Saint-Barthélémy : un bleu indécent

21042016
St Barth - Plage de Gouverneur - ©Stéphane Scotto

St Barth – Plage de Salines – ©Stéphane Scotto

J’ai bien envie d’aller rendre visite à mon ami photographe Pierre Carreau, ferret-capien exilé avec sa famille sur le « caillou » depuis plus de dix ans. En plus, Pierre expose sa nouvelle série « Aqua Viva » à la galerie Space St Barth située dans le carré d’or de Gustavia. Et comme le hasard a parfois du bon, il se trouve que dans la même semaine auront lieu Les Voiles de St Barth, une régate réputée. J’ai déjà eu la chance de photographier l’arrivée de l’AG2R en 2014 et la magnifique Bucket Regata l’année dernière et cela ne me déplairai pas d’ajouter Les Voiles de St Barth à mon palmarès. Cerise sur le gâteau, Seb le pilote de gyrocoptère à St François m’annonce qu’il y sera avec son aéronef pour emmener les photographes officiels pendant les régates. Une occasion idéale pour faire des photos aériennes de St Barth. Alors il ne faut plus hésiter ! je prends mes billets et une semaine plus tard, après 40 minutes de vol et un nouvel atterrissage sur la cinquième piste la plus difficile au Monde, me voilà pour la 4ème fois sur cette ile surnommée de manière caricaturale et réductrice: « l’Ile des milliardaires ».

Les photographes et amis Pierre Carreau et Stéphane Scotto à l'expo Aqua Viva de Pierre Carreau - St Barth

Les photographes et amis Pierre Carreau et Stéphane Scotto à l’expo Aqua Viva de Pierre Carreau – St Barth

Le soir même de mon arrivée a lieu le vernissage de l’expo de Pierre. L’occasion pour moi de retrouver avec plaisir quelques visages amis et d’en rencontrer d’autres. Il y a du monde, c’est un succès pour Pierre qui répond aux nombreux admirateurs. Pour apprécier ses photographies originales sur le thème de la vague, cliquez ici.

Le lendemain, Seb arrive avec son gyrocoptère, après 3 heures de vol. Nous faisons le point sur la semaine à venir autour d’un verre. Nous convenons de faire un premier vol du soir puis un ou deux vols le jeudi suivant qui sera un jour « off  » pour les Voiles de St Barth.

Le premier vol est un succès. La lumière est belle, il y a des grains, du rose. Tout ce que j’aime ! Le déclencheur de mon moyen format numérique Pentax645Z ne s’arrête plus. Je mitraille à tout va !

vue aérienne de St Barth au coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de St Barth au coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de Gustavia après le coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de Gustavia après le coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

En attendant le vol suivant qui aura lieu dans deux jours, Pierre m’emmène crapahuter dans les cailloux de Grands Fonds, sous un cagnar de plomb, afin d’aller photographier, entre autres, les étonnantes Piscines Naturelles.

St Barth est une ile qui souffre de la sécheresse. Plus rien ne pousse. La végétation est en déclin. Et j’apprends que c’est un cercle vicieux inquiétant. Les cabris sauvages ont proliféré sur l’ile et ne parviennent plus à se nourrir alors ils mangent même les racines. Il n’y a plus d’ombre, les rochers sont brulants et les quelques graines qui parviennent à tomber sur le sol brûlent avant de germer. Mais le pire, c’est que quand une averse s’abat enfin sur l’ile, les torrents de pluie creusent encore d’avantage la terre et emportent les sédiments dans la mer mettant ainsi à mal le corail. Or le corail est nécessaire pour le maintien de la vie aquatique.

sécheresse à St Barth. ©Stéphane Scotto

sécheresse à St Barth. ©Stéphane Scotto

Paysage aride et minéral de Grands Fonds à St Barth. ©Stéphane Scotto

Paysage aride et minéral de Grands Fonds à St Barth. ©Stéphane Scotto

Natural Pool, Grands Fonds, St Barth. ©Stéphane Scotto

Natural Pool, Grands Fonds, St Barth. ©Stéphane Scotto

Et puis il y a un autre phénomène très inquiétant et qui s’est accéléré ces deux dernières années : le bétonnage de l’ile. Comme sur le Bassin d’Arcachon, les promoteurs immobiliers savent être convainquant avec les élus locaux… Ainsi, plus de 250 permis de construire ont été attribués cette année sur un territoire de 28 km carrés et moins de 10 000 habitants à l’année ! et effectivement, il y a des chantiers partout. Pourtant, pour les actifs de l’ile, il n’a jamais été aussi difficile de se loger. Pour un saisonnier et même pour une infirmière, un médecin, un prof, trouver un logement est un véritable défi ! Quant aux loyers, ils sont surréalistes : 1500 à 2000 € pour un studio. Il n’est pas rare de rencontrer des quinquagénaires qui vivent en collocation comme des étudiants.

Mais ne gâchons pas plus notre plaisir. St Barth est encore une ile ravissante, un petit havre de paix où il fait bon vivre. C’est un fait.

Au delà du cliché des boutiques de luxe et d’une jeunesse dorée américaine qui se douche au geroboam de champagne sur la terrasse du Nikki Beach et sur les ponts des yachts, Saint-Barthélémy recèle de curiosités plutôt magiques pour celles et ceux qui se donnent la peine de marcher un peu.

Comme il n’y a pas un pèt de vent et que les régates ne s’annoncent pas très impressionnantes, je choisi de ne pas perdre mon temps à négocier une place sur un bateau presse et de passer plus de temps avec Pierre. Les voiliers nous les aurons dans le viseur mais depuis la côte.

Les Voiles de St Barth. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. Au loin : l'ile de Saba. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. Au loin : l’ile de Saba. ©Stéphane Scotto

Jeudi matin.  Comme prévu, 1 noeud de vent ! pas un nuage, pas de brume de sable, l’horizon est net. On voit avec précision toutes les iles alentours. St Martin, Anguilla, Saba, Nevis, St Kitts… on dirait une escadre de navires au mouillage dans la mer des Caraïbes. Je salive à l’avance du vol que je vais effectuer dans quelques instants. J’arrive le sourire aux lèvres et hyper motivé sur le tarmac et je lis immédiatement sur les visages de Seb et son copilote que quelque chose ne va pas. Seb m’annonce : « Steph, on a cassé une pièce, on ne peut plus voler ! ». Je suis d’autant plus dégouté que je suis censé repartir le lendemain. Seb me dis qu’ils se font ramener une pièce de rechange depuis Pointe à Pitre dans deux heures et qu’ils vont essayer de réparer avant ce soir. Nous convenons de faire le point plus tard. Ma déception est immense. Vers 20:00 Seb m’annonce qu’ils n’ont toujours pas réussi à réparer. C’est foutu. Pierre me sert un whisky, puis deux, puis trois…

Le lendemain matin, je prends mon café (et une aspirine) sur la terrasse de la villa avec vue panoramique sur la mer. Les conditions sont toujours aussi exceptionnelles. Mon vol de retour en Guadeloupe est à midi. J’appelle Seb pour lui dire que je peux reporter mon vol si ils pensent pouvoir réparer dans la journée. Il m’annonce que justement, c’est réparé, et qu’on peut voler dans deux heures. Je reporte mon retour au lendemain.

Le photographe Stéphane Scotto en prises de vues aériennes en gyrocoptère.

Le photographe Stéphane Scotto en prises de vues aériennes en gyrocoptère.

Nous décollons à 11:30 pour un grand tour de l’ile. Le bleu est si intense qu’il en est presque violet ! c’est irréel. On dirait que la mer est bleu fluo ! On va encore me dire que mes photos sont truquées. Je fais chauffer la carte mémoire car je ne peux m’empêcher de réaliser des panoramiques par assemblage.

Plage de Gouverneur - ©Stéphane Scotto

Plage de Gouverneur – ©Stéphane Scotto

St Barth - ©Stéphane Scotto

St Barth – ©Stéphane Scotto

Baie de St Jean - St Barth. ©Stéphane Scotto

Baie de St Jean – St Barth. ©Stéphane Scotto

St Barth aerial. © Stéphane Scotto

St Barth aerial. © Stéphane Scotto

Après une heure de vol nous devons rentrer. Seb est réclamé par l’organisation des Voiles de St Barth. Moi, j’ai ce qu’il me faut, je suis content.

Le lendemain matin, retour en Guadeloupe après une très belle semaine sur une petite ile que j’adore.

Un grand merci à Pierre et Marina, Timothé et Lilou, pour leur accueil fantastique et à Seb pour le pilotage parfait.

Pour voir toutes les photos aériennes, cliquez ici

Pour voir les panoramiques aux détails surprenants, cliquez ici 

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Retour dans la Caraïbe

12042016

Mon dernier ouvrage consacré à ma terre de prédilection étant sorti et bien distribué, et le froid commençant à s’installer sur le Bassin d’Arcachon, il est temps pour moi de repartir vers des paysages plus exotiques.

Je suis loin d’avoir terminé mes aventures photographiques dans la Caraïbe et me voici donc de retour en Guadeloupe, plus précisément à St François, devenue ma base d’accueil. Il faut dire que l’aérodrome se trouve juste à côté et que les ULM et GYROCOPTERES sont prêts à décoller en permanence pour me permettre d’aboutir à mon nouveau projet : un livre de photos aériennes de l’archipel de Guadeloupe.

Plage de Bois Jolan en Guadeloupe

Plage de Bois Jolan en Guadeloupe

Basse Terre, Grande Terre, La Désirade, Petite Terre, Marie Galante, les Saintes… « il y a tant d’iles en elle » c’est le joli slogan intelligemment trouvé par l’Office de Tourisme de Guadeloupe et il est parfaitement approprié. L’archipel de Guadeloupe est de loin le plus intéressant de toute la zone caraïbe, tant ses paysages et ses ambiances sont variées. Je n’ai donc pas finit de l’explorer, d’autant plus que je suis du genre à prendre mon temps.

Pour réaliser mes prises de vues aériennes j’ai choisi de travailler avec Seb, un pilote d’autogyre (ou gyrocoptère) expérimenté en travail aérien et qui a l’habitude d’emmener des photographes ou des cameramen. De plus, il est très disponible et pour moi c’est important puisque je suis exigeant en lumière et que cela ne se prévoit pas vraiment à l’avance.

Le pilote de gyrocoptere Sebastien Anselme et le photographe Stéphane Scotto

Le pilote de gyrocoptere Sebastien Anselme et le photographe Stéphane Scotto

Notre premier vol sera un vol du soir. Nous décollons à 17:30 avec l’obligation de rentrer 15 minutes après le coucher du soleil. C’est la règlementation qui l’impose, la même que sur le Bassin d’Arcachon. Il faut savoir qu’ici aux Antilles, le soleil se couche vers 18:00. Cela laisse donc peu de temps. Je choisi de capter l’ambiance de la Pointe des Châteaux qui est assez magique à ce moment précis. Tandis que nous longeons la côte et que nous tournons à basse altitude autour d’un spot connu appelé « la douche », je vois apparaître juste en dessous de notre aéronef deux grosses masses, suivi d’un jet d’eau. Oui vous l’avez sans doutes compris, nous sommes juste au dessus de deux magnifiques baleines ! Les baleines sont nombreuses dans le secteur en ce moment mais nous ne nous attendions pas à en voir à 200 m à peine de la côte !  je demande à Seb de faire une manoeuvre de demi tour afin de me laisser le temps de changer d’objectif. Mais le temps de revenir sur nos pas, les petites malines qui nous ont repéré ont plongé. C’est peu profond et on les vois très bien par transparence mais il faut nous rendre à l’évidence : elles nous voient et elles n’ont visiblement pas envie de poser pour moi. Alors nous choisissons de poursuivre notre chemin vers la Pointe des Châteaux et de tenter de les retrouver au retour.

Baleines au large de la Guadeloupe

Baleines au large de la Guadeloupe

La Pointe des Châteaux

La Pointe des Châteaux

Effectivement, une demie heure plus tard, tandis que le soleil a disparu derrière la Soufrière et que nous revenons vers l’aérodrome de St François, nous croisons à nouveau leur chemin. Juste le temps pour moi de faire une dernière photo et il faut atterrir.

Au final, une très belle séquence aérienne et de belles photos.

Pour un premier vol s’est encourageant !

Pour les deuxièmes et troisièmes vols, nous ne nous éloignons pas trop de notre base. Je ne suis pas encore habitué aux prises de vues en gyrocoptère. C’est assez différent de l’ULM puisque cela se rapproche d’avantage de l’hélicoptère. Pour celles et ceux qui veulent comprendre le principe : les pales du gyrocoptères ne sont pas motorisées, elles tournent par la vitesse de l’engin qui est lui même propulsé par une hélice située à l’arrière. Autrement dit, si il n’y a plus de vitesse, l’autogyre redescend. Tout réside donc dans le bon dosage entre vitesse horizontale et verticale. Si une pale casse, ou si le rotor se bloque, c’est la chute irrémédiable. En revanche si l’hélice arrière tombe en panne, alors on peut espérer redescendre en douceur (du moins tant que les pales tournent à une vitesse minimale suffisante pour porter l’engin).

Bref, il faut avoir confiance ou être fataliste !

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Nous survolons donc la côte atlantique de la Grande Terre, hachée par les vents et les vagues qui viennent s’éclater sur des falaises qui ne sont pas sans rappeler celles de Bretagne et de Normandie. Un paysage minéral qu’on n’attend pas forcément d’une ile tropicale et qui s’étend de St François à la Pointe de la Grande Vigie (mais pour le moment nous nous sommes arrêtés à Moule).

Porte d'Enfer (Guadeloupe)

Porte d’Enfer (Guadeloupe)

Le troisième vol sera plus exotique puisque nous survolerons le lagon de St François, la baie de St Anne et ses plages de rêve bordées de cocotiers : Bois Jolan et La Caravelle.

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

La Caravelle, Club Med.

La Caravelle, Club Med.

Je m’amuses beaucoup avec les formes et les couleurs que me fournissent les coraux. La Guadeloupe, c’est aussi « l’Ile aux Belles Eaux », et ce n’est pas mon appareil photo qui dira le contraire !

Pour voir toutes les photos, cliquez ici !

Le résultat de ces trois premiers vols est très encourageant et il me tarde de poursuivre les explorations. J’évalue à 15 heures de vol nécessaires pour constituer le stock d’images qui me permettra de réaliser cet ouvrage. Mais malheureusement, la lumière idéale est devenue rare. Des vents de sable ont fait leur apparition pendant plusieurs semaines et les belles journées dégagées sont furtives.

Peu importe, je m’adapte et je prends mon temps, comme toujours ;-)







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