rectifies donc immédiatement mon article et ajoute votre intervention.
    Je voulais vous dire que j’ai bien écouté votre intervention puisque c’est d’ailleurs moi, la seule et unique personne qui vous ait applaudi, sans pour autant savoir qui vous étiez. Je suis passé pour un con à ce moment là mais cela n’a aucune importance comparé à la catastrophe qui se prépare.

    Et je suis bien d’accord avec vous que la démocratie à du soucis à se faire sur ce territoire.

  4. 30 10 2009
    Tom Perrin (19:22:03) :

    Tout ce que j’ai a ajouter est qu’en ce qui me concerne, foutu ou pas (et vu les échéances un facteur extérieur catastrophique peut encore se produire à temps), je défendrais le bassin jusqu’à ce qu’il soit en paix….ou n’existe plus.

    Ceci étant j’envisage de le faire de plus loin, sans aller jusqu’à trouver un autre eldorado je vise désormais une vie dans le sud bordelais, truffé de marais à oiseaux et de sites géologiques, d’un grand calme malgré la conurbation (et sa bienfaisante civilisation) toute proche…et ou même dans les coins les plus ruraux il est plus facile d’interagir avec son prochain que dans cette maudite société locale, édifiée en kit sur d’étranges valeurs !
    Le projets iniques de ces gens montrent avant tout une chose : la « mentalité de village gaulois » qui prévaut se durcit toujours plus autour d’une vile crispation affairiste…ce qui devient paradoxal quand on parle de 38 000 logements pour faire raquer de pauvres bougres en mal de rêve, condamnés comme toi et moi à se faire traiter « d’estrangeyre » ad vitam aeternam, et tant pis si nous fîmes plus (et avec au moins autant d’amour) pour le patrimoine naturel que nos bon vieux enracinés du cru !!
    Désobéissance civile, actions et harcèlements médiatiques, poussées d’influence à tout les niveaux (il faut voir les maîtres du genre qui sont en face…) accessibles aux plus motivés, je ne peux qu’exhorter tout un chacun à ne pas décolérer face à l’agression urbaniste et les argentiers qui la soutienne !
    (Moi je suis sur le terrain, avec « mes » piafs, entre deux tirs idéologiques, chacun son job dans cette histoire, j’ai déjà rendu avec le manifeste toute vision que j’avais de cette affaire)
    Ce sera leur rendre service de toute façon, qu’ils ne puissent ensuite se rendre compte de l’ineptie de leurs visées sur les bords d’un bassin ravagé au bord duquel le plus paumé des banlieusards refusera de vivre même si on le paye…

    C’est dingue, l’écologie post-moderne s’engageait tellement dans son institutionnalisation intégrée qu’elle en devenait parfois molle et clientéliste (mais au moins était-elle lucide et écoutée), et voilà qu’il va falloir en revenir aux sittings et autres concerts de hurlements revendicatifs, si ce n’est pire….

    O décadente Rome, quels mauvais choix t’acharne-tu à faire, toi qui fut si sublime… ou comment l’histoire des civilisations se répète ???

    J’ignore comment je fais pour que la connerie m’inspire autant… ^^’

    Trois idées indéniables, que cela plaise ou non , pour ici et ailleurs:

    -La croissance c’est terminé, économiquement comme démographiquement. Le reste n’est que débat stérile pour plateaux télés répétitifs et scandalophiles.
    -Le « développement durable » est un mythe inventé pour faire avaler l’écologie aux ultra-libéraux, mais c’est non-sens évident.
    -La Nature est amorale, elle se fiche de nos préoccupations et de notre peur d’elle au profit d’une rassurante stérilisation conformiste de notre environnement, alors autant faire la paix plutôt que de la voir l’emporter cruellement au final…sans avoir pu nous empêcher au préalable d’en massacrer la plupart des joyaux, pour rien, ou pas grand chose.

    Sur ce je retourne ruminer dans mon interdite tanière…………..et remercie moi aussi ceux qui auront lu ce modeste pavé autrement qu’en diagonale.

  5. 30 10 2009
    LALOUBERE Jean-Claude (19:41:41) :

    Mr Scotto,
    je ne fais pas plus que vous de politique, je fais plutôt de l’idéologie.
    Je suis assez connu du monde politique pour déranger, et …. je ne me gêne pas tellement il y a à redire sur la qualité de nos élus.
    Vous êtes bien évidemment excusable car même sur la conduite de la réunion, aucune présentation n’a été faite et cela on le doit au maire d’Arès.
    Courage !
    Jean-Claude LALOUBERE
    Le BARP

  6. 30 10 2009
    begnat (19:44:56) :

    J’ai connu le Bassin dans les années 70 au gré de ma vie profesionnelle. J’en suis tombé amoureux et depuis 2002, retraité, j’y suis revenu. J’ai vu avec effarement l’urbanisation du sud Bassin, notamment à La Teste et Gujan Mestras. Je me suis installé à Biganos, à la périphérie Est. Toutes ces villes ont la prétention de grossir de façon démesurée. Il est certain que la qualité de vie en prend un coup et l’image idyllique de ce Bassin et ses environs ne pourra plus se voir dans quelques années que sur des photos anciennes ou des cartes postales.
    Un élu de La Teste vient de faire effectuer des travaux sur l’île aux oiseaux au moyen d’un bulldozer, oui vous avez bien lu ! Ce n’est que l’adjoint chargé du Patrimoine, donc quelqu’un qui ne doit pas savoir que cette île (sur laquelle il est né) en fait partie …
    Pauvre Bassin ! Triste avenir que celui qu’on lui prépare.

  7. 31 10 2009
    Viviane Claverie (10:56:56) :

    Je partage votre indignation, à tous. Une remarque cependant: tous vous êtes des isolés… pensez-vous vraiment que s’épancher sur un blog-qui est un charmant passe-temps, certes- fera avancer le schmilblick? N’avez-vous donc pas compris que vous faites vous-mêmes votre malheur? et vous osez critiquer l’individualisme… Regroupez-vous, bon sang et AGISSEZ ; faites de la politique, vous serez au coeur des débats, ou de l’associatif vous aurez un moyen de pression et cessez de pleurnicher sur des choses qui vous tombent sur la tête , cesser de vous victimiser, oubliez ce qui vous sépare, ne perdez jamais de vue ni le but que vous vous fixez , ni les moyens de l’atteindre et ALLEZ-Y. Vous êtes 10 ? bientôt, si vous faites bouger les choses, vous serez 50, puis 100, puis mille et votre blog sera enfin utile pour fédérer les énergies, pas pour chouigner…

  8. 31 10 2009
    idéaliste (13:22:23) :

    « Il est trop tard pour être péssimiste » disent certains au sujet du réchauffement climatique.

    Il faudrait certainement de la densification de notre urbanisation mais aussi des limites dans les types de constructions collectives et une approche paysagère détaillée dans chaque PLU pour préserver le cadre de vie et le patrimoine (maisons arcachonnnaises et arbres remarquables).

    Ce que je retiens surtout c’est le manque de débat (tel que celui offert par votre site) avec la population pour construire ensemble un avenir meilleur pour notre territoire.

    Demandons des explications (moi le premier j’avais seulement aperçu une vague annonce de cette rencontre au milieu d’un article il y a 15 jours). Je m’empresse de le faire auprès de mon maire. Ne fuyons plus ! Ce territoire de migration d’hommes comme d’animaux a maintenant besoin d’hommes et de femmes qui s’y intéressent et pas seulement qui en consomment les nombreux atouts.

    « Aux arbres, citoyens. » pour reprendre l’adage d’autres.

  9. 31 10 2009
    Tom Perrin (16:12:14) :

    Je comprend tout à fait votre raisonnement Viviane, sauf que si nous sommes là c’est par nécessité de renverser le dit raisonnement…le blog de Stéphane et de quelques autres est très lu, et en ce qui me concerne je cumule de hautes fonctions tant politiques que de terrain au sein des deux plus puissantes associations de la région, depuis un certain temps déjà….

    Et entre l’inévitable passivité due à la dépendance clientéliste aux subventionneurs institutionnels (aux bidouillages et choix stratégiques rarement très reluisants), le fait qu’un statut légal implique un travail légal et intégré à la société (ce qui est déjà énorme, et le taux d’implication bénévole de ces assos comme leur nombre de salariés laisse pantois sur le niveau de préoccupation de nos citoyens…) et que partout la liberté d’expression recule – on peut gloser des heures sur le gouvernement à ce propos mais que dire des luttes de pouvoir mesquines des apparatchiks bien en place dans des structures allant jusqu’au plus minuscules et théoriquement libertaires…

    Eh bien l’on comprend alors qu’il faut se préserver d’abandonner tout statut d’indépendant, pour pouvoir cracher librement autant de venin que nécessaire sur les bricoleurs et magouilleurs du pouvoir décisionnel sans entrainer pour autant dans la déroute et les persécutions d’institutions indispensables auxquelles l’on appartient par ailleurs…

    Quand au système des partis politiques…ahem, disons pour faire simple qu’il se décompose naturellement, ca commence à être compris chez le bord écolo ou au PS (dans le second cas ils ont pas trop le choix, hé ! ^^’), ailleurs c’est pas gagné….
    Donc ca sera une bonne solution quand les francs-tireurs solitaires pourront obtenir des sièges sans avoir à brandir la carte de je-ne-sais-quelle mouvance partisane…

    En attendant chacun peut communiquer sur le net ou dans les médias (commencez par les harceler et c’est eux qui harcèleront nos cibles), écrire et publier (comme je le fais) ses diatribes enflammées, pétitionner, s’opposer, manifester (sérieusement et pas à trois…), agiter l’opinion, pourquoi pas menacer (il n’y a pas que des paumés et des pauvres chez les défenseurs du Bassin, et bien quelques uns nantis d’argent et de pouvoir…c’est le moment de les mobiliser!), le but en vaut la peine !!

    Notons quand même dans cette histoire que les Verts et quelques autres acteurs locaux étaient présent, en pleine opposition et que leurs organisations sont sur le coup…c’est déjà mieux que rien, même si cela ne nous abrite ni des possibles faiblesses ou démissions des uns, ni des impuissances légales des autres…

    Quand à la remarque de notre « idéaliste », il est clair que d’une part aucune concertation citoyenne ne sera réellement possible tant que :

    1-les instigateurs des projets auront la possibilité légale de la contourner (dates improvisés au dernier moment ou au contraire planifiées selon les indisponibilités du plus grand nombre, lieux de réunions foireux, absence de com’ évènementielle)

    2-le niveau d’instruction et d’éducation civique des dits citoyens restera à ce point catastrophique qu’aucune envie d’y avoir recours ne pourra décemment naître…à ceux que ce propos fera hurler d’angélisme, qu’il se rappellent comment les français se comportent devant les urnes, et des conséquence qui s’ensuivent…

  10. 31 10 2009
    stephanescotto (21:09:40) :

    @ Viviane : je ne considère pas mon blog comme un « passe temps » mais comme un formidable outil de communication moderne, tout comme facebook. La presse locale ? peu de gens la lise ou l’écoute en fin de compte… je ne me retrouve pas dans les partis politiques existants et encore moins dans les associations « écolos » du Bassin (qui d’ailleurs à mon avis se passeront volontier de moi car mes méthodes « directes » ne semble pas leur plaire…)
    Bien sur je pourrai créer ma propre association, une de plus sur le Bassin ! mais je n’ai pas l’entourage nécessaire pour m’aider. Idem pour la politique.

    Mais qui sait…

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