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Ré-ouverture de la Galerie !

18042017
Galerie de Stéphane Scotto

  Galerie de Stéphane Scotto

Après ces deux mois d’explorations aériennes de l’archipel de Guadeloupe, me voici de retour sur le Bassin d’Arcachon. Le soleil est sympa car il m’a suivi ;-)

Plusieurs projets photographiques sont en cours dont un nouveau livre de photos aériennes du Bassin qui sortira pour Noël et dont les prises de vues seront réalisées du printemps à l’hiver 2017.

En attendant, voici venu le temps de vous ouvrir à nouveau les portes de la Galerie de la Hume et de vous proposer mes tirages en grands formats.

J’ai pris la décision d’orienter cette galerie vers des formats encore plus grands. J’ai donc besoin de libérer de la place sur les murs et c’est pourquoi je vous propose des remises importantes sur les photographies actuellement exposées. N’hésitez pas à passer me voir, il y a du choix !

Et comme toujours, mon dernier livre « J’ai Rêvé du Bassin d’Arcachon » reste disponible à la Galerie, par internet et dans une vingtaine de points de vente autour du Bassin et chez Mollat à Bordeaux. Pour vous faire plaisir ou faire plaisir à un proche.

 

A très bientôt.

 




Primé aux Photographies de l’Année

22032017
Bassin d'Arcachon, Banc d'Arguin

Concours des Photographies de l’Année 2017

 

Chaque année je participe au plus grand concours photo réservé aux professionnels : Les Photographies de l’Année.

Ce concours est organisé par le magazine Profession Photographe et propose de concourir dans différentes catégories : Portraits, Mode, Nus, Culinaire, Publicité, Sport, Création Numérique, Architecture, Reportage, Mariage, Nature et Environnement et Paysages.

Pour participer, les photos doivent obligatoirement avoir été prises dans l’année précédente le concours. Donc pour cette année ce sont les photos prises entre le 1er janvier et le 31 décembre 2016. Ceci est important car cela permet de s’assurer que les photographes ne ressortent pas des anciennes photos de leurs archives et d’assurer ainsi la nouveauté.

Chaque année je suggère aux créateurs de ce concours la création de deux catégories supplémentaires :  Photographie Aérienne  et Photographie Panoramique, car je trouve que ce sont vraiment deux spécialités à part mais pour le moment ce n’est pas à l’ordre du jour. Je ne désespère pas ;-)

J’avais déjà remporté la troisième place en 2014 avec une photo panoramique de Guadeloupe en catégorie Paysage.

Cette année, le jury a retenu une de mes plus récentes photos aériennes du Banc d’Arguin sur le Bassin d’Arcachon que j’avais soumise en catégorie Nature et Environnement. Cette prise de vue réalisée à bord de l’ULM de mon ami pilote Michel Boudigue a été prise au dessus de la dernière conche de la Réserve. On y voit les parcs à huitres et des couleurs mélangées de vase, de rouille et de sable. Le choix d’un cadrage complètement vertical met l’accent sur le côté graphique et même abstrait de ce paysage original.

« Une autre planète » (c’est le titre que j’ai donné à cette photographie) a finalement terminé en seconde place. C’est une place de mieux qu’en 2014 et je ne désespère donc pas de remporter le premier prix une autre année ;-)

En tous cas je suis content que mon travail soit récompensé à chaque fois dans l’une de mes spécialités : le panoramique et l’aérien. C’est plutôt bon signe.

Félicitation à tous les finalistes dont vous pouvez retrouver les photos sur ce lien.

Et un grand merci à Pascal Quittemelle est son équipe pour ce qu’ils apportent à la profession de photographe qui fait face à des bouleversements qui rendent nos conditions d’existence de plus en plus précaires.

Rendez-vous l’année prochaine et cette fois, j’espère pouvoir me rendre à la remise des prix et rencontrer mes confrères et les partenaires de cet évènement.

Si vous êtes de passage sur le Bassin d’Arcachon, vous pouvez venir voir cette photographie de près en grand format dans ma galerie de la Hume. Et même, pourquoi pas, l’acquérir ;-)




Concours photo : la nouvelle méthode des collectivités pour tuer les photographes

4082016

cap ferret Décidément c’est la semaine des articles consacrés aux atteintes portées à mon métier ! Croyez bien que je préférerai parler ici de mes voyages et partager avec vous mes dernières photos, mais comprenez aussi que je peux plus rester muet face à toutes ces menaces qui pèsent sur ma profession. la photographie n’est pas qu’une passion pour moi. C’est surtout mon métier. Je n’ai pas d’autres sources de revenus. Or depuis quelques années, nous assistons à une profonde mutation de cette activité. L’ubberisation, la diffusion à outrance d’images par millions à la seconde sur les réseaux sociaux, le statut d’auto-entrepreneur qui a permis à des photographes amateurs d’officialiser le travail au noir ou plus simplement de se lancer comme photographe en dilétante, la crise qui traverse la presse papier depuis quelques années tout ceci participe à niveler par le bas une activité qui est à la fois un Art et un Métier.

Jusqu’ici, on pouvait encore compter sur les collectivités locales et territoriales qui ont besoin de belles photos pour mettre en valeur leurs paysages, leurs activités, leur patrimoine. Mais c’était sans compter sur la nouvelle trouvaille des petits génies de la communication qui gravitent autour de maires peu instruits et facilement influençables, voir corrompus. Ainsi, les concours photos foisonnent. Les plus grandes villes s’y mettent et à chaque fois les photographes professionnels s’indignent de conditions de règlements totalement abusives, voir illégales. « partagez votre passion pour votre ville, envoyez nous vos photos et vous serez peut-être publié gratuitement avec votre nom dans notre prochain campagne de com ! » voici le type de slogan que l’on peut lire à chaque fois. Mais, depuis quelques jours,  un concours a dépassé toutes les limites  : celui lancé par la Ville de Lège Cap-Ferret ! Cette station balnéaire du Bassin d’Arcachon, fréquentée l’été par la jet set et les familles fortunées parisiennes, n’a peut-être pas les moyens de payer quelques centaines d’euros à des photographes professionnels locaux (et il y en a des bons) pour répondre à ses besoins de communication ? alors l’idée de génie : « lançons un grand concours photo « visages et paysages » et constituons nous une banque d’images gratuite ! » En étudiant le règlement (que peu de participants liront c’est bien connu) on s’aperçoit en effet que les droits sont automatiquement cédés à la commune de Lège Cap Ferret pour une durée de 10 ans et qu’elle pourra les utiliser comme bon lui semble sur tout document de communication. Si on va plus loin dans l’analyse, rien n’interdit à la commune d’offrir vos photos ou même de les revendre à des tiers : magazines, éditeurs, banques d’images. En gros, en croyant participer à un simple concours, vous alimentez une banque d’images et vous retrouverez peut-être vos photos dans des brochures touristiques, des magazines et pourquoi pas des magnets ou des mugs ! non seulement vous ne toucherez rien mais vous aurez permis aux organisateurs et à leurs « amis » de créer une concurrence totalement déloyale pour des photographes professionnels qui, du coup, ne peuvent plus vendre leur travail. Pour le professionnel que je suis, ce genre de concours est préjudiciable car il donne le sentiment que la photo n’a plus aucune valeur commerciale. Tout le monde peut faire des photos et elles seront toujours assez belles pour faire la com gratuite de la collectivité. Le travail soigné des photographes professionnels se retrouve noyé dans une profusion de photos, sans cohérence, sans critères de qualité. Les conséquences de cette vulgarisation de la photo sont catastrophiques. Dernièrement un promoteur immobilier a utilisé sans autorisation une de mes photos pour illustrer une campagne de communication pour un gros programme immobilier. Ma photo est une accroche visuelle, reproduite sur une bâche de 60m2 exposée dans la rue et sur la couverture d’une plaquette commerciale. Son mode de défense est aujourd’hui de dévaloriser cette photo en prétextant qu’il aurait très bien pu en choisir une autre. Mais alors pourquoi avoir choisi celle-ci et sans autorisation ? Il y a d’une part un contexte de dévaluation et de nivellement par le bas, et d’autre part, des petits malins qui profitent de la situation pour spolier le travail des autres. Dans un pays qui brille par sa culture, il est regrettable que la photographie se retrouve si peu considérée. Alors, parce-que je refuse de crever sans me battre, je lance cette pétition que je vous demande de signer, pour soutenir les photographes professionnels mais aussi défendre le droit d’auteur et la création. Signez ici !




Shoot4Me : l’uberisation du métier de photographe ?

27072016

Cela faisait un moment que je voulais écrire un article sur  mes préoccupations concernant mon métier. Mon confrère et ami Hervé Sentucq en a écrit un très fort sur la liberté de panorama il y a quelques jours et aujourd’hui, c’est à mon tour. Après de longues hésitations c’est la plateforme Shoot4Me  qui a déclenché mon tir. (prononcez « shoot for me »).

Une bonne idée mais…

Lancée il y a un an cette  start-up bordelaise propose aux photographes mais aussi aux « faux »tographes de répondre à des appels d’offres pour des reportages photographiques et des demandes d’images d’illustration. Autrement dit, des mandataires (entreprises, restaurants, agences immobilières, collectivités territoriales telles que des Offices de Tourisme, etc…) envoient sur le site le détail de la prestation souhaitée et les photographes inscrits peuvent répondre à l’appel d’offres. A la base, l’idée est très bonne. En effet, nous l’avons tous constaté, les mandataires ont parfois du mal à s’y retrouver dans la cohue des photographes, entre professionnels, amateurs, semi-pros, expérimentés ou non, spécialisés ou pas et des tarifs proposés qui vont du simple au quadruple parfois sans logique. De leur côté les photographes ont également de plus en plus de difficultés pour atteindre de nouveaux clients. Mettre en relation les uns et les autres sur une plateforme internet apparaît donc comme une solution au problème. Sauf que… selon moi, les concepteurs de Shoot4Me ont fait fausse route dès le départ. Au lieu de réserver leur plateforme aux photographes professionnels, ils l’ont ouvert à toute personne possédant de quoi faire une photo. Déclaré ou pas, équipé d’un smartphone ou du dernier réflex pro c’est pareil ! Certes, certains appels d’offres sont réservés uniquement aux photographes « certifiés » déclarés et possédant une assurance, certes il est mentionné dans ces offres le type de matériel qui ne peut pas être utilisé, il n’en demeure pas moins que globalement les conditions tarifaires sont difficiles à accepter pour de vrais professionnels. En effet, j’ai décortiqué avec minutie les derniers (rares) appels d’offres lancés par la plateforme. Et c’est édifiant !

Des « missions » sous évaluées

Prenons comme exemple cet appel d’offre du mois de juin 2016. Il s’agissait de photographier une compétition de mur d’escalade indoor à Bordeaux, suivie d’un cocktail. La « mission » (c’est le terme utilisé par shoot4me pour décrire un reportage photographique) était très précise, très détaillée, allant même jusqu’à préciser les types de cadrages souhaités et les mots clefs pour l’indexation. Le donneur d’ordre estimait la durée de la prestation à quatre heures (en soirée)… et proposait (« imposait » serait plutôt le terme approprié) 200 € au titre de la rémunération.  Tout photographe professionnel et un tant soit peu expérimenté sait que les quatre heures se transformeront sur le terrain en 5 ou 6 heures. Mais ce qui est inquiétant c’est que dans le calcul des « missions » proposées par shoot4me il n’est jamais question du travail de post-production. Comment croire qu’un reportage puisse être livré sans être passé par un tri des photos, des re-cadrages, des mises à niveau, des améliorations de contrastes, de netteté, bref le béaba du métier ? Pour un reportage de ce type, et compte tenu du nombre de photos à livrer et des exigences mentionnées dans la « mission » j’estime personnellement le temps de post-production à 3 heures minimum. La prestation ne fait donc plus 4 heures comme indiquée mais 8 heures environ (sans le déplacement). Le calcul est simple : 200 € divisé par 8 = 25 €/h …BRUT ! Une fois les charges déduites, il ne restera environ que 15 €/heure net au photographe, soit au total 120 € pour une prestation équivalente à une journée complète de travail. Pour certains 15 €/h pour faire un métier qu’on aime, par les temps qui courent, cela peut apparaître comme bien payé, mais il faut considérer qu’un photographe n’est pas un électricien ou un plombier qui va avoir des chantiers quasiment tous les jours. Et c’est bien pour cela que le photographe doit facturer plus cher ses prestations faute de pouvoir vivre dignement de son métier. Pourquoi accepter de travailler à 15 € de l’heure quand n’importe quel artisan refuse de travailler en dessous de 40 € de l’heure ? L’UPP (Union des Photographes Professionnels) estime dans un article détaillé de son site que la journée de travail ne doit pas être facturée moins de 700 € si le photographe veut s’y retrouver au moment de faire son bilan en fin d’exercice. Avec Shoot4Me on en est loin !!!

Les institutions publiques complices

Prenons maintenant l’exemple de cette autre « mission » cette fois-ci proposée par le service communication du SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon). Cette collectivité territoriale financée par les contribuables est en charge de la surveillance de la qualité des eaux du Bassin mais aussi de la promotion du tourisme (deux prérogatives qui sont en total conflit d’intérêt mais la question n’est pas là). Comme il n’y a pas assez de monde l’été sur le Bassin (ironie), ces génies de la communication ont trouvé un moyen de dépenser encore un peu plus d’argent des contribuables en créant une « marque » identitaire « Bassin d’Arcachon ». Je ne m’attarde pas dans ce billet sur ce que j’en pense et je vous invite plutôt à découvrir une de leurs offres de « mission » de reportage, extrêmement détaillée : lien mission SIBA missionSiba Là encore il convient de décortiquer cet appel d’offre afin de comprendre pourquoi c’est inacceptable, à la fois pour les photographes qui se retrouvent à travailler pour presque rien et pour les contribuables qui risquent au final de payer une campagne de communication de mauvaise qualité. Le SIBA estime par exemple que le photographe pourra réaliser l’ensemble des scènes précises demandées en 6 demi-journées et même les compacter en 3 journées ! Sachant que le photographe devra lui même organiser les rendez-vous avec les différents protagonistes (chantiers navals, restaurateurs, artisans, associations et ostréiculteurs…) qui risquent d’être très occupés en pleine saison, cela relève de l’exploit ! Nous voici donc avec des exigences techniques dignes d’un « shooting » de publicité ou de mode pour un grand magazine, avec modèles, éclairages, assistants, stylistes, directeur artistique, sauf que là, le photographe est seul et payé une misère ! Cerise sur le gâteau : les droits sont inclus et pour une durée de… 10 ans ! Et à nouveau, ni le mandataire ni les responsables de shoot4me ne semblent se préoccuper de la partie post-production qui est pourtant essentielle !  J’ai bien étudié cette offre et j’ai estimé que ce ne sont pas 3 jours de prises de vues qui seront nécessaires pour un travail de qualité mais bien 6 demi-journées. A cela s’ajouteront 3 jours minimum de post-production. Sans compter que les conditions météo, la lumière, la bonne ou la mauvaise volonté des « modèles » ou encore les exigences du client obligeront peut-être à recommencer une ou deux scènes et que le photographe n’osera peut-être pas demander une rallonge de peur de perdre ce nouveau client si « prometteur ». Je ne rentre pas dans les détails financiers mais sachez que là encore, au final, le photographe se retrouve à un taux horaire inférieur à celui d’une femme de ménage non déclarée. Pouvons nous l’accepter ?

Concurrence déloyale

Shoot4Me ne s’arrête pas là. Le site relaye également des demandes d’images d’illustration, pour des sites internet, pour la couverture d’une brochure ou encore un flyer… ces demandes ne sont pas réservées aux professionnels. N’importe qui peut y répondre. Les rémunérations vont de 30 € à 300 €. D’ailleurs aujourd’hui un compte instagram qui s’appelle modestement « Bassin_dArcachon » a partagé l’offre du SIBA, sans mesurer un instant les conséquences que cela représente pour des professionnels.

missionSiba_02

Dans le cas présent, le SIBA (et oui encore eux !) pourrait tout simplement confier un petit budget de 600 € à l’un des nombreux photographes professionnels du Bassin ou de Bordeaux pour réaliser cette photo qui semble tout de même relativement importante. Mais non, pourquoi faire travailler un photographe alors qu’il y a peut-être quelqu’un qui aura une photo amateur en stock qui pourrait faire l’affaire et à bas prix ? et c’est tellement plus fun ! Dans d’autres cas de demandes d’images, le temps nécessaire à chercher une photo correspondante dans mes archives, à l’envoyer au client, à effectuer la facture si toutefois il la retient, à la rentrer en comptabilité, à relancer le client qui une fois sur deux a « oublié » de payer ne saurait être rentable pour 30 € brut ! mais cela, les concepteurs de shoot4me ils s’en balancent. Pour eux, ce qui semble compter c’est de donner l’impression que leur plateforme fonctionne, qu’elle génère du trafic, ceci afin de rendre crédible ce que toute start-up rêve de réussir : une levée de fonds !!! Et c’est bien là que je tiens à développer mon propos: sur l’absurdité de ce concept. Selon mon analyse les dirigeants de cette start-up se sont trompés de cible. Leurs clients auraient dû être les photographes et non les mandataires. Au lieu de prendre un pourcentage ridicule sur les appels d’offres aux tarifs sous-évalués car imposés par les donneurs d’ordre, shoot4me aurait dû se rémunérer sur une adhésion payante des photographes et éventuellement un petit pourcentage sur les transactions de paiement, à l’identique de ce qui se pratique sur des plateformes comme AirBnB. Ainsi, les photographes, qui sont les plus compétents pour savoir quels tarifs appliquer, auraient pu garder le contrôle de leur rémunération. Et cela est essentiel !

Infantiliser les photographes

D’ailleurs sur ce point, shoot4me prend les photographes pour des gamins, en employant un vocable limite naïf : « shooting », « mission photo » et j’en passe ! des expressions que l’ont retrouve en général dans le langage des jeunes (et moins jeunes) photographes débutants. ils ont même réussi à recruter des photographes professionnels chargés d’évaluer et de « certifier » leurs propres confrères ! sur quels critères objectifs ? ça je n’ai pas réussi à le savoir. Mais je ne doutes pas un instant que ces « élites de la photographie » ont dû se sentir flattés de la responsabilité qui leur incombe…à défaut d’une rémunération. Et oui, c’est cela l’économie « collaborative »…

Le coeur du problème 

Mais revenons au problème de départ : la tarification. Comment en effet concevoir que ce qui ressemble à un appel d’offre puisse imposer un prix précis et non modulable ?  Dans la normalité, le mandataire devrait définir ses besoins et attendre que les photographes lui fassent des propositions. Des propositions qui d’ailleurs ne seront pas forcément que financières mais aussi artistiques. Un bon photographe doit pouvoir prévenir son client de certaines difficultés qui n’avaient peut-être pas été évaluées et peut aussi apporter de nouvelles idées. Avec shoot4me ce n’est pas envisageable. Il y a une liste détaillée de photos à effectuer et le photographe est une sorte d’opérateur qui va venir appuyer sur le déclencheur.

Tirer les tarifs et la qualité vers le bas

Shoot4Me agit donc comme une agence de photographes alors qu’elle n’en n’a pas la légitimité car ses fondateurs n’ont pas la compétence nécessaire. En tirant ainsi les tarifs vers le bas, la plateforme encourage les mandataires à travailler avec des photographes peu expérimentés, prêt à tous les sacrifices pour démarrer leur activité, conquérir des clients, en espérant peut-être pouvoir ensuite augmenter leurs tarifs. Mauvaise stratégie car la réalité est que les mandataires ne feront que profiter de ce système jusqu’à épuisement. En essayant de gagner des clopinettes tout en participant malgré elle à affaiblir une profession déjà bien en difficulté, la jeune start-up risque de stagner sur ses faibles rentrées d’argent (ses dirigeants reconnaissent eux-mêmes ne pas être rentable) et de finir rapidement comme beaucoup d’autres : en liquidation judiciaire. Mais je ne doutes pas que les collectivités territoriales, qui ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient en tirer en faisant des économies de bouts de chandelles sur les photos dont elles ont besoin pour communiquer, trouveront un moyen de financer via une levée de fonds publics cette entreprise qui ne peut pas, en l’état actuel du concept, être rentable. Alors pour moi, le photographe également contribuable, se sera un comble : avec mes impôts je participerai à creuser encore un peu plus ma tombe ! J’ai longuement hésité à écrire ce billet qui ressemble bien à une charge contre shoot4me car j’ai toujours aimé l’enthousiasme des entrepreneurs notamment dans les domaines du web. Ils cherchent souvent à répondre à des problématiques du quotidien en utilisant des moyens modernes adaptés à notre époque. Ils sont souvent très sympathiques et humains (ce qui est un drôle de paradoxe pour des gens qui passent l’essentiel de leur temps derrière un écran d’ordinateur) mais force est de constater que nombre d’entre eux vivent et évoluent avec naïveté dans une société qui n’est pas encore suffisamment préparée pour de tels bouleversements. Applications, automatisation, impression 3D, uberisation sont en train de détruire des métiers plus qu’ils n’en créent. Ils déstabilisent des professions, génèrent des conflits et créent du chômage de masse. L’emploi devient de plus en plus précaire et nos dirigeants politiques, une fois de plus, n’ont pas su anticiper.

Quel avenir pour les photographes ?

En tant que photographe professionnel et comme bon nombre de mes confrères de ma génération, je me pose donc beaucoup de questions sur mon avenir. Car je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche. Il y a 25 ans, alors que le numérique n’existait pas encore j’ai choisi ce beau métier qui est aussi une passion. Je lui ai consacré l’essentiel de mon temps, allant même jusqu’à lui donner la priorité dans ma vie. A force d’apprentissages, d’échecs et d’obstination, j’avais fini par atteindre le succès et des revenus confortables. Je me suis adapté sans aucun problème à toutes les innovations technologiques et j’ai changé plusieurs fois de spécialités. La remise en question fait partie de mon quotidien mais j’ai le sentiment d’être allé au bout et que la seule alternative qui s’offre à moi c’est de régresser en me mettant au niveau des débutants. A 45 ans je suis bien loin de l’âge de la retraite et pourtant la question se pose : combien de temps vais-je pouvoir tenir ?

Pratiquant l’auto-dérision je dis souvent qu’aujourd’hui je fais des photos « à titre posthume ».

Mais je suis sûr d’une chose : shoot4me mourra avant moi.

Stéphane Scotto, auteur photographe.

Je tiens à préciser que j’ai plusieurs fois fait part de mes remarques par téléphone avec l’un des fondateurs de la plateforme qui a été très à l’écoute (même si au final il n’en n’a rien retenu), que je me suis déplacé à l’une de leurs journées de présentation et que j’ai trouvé cette équipe fort sympathique. Il n’y a rien de personnel dans mon billet qui est bien plus animé par une forme de désespoir et d’impuissance que par la rancoeur. Je ne supporte tout simplement plus la dévalorisation de mon métier. 




Retour en terre… connue !

10062016

Scott_4428BD

Après ces trois mois dans la chaleur tropicale des Antilles et quelques centaines de photos aériennes, me revoici sur le Bassin d’Arcachon.

Dès que je m’absente plus de 2 mois, le manque se fait ressentir. L’odeur particulière de l’iode, les huîtres, la douceur du climat ou au contraire la chaleur écrasante de l’été qui fait couler la résine des pins, les balades en pinasse ou en voilier, les apéros, les amis…toutes ces petites choses qui constituent mon quotidien depuis plus de 15 ans et qui ont inspiré des milliers de photographies, me manquent terriblement. « L’éloignement est un exhausteur de goût » comme dit souvent le député des français de l’étranger Frédéric Lefebvre en parlant de la France. Cela se vérifie aussi pour le Bassin.

Alors me voici de retour pour quelques semaines seulement. Je repartirai aux Antilles début juillet pour laisser le Bassin aux touristes de plus en plus nombreux et je ne reviendrai que début septembre à la faveur d’un été indien qui, je l’espère, me procurera les lumières dont j’ai besoin pour mes prises de vues.

En attendant, je vais profiter de ce petit séjour chez moi pour réaliser quelques photos et certainement aussi organiser une ou deux sessions de cours photos. Il y aura aussi début juillet une ou deux séances dédicace de mon dernier livre « J’ai Rêvé du Bassin ». Donc restez attentifs à ma page fb

 

 




Saint-Barthélémy : un bleu indécent

21042016
St Barth - Plage de Gouverneur - ©Stéphane Scotto

St Barth – Plage de Salines – ©Stéphane Scotto

J’ai bien envie d’aller rendre visite à mon ami photographe Pierre Carreau, ferret-capien exilé avec sa famille sur le « caillou » depuis plus de dix ans. En plus, Pierre expose sa nouvelle série « Aqua Viva » à la galerie Space St Barth située dans le carré d’or de Gustavia. Et comme le hasard a parfois du bon, il se trouve que dans la même semaine auront lieu Les Voiles de St Barth, une régate réputée. J’ai déjà eu la chance de photographier l’arrivée de l’AG2R en 2014 et la magnifique Bucket Regata l’année dernière et cela ne me déplairai pas d’ajouter Les Voiles de St Barth à mon palmarès. Cerise sur le gâteau, Seb le pilote de gyrocoptère à St François m’annonce qu’il y sera avec son aéronef pour emmener les photographes officiels pendant les régates. Une occasion idéale pour faire des photos aériennes de St Barth. Alors il ne faut plus hésiter ! je prends mes billets et une semaine plus tard, après 40 minutes de vol et un nouvel atterrissage sur la cinquième piste la plus difficile au Monde, me voilà pour la 4ème fois sur cette ile surnommée de manière caricaturale et réductrice: « l’Ile des milliardaires ».

Les photographes et amis Pierre Carreau et Stéphane Scotto à l'expo Aqua Viva de Pierre Carreau - St Barth

Les photographes et amis Pierre Carreau et Stéphane Scotto à l’expo Aqua Viva de Pierre Carreau – St Barth

Le soir même de mon arrivée a lieu le vernissage de l’expo de Pierre. L’occasion pour moi de retrouver avec plaisir quelques visages amis et d’en rencontrer d’autres. Il y a du monde, c’est un succès pour Pierre qui répond aux nombreux admirateurs. Pour apprécier ses photographies originales sur le thème de la vague, cliquez ici.

Le lendemain, Seb arrive avec son gyrocoptère, après 3 heures de vol. Nous faisons le point sur la semaine à venir autour d’un verre. Nous convenons de faire un premier vol du soir puis un ou deux vols le jeudi suivant qui sera un jour « off  » pour les Voiles de St Barth.

Le premier vol est un succès. La lumière est belle, il y a des grains, du rose. Tout ce que j’aime ! Le déclencheur de mon moyen format numérique Pentax645Z ne s’arrête plus. Je mitraille à tout va !

vue aérienne de St Barth au coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de St Barth au coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de Gustavia après le coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de Gustavia après le coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

En attendant le vol suivant qui aura lieu dans deux jours, Pierre m’emmène crapahuter dans les cailloux de Grands Fonds, sous un cagnar de plomb, afin d’aller photographier, entre autres, les étonnantes Piscines Naturelles.

St Barth est une ile qui souffre de la sécheresse. Plus rien ne pousse. La végétation est en déclin. Et j’apprends que c’est un cercle vicieux inquiétant. Les cabris sauvages ont proliféré sur l’ile et ne parviennent plus à se nourrir alors ils mangent même les racines. Il n’y a plus d’ombre, les rochers sont brulants et les quelques graines qui parviennent à tomber sur le sol brûlent avant de germer. Mais le pire, c’est que quand une averse s’abat enfin sur l’ile, les torrents de pluie creusent encore d’avantage la terre et emportent les sédiments dans la mer mettant ainsi à mal le corail. Or le corail est nécessaire pour le maintien de la vie aquatique.

sécheresse à St Barth. ©Stéphane Scotto

sécheresse à St Barth. ©Stéphane Scotto

Paysage aride et minéral de Grands Fonds à St Barth. ©Stéphane Scotto

Paysage aride et minéral de Grands Fonds à St Barth. ©Stéphane Scotto

Natural Pool, Grands Fonds, St Barth. ©Stéphane Scotto

Natural Pool, Grands Fonds, St Barth. ©Stéphane Scotto

Et puis il y a un autre phénomène très inquiétant et qui s’est accéléré ces deux dernières années : le bétonnage de l’ile. Comme sur le Bassin d’Arcachon, les promoteurs immobiliers savent être convainquant avec les élus locaux… Ainsi, plus de 250 permis de construire ont été attribués cette année sur un territoire de 28 km carrés et moins de 10 000 habitants à l’année ! et effectivement, il y a des chantiers partout. Pourtant, pour les actifs de l’ile, il n’a jamais été aussi difficile de se loger. Pour un saisonnier et même pour une infirmière, un médecin, un prof, trouver un logement est un véritable défi ! Quant aux loyers, ils sont surréalistes : 1500 à 2000 € pour un studio. Il n’est pas rare de rencontrer des quinquagénaires qui vivent en collocation comme des étudiants.

Mais ne gâchons pas plus notre plaisir. St Barth est encore une ile ravissante, un petit havre de paix où il fait bon vivre. C’est un fait.

Au delà du cliché des boutiques de luxe et d’une jeunesse dorée américaine qui se douche au geroboam de champagne sur la terrasse du Nikki Beach et sur les ponts des yachts, Saint-Barthélémy recèle de curiosités plutôt magiques pour celles et ceux qui se donnent la peine de marcher un peu.

Comme il n’y a pas un pèt de vent et que les régates ne s’annoncent pas très impressionnantes, je choisi de ne pas perdre mon temps à négocier une place sur un bateau presse et de passer plus de temps avec Pierre. Les voiliers nous les aurons dans le viseur mais depuis la côte.

Les Voiles de St Barth. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. Au loin : l'ile de Saba. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. Au loin : l’ile de Saba. ©Stéphane Scotto

Jeudi matin.  Comme prévu, 1 noeud de vent ! pas un nuage, pas de brume de sable, l’horizon est net. On voit avec précision toutes les iles alentours. St Martin, Anguilla, Saba, Nevis, St Kitts… on dirait une escadre de navires au mouillage dans la mer des Caraïbes. Je salive à l’avance du vol que je vais effectuer dans quelques instants. J’arrive le sourire aux lèvres et hyper motivé sur le tarmac et je lis immédiatement sur les visages de Seb et son copilote que quelque chose ne va pas. Seb m’annonce : « Steph, on a cassé une pièce, on ne peut plus voler ! ». Je suis d’autant plus dégouté que je suis censé repartir le lendemain. Seb me dis qu’ils se font ramener une pièce de rechange depuis Pointe à Pitre dans deux heures et qu’ils vont essayer de réparer avant ce soir. Nous convenons de faire le point plus tard. Ma déception est immense. Vers 20:00 Seb m’annonce qu’ils n’ont toujours pas réussi à réparer. C’est foutu. Pierre me sert un whisky, puis deux, puis trois…

Le lendemain matin, je prends mon café (et une aspirine) sur la terrasse de la villa avec vue panoramique sur la mer. Les conditions sont toujours aussi exceptionnelles. Mon vol de retour en Guadeloupe est à midi. J’appelle Seb pour lui dire que je peux reporter mon vol si ils pensent pouvoir réparer dans la journée. Il m’annonce que justement, c’est réparé, et qu’on peut voler dans deux heures. Je reporte mon retour au lendemain.

Le photographe Stéphane Scotto en prises de vues aériennes en gyrocoptère.

Le photographe Stéphane Scotto en prises de vues aériennes en gyrocoptère.

Nous décollons à 11:30 pour un grand tour de l’ile. Le bleu est si intense qu’il en est presque violet ! c’est irréel. On dirait que la mer est bleu fluo ! On va encore me dire que mes photos sont truquées. Je fais chauffer la carte mémoire car je ne peux m’empêcher de réaliser des panoramiques par assemblage.

Plage de Gouverneur - ©Stéphane Scotto

Plage de Gouverneur – ©Stéphane Scotto

St Barth - ©Stéphane Scotto

St Barth – ©Stéphane Scotto

Baie de St Jean - St Barth. ©Stéphane Scotto

Baie de St Jean – St Barth. ©Stéphane Scotto

St Barth aerial. © Stéphane Scotto

St Barth aerial. © Stéphane Scotto

Après une heure de vol nous devons rentrer. Seb est réclamé par l’organisation des Voiles de St Barth. Moi, j’ai ce qu’il me faut, je suis content.

Le lendemain matin, retour en Guadeloupe après une très belle semaine sur une petite ile que j’adore.

Un grand merci à Pierre et Marina, Timothé et Lilou, pour leur accueil fantastique et à Seb pour le pilotage parfait.

Pour voir toutes les photos aériennes, cliquez ici

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Retour dans la Caraïbe

12042016

Mon dernier ouvrage consacré à ma terre de prédilection étant sorti et bien distribué, et le froid commençant à s’installer sur le Bassin d’Arcachon, il est temps pour moi de repartir vers des paysages plus exotiques.

Je suis loin d’avoir terminé mes aventures photographiques dans la Caraïbe et me voici donc de retour en Guadeloupe, plus précisément à St François, devenue ma base d’accueil. Il faut dire que l’aérodrome se trouve juste à côté et que les ULM et GYROCOPTERES sont prêts à décoller en permanence pour me permettre d’aboutir à mon nouveau projet : un livre de photos aériennes de l’archipel de Guadeloupe.

Plage de Bois Jolan en Guadeloupe

Plage de Bois Jolan en Guadeloupe

Basse Terre, Grande Terre, La Désirade, Petite Terre, Marie Galante, les Saintes… « il y a tant d’iles en elle » c’est le joli slogan intelligemment trouvé par l’Office de Tourisme de Guadeloupe et il est parfaitement approprié. L’archipel de Guadeloupe est de loin le plus intéressant de toute la zone caraïbe, tant ses paysages et ses ambiances sont variées. Je n’ai donc pas finit de l’explorer, d’autant plus que je suis du genre à prendre mon temps.

Pour réaliser mes prises de vues aériennes j’ai choisi de travailler avec Seb, un pilote d’autogyre (ou gyrocoptère) expérimenté en travail aérien et qui a l’habitude d’emmener des photographes ou des cameramen. De plus, il est très disponible et pour moi c’est important puisque je suis exigeant en lumière et que cela ne se prévoit pas vraiment à l’avance.

Le pilote de gyrocoptere Sebastien Anselme et le photographe Stéphane Scotto

Le pilote de gyrocoptere Sebastien Anselme et le photographe Stéphane Scotto

Notre premier vol sera un vol du soir. Nous décollons à 17:30 avec l’obligation de rentrer 15 minutes après le coucher du soleil. C’est la règlementation qui l’impose, la même que sur le Bassin d’Arcachon. Il faut savoir qu’ici aux Antilles, le soleil se couche vers 18:00. Cela laisse donc peu de temps. Je choisi de capter l’ambiance de la Pointe des Châteaux qui est assez magique à ce moment précis. Tandis que nous longeons la côte et que nous tournons à basse altitude autour d’un spot connu appelé « la douche », je vois apparaître juste en dessous de notre aéronef deux grosses masses, suivi d’un jet d’eau. Oui vous l’avez sans doutes compris, nous sommes juste au dessus de deux magnifiques baleines ! Les baleines sont nombreuses dans le secteur en ce moment mais nous ne nous attendions pas à en voir à 200 m à peine de la côte !  je demande à Seb de faire une manoeuvre de demi tour afin de me laisser le temps de changer d’objectif. Mais le temps de revenir sur nos pas, les petites malines qui nous ont repéré ont plongé. C’est peu profond et on les vois très bien par transparence mais il faut nous rendre à l’évidence : elles nous voient et elles n’ont visiblement pas envie de poser pour moi. Alors nous choisissons de poursuivre notre chemin vers la Pointe des Châteaux et de tenter de les retrouver au retour.

Baleines au large de la Guadeloupe

Baleines au large de la Guadeloupe

La Pointe des Châteaux

La Pointe des Châteaux

Effectivement, une demie heure plus tard, tandis que le soleil a disparu derrière la Soufrière et que nous revenons vers l’aérodrome de St François, nous croisons à nouveau leur chemin. Juste le temps pour moi de faire une dernière photo et il faut atterrir.

Au final, une très belle séquence aérienne et de belles photos.

Pour un premier vol s’est encourageant !

Pour les deuxièmes et troisièmes vols, nous ne nous éloignons pas trop de notre base. Je ne suis pas encore habitué aux prises de vues en gyrocoptère. C’est assez différent de l’ULM puisque cela se rapproche d’avantage de l’hélicoptère. Pour celles et ceux qui veulent comprendre le principe : les pales du gyrocoptères ne sont pas motorisées, elles tournent par la vitesse de l’engin qui est lui même propulsé par une hélice située à l’arrière. Autrement dit, si il n’y a plus de vitesse, l’autogyre redescend. Tout réside donc dans le bon dosage entre vitesse horizontale et verticale. Si une pale casse, ou si le rotor se bloque, c’est la chute irrémédiable. En revanche si l’hélice arrière tombe en panne, alors on peut espérer redescendre en douceur (du moins tant que les pales tournent à une vitesse minimale suffisante pour porter l’engin).

Bref, il faut avoir confiance ou être fataliste !

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Nous survolons donc la côte atlantique de la Grande Terre, hachée par les vents et les vagues qui viennent s’éclater sur des falaises qui ne sont pas sans rappeler celles de Bretagne et de Normandie. Un paysage minéral qu’on n’attend pas forcément d’une ile tropicale et qui s’étend de St François à la Pointe de la Grande Vigie (mais pour le moment nous nous sommes arrêtés à Moule).

Porte d'Enfer (Guadeloupe)

Porte d’Enfer (Guadeloupe)

Le troisième vol sera plus exotique puisque nous survolerons le lagon de St François, la baie de St Anne et ses plages de rêve bordées de cocotiers : Bois Jolan et La Caravelle.

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

La Caravelle, Club Med.

La Caravelle, Club Med.

Je m’amuses beaucoup avec les formes et les couleurs que me fournissent les coraux. La Guadeloupe, c’est aussi « l’Ile aux Belles Eaux », et ce n’est pas mon appareil photo qui dira le contraire !

Pour voir toutes les photos, cliquez ici !

Le résultat de ces trois premiers vols est très encourageant et il me tarde de poursuivre les explorations. J’évalue à 15 heures de vol nécessaires pour constituer le stock d’images qui me permettra de réaliser cet ouvrage. Mais malheureusement, la lumière idéale est devenue rare. Des vents de sable ont fait leur apparition pendant plusieurs semaines et les belles journées dégagées sont furtives.

Peu importe, je m’adapte et je prends mon temps, comme toujours ;-)




Visite du photographe Hervé Sentucq

26022016

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Cela faisait quelques années que nous ne nous étions pas vus.

Mon confrère et ami Hervé Sentucq, photographe panoramiste, était de passage sur le Bassin la semaine dernière. L’occasion de passer une journée ensemble, entre échanges presque philosophiques sur notre métier, et session de prises de vues sur la Dune du Pilat.

Je connais Hervé depuis plus de 10 ans. A l’époque, je commençais à m’intéresser à la photo panoramique et j’avais donc pris contact avec lui pour des renseignements concernant son appareil moyen format argentique Fuji GX617. Nous avions sympathisé et j’ai eu l’occasion de le recevoir plusieurs fois à la galerie d’Arcachon. Il est l’auteur de plusieurs livres sur la Normandie, l’Ecosse et il parcourt régulièrement la France entière à bord de son van aménagé pour immortaliser les paysages de nos régions.

Hervé débarque donc à la maison dimanche matin pour le café et insiste pour que nous allions faire des photos à la Dune du Pilat. Hum, hum… aller à la Dune un dimanche, qui plus est pendant les vacances scolaires, ce n’est pas trop mon style, mais comme Hervé repart le lendemain nous n’avons pas vraiment le choix. Je décide de l’emmener dans un premier temps aux Sabloneys. Malheureusement la lumière est très médiocre. Hervé découvre  » l’escalumade « , cette brume constituée d’embruns qui voile l’horizon et rend les couleurs fades et ternes. Néanmoins, l’occasion est trop bonne de comparer notre matériel, moi fier de mon moyen format Pentax 645Z, lui, joyeux avec son Sony alpha 7rII dont il me vante l’avantage non négligeable (à nos âges avancés…) du poids. Il est vrai que je me trimballe un sac de plus de 15 kilos tandis que lui ne supporte qu’un petit sac à dos d’à peine 5 kilos. Mais l’argument du poids ne suffira pas à me convaincre. Quand je le regarde effectuer ses réglages sur son Sony j’ai l’impression de le voir travailler sur un smartphone… Moi ça ne me fait pas rêver. Alors tant que mon dos ne me trahira pas, je continuerai en moyen format.

RV Sentucq_3091BD (Hervé Sentucq concentré sur les réglages de son Sony alpha7 rII)

Nous décidons de nous déplacer sur la Dune du Pilat, au dessus de la Corniche. Hervé a une photo en tête. il veut prendre la continuité de la Dune éclairée par la Pleine Lune au moment de l’heure bleue. Ca tombe bien, il l’a oublié, mais je suis le spécialiste des photos prises sous la Pleine Lune ;-)  Seulement voilà, il y a du monde ce dimanche soir, beaucoup de monde. Le magazine anglais The Guardian vient de classer la Dune du Pilat 2ème plus belle plage du Monde ! alors laissez moi vous dire que des traces de pas, il y en aura de plus en plus… (notez que en ce qui me concerne, ce classement est totalement bidon )

Hervé cherche à composer une image avec un premier plan mais il n’y arrivera pas. La Dune a vraiment été trop piétinée et ce n’est pas esthétique. Il faut se résoudre à cadrer plus serré. Nous attendons la disparition du soleil tandis que la Pleine Lune se lève derrière la forêt domaniale de la Teste de Buch. Pour ma part, je compose un panoramique assemblé avec 4 photos. Comme souvent, je ne respecte pas la règle des tiers et je divise ma photographie en deux parts égales : le ciel avec les étoiles, et le sable éclairé par la lumière de la Lune. Le genre d’image qui a besoin d’être vue en grand format pour être appréciée. Ce soir là, je constate que le phare du Cap-Ferret est particulièrement beau au milieu de cette nuit bleutée. Avec le 300mm et mes 53 mégapixels, je peux me rapprocher assez près pour faire quelque chose de sympa. Puis, je termine avec un panoramique du Bassin toutes lumières allumées. Finalement, parti juste pour partager un moment avec Hervé, je ramène quelques photos originales. Seul point négatif, cette sortie hivernale m’aura fait attraper une bonne rhynopharingite dont il va falloir me débarrasser avant de repartir vers les Antilles la semaine prochaine.

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Pour découvrir le travail de Hervé Sentucq : www.panoram-art.com




Nouveau livre : « J’ai Rêvé du Bassin »

2122015

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J’ai le plaisir de vous annoncer la sortie de mon 5 ème livre, le 4 ème ouvrage consacré au Bassin d’Arcachon.

Format 30×22, 224 pages, couverture rigide avec vernis sélectif. 1,7 kg de paradis.

« J’ai Rêvé du Bassin » était en gestation depuis des années, mais je cherchais un nouveau style, de nouvelles couleurs, de nouvelles ambiances afin de ne pas me répéter. Je pense que j’ai réussi à atteindre ce but. Fini les maquettes aux fonds noirs, nous sommes désormais dans le blanc, épuré, aéré. Les ciels bleus denses qui avaient fait ma réputation ont laissé place à des ambiances parmes, roses, fuschias. Les panoramiques sont toujours aussi présents car je recherche en permanence ce style « cinématographique » qui vient entretenir ma passion pour le 7ème Art. Dans ce livre vous découvrirez ma vision du Bassin sous trois angles : Terre, Mer et Air. A bord de mes bateaux, de l’ULM ou tout simplement à pieds je vous emmène en immersion totale sur ce petit paradis. Des Sabloneys à la Pointe du Cap Ferret, en passant par l’Ile aux Oiseaux, les ports ostréicoles et le Delta de la Leyre, vous vous laisserez aller avec moi dans ce doux rêve en trois dimensions. C’est donc un livre assez personnel, où le photographe que j’incarne apparaît souvent, pour évoquer les inspirations, la technique et la passion du Bassin.

Les photos de ce livre sont quasiment toutes des nouveautés. Les dernières ont été prises le samedi 22 novembre au Cap Ferret, alors que je partais imprimer le livre chez Escourbiac dans le Tarn le surlendemain ! Une grande partie des prises de vues ont été réalisées entre septembre et novembre 2015 à la faveur d’un Été Indien un peu capricieux mais généreux en couleurs originales voir surréalistes.

En ce qui concerne les textes, j’ai essayé de reproduire à la manière de mon blog quelques récits et anecdotes de mes petites « aventures photographiques » sur cette « reproduction miniature de planète ». Je vous parle de ma vision « cinématographique » et de l’utilisation du format panoramique, de ma nuit au pieds des Cabanes Tchanquées pendant la « Lune de Sang », de mon attirance pour la Conche du Mimbeau, de la technique de prises de vues sous la Pleine Lune, ou encore de la navigation en bateau. J’ai également ajouté quelques jolies citations de photographes connus dont j’admire l’oeuvre.

Et puis, pendant que je réalisais la maquette, j’ai eu l’idée d’offrir quelques pages à des gens que j’apprécie et qui ont un rapport très intime avec le Bassin. Ainsi mon ami Hervé Helary de Radio Cap Ferret a accepté de réaliser un magnifique texte d’introduction aux pages  consacrées à la Côte Noroît. Ce texte, je suis certain que vous le lirez et le relirez avec plaisir tant chaque mot à son importance, et souvent une double signification. Si j’avais su qu’il écrivait aussi bien, je lui aurait confié tout le livre !

Pour les pages consacrés aux quartiers ostréicoles de Gujan-Mestras (mon lieu de vie), c’est l’architecte-designer Jean-Jacques Marvielle qui s’est prêté amicalement à l’exercice. Il est né et à grandi à la Hume au milieu de ces cabanes simples et « pratiques ». Il nous raconte comment cet environnement non-ostentatoire a influencé sa manière d’aborder l’architecture. Je rappelle au passage que Jean-Jacques Marvielle est le propriétaire des Ecuries de Pereire, qu’il a sauvé d’un bétonnage assuré, en effectuant une rénovation magnifique que vous pouvez découvrir en vidéo en cliquant sur le lien.

L’ami Olivier Terlez, alias « Ourco », qui m’a un peu aidé dans la logistique pour réaliser quelques photos où j’apparais (notamment la photo de couv), a aussi écrit un petit texte poétique sur Gujan-Mestras.

Enfin, j’ai tenu a laisser le mot de la fin à un personnage du Bassin que j’ai découvert comme beaucoup dans le film de Guillaume Canet « Les Petits Mouchoirs », mais que j’ai appris à mieux connaître en lisant son livre auto-biographique « Sur la Vague du Bonheur ». L’ostréiculteur – acteur – auteur – Joël Dupuch a une vision du Bassin (et de la vie) que je partage à 100 %. Il sait mieux que moi trouver les mots pour décrire notre préoccupation commune de voir ce territoire se dégrader sous les coups des buldozers, et d’assister peu à peu à la disparition des libertés qui font tout le charme de cet endroit que nous voulons préserver d’un développement inadapté. C’est donc Joël qui signe la postface de ce livre, comme Tom Perrin l’avait fait pour « Balade en Altitude » en 2007. Pas de préface mais une postface, c’est devenu une habitude dans mes livres ;-)

Je tiens à dire que ce livre a aussi pour moi une importance toute particulière. J’ai réellement démarré la maquette la nuit des attentats, le vendredi 13 novembre. Ancien parisien, je connaissais bien le quartier du 11 ème. Je connaissais aussi la salle du Bataclan pour y avoir filmé des concerts dans les années 90. Je ne vous cache pas que j’ai, comme tout le monde, été très affecté et qu’il a été très difficile de se concentrer pour le terminer à temps pour Noël. La photo de couverture a été réalisée au lendemain des attentats. Allez savoir pourquoi, ce soir là la lumière du Bassin était absolument magique. J’espère néanmoins que c’est une image de bonheur et d’évasion que vous ressentirez en tournant les pages de cet ouvrage photographique et que pour les parisiens qui sont nombreux à fréquenter le Bassin l’été, ce sera un moyen de s’évader un peu du cauchemar  qu’ils viennent de traverser. Un rêve pour oublier un cauchemar, si seulement cela pouvait marcher.

J’ai tenté une petite originalité en première page : pour les possesseurs de smartphones ou de tablettes, vous trouverez un QR code qui vous permettra, en le flashant, d’accéder à une playlist sur Deezer. Une sélection de morceaux que j’ai écouté lors de mes déplacements sur le Bassin pendant les prises de vues ou pendant les longues nuits devant mon écran d’ordinateur à réaliser la mise en page.  La « Bande Originale » du livre en quelques sortes ;-)

Si vous êtes abonné à Instagram, vous pouvez aussi taper le #jairêvédubassin et voir apparaître instantanément une grande partie des photos du livre ou des séquences vidéos « making of ».

Voilà, je crois que je vous ai tout dit.

… ah non, j’allais oublier un détail : si vous voulez l’acquérir, son prix est de 49 € et vous le trouverez dans la plupart des librairies et espaces culturels du Bassin et de Bordeaux, à l’exception de ALICE et Intermarché, deux enseignes avec lesquelles je ne veux plus travailler compte tenu de leur manque de respect pour les auteurs locaux. Inutile également de le chercher sur Amazon, je boycotte cette entreprise depuis mon premier livre. Si vous n’êtes pas sur le Bassin, vous pouvez me le commander directement et je vous l’enverrais. Prix spécial pour les grosses quantités.

Vous pouvez aussi m’envoyer un mail avec votre ville et je vous indiquerai le point de vente le plus proche.

OFFRE DE LANCEMENT JUSQU’AU 18 DECEMBRE 2015 : 45 € au lieu de 49 € et frais de port OFFERTS pour la France, les DOM, l’Europe, les USA et la Canada ! Livraison garantie avant le 25 pour la France métropolitaine. Pensez aux cadeaux de Noël ! ;-)

Dédicace sur demande.

Vous pouvez régler par paypal en cliquant ici

ou par chèque adressé à Grand Angle SARL, Stéphane Scotto, 3 bis allée des Pins Verts 33470 Gujan-Mestras

ou encore par virement (me contacter par mail dans ce cas – scottophotographe@me.com)

 

quelques pages :

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St Barth et la Bucket Regatta

31032015

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Il me fallait quelque chose de positif pour oublier cette mésaventure administrative et l’impossibilité de récupérer mon Pentax645Z, toujours bloqué en métropole, puisque j’ai décidé de ne pas céder au racket de l’Etat (lire article précédent).

Heureusement, mon ami Pierre Carreau, photographe installé à St Barth, m’a proposé de venir le rejoindre à l’occasion de la Bucket, cette fameuse régate de grands voiliers de luxe.

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Bien sûr j’ai immédiatement accepté l’invitation. J’embarque donc quelques jours plus tard à bord d’un twin- otter d’Air Antilles Espress  pour un vol de 45 minutes qui va m’emmener sur une ile vraiment à part. Pour la deuxième fois je survit à l’atterrissage (la piste de St Barth est l’une des 5 plus dangereuses du Monde) mais quel bonheur d’atterrir devant une plage aussi splendide que celle de St Jean.  Pierre m’attends et nous voilà partis directement nous enregistrer auprès de l’organisation de la Bucket. L’idée est de trouver une place sur le bateau presse pour le lendemain, ce que nous obtiendrons sans problème.

Les voiliers sont là, superbes, majestueux. Il y en a pour tous les goûts :  ultra modernes et design, comme « Better Place », le Wally. Ou plus classique comme le magnifique schooner « Elena of London ». Il y a aussi « Rebecca » que j’avais photographié à New Port en 2010 !

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Ils ne sont pas seuls à mouiller dans la rade de Gustavia. D’innombrables yachts et super yachts sont là aussi.

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Pas de doute, on est bien à St Barth !

Dans cette atmosphère très américaine qui n’est pas sans me rappeler Cape Cod et Nantucket, je me sens dans mon élément. Avec un curieux sentiment de culpabilité car je n’oublies pas que les 1% les plus riches du Monde sont en parti responsables (volontairement ou involontairement) de ce qui ne tourne pas rond sur la planète. J’ai moi aussi ma part d’hypocrisie. Je suis un être humain après tout.

La bonne humeur de mes amis et les sourires des jolies filles que je vais croiser vont vite me faire oublier ma conscience politique et je vais pouvoir me concentrer sur mes prises de vues qui s’annoncent difficiles pour moi, puisque je n’ai pas pu récupérer mon appareil photo et que je devrais me contenter de l’appareil de prêt qui n’est pas vraiment adapté à ce type de reportage. C’est d’ailleurs en utilisant le Pentax 645 D que je vais prendre conscience des progrès que Pentax à fait avec le 645Z. C’est un peu le jour et la nuit. Et là, je me retrouve dans la nuit…

Le vendredi matin, nous voici avec Pierre prêts à embarquer à bord du bateau presse. Cette année, ce n’est pas un tender confortable mais… un bateau de pêche ! une saintoise avec ces deux marins sympathiques. William, originaire de St Barth, connaît tout de son ile et a très envie de nous faire partager sa passion de son métier. En plus il a l’air de s’y connaitre assez bien en voile, ce qui nous facilite la tâche pour bien nous positionner. A bord il y a aussi la joyeuse Ingrid Abery, une photographe anglaise qui s’est spécialisée en photos de régates, Katarina Baliova, une artiste photographe très talentueuse basée à Londres, et Sandra Gâche, photographe de St Martin. Il y a aussi Ed, un américain qui prend des photos panoramiques avec un Sony alpha et qui n’est autre que ce gars qui s’était pris la roue d’un avion sur la tête pendant un atterrissage (article).

Cette année, il n’y a pas beaucoup de vent. Nos images seront donc moins impressionnantes que ce que mes confrères avaient pu faire les années précédentes. Mais il fait beau, et de toutes façons, pour moi, c’est une première expérience de ce type de régate, alors je suis HEUREUX !

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Au bout de deux heures en plein cagnard, je sens que le mal de mer commence à monter. Je me suis mal positionné sur le bateau, un peu trop à l’avant, dans un recoin inconfortable, et j’ai mal géré mon temps passé dans le viseur de l’appareil photo. Alors forcément… une bonne envie de vomir ne tarde pas à se faire sentir. Je préviens les autres : « attention, je vais dégueuler », je passe la tête par dessus bord en priant pour que personne n’ai eu l’idée de me prendre en photo, et j’expulse mon petit déjeuner. Ouf, ça va mieux. Le mal de mer a disparu aussitôt et nous voilà repartis pour la suite de la régate.

Je suis entouré de photographes tous équipés en Canon 5 D MIII avec des cadences de prises de vues en rafale. Moi je suis au coup par coup avec mon moyen format. C’est assez drôle d’entendre le claquement des obturateurs et le mien au milieu, lent, lourd, tel un pachiderme.

Mais je sais au fond de moi, que la qualité du capteur moyen format donnera peut-être un petit plus à mes images. De la profondeur, du détail, bref des petites choses subtiles que je me sens bien seul à percevoir aujourd’hui, au milieu de ces masses d’images filtrées et instagrammées à mort et partagées par milliards sur les réseaux sociaux. Tans pis, je poursuis ma route comme si de rien n’était, résigné à travailler , même « à titre posthume » comme dirait l’ami Tom Perrin :-)

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Toutes mes photos sont sur ce lien.

Cette première manche se termine et je pense déjà à celle de demain. Je choisi de varier l’angle de prises de vues et de ne pas embarquer dans le bateau presse le lendemain. Je resterai à terre, dans les hauteur de l’ile, afin de capturer les voiliers avec plus de recul. Et puis, on nous a promis en fin de régate un superbe show aérien. En effet, des passionnés d’aviation de la seconde Guerre Mondiale sont arrivés du Texas avec bombardiers et chasseurs tous droits sorti des Têtes Brûlées. Ils vont d’abord faire des passages bas au niveau de la piste d’atterrissage, puis nous présenter leur show au milieu des navires venus se mettre à l’ancre devant le Fort de St Barth. Pierre a pris son impressionnant 600 mm. Mais les conditions sont médiocres. Nous sommes en contre jour et les avions passent trop loin. Tout le public est déçu. Quant à nous, les photographes, on se dit qu’on aurait mieux fait d’aller à la plage… Heureusement, nous garderons un bon souvenir des passages bas au dessus de la piste.

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Dimanche, dernier jour de la régate, j’embarque à nouveau avec Pierre sur le bateau presse. Nous saisissons quelques belles images des navires sous spi, quand soudain, l’inespéré se produit : une baleine se met à faire des jump entre les bateaux. Je parviens à capter la baleine en train de sauter à côté d’un voilier sur le spi duquel est dessiné… une baleine !

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Je complèterai mon reportage par des photos de nuit du Port de Gustavia et j’en profiterai même pour retrouver par hasard, une copine de Dakar que je n’avais pas revu depuis presque 20 ans…

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Ainsi s’achève mon troisième séjour à St Barth en un an. Retour en Guadeloupe, où je dois passer encore quelques semaines avant de revenir dans mon petit paradis : le Bassin d’Arcachon ! Je ne manquerai pas d’amener soleil et chaleur dans mes bagages (en espérant qu’ils n’aient pas inventé une nouvelle taxe là dessus d’ici là !)…

 

Pour voir toutes mes photos de la Bucket c’est ici !

 







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