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Shoot4Me : l’uberisation du métier de photographe ?

27072016

Cela faisait un moment que je voulais écrire un article sur  mes préoccupations concernant mon métier. Mon confrère et ami Hervé Sentucq en a écrit un très fort sur la liberté de panorama il y a quelques jours et aujourd’hui, c’est à mon tour. Après de longues hésitations c’est la plateforme Shoot4Me  qui a déclenché mon tir. (prononcez « shoot for me »).

Une bonne idée mais…

Lancée il y a un an cette  start-up bordelaise propose aux photographes mais aussi aux « faux »tographes de répondre à des appels d’offres pour des reportages photographiques et des demandes d’images d’illustration. Autrement dit, des mandataires (entreprises, restaurants, agences immobilières, collectivités territoriales telles que des Offices de Tourisme, etc…) envoient sur le site le détail de la prestation souhaitée et les photographes inscrits peuvent répondre à l’appel d’offres. A la base, l’idée est très bonne. En effet, nous l’avons tous constaté, les mandataires ont parfois du mal à s’y retrouver dans la cohue des photographes, entre professionnels, amateurs, semi-pros, expérimentés ou non, spécialisés ou pas et des tarifs proposés qui vont du simple au quadruple parfois sans logique. De leur côté les photographes ont également de plus en plus de difficultés pour atteindre de nouveaux clients. Mettre en relation les uns et les autres sur une plateforme internet apparaît donc comme une solution au problème. Sauf que… selon moi, les concepteurs de Shoot4Me ont fait fausse route dès le départ. Au lieu de réserver leur plateforme aux photographes professionnels, ils l’ont ouvert à toute personne possédant de quoi faire une photo. Déclaré ou pas, équipé d’un smartphone ou du dernier réflex pro c’est pareil ! Certes, certains appels d’offres sont réservés uniquement aux photographes « certifiés » déclarés et possédant une assurance, certes il est mentionné dans ces offres le type de matériel qui ne peut pas être utilisé, il n’en demeure pas moins que globalement les conditions tarifaires sont difficiles à accepter pour de vrais professionnels. En effet, j’ai décortiqué avec minutie les derniers (rares) appels d’offres lancés par la plateforme. Et c’est édifiant !

Des « missions » sous évaluées

Prenons comme exemple cet appel d’offre du mois de juin 2016. Il s’agissait de photographier une compétition de mur d’escalade indoor à Bordeaux, suivie d’un cocktail. La « mission » (c’est le terme utilisé par shoot4me pour décrire un reportage photographique) était très précise, très détaillée, allant même jusqu’à préciser les types de cadrages souhaités et les mots clefs pour l’indexation. Le donneur d’ordre estimait la durée de la prestation à quatre heures (en soirée)… et proposait (« imposait » serait plutôt le terme approprié) 200 € au titre de la rémunération.  Tout photographe professionnel et un tant soit peu expérimenté sait que les quatre heures se transformeront sur le terrain en 5 ou 6 heures. Mais ce qui est inquiétant c’est que dans le calcul des « missions » proposées par shoot4me il n’est jamais question du travail de post-production. Comment croire qu’un reportage puisse être livré sans être passé par un tri des photos, des re-cadrages, des mises à niveau, des améliorations de contrastes, de netteté, bref le béaba du métier ? Pour un reportage de ce type, et compte tenu du nombre de photos à livrer et des exigences mentionnées dans la « mission » j’estime personnellement le temps de post-production à 3 heures minimum. La prestation ne fait donc plus 4 heures comme indiquée mais 8 heures environ (sans le déplacement). Le calcul est simple : 200 € divisé par 8 = 25 €/h …BRUT ! Une fois les charges déduites, il ne restera environ que 15 €/heure net au photographe, soit au total 120 € pour une prestation équivalente à une journée complète de travail. Pour certains 15 €/h pour faire un métier qu’on aime, par les temps qui courent, cela peut apparaître comme bien payé, mais il faut considérer qu’un photographe n’est pas un électricien ou un plombier qui va avoir des chantiers quasiment tous les jours. Et c’est bien pour cela que le photographe doit facturer plus cher ses prestations faute de pouvoir vivre dignement de son métier. Pourquoi accepter de travailler à 15 € de l’heure quand n’importe quel artisan refuse de travailler en dessous de 40 € de l’heure ? L’UPP (Union des Photographes Professionnels) estime dans un article détaillé de son site que la journée de travail ne doit pas être facturée moins de 700 € si le photographe veut s’y retrouver au moment de faire son bilan en fin d’exercice. Avec Shoot4Me on en est loin !!!

Les institutions publiques complices

Prenons maintenant l’exemple de cette autre « mission » cette fois-ci proposée par le service communication du SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon). Cette collectivité territoriale financée par les contribuables est en charge de la surveillance de la qualité des eaux du Bassin mais aussi de la promotion du tourisme (deux prérogatives qui sont en total conflit d’intérêt mais la question n’est pas là). Comme il n’y a pas assez de monde l’été sur le Bassin (ironie), ces génies de la communication ont trouvé un moyen de dépenser encore un peu plus d’argent des contribuables en créant une « marque » identitaire « Bassin d’Arcachon ». Je ne m’attarde pas dans ce billet sur ce que j’en pense et je vous invite plutôt à découvrir une de leurs offres de « mission » de reportage, extrêmement détaillée : lien mission SIBA missionSiba Là encore il convient de décortiquer cet appel d’offre afin de comprendre pourquoi c’est inacceptable, à la fois pour les photographes qui se retrouvent à travailler pour presque rien et pour les contribuables qui risquent au final de payer une campagne de communication de mauvaise qualité. Le SIBA estime par exemple que le photographe pourra réaliser l’ensemble des scènes précises demandées en 6 demi-journées et même les compacter en 3 journées ! Sachant que le photographe devra lui même organiser les rendez-vous avec les différents protagonistes (chantiers navals, restaurateurs, artisans, associations et ostréiculteurs…) qui risquent d’être très occupés en pleine saison, cela relève de l’exploit ! Nous voici donc avec des exigences techniques dignes d’un « shooting » de publicité ou de mode pour un grand magazine, avec modèles, éclairages, assistants, stylistes, directeur artistique, sauf que là, le photographe est seul et payé une misère ! Cerise sur le gâteau : les droits sont inclus et pour une durée de… 10 ans ! Et à nouveau, ni le mandataire ni les responsables de shoot4me ne semblent se préoccuper de la partie post-production qui est pourtant essentielle !  J’ai bien étudié cette offre et j’ai estimé que ce ne sont pas 3 jours de prises de vues qui seront nécessaires pour un travail de qualité mais bien 6 demi-journées. A cela s’ajouteront 3 jours minimum de post-production. Sans compter que les conditions météo, la lumière, la bonne ou la mauvaise volonté des « modèles » ou encore les exigences du client obligeront peut-être à recommencer une ou deux scènes et que le photographe n’osera peut-être pas demander une rallonge de peur de perdre ce nouveau client si « prometteur ». Je ne rentre pas dans les détails financiers mais sachez que là encore, au final, le photographe se retrouve à un taux horaire inférieur à celui d’une femme de ménage non déclarée. Pouvons nous l’accepter ?

Concurrence déloyale

Shoot4Me ne s’arrête pas là. Le site relaye également des demandes d’images d’illustration, pour des sites internet, pour la couverture d’une brochure ou encore un flyer… ces demandes ne sont pas réservées aux professionnels. N’importe qui peut y répondre. Les rémunérations vont de 30 € à 300 €. D’ailleurs aujourd’hui un compte instagram qui s’appelle modestement « Bassin_dArcachon » a partagé l’offre du SIBA, sans mesurer un instant les conséquences que cela représente pour des professionnels.

missionSiba_02

Dans le cas présent, le SIBA (et oui encore eux !) pourrait tout simplement confier un petit budget de 600 € à l’un des nombreux photographes professionnels du Bassin ou de Bordeaux pour réaliser cette photo qui semble tout de même relativement importante. Mais non, pourquoi faire travailler un photographe alors qu’il y a peut-être quelqu’un qui aura une photo amateur en stock qui pourrait faire l’affaire et à bas prix ? et c’est tellement plus fun ! Dans d’autres cas de demandes d’images, le temps nécessaire à chercher une photo correspondante dans mes archives, à l’envoyer au client, à effectuer la facture si toutefois il la retient, à la rentrer en comptabilité, à relancer le client qui une fois sur deux a « oublié » de payer ne saurait être rentable pour 30 € brut ! mais cela, les concepteurs de shoot4me ils s’en balancent. Pour eux, ce qui semble compter c’est de donner l’impression que leur plateforme fonctionne, qu’elle génère du trafic, ceci afin de rendre crédible ce que toute start-up rêve de réussir : une levée de fonds !!! Et c’est bien là que je tiens à développer mon propos: sur l’absurdité de ce concept. Selon mon analyse les dirigeants de cette start-up se sont trompés de cible. Leurs clients auraient dû être les photographes et non les mandataires. Au lieu de prendre un pourcentage ridicule sur les appels d’offres aux tarifs sous-évalués car imposés par les donneurs d’ordre, shoot4me aurait dû se rémunérer sur une adhésion payante des photographes et éventuellement un petit pourcentage sur les transactions de paiement, à l’identique de ce qui se pratique sur des plateformes comme AirBnB. Ainsi, les photographes, qui sont les plus compétents pour savoir quels tarifs appliquer, auraient pu garder le contrôle de leur rémunération. Et cela est essentiel !

Infantiliser les photographes

D’ailleurs sur ce point, shoot4me prend les photographes pour des gamins, en employant un vocable limite naïf : « shooting », « mission photo » et j’en passe ! des expressions que l’ont retrouve en général dans le langage des jeunes (et moins jeunes) photographes débutants. ils ont même réussi à recruter des photographes professionnels chargés d’évaluer et de « certifier » leurs propres confrères ! sur quels critères objectifs ? ça je n’ai pas réussi à le savoir. Mais je ne doutes pas un instant que ces « élites de la photographie » ont dû se sentir flattés de la responsabilité qui leur incombe…à défaut d’une rémunération. Et oui, c’est cela l’économie « collaborative »…

Le coeur du problème 

Mais revenons au problème de départ : la tarification. Comment en effet concevoir que ce qui ressemble à un appel d’offre puisse imposer un prix précis et non modulable ?  Dans la normalité, le mandataire devrait définir ses besoins et attendre que les photographes lui fassent des propositions. Des propositions qui d’ailleurs ne seront pas forcément que financières mais aussi artistiques. Un bon photographe doit pouvoir prévenir son client de certaines difficultés qui n’avaient peut-être pas été évaluées et peut aussi apporter de nouvelles idées. Avec shoot4me ce n’est pas envisageable. Il y a une liste détaillée de photos à effectuer et le photographe est une sorte d’opérateur qui va venir appuyer sur le déclencheur.

Tirer les tarifs et la qualité vers le bas

Shoot4Me agit donc comme une agence de photographes alors qu’elle n’en n’a pas la légitimité car ses fondateurs n’ont pas la compétence nécessaire. En tirant ainsi les tarifs vers le bas, la plateforme encourage les mandataires à travailler avec des photographes peu expérimentés, prêt à tous les sacrifices pour démarrer leur activité, conquérir des clients, en espérant peut-être pouvoir ensuite augmenter leurs tarifs. Mauvaise stratégie car la réalité est que les mandataires ne feront que profiter de ce système jusqu’à épuisement. En essayant de gagner des clopinettes tout en participant malgré elle à affaiblir une profession déjà bien en difficulté, la jeune start-up risque de stagner sur ses faibles rentrées d’argent (ses dirigeants reconnaissent eux-mêmes ne pas être rentable) et de finir rapidement comme beaucoup d’autres : en liquidation judiciaire. Mais je ne doutes pas que les collectivités territoriales, qui ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient en tirer en faisant des économies de bouts de chandelles sur les photos dont elles ont besoin pour communiquer, trouveront un moyen de financer via une levée de fonds publics cette entreprise qui ne peut pas, en l’état actuel du concept, être rentable. Alors pour moi, le photographe également contribuable, se sera un comble : avec mes impôts je participerai à creuser encore un peu plus ma tombe ! J’ai longuement hésité à écrire ce billet qui ressemble bien à une charge contre shoot4me car j’ai toujours aimé l’enthousiasme des entrepreneurs notamment dans les domaines du web. Ils cherchent souvent à répondre à des problématiques du quotidien en utilisant des moyens modernes adaptés à notre époque. Ils sont souvent très sympathiques et humains (ce qui est un drôle de paradoxe pour des gens qui passent l’essentiel de leur temps derrière un écran d’ordinateur) mais force est de constater que nombre d’entre eux vivent et évoluent avec naïveté dans une société qui n’est pas encore suffisamment préparée pour de tels bouleversements. Applications, automatisation, impression 3D, uberisation sont en train de détruire des métiers plus qu’ils n’en créent. Ils déstabilisent des professions, génèrent des conflits et créent du chômage de masse. L’emploi devient de plus en plus précaire et nos dirigeants politiques, une fois de plus, n’ont pas su anticiper.

Quel avenir pour les photographes ?

En tant que photographe professionnel et comme bon nombre de mes confrères de ma génération, je me pose donc beaucoup de questions sur mon avenir. Car je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche. Il y a 25 ans, alors que le numérique n’existait pas encore j’ai choisi ce beau métier qui est aussi une passion. Je lui ai consacré l’essentiel de mon temps, allant même jusqu’à lui donner la priorité dans ma vie. A force d’apprentissages, d’échecs et d’obstination, j’avais fini par atteindre le succès et des revenus confortables. Je me suis adapté sans aucun problème à toutes les innovations technologiques et j’ai changé plusieurs fois de spécialités. La remise en question fait partie de mon quotidien mais j’ai le sentiment d’être allé au bout et que la seule alternative qui s’offre à moi c’est de régresser en me mettant au niveau des débutants. A 45 ans je suis bien loin de l’âge de la retraite et pourtant la question se pose : combien de temps vais-je pouvoir tenir ?

Pratiquant l’auto-dérision je dis souvent qu’aujourd’hui je fais des photos « à titre posthume ».

Mais je suis sûr d’une chose : shoot4me mourra avant moi.

Stéphane Scotto, auteur photographe.

Je tiens à préciser que j’ai plusieurs fois fait part de mes remarques par téléphone avec l’un des fondateurs de la plateforme qui a été très à l’écoute (même si au final il n’en n’a rien retenu), que je me suis déplacé à l’une de leurs journées de présentation et que j’ai trouvé cette équipe fort sympathique. Il n’y a rien de personnel dans mon billet qui est bien plus animé par une forme de désespoir et d’impuissance que par la rancoeur. Je ne supporte tout simplement plus la dévalorisation de mon métier. 




Retour dans la Caraïbe

12042016

Mon dernier ouvrage consacré à ma terre de prédilection étant sorti et bien distribué, et le froid commençant à s’installer sur le Bassin d’Arcachon, il est temps pour moi de repartir vers des paysages plus exotiques.

Je suis loin d’avoir terminé mes aventures photographiques dans la Caraïbe et me voici donc de retour en Guadeloupe, plus précisément à St François, devenue ma base d’accueil. Il faut dire que l’aérodrome se trouve juste à côté et que les ULM et GYROCOPTERES sont prêts à décoller en permanence pour me permettre d’aboutir à mon nouveau projet : un livre de photos aériennes de l’archipel de Guadeloupe.

Plage de Bois Jolan en Guadeloupe

Plage de Bois Jolan en Guadeloupe

Basse Terre, Grande Terre, La Désirade, Petite Terre, Marie Galante, les Saintes… « il y a tant d’iles en elle » c’est le joli slogan intelligemment trouvé par l’Office de Tourisme de Guadeloupe et il est parfaitement approprié. L’archipel de Guadeloupe est de loin le plus intéressant de toute la zone caraïbe, tant ses paysages et ses ambiances sont variées. Je n’ai donc pas finit de l’explorer, d’autant plus que je suis du genre à prendre mon temps.

Pour réaliser mes prises de vues aériennes j’ai choisi de travailler avec Seb, un pilote d’autogyre (ou gyrocoptère) expérimenté en travail aérien et qui a l’habitude d’emmener des photographes ou des cameramen. De plus, il est très disponible et pour moi c’est important puisque je suis exigeant en lumière et que cela ne se prévoit pas vraiment à l’avance.

Le pilote de gyrocoptere Sebastien Anselme et le photographe Stéphane Scotto

Le pilote de gyrocoptere Sebastien Anselme et le photographe Stéphane Scotto

Notre premier vol sera un vol du soir. Nous décollons à 17:30 avec l’obligation de rentrer 15 minutes après le coucher du soleil. C’est la règlementation qui l’impose, la même que sur le Bassin d’Arcachon. Il faut savoir qu’ici aux Antilles, le soleil se couche vers 18:00. Cela laisse donc peu de temps. Je choisi de capter l’ambiance de la Pointe des Châteaux qui est assez magique à ce moment précis. Tandis que nous longeons la côte et que nous tournons à basse altitude autour d’un spot connu appelé « la douche », je vois apparaître juste en dessous de notre aéronef deux grosses masses, suivi d’un jet d’eau. Oui vous l’avez sans doutes compris, nous sommes juste au dessus de deux magnifiques baleines ! Les baleines sont nombreuses dans le secteur en ce moment mais nous ne nous attendions pas à en voir à 200 m à peine de la côte !  je demande à Seb de faire une manoeuvre de demi tour afin de me laisser le temps de changer d’objectif. Mais le temps de revenir sur nos pas, les petites malines qui nous ont repéré ont plongé. C’est peu profond et on les vois très bien par transparence mais il faut nous rendre à l’évidence : elles nous voient et elles n’ont visiblement pas envie de poser pour moi. Alors nous choisissons de poursuivre notre chemin vers la Pointe des Châteaux et de tenter de les retrouver au retour.

Baleines au large de la Guadeloupe

Baleines au large de la Guadeloupe

La Pointe des Châteaux

La Pointe des Châteaux

Effectivement, une demie heure plus tard, tandis que le soleil a disparu derrière la Soufrière et que nous revenons vers l’aérodrome de St François, nous croisons à nouveau leur chemin. Juste le temps pour moi de faire une dernière photo et il faut atterrir.

Au final, une très belle séquence aérienne et de belles photos.

Pour un premier vol s’est encourageant !

Pour les deuxièmes et troisièmes vols, nous ne nous éloignons pas trop de notre base. Je ne suis pas encore habitué aux prises de vues en gyrocoptère. C’est assez différent de l’ULM puisque cela se rapproche d’avantage de l’hélicoptère. Pour celles et ceux qui veulent comprendre le principe : les pales du gyrocoptères ne sont pas motorisées, elles tournent par la vitesse de l’engin qui est lui même propulsé par une hélice située à l’arrière. Autrement dit, si il n’y a plus de vitesse, l’autogyre redescend. Tout réside donc dans le bon dosage entre vitesse horizontale et verticale. Si une pale casse, ou si le rotor se bloque, c’est la chute irrémédiable. En revanche si l’hélice arrière tombe en panne, alors on peut espérer redescendre en douceur (du moins tant que les pales tournent à une vitesse minimale suffisante pour porter l’engin).

Bref, il faut avoir confiance ou être fataliste !

Image de prévisualisation YouTube

Nous survolons donc la côte atlantique de la Grande Terre, hachée par les vents et les vagues qui viennent s’éclater sur des falaises qui ne sont pas sans rappeler celles de Bretagne et de Normandie. Un paysage minéral qu’on n’attend pas forcément d’une ile tropicale et qui s’étend de St François à la Pointe de la Grande Vigie (mais pour le moment nous nous sommes arrêtés à Moule).

Porte d'Enfer (Guadeloupe)

Porte d’Enfer (Guadeloupe)

Le troisième vol sera plus exotique puisque nous survolerons le lagon de St François, la baie de St Anne et ses plages de rêve bordées de cocotiers : Bois Jolan et La Caravelle.

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

La Caravelle, Club Med.

La Caravelle, Club Med.

Je m’amuses beaucoup avec les formes et les couleurs que me fournissent les coraux. La Guadeloupe, c’est aussi « l’Ile aux Belles Eaux », et ce n’est pas mon appareil photo qui dira le contraire !

Pour voir toutes les photos, cliquez ici !

Le résultat de ces trois premiers vols est très encourageant et il me tarde de poursuivre les explorations. J’évalue à 15 heures de vol nécessaires pour constituer le stock d’images qui me permettra de réaliser cet ouvrage. Mais malheureusement, la lumière idéale est devenue rare. Des vents de sable ont fait leur apparition pendant plusieurs semaines et les belles journées dégagées sont furtives.

Peu importe, je m’adapte et je prends mon temps, comme toujours ;-)




Aller photographier la Guadeloupe et se faire racketter par l’Etat

14032015

Douane

 

Comment l’Etat et l’administration française peuvent, avec leurs règles d’un autre temps, empêcher un photographe de paysages marins de travailler dans les DOM.

Je me serais bien passé de cette mésaventure qui, je l’imagine, va vous exaspérer autant que moi.

Voici donc quelques mois que je suis en Guadeloupe pour explorer et photographier les Antilles françaises. Les hivers sur le Bassin d’Arcachon me semblent de plus en plus longs et pluvieux et j’avais envie de reprendre les grands voyages, comme ceux que je faisais aux USA. J’aime rester plusieurs mois dans un autre pays. Cela permet de rentrer en immersion et de prendre son temps pour photographier les paysages avec les bonnes lumières. Et dans ma spécialité, prendre son temps, c’est essentiel.

J’ai donc choisi le sublime archipel de la Guadeloupe comme nouveau terrain de prises de vues. Je n’ai aucune commande, c’est une démarche de ma propre initiative. Cela veut dire que je ne sais pas encore ce que deviendront mes photos. Bien sûr elles iront alimenter PixPalace, la banque d’image qui fournit en photos plus de 400 magazines, et bien entendu je proposerai les plus belles, les plus originales en tirages grands formats à un public d’amoureux de la Guadeloupe. Et pourquoi pas faire un 5 ème livre ?

Comme il n’y a aucun moyen aux Antilles de traiter des films argentiques moyen format, j’ai décidé de franchir le pas et d’investir dans le tout nouveau Pentax 645 Z. Un gros boitier moyen format numérique de 51 Millions de pixels doté en plus de la fonction vidéo. Avec cette bête j’étais assuré de produire de la très haute qualité tout en étant parfaitement autonome. Je me suis donc soulagé de près de 10 000 € dans ce nouveau matériel en me confortant dans l’idée que c’est quand les affaires ne vont pas bien qu’il faut aller de l’avant, innover, investir. Comme pour conjurer le sort. J’ai donc acheté ce matériel à Bordeaux, plusieurs mois avant de partir.

Après 8 heures de vol, me voici arrivé hyper motivé dans la Caraïbe. Je passe la douane bagages sans soucis avec ma valise et mon énorme sac à dos photo (format cabine). Personne ne me demande quoi que ce soit. J’arrive dans un département français (et même une Région) ou seule la carte d’identité suffit. Devant moi, derrière moi, il y a des milliers de touristes qui arrivent eux aussi avec leurs appareils photos et leurs ordinateurs portables. Chacun à le sentiment d’avoir voyagé d’un département français à un autre.

Pendant plusieurs semaines tout se passe bien. Je ne rencontre aucune difficulté particulière. Il faut juste s’habituer aux grèves incessantes devenues un sport national. Grèves d’essence, grèves de l’eau,  et à nouveau grève d’essence (ou rumeurs de grève qui ont le même effet). Sinon, le soleil est là, le ciel est bleu, les paysages splendides, les guadeloupéens sont majoritairement sympas et accueillants, et les cocotiers qui dansent avec les alizés procurent l’apaisement. Un vrai paradis.

Arrive le carnaval, que bien entendu je veux photographier. Je me réjouis à l’avance du regard que je vais pouvoir poser sur le défilé avec mon moyen format. Je suis donc en place avec mon superbe appareil en bandoulière qui attise la curiosité des passionnés de photo présents dans le public.  Le défilé de Saint-François démarre et je commence mon travail. Et puis, au bout de 30 minutes, le drame. Celui que tout photographe redoute : la panne d’appareil photo. Je dois dire qu’en 25 ans de métier, je n’ai jamais été en panne d’appareil. Je me retrouve donc stupéfait face à cette situation qui s’annonce radicale. En effet, il semble que le ressort du bouton de déverrouillage des optiques à lâché et il est désormais impossible de retirer l’objectif en place pour le remplacer par une autre focale. Je me dis que ce n’est pas possible, que je vais réussir à débloquer ça, qu’il doit y avoir un grain de sable qui coince et que ça va s’arranger. Je m’excite donc pendant plus de 30 minutes sur mon boitier et mon objectif.

Voyant que je n’arriverai à rien, je rentre à pied, désabusé. J’essaye encore de retirer l’objectif, je force mais rien à faire, c’est foutu, il faut se rendre à l’évidence. Comment vais-je faire ? je n’ai que ce boitier. Rien d’autre. Et j’ai un reportage important et intéressant dans deux semaines (Triskell Cup, une régate de voiliers entre les iles sur 5 jours). L’organisateur ne m’a pas encore validé le devis mais il m’a dit verbalement que c’était ok, alors j’y crois. Il faut ABSOLUMENT que je trouve une solution !

Le lendemain, j’appelle le commercial de chez Pentax pour lui exposer la situation. Il n’en revient pas de cette panne et se confond d’excuses au nom de la marque. Il me promet de tout mettre en oeuvre pour que je ne sois pas lésé. « Je vous envois un 645 D de toute urgence pour vous dépanner et on va vous réparer le votre en priorité ».

Ouf, je vais me tirer de ce mauvais pas.

Ainsi donc, j’envois mon appareil à Paris en Chronopost  (ce qui me coutera tout de même 140 €) et j’attends la réception du boitier de remplacement. Ce sera un appareil de démonstration âgé de deux ans. En fait, l’ancien modèle du mien, moins performant et sans la vidéo, mais pour le reportage à venir cela suffira amplement, et de toutes façons je vais récupérer le mien très vite. C’est l’affaire de quelques jours.

Enfin… ça c’était sans compter sur la lourdeur de l’Administration !

Au bout de 4 jours, n’ayant aucune nouvelle du transporteur TNT choisi par Pentax, je me renseigne et je finit par tomber sur le responsable de la société de transport relais TNT. (En fait TNT n’est pas directement présent en Guadeloupe). Celui ci m’explique un peu décontenancé pour moi qu’il a bien reçu le colis mais qu’il l’a bloqué car il faut que je paye 1440 € de taxe d’importation !!! oui vous avez bien lu : 1440 € !  en fait 36 % d’octroi de mer basé sur  la valeur déclarée par Pentax sur le document de transport (4000 €).

Pourtant ils avaient bien précisé : « matériel de prêt suite retour SAV, pas de valeur commerciale » mais les douanes peuvent se baser apparemment sur la valeur couverte par l’assurance pour justifier le racket organisé par l’Etat. J’explique au transporteur que ce n’est pas possible et qu’il faut trouver une solution. Celui-ci me fait comprendre qu’il aurait fallu ne déclarer que 50 € pour ne payer que 36 % des 50 €. Autrement dit : frauder ! Mon urgence étant de débloquer la situation coute que coute, j’en fait part à Pentax qui refuse de rentrer dans ce genre de combine.  Le lendemain, le responsable de Pentax m’annonce qu’ils vont prendre à leur charge les 1440 € de taxe car il faut que je puisse assurer mon reportage. Moi je refuse catégoriquement ! c’est du chantage et il n’est pas question de céder.

Je décide de prendre le taureau par les cornes et d’essayer de contacter un responsable des douanes. Je finit par l’avoir au téléphone. Il m’écoute, puis me passe un sermon comme quoi j’aurais dû faire les choses dans les règles c’est à dire passer par un transitaire et remplir un document d’entrée provisoire sur le territoire avec date de sortie fixe. Je lui répond que je n’en savais rien, que c’est la première fois en 25 ans de métier que je suis confronté à cette situation, et que chez Pentax on ne se doutait pas que la Guadeloupe étant un département français, les choses puissent être aussi compliquées. Ce en quoi il me rétorque un peu agacé : « mais ici ce n’est pas la France !  » puis de préciser : « sur le plan fiscal ce n’est pas comme en France » … Je lui fait remarquer que c’était à TNT de signaler à Pentax cette subtilité et que nous sommes de bonne foi. Sensible à mes arguments, il finit par me proposer de venir le voir dans son bureau à l’aéroport demain matin avec une déclaration « de bonne foi » en trois exemplaires. Je ne vis pas en Guadeloupe et je n’ai pas d’imprimante. Je me débrouille donc pour trouver quelqu’un qui pourra m’imprimer la paperasse. Encore une perte de temps et d’énergie.

Nous sommes en 2015 et un simple mail aurait pu suffire mais non, là il faut que je me déplace…  Donc le lendemain matin, je me tape une heure de voiture pour aller aux douanes du fret aérien (griller du diesel pour polluer un peu plus l’ile, c’est sûr que je n’ai que ça à faire !) . Sur place, je rencontre le directeur des douanes qui me reçoit dans son bureau et m’explique que j’aurais dû déclarer tout mon matériel avant de partir de métropole. Il me précise que tout ce qui rentre en Guadeloupe est soumis à des taxes et que je ne déroge pas à la règle. Je lui explique que c’est la première fois que j’entends ça, que je voyage régulièrement sur d’autres continents et qu’on ne m’a jamais posé le moindre problème. Que de plus, la Guadeloupe est un département français et qu’il est aberrant qu’un photographe indépendant français doive déclarer son matériel et payer des taxes alors même qu’il vient photographier les paysages de Guadeloupe et que ses photos serviront peut-être à promouvoir le tourisme de l’ile. Mais il me rétorque (et il n’a pas tord) que ça il faut le dire au législateur, lui est là pour faire appliquer les règles, sans oublier d’ajouter la phrase classique : « nul n’est censé ignorer la loi ».

Au final, après 20 minutes de palabres, il me fait une faveur et me signe le papier « à titre exceptionnel » et je repars donc avec mon appareil de secours. Un papier volant qui ne sera classé nul part au final et qui me sert juste à récupérer mon paquet chez le transporteur. Je sors du bureau en me disant : « tout ça pour ça »…

Avant de quitter son bureau j’ose lui demander :  » et pour mon appareil qui va être réparé, comment je fait pour le récupérer ? » sa réponse : « ah non ! là il faut que vous alliez demander un carnet ATA à la CCI de Pointe à Pitre. Allez les voir ils vous expliqueront ».

Quand la balle est renvoyée dans une autre administration, alors là tu peux te dire que tu vas vivre un enfer…

Le lendemain, j’appelle donc la CCI de Guadeloupe et je demande le service concerné. Le nom du service c’est « Appui aux Entreprises » ,  avec une telle dénomination, je me dis donc tout naturellement qu’on va y arriver. Mon optimisme est vite rattrapé par la nonchalance d’une dame qui m’explique qu’il fallait que je déclare mon matériel au départ de Bordeaux à l’aide d’un carnet ATA et qu’elle va m’envoyer un… devis. Effectivement quelques minutes plus tard je reçois son devis. Le carnet ATA ne coute pas moins de 380,99 € et n’est valable que pour 5 voyages avec un plafond de matériel à 11 000 €. Selon elle il faut l’utiliser à chaque fois qu’on se déplace dans les DOM et… en Europe !!! il y aussi une proposition à 250 € pour un seul coupon. Je commence à enrager en découvrant en plus toute la paperasse qu’il faut fournir pour acheter le fameux carnet de coupons. Mais le summum va être atteint quand elle va m’envoyer quelques instants plus tard un autre mail pour m’annoncer que de toutes façons elle s’est renseignée auprès de la CCI de Paris et que dans la mesure où il aurait fallu le faire au départ de Bordeaux et bien il ne peut y avoir de rétroactivité et donc il n’y a pas de solution ! Il faut que je demande aux douanes comment faire !!!

Pièces à fournir

Pièces à fournir

 

Détail du prix du carnet ATA

Détail du prix du carnet ATA

 

Détail des redevances

Détail des redevances

 

Message de la CCI de PTP

Donc retour à la case départ. J’appelle à nouveau le chef des douanes du fret aérien. Il me dit qu’il ne peut rien faire. Je lui dit : « écoutez, je n’ai pas envie de polémiquer pendant 20 minutes parce-que vous avez autre chose à faire et moi j’en ai plus que marre, alors est-ce que vous me faîtes à nouveau une exception ? c’est OUI ou c’est NON ? ». Sa réponse est on ne peut plus claire : « c’est NON ». Au revoir Monsieur.

Me voici donc dans l’impasse. Cette fameuse impasse administrative insupportable à laquelle nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre et que nous vivons comme une injustice. Que ce soit les disfonctionnements du RSI, une amende injustifiée, une erreur administrative, un dossier égaré, une usurpation d’identité, à chaque fois la victime se sent impuissante et abattue face à un mur infranchissable qui est celui de l’ADMINISTRATION.

Là je peux le dire, je suis dépité, dégouté, scandalisé, écoeuré. Alors que j’apprend au même moment que la famille royale du Quatar ne paye aucune plu-value sur ses transactions immobilières en France, moi, simple auteur photographe indépendant, qui se bat chaque jour pour assurer sa subsistance dans un marché devenu très tendu, qui n’a droit à rien, ni congé maladie, ni chômage, et certainement ni retraite, je dois dépenser mon temps, mon énergie et mon argent à remplir de la paperasse, payer des taxes, uniquement pour avoir le droit de voyager DANS MON PROPRE PAYS avec mon appareil photo !

Et ce fameux « choc de simplification » annoncé par notre Président ? il est où ???

Je pense que nous devons être le seul pays démocratique et moderne au Monde à se comporter aussi injustement  avec ses propres concitoyens. Le simple fait de devoir déclarer son matériel en voyageant de métropole à un département d’outre mer équivaut d’emblée à une suspicion de  de fraude. Oui en France, tandis que des parlementaires eux fraudent à coup de millions en toute impunité, se payent des biens immobiliers (y compris aux Antilles) avec leurs indemnités et continuent de se pavaner sur les bancs de l’Assemblée, nous petits indépendants, artistes, artisans, commerçants, gérants de PME, nous devons nous soumettre à des règles absurdes, inventées par des énarques qui ne connaissent rien de la vraie vie et qui nous assomment de leur sens aigüe de la complexité ! Je ne me sens aucunement « populiste  » en faisant un tel constat. Juste un sentiment d’injustice et de gâchis.

Je suis en colère contre ce gouvernement qui nous a promis un « choc de simplification » . Simple effet d’annonce une fois de plus.

Quand on voyage on entend souvent que le français est roublard, malhonnête… mais il est évident que tout est fait pour nous conduire à la ruse, à la petite magouille… ou à baisser les bras.

Un ami m’a écrit hier : « et maintenant ? cette situation elle profite à qui ? à quoi ?  Cela n’a plus aucun sens. »

Dans quelques jours, j’irais à St Barth photographier un évènement exceptionnel : la Bucket Regatta. Je ne serais pas au top puisque je ne peux pas rapatrier ici mon propre appareil photo. Je vais donc me contenter de celui que Pentax m’a envoyé en secours, beaucoup moins performant, et je ferais de mon mieux, bien sûr. Mais je me dis qu’en résumé : je suis puni d’avoir investi dans du matériel haut de gamme et performant. Un photographe amateur ou pro, équipé avec un matériel plus basique et donc moins couteux, lui ne serait pas soumis à toutes ces tracasseries. Il se le ferait envoyer en simple collisimo et passerait au travers des mailles du filet. Mais moi je ne peux pas prendre le risque de faire voyager 10000 € de matériel par la poste avec une assurance limitée à 800 €.

Tirer la qualité vers le bas, décourager les plus dynamiques et ceux qui prennent des risques, voilà la politique qui est menée depuis des décennies en France. Et aujourd’hui j’en suis victime.

Oui bien sûr, il y a pire dans la vie et j’en suis bien conscient. Mais pour autant, cela reste absurde et insupportable.

Alors ami photographe qui a eu la patience de lire cet article jusqu’au bout, tu es aujourd’hui informé qu’à chaque fois que tu voyage en Guadeloupe et dans les DOM, si tu ne t’es pas soumis à ce racket organisé, et au jeu de la paperasserie administrative, tu prends un risque, celui de te voir confisquer ton matériel par les douaniers, à l’arrivée ou au départ. Eux n’y sont pour rien. Ils appliquent des règles absurdes dictées par des gens qui vivent sur leur nuage. Et je suis convaincu que les douaniers préféreraient utiliser leur énergie et leur temps à traquer les trafiquants de drogue, si nombreux dans cette région, plutôt que de gêner et ralentir ceux qui ne demandent qu’à travailler honnêtement.

Et à ce stade de mon billet et de mon exaspération je vais me permettre en conclusion un petit avis personnel :  selon moi, les premières victimes de cette barbarie administrative sont les guadeloupéens eux-mêmes, qui au quotidien se font racketer, notamment par la grande distribution, en payant leurs achats 30 à 50 % plus cher qu’en métropole. Tout ceci pour alimenter les dépenses considérables de la Région Guadeloupe qui a acheté la paix sociale en fonctionnarisant 40 % de la population active, et qui est capable de dépenser des dizaines de millions pour un musée de l’esclavage mais qui ne dépensera pas un centime pour construire un nouvel hôpital digne de ce nom ! et que dire de l’eau potable qui ne coule que par intermittence dans les foyers ! Comment un département où le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale, où le taux de criminalité bat chaque année tous les records, et ou le travail informel est toléré, peut-il se permettre le luxe de décourager celles et ceux qui voudraient participer, chacun à leur petit niveau, à faire de cette ile magnifique un territoire encore plus attrayant et dynamique ?

Et oui, un photographe qui se déplace plusieurs mois sur un territoire pour le photographier, observe, se renseigne, s’imprègne, tente de comprendre… et si on le prive de son outil de travail, il peut toujours s’exprimer par la parole ou l’écrit.

Voilà, c’est fait. Et maintenant ça va tweeter sec ! parce-que j’ai espoir que ce billet arrive devant les yeux d’un haut responsable politique et qu’il prenne conscience, à travers cette petite mésaventure,  de l’écart énorme qui existe entre sa vision du travail et celle de ceux qui sont dans la vraie vie.

Laissez nous respirer ! laissez nous libérer notre énergie, notre créativité ! arrêtez de nous compliquer l’existence ! c’est tout ce que je vous demande. Et apparemment on est quelques millions de français, de métropole et des DOM TOM,  à penser la même chose…

Lecteurs de ce blog, journalistes, administrateurs de sites, portails, pages fb, n’hésitez pas à partager cet article si vous le souhaitez. (Merci d’utiliser le lien et non un copié-collé du texte)

 




Salon de la Photo 2012: fallait-il y aller ?

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Salon de la Photo 2012: fallait-il y aller ? dans Mon actu photographique salon2012_03-300x300

Cela faisait 7 ans que je ne m’étais pas rendu au Salon de la Photo à Paris.
Je n’en ressentais pas vraiment le besoin puisque j’avais choisi de m’investir à 100 % dans mon propre domaine, une « niche » comme on dit, avec du matériel argentique moyen format déjà éprouvé, qui parvient à traverser fièrement les épreuves du temps sans se soucier des évolutions techniques désormais permanentes.

Mais cette année est différente des autres.
Outre les bouleversements survenus récemment dans ma propre activité, je ressent plus que jamais un profond malaise dans la profession.

Jamais l’évolution du matériel numérique et des réseaux sociaux n’aura eu autant de conséquences, positives ou négatives, chez les photographes professionnels, avec, cerise sur le gâteau, une crise qui n’en finit pas…
Ce métier est en train de changer. Et les règles sont désormais à re-définir.

C’est pourquoi j’ai décidé d’aller passer un peu de temps au Salon, Porte de Versailles à Paris.

Quelles sont les nouvelles tendances ? quel matériel pourra désormais répondre aux nouveaux besoins des photographes ? vers quelles spécialités devons-nous nous tourner ?
Tant de questions auxquelles j’espérais  trouver des réponses, ou du moins quelques pistes…

Me voici donc à l’entrée du Salon vendredi matin, au 2 ème jour d’ouverture, accompagné de l’ami parisien ET ferret-capien : le très célèbre Jacques Froissant, bloggeur du bassin avec le blog du cap-ferret et, accessoirement, fondateur de altaide.

La particularité du Salon de la Photo est qu’il n’y a pas de journée réservée aux professionnels. Je découvre donc des allées et des stands remplis de photographes amateurs, pour la plupart constitués de ceux que les marques de matériel photo appellent les « experts ». En général ces amateurs en savent plus que les vendeurs eux mêmes car ils s’abreuvent de tests dans les magazines consacrés à la photographie. Et ils sont toujours ravis de monopoliser un vendeur pour lui prouver leurs connaissances. Je les appelle aussi les « fnaqueurs » (dérivé de Fnac).

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Toutes les grandes marques sont là : Canon, Nikon, Fuji, Olympus, Sigma, Leica, Tamron, Hasselbald… d’autres sont représentées par leurs distributeurs multimarques. c’est par exemple le cas de Mamiya (la marque de mes appareils moyen format).
Il y a aussi toute une allée consacrée aux entreprises qui proposent le façonnage de livres et de books à partir de tirages numériques, comme Blurb qui avait un petit stand mais très bien animé par des jeunes compétents.
Il y a bien entendu un stand Adobe et un autre pour DXO, deux marques de logiciels incontournables, qui proposaient des démonstrations.

Puis, quelques stands d’accessoiristes sur lesquels je me suis attardé afin de dénicher ces petits accessoires qui nous manquent toujours au moment où on en besoin. Mais malheureusement je n’ai pas trouvé grand chose d’intéressant.
Il faut dire qu’avec tout ce monde il est difficile de se faire conseiller sur les stands. Les animateurs sont déjà fatigués au 2 ème jour et on les comprend, tellement ils sont assaillis par les « experts ».
Le photographe professionnel, qui lui doit trouver le temps de faire tous les stands, ne pourra pas faire la queue et en sera quitte pour trouver les renseignements sur la toile.

Je voulais notamment essayer le Fuji X Pro 1 : un appareil qui pourrait répondre à mes besoins quand je suis en voyage quand je souhaite prendre des photos sur le vif avec une qualité professionnelle. Autrement dit réaliser avec un véritable appareil ce que je fais régulièrement avec mon iphone et instagram ! Après avoir patienté 10 bonnes minutes pour approcher un modèle d’essai, je n’ai malheureusement pas pu trouver sur le stand Fuji de démonstrateur disponible. L’exemplaire que j’avais entre les mains était totalement déréglé et cela m’aurait pris un temps fou pour retrouver les fonctions et les comprendre. Il aurait aussi fallu que je puisse le tester avec d’autres optiques. Il s’agit tout de même d’un appareil qui vaut plus de 2000 € boitier nu !
Quel dommage que les marques n’aient pas pensé à déléguer un peu de personnel qui se serait consacré uniquement aux professionnels.

salon2012-300x300  salon2012_02-300x300Au stand Hasselblad, il y avait une très belle Harley Davidson. On ne voyait qu’elle puisque les appareils, eux, étaient présentés dans des vitrines intégrées dans le comptoir et donc masquées par les badauds qui s’y étaient agglutinés. J’aurai trouvé intéressant qu’il y ait un studio équipé avec un photographe pouvant effectuer des démonstrations depuis la prise de vue jusqu’au traitement sur le logiciel dédié. Mais en ce qui me concerne, j’avais eu la chance qu’un représentant de la marque se déplace au printemps dernier sur le Bassin pour me faire essayer un modèle dans mes conditions de prises de vues habituelles.

Sur le stand Panasonic, deux rapaces bien vivants avaient été mobilisés pour servir de modèles aux « experts » qui pouvaient les prendre en photo sur les appareils montés sur pieds sur une estrade. Curieux…

Les coréens eux ont mis les moyens ! le stand Samsung est le plus grand, le mieux placé et le plus lumineux. Mais seulement voilà… il semble vide !

Juste en face, je retrouve avec plaisir le petit stand de mon imprimeur habituel : l’imprimerie Escourbiac, qui vient chaque année au contact des photographes professionnels. Mes livres du Bassin sont là aussi.

Chez Ricoh, une marque qui se bat depuis plusieurs années pour rebondir vers l’innovation, on présente des choses étonnantes comme un mur d’eau où les gouttes qui tombent créent des formes et des messages.

J’arpente les allées depuis une heure et je m’ennuies déjà… je tourne en ronds.
J’essaye de m’intéresser à quelques expos de photos et je suis surpris de constater qu’une des plus grandes superficie du salon est utilisée pour exposer des photos qui ne sont mêmes pas assez nettes pour supporter les formats de tirages présentés au public. Je n’ai pas trouvé une seule photo qui ait forcé mon admiration.

Heureusement, sur le stand Nikon, une voix attire mon attention. Il s’agit d’un jeune réalisateur qui donne une conférence sur le tournage en HD de son émission TV « Les Nouveaux Explorateurs » (Canal +) , avec du matériel photo. Il répond point par point à toutes les interrogations que l’on peut se poser sur l’utilisation récente de ce matériel pour de la vidéo ou du cinéma. Lui, il arrive à capter mon attention.
J’avoue que le sujet m’intéresse particulièrement…
Si l’évolution du matériel photo est effectivement en train de chambouler mon métier de photographe, il se pourrait également qu’elle me soit également salvatrice en me permettant de changer de cap. Où plutôt devrais-je dire revenir à mes premiers amours : le cinéma.

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Car, comme vous le savez peut-être, c’est par cette passion du cinéma et de la vidéo qu’à commencé ma carrière professionnelle, il y a… plus de 22 ans !

Et justement, sur le Salon, j’ai rendez-vous avec une vieille connaissance : Lionel Fouré.
Il est le créateur et le très dynamique directeur et animateur de la web TV : VincennesTV.
Je suis né à Paris et j’ai vécu dans cette ville de Vincennes jusqu’à l’âge de 20 ans. Avec Lionel, alors que nous n’étions que des adolescents, nous tournions des courts métrages et des parodies d’émissions TV avec d’autres copains. Les hasards de la vie nous ont séparé et chacun a poursuivi sa route. Quelques 20 ans plus tard, grâce à Facebook, nous voici à nouveau réunis !
Lionel a insisté pour que je me prête à une petite interview qui s’est déroulée dans la bonne humeur qui retranscrit très bien l’ambiance de l’époque. Je vous laisse visionner cette rencontre fort sympathique (en trois parties)!

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La vidéo, le cinéma… c’est bien cela que je suis venu chercher sur ce salon. Depuis quelques temps, cette idée me trotte dans la tête. J’ai envie de m’y remettre à fond. J’ai surtout envie de réaliser et de produire. L’image figée ne me satisfait plus. Ce n’est pas pour rien que mes deux premiers livres étaient accompagnés d’un DVD avec des petits reportages, ce n’est pas pour rien non plus que je me porte toujours volontaire pour donner un coup de main sur le court métrage d’un copain, et ce n’est pas innocent si je vous propose régulièrement de visionner sur ma page facebook et mon compte Dailymotion des petits clips complémentaires à mes prises de vues photographiques. Cette passion ne m’a jamais quitté et j’ai toujours souffert de ne pas avoir pu m’épanouir dans la réalisation. A 13 ans, je me voyais en futur Spielberg ! ce n’est pas le genre de rêve qui peut s’oublier.
Maintenant, avec toute l’expérience acquise dans le cadrage, la composition, le style que je me suis forgé, et toutes les expériences que m’ont offerte la vie, je me sens enfin prêt… mais la route est encore longue et le terrain sera certainement très accidenté.

En poursuivant mes déambulations dans les allées bruyantes du Salon je rencontre quelques confrères : Philippe Maltète ami et photographe installé à Bordeaux, Frédéric Ruault, photographe à Arcachon, et Alexandra et Désirée, deux soeurs qui ont monté avec leur associé Toma Eloli une société de production web/vidéo à Bordeaux : « La Maison du Bonheur ». Elles viennent notamment de signer la vidéo bande annonce de la première conférence TedX de Bordeaux qui se déroulera le 1 er décembre prochain.

Je suis bien sûr allé saluer les fondateurs du magazine « Profession Photographe » et organisateurs du concours de la Meilleure Photo de l’Année sur leur stand. Et juste à côté, sur le stand de l’UPP (Union des Photographes Professionnels)  j’ai passé un peu de temps à discuter sérieusement avec Philippe Roy, le Président de la section Aquitaine-Charente. Nous nous sommes promis de re-dynamiser le groupe avec des réunions plus fréquentes sur des thèmes plus optimistes.

Au final, le Salon de la Photo 2012 m’a un peu déçu. Je n’y ai pas trouvé grand chose de novateur et d’enthousiasmant, et  j’y ai ressenti une atmosphère angoissée, voir tendue sur les stands de matériels destinés aux professionnels . Un pessimiste latent qui reflète très bien une période pleine d’interrogations pour la grande majorité des photographes.

 




Ma vie avec Steve Jobs

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Ce matin, comme tous les matins, mon iphone me réveille en musique, je l’attrape et j’ouvre fb pour voir ce que mes amis lèves-tôt on publié sur leur wall.
Ce matin c’est « RIP Steve Jobs » pour tout le monde sur les réseaux sociaux qui n’auraient d’ailleurs peut-être jamais existés sans l’invention d’Apple par Steve Jobs et son ami Steve Wozniak un 1 er avril 1976 dans un garage de la Silicon Valley.

Une histoire de rêve américain comme on les aime. Partis de rien, avec une idée géniale et de la volonté, les deux amis allaient révolutionner le monde en faisant entrer l’informatique dans les foyers.
J’avais 5 ans.

Je fais partie de cette génération qui est né et qui a vécu sa jeunesse et son adolescence sans informatique, sans internet, sans réseaux sociaux. Autrement dit sans ipod, sans iphone, sans macbook et sans ipad.
Avec mes potes en banlieue parisienne, notre réseau social c’était le téléphone fixe de la maison, et des rendez-vous place de la Mairie en skate board, casque de walkman à cassettes sur les oreilles. Parfois nous jouions au foot avec une balle confectionné avec du papier journal et du sckotch d’emballage marron. Nos sujets de discussions étaient variés mais une chose est sûre on ne parlaient pas du dernier Iphone 5 car le seul téléphone portable qui existait alors c’était ce gros truc en forme de petite valise avec un combiné au bout et la seule personne que nous avions pu voir en utiliser un c’était le personnage de Roger Murtauch dans l’Arme Fatale 1 !
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C’était néanmoins la mode des micro-ordinateurs dédiés aux jeux : Attari, Amstrad, Amiga…
Nos parents se saignaient aux quatre veines pour nous offrir une de ces merveilles de technologie avec laquelle même un enfant de 4 ans ne voudrait pas jouer aujourd’hui…
Je me souvient que j’avais fait le choix d’un petit micro-ordinateur qui s’appelait « Alice ». Il avait la taille d’une box, il était rouge et il fallait le relier à la TV avec une prise péritel. Du coup il a fallu changer aussi de télé. Nous l’avions acheté à la Fnac et je me souviendrai toute ma vie de la question que j’ai posé au vendeur : « monsieur, est-ce que l’ordinateur va me parler ? » Je crois que j’espérais m’en faire un ami… Pour ma mère s’était l’investissement de l’année. Cela coûtait très cher à l’époque. Je me souviens que le premier magnétoscope VHS stéréo coutaient 10.000 frs, soit 1500 € !
De nos jours on trouve des lecteurs DVD à 29 €…
Pour jouer à un jeu il fallait relier Alice à un magnétophone à cassette et envoyer le programme par ce biais. Les sons se transformaient en codes et le programme pouvait démarrer. Côté graphisme c’était pas vraiment du luxe : une voiture c’était un carré avec 4 autres petits carrés pour les roues. Bon… il fallait avoir un peu d’imagination pour s’y croire quoi ! En tout cas j’ai passé des nuits à me bousiller les yeux à recopier des programmes.

Quelques années plus tard, après le lycée, bac A3 cinéma audiovisuel en poche, je créais avec mon ami Renaud Philipps, une petite société de production vidéo. Notre « home studio » était situé dans une petite pièce du minuscule T1 que louait Renaud dans le 15 ème arrondissement, juste à côté de Canal +. Je me souviens que pour aller chez Renaud je n’étais pas obligé de passer devant Canal mais que pour me donner l’illusion de faire parti de ce monde là, je faisais toujours un petit détour au volant de ma peugeot 104 Z coupé pour longer l’entrée de leurs locaux… Quand je pouvais appercevoir Philippe Gildas ou Jean-Luc Delarue j’étais content. Je m’imaginais engager la conversation avec eux et rentrer dans leur univers.
A l’époque la HD n’existait pas. Nous tournions en V8 ou en HI8 et nous montions en analogique, souvent sans time code, avec plusieurs magnétoscopes reliés entre eux, à la volée ! c’était du sport mais on s’en sortait pas mal. Pour le mixage vidéo nous avions la célèbre petite table Panasonic WJ AVE5 et pour les effets spéciaux, disons plutôt l’infographie, Renaud excellait avec son Amiga ! Je me souviens qu’il y passait la nuit pour faire juste défiler un titre de haut en bas…
Mais avec ce matériel nous arrivions quand même à dépasser les limites et à réaliser des projets qui même aujourd’hui ne nous font pas honte. Pour compenser l’absence de moyens et de technologie, nous étions très créatifs.
Finalement quand j’y repense nous étions, à notre manière, des petits Steve Jobs…

Je ne savais pas encore qui était Steve Jobs et je n’avais jamais entendu parler d’Apple.

Un jour, alors que nous devions rédiger et imprimer la paquette de notre société  » des professionnels de la profession » prêts à révolutionner le monde de l’audio-visuel avec des slogans du type :  » La vidéo professionnelle adaptée à votre budget… », Renaud me propose d’aller chez les voisins de sa mère qui possèdaient le fameux Maccintosh ! Il s’agissait d’un couple de psychologues d’entreprises qui avaient acqui cet ordinateur jusqu’alors réservé à une élite. Renaud avait les clefs de l’appartement et je me souviendrais toujours quand j’ai vu pour la première fois cet objet révolutionnaire.
Il trônait sur un petit meuble avec un siège de torture suédois ou norvégien (je ne me souviens plus) qui permettait de s’assoir accroupi pour soit disant ne pas s’abimer le dos… Pas de doûte ces gens là faisaient bien parti de l’élite et ils étaient friands d’innovation.
Renaud était très à l’aise avec le Macintosh. Souvenez vous, ce petit écran plus haut que large, en forme de page A4, noir et blanc. Pas de tour, tout était à l’intérieur de l’écran et il y avait un lecteur de disquette frontal.
Et puis surtout il y avait… une souris !
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Cela parraissait simple. Renaud me disait que c’était génial car hyper intuitif et que même moi je pourrais m’en servir !
Grâce à ce Macintosh et à ses voisins nous avons donc pu réaliser notre petite plaquette et arpenter fièrement, en costumes trop grands pour nous, les allées de la Foire de Paris Porte de Versailles pour essayer de démarcher, l’air sur de nous, avec une voix exagérément grave pour essayer de masquer notre jeunesse, quelques futures clients (pour ne pas dire victimes…).

Cela démarrait donc comme une petite histoire de rêve américain, avec sa part d’audace et de naïveté. A 19 ans tout nous parraissait possible. La réussite était là, juste devant nous. Il suffisait d’y croire et de foncer.
Et cela fonctionnait ! mois après mois nous multiplions les contrats et nous commencions à devenir des pros du tournage multicaméras de concerts. Nous progressions sur des budgets de plus en plus gros et nous mettions peu à peu le pas dans l’univers professionnel.
Malheureusement cette aventure dû rapidement s’interrompre pour cause de service militaire, qui à l’époque était encore obligatoire.

Dépité d’avoir les ailes coupées en plein envol, je fis le choix de signer un contrat avec l’Armée de l’Air et je devint photographe sur une base française à Dakar où je restais deux années. Il y avait des PC dans tous les bureaux mais pas de Mac…
Et toujours pas internet… toujours pas de téléphone portable…

En 1995, de retour à Paris, je décidais de me remettre dans la réalisation vidéo en free-lance et il me fallait donc un ordinateur, non pas pour le montage car cela ne se faisait pas encore par ordinateur à l’époque, mais pour le traitement de texte et la PAO. Mon réflexe aura bien entendu été de demander conseil à mon ami Renaud. Il insista très lourdement (à la limite du lavage de cerveau) pour que j’achète un Mac… Il n’y a rien de plus insupportable pour un utilisateur convaincu de Mac de ne pas réussir à convaincre un proche d’investir dans un Mac plutôt que dans un PC. La grande difficulté à l’époque c’était l’incompatibilité des logiciels et surtout des jeux. C’est d’ailleurs à cette époque que Apple Europe fit appel au jeune pylatais Nicolas Gaume pour adapter les jeux PC au système Mac. Bref, je décidais d’écouter mon meilleur ami et j’achètais alors mon premier Mac dans un magasin boulanger de Fontenay sous bois. Le vendeur faisait tout pour m’en dissuader, arguant qu’Apple était en train de couler, et dépensait toute sa salive pour me refourguer un PC à la place. Mais je tenu bon et je signais pour un Mac. Il s’agisait d’un Performa LC 630. Il n’était pas vraiment beau. En fait il ressemblait à un PC.
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Mais il fonctionnait bien, il avait l’air costaud et cela me suffisait.
Durant cette période Steve Jobs n’était plus aux commandes de la pomme. Il avait été évincé d’Apple. De ce fait, il n’y avait plus vraiment d’innovation dans leurs produits qui ressemblaient de plus en plus à des vulgaires PC.
Il n’y avait toujours pas internet mais on pouvait se connecter via le modem au téléphone pour avoir accès au minitel, envoyer des fax ou échanger des fichiers.
Je me souviens qu’à cette époque les premiers téléphones portables firent leur apparition et que mon ami Renaud fut l’un des premiers à en acquérir un. On se moquait beaucoup de ceux qui téléphonaient dans la rue ou au supermarché à l’époque. Ils avaient l’air ridicules avec leur espèces de talki-walkies.
Aujourd’hui, les ados de 12 ans en ont un et même le plus pauvre des somaliens vivant dans un bidonville possède un smartphone. Nous sommes capables de faire évoluer la technologie à une vitesse folle, de la rendre accessible aux plus démunis mais pas de leur donner de quoi manger et de se maintenir en bonne santé. Allez comprendre !

En 1996 je pris la décision de retourner à Dakar au Sénégal pour m’y installer en tant que photographe.
Après moultes hésitations j’emmenais mon Mac là-bas. Je me demandais si il survivrait au transport mais finalement il arriva intact.
Croyez-le ou non mais ce Performa 630 marchait encore quand je quittais le Sénégal 4 années plus tard, malgré la chaleur, l’humidité (je n’avais de climatisation) et les nombreuses coupures de courant, sous tensions, et sur tensions, et ce, sans aucun onduleur !
Tous mes amis sur PC passaient leur temps à griller leurs alimentations, même avec onduleur, mais mon Mac lui il tenait bon ! Je leur disais toujours : « tu vois c’est plus cher qu’un PC mais au moins ca tient le coup » et je ne comprenais toujours pas pourquoi ils continuaient d’acheter des PC.

Apple commença à cette période sa deuxième révolution. Steve Jobs, qui venait de réussir une nouvelle aventure en créant PIXAR, fut rappelé à la rescousse pour reprendre les rennes et il plancha sur de nouvelles innovations.
Il sorti alors le premier Imac ! une sorte d’écran en forme de cocon, translucide avec un choix de 4 couleurs acidulées. Le lecteur de disquette disparut totalement et laissait place à un lecteur de CD.
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Il s’agissait là des prémices de ce qui allait devenir la politique d’Apple : lancer un nouveau produit au design révolutionnaire, avec de nouvelles technologies et les imposer aux consommateurs de manière radicale en faisant disparaître leurs vieilles habitudes. Vous n’avez pas vraiment le choix. C’est comme ça.
A Dakar, je n’avais pas non plus le choix de la couleur et mon premier Imac fut donc couleur… groseille !!!
A l’époque je sortais avec une jolie fille métisse qui tenait un supermarché. Ce soir là, on devait se voir et diner ensemble mais comme je reçu livraison de l’objet tant attendu je l’appelais pour lui annoncer que je préfèrais passer ma soirée à me familiariser avec mon Imac plutôt que de diner avec elle… Ce qui bien entendu déclencha une rupture immédiate ! Donc par la faute de Steve Jobs mon premier couple fut détruit… Mais j’appris par la suite qu’il m’avait en fait rendu un grand service. Merci Steve !

En 2000, je décide de rentrer en France et de m’installer sur le Bassin d’Arcachon.
Plutôt que de ramener mes deux Macs avec moi (en réalité j’en avais trois car mon chien, un boxer, s’appelait aussi Mac !), je décide de les vendre sur place et de ne ramener que le troisième (celui à quatre pattes).

Apple venait de sortir un nouvel Imac et le premier Ibook. Ils intégraient un lecteur-graveur de DVD et des prises firewire permettant de relier un camescope et de faire du montage vidéo !
Là, cela commençait à devenir sérieux. Aussitôt arrivé, je fonçais chez Iconcept à Bordeaux et achetais les deux appareils d’un seul coup ! L’ibook était en forme de coquillage, blanc et gris translucide avec une bordure en cahoutchouc… J’étais si fier de l’ouvrir dans le TGV quand je me rendais à Paris que je prenais toujours un billet en première classe… Je faisais parti de l’élite qui possédait un Mac ! du coup, je me permettait à chaque voyage le luxe de râler auprès du contrôleur sur le fait qu’il n’y avait pas de prise de courant en première et que ce n’était vraiment pas pratique pour travailler. En réalité je n’ai jamais réussi à me concentrer dans les transports et je ne faisais que regarder des DVD !
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Deux ans plus tard, je vendais l’imac à mon apprentie, et je conservais l’ibook que je possède toujours comme un objet de collection.

Steve Jobs inventa alors un nouvel Imac que je trouve toujours aussi génial : il s’agissait d’une demi sphère pour l’unité centrale et d’un bras articulé en acier au bout duquel trône un écran panoramique TFT. Pour la retouche photo c’était génial car en inclinant l’écran je pouvais chercher la matière dans les hautes ou les basses lumières de mes photos de manière très intuitive. Je pense que mes plus belles photos du Bassin d’Arcachon je les ai réalisé à cette époque. J’ai aussi conservé cet Imac. Il faudra que je pense à le restaurer.
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Sorti alors l’Ipod qui allait révolutionner le monde de la musique en lancant la mode des « MP3″ et sa plateforme Itunes.
Les actionnaires Apple purent se réjouir de ce nouveau produit.

Puis, ce fut le tour des G4 qui arrivèrent et repoussèrent les limites de la puissance, rendant le montage vidéo accessible au plus grand nombre et permettant aux applications comme Photoshop d’inventer de nouvelles fonctions innovantes.
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Comme une évidence, l’Ipod prit la forme d’un téléphone portable et allait devenir l’objet indispensable dont on ne peut plus se passer. Ceux qui ont cassé ou perdu leur Iphone un jour le savent bien… l’addiction est totale !
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Les ibook devinrent des Macbook et adoptèrent l’aluminium pour s’appeler Macbook PRO. De plus en plus puissants, de plus en plus fins et légers, de plus en plus sobres et beaux.
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L’iphone grandit et devint un Ipad.
A chaque innovation de Steve Jobs, les autres marques se précipitent pour sortir des produits similaires moins chers.
Et malgré tout, malgré la crise et la récession, l’action Apple continue de grimper.

Car oui il y a là un secret de la réussite d’Apple : la beauté de l’objet. Faire d’un objet à la base compliqué, une oeuvre de design, un objet intuitif et épuré, qui, posé sur un bureau ou une table de cuisine, devient un objet de déco et de MODE. Pour cela Apple utilise des matières comme l’alluminium et le verre et élimine au maximum les cables.
J’ai remarqué qu’à chaque fois que je veux travailler sur un nouveau projet important, comme un livre, j’ai besoin de m’acheter un nouveau Mac pour travailler dessus. Cet objet m’inspire. C’est comme s’il était emprunt de l’âme créative de Steve Jobs et qu’il la partageait un peu avec moi.

Hier j’ai déjeuné avec mon père qui galère avec ses PC depuis plus de 10 ans… pour la première fois, il a évoqué la possibilité d’acheter un mac… ouf enfin !
Quelques heures plus tard, on annonce ce que nous redoutions tous depuis quelques temps mais qui s’avairait comme une fatalité imminente : la mort de Steve jobs.

Steve Jobs a influencé ma vie car il a inventé les outils dont je me sers pour travailler, créer, partager, communiquer et me rapprocher des autres même quand ils sont à l’autre bout de la planète.

… et je ne lui en voudrai jamais pour ça.

Good luck Steve !




Disparition annoncée de ma Galerie

3072010

Cet après midi, j’ai compris que je devais prendre une décision grave. Il en va de ma santé morale et physique.

Je n’en ai jamais parlé sur ce blog car j’ai toujours pensé que mon activité professionnelle devait rester positive à vos yeux et je vous ai donc épargné les problèmes que je rencontre depuis quelques temps avec mon voisinage mais aussi avec certaines personnes de la Municipalité d’Arcachon.
Ce soir j’ai besoin de partager cette triste nouvelle avec vous.

Ce soir, j’ai décidé de vous raconter en détail cette histoire qui se termine mal.

Pour comprendre pourquoi j’en suis arrivé à cette décision, il faut remonter 4 ans en arrière. Souvenez vous, j’avais à l’époque réalisé la « photo aérienne la plus longue du Monde » que j’avais exposé sur la plage d’Arcachon un dimanche de novembre.

Mon récit est long et détaillé mais il vous faut tout lire pour comprendre la suite de l’histoire et ce qui s’est joué aujourd’hui.

Ce projet je l’avais réalisé seul sans l’aide de qui que se soit et encore moins de la Ville d’Arcachon.
Mais pour l’exposer sur la plage il me fallait une autorisation d’occupation du domaine public et des barrières en fer pour y accrocher la photo de 52 m de long.
Je n’ai pas eu le temps de le demander que la directrice de communication de la Mairie de l’époque m’a contacté pour me le proposer. Bien.
Mais elle avait aussi eu l’idée d’utiliser cette photo pour illustrer la carte de voeux du Maire à l’occasion des 150 ans d’Arcachon. Bien aussi. J’étais plutôt content que cette photo pour le moins originale puisse servir sur un support marquant les 150 ans de la Ville. J’acceptais donc volontier.

Jusque là tout va bien et nous fixons la date de l’expo pour le premier dimanche de novembre.
Malheureusement, une semaine avant la date programmée pour l’expo, un de mes meilleurs amis d’enfance décède d’une crise d’asthme aïgue et je devais me rendre aux obsèques à Paris la veille de l’exposition. J’avertit immédiatement la directrice de communication de ce fait et lui demande de bien vouloir repousser l’expo au dimanche suivant. Elle ne fait aucune remarque à ce sujet.

La semaine suivante M6 Bordeaux décide de réaliser un reportage sur cet événement et une équipe vient donc sur le Bassin pour tourner des séquences. Le reportage est diffusée le jeudi soir annonçant l’expo pour le dimanche suivant.
Mais dans la journée, la directrice de communication de la Mairie m’appelle et me demande de bien vouloir annuler l’expo et la reporter à une date ultérieure car « il serait bien que la photo ne soit pas dévoilée avant la carte de voeux du Maire… »
Autrement dit il fallait tout annuler et exposer l’image sur la patinoire en… janvier !!!

Je lui fait remarquer que la Mairie ne m’a apporté aucune aide pour réaliser ce projet et que je ne l’ai pas faite pour le Maire mais pour les gens. Que je souhaite l’exposer sur la plage par une température encore relativement agréable. Elle insiste et je ne cède pas.
Mais quelques heures plus tard, elle me rappelle pour m’annoncer que l’autorisation m’est retirée purement et simplement, que c’est trop compliqué de mobiliser une équipe municipale pour me déposer les barrières en fer un dimanche, etc…
Je lui explique que tout a été annoncé dans la presse locale et qu’un reportage de M6 va être diffusé ce soir pour donner rendez-vous aux gens sur la plage dimanche prochain. Il n’est donc plus possible de faire marche-arrière. Elle semble ne pas me croire.

Finalement, le lendemain, s’étant assurée que j’avais bien dit la vérité concernant les annonces dans la presse, et se retrouvant donc coincée, elle me rappelle pour m’annoncer que j’avais l’autorisation.
Elle me lance  » c’est vraiment compliqué de travailler avec vous Stéphane… » (phrase que je n’ai pas oublié tellement cela était ahurissant !)
Pour les barrières je lui dit que je n’en voulais plus puisque « c’est compliqué » et que je déroulerais la photo sur le sable en toute simplicité. Mais là, j’apprend que les barrières avaient déjà été déposée sur la plage !!! confirmation du coup de bluff…

Le dimanche arrive, l’expo se fait avec succès. 2000 personnes font le déplacement, on en parle sur France3, M6, TV7, la presse locale mais aussi nationale.
Finalement il ne manquait plus qu’un représentant de la Mairie sur la plage. Car aucun n’avait fait le déplacement…

Le lundi, la directrice de com me rappelle pour les détails de la carte de voeux.
Je lui explique alors que compte tenu de ce qui s’était passé, je ne souhaitais plus que cette photo soit utilisée pour promouvoir la Mairie. Cette annonce elle ne l’a pas bien prise bien entendu, d’autant que « Monsieur » le Maire avait validé le projet.
Après quelques âpres discussions, je propose une porte de sortie : m’assurer de l’autorisation par écrit pour une prochaine expo l’an prochain avec une photo encore plus grande afin que je donne mon accord pour la carte de voeux.
Elle refuse estimant que c’est du chantage et nous en restons là.

Quelques jours plus tard, c’est un des plus proches collaborateurs du Maire qui m’appelle. Je n’écrit pas son nom mais tous ceux qui ont eu une sale histoire avec la Mairie d’Arcachon un jour ou un autre savent bien de qui je veux parler. C’est « l’homme de l’ombre de Yves Foulon », celui qui manigance, organise, complote, c’est lui qui ordonne, court-circuite. Et parfois quand on discute avec un employé municipal et que l’on prononce son nom, les yeux se baissent et plus un mot ne sort. Il fait peur car il a le pouvoir sur Arcachon. Le pouvoir « politique ». Le pire qui soit…
Bref, il m’appelle pour discuter de ce problème de carte de voeux. On en parle calmement et je lui propose la même chose qu’à la directrice de communication à savoir une autorisation pour l’année prochaine.
Lui :  » Mais bien sûr Monsieur Scotto, vous l’aurez ne vous inquiétez pas pour ça… »
Moi :  » je n’ai plus confiance avec ce qui s’est passé, alors je souhaites un écrit dès maintenant »
Lui :  » ah, là monsieur Scotto je crois qu’on ne va pas s’entendre  »
Moi :  » mais ce n’est pas grave alors… on ne s’entend pas et puis c’est tout  »
Lui :  » très bien Monsieur Scotto mais là vous venez de faire un affront au Maire et vous devrez en payer les conséquences dans l’avenir… »

Ne travaillant pas avec la Mairie d’Arcachon ni avec aucune Mairie je ne voyais pas très bien comment il pourrait mettre en application cette menace ridicule d’un niveau extrêmement petit pour une personne ayant autant de responsabilités.
Mais aujourd’hui j’ai la réponse…

Nous en arrivons donc au problème auquel j’essaye de faire face depuis plus d’un an. C’est à dire depuis qu’une nouvelle boutique de vêtements s’est installée à côté de ma galerie en mai 2009. Dès l’ouverture, ce couple de commerçants habitués à vendre sur les marchés, a choisit d’occuper un maximum d’espace sur le trottoir ne se souciant absolument pas de la gêne que je pouvais subir au niveau de la visibilité de ma galerie.
Depuis un an je dois donc cohabiter avec pas moins de 4 portants remplis de vêtements, d’une longueur de 1m55 au lieu des 80 cm normalement autorisés par l’arrêté municipal portant occupation du domaine public.
Evidemment ma première réaction a été de tenter de convaincre ma voisine de diminuer ses portants notamment celui qui se trouve à la frontière de nos deux boutiques et qui créé une situation ubuesque puisque des clientes stationnent devant mon entrée pour choisir les vêtements allant même jusqu’à utiliser ma vitrine comme miroir !
La réponse a été claire et sans appel : « la mairie nous a donné son accord donc on le fait ». Point !
On pourrait en rire, sauf que la sanction a été immédiate : baisse de mon chiffre d’affaire qui est venue s’ajouter à une baisse due à la crise qui n’a pas arrangé les choses.

En effet, la présence de tous ces présentoirs obligent les passant à s’éloigner des vitrine pour marcher sur le bord du trottoir. Il sont d’ailleurs tellement occupés à chercher où passer qu’ils ne tournent même plus la tête vers la galerie…
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sur cette photo prise cet après midi, des clientes de la boutique voisine essayent des chaussures devant ma galerie !

J’entreprends donc de prendre contact avec Madame Yvette Maupilé, adjointe au Maire chargée du Commerce et de l’occupation du domaine public.
Je lui envoie un mail avec des photos mais pas de réponses.
Je décide donc de débarquer dans son bureau à l’improviste et elle me reçoit.
Au bout d’une demi-heure de discussion elle me promet d’intervenir au plus vite.
Elle finit par venir voir sur place, entame une discussion avec la voisine qui se solde par un échec.
Nous sommes déjà en pleine saison d’été 2009 et le problème ne sera jamais résolu. Je n’ai d’autre choix que de subir.

A la rentrée, Sarah qui travaillait pour moi depuis deux ans décide de partir à l’étranger et je me retrouve donc sans employé.
Je me demande alors si il ne serait pas temps de vendre ce local et de tenter une nouvelle aventure ailleurs…
Mais c’est aussi la période pendant laquelle la Mairie d’Arcachon propose aux commerçants une aide « FISAC » pour les encourager à rénover leurs magasins.

Du coup, je change d’idée et décide de remettre le paquet. Donc refaire intégralement la galerie à neuf et recruter une nouvelle collaboratrice.
Mais cela ne pouvait se faire qu’à la condition de retrouver une certaine sérénité avec mes voisins.
Je sollicite alors à nouveau Madame Maupilé qui m’assure que le problème sera réglé avant Noël.
Je décide de faire confiance et j’enclenche le projet de rénovation. Je contracte un nouveau crédit et j’investit plus de 20 000 euros dans ce nouveau concept de déco.
Je recrute une nouvelle collaboratrice en CDI et je suis alors très optimiste. J’ai plein d’idées, plein de projets.

Les mois passent, les travaux démarrent, mon employée est dans l’entreprise depuis mars 2010, mais le problème de voisinage demeure. A cela s’ajoute un nouveau problème avec l’autre voisin de droite (problème résolu depuis) et un litige juridique avec les propriétaires des trois magasins (qui vivent au dessus !). Donc vous l’avez compris, beaucoup d’énergie négative autour de moi…
Mais je veux encore y croire alors je décide de tout tenter pour régler cette difficulté majeure puisqu’elle correspond à une baisse de CA allant de 20 à 30 % tous les mois ! ce qui en période de crise est très difficile avec un salarié à plein temps !

Je multiplie les courriers à la mairie, j’envoie une mise en demeure au Maire de faire respecter l’arrêté Municipal (resté sans réponse) et je prend rendez-vous avec le médiateur de la République à la sous -prefecture.
C’est là que j’ai eu les réponse à mes questions.
C’est là que j’ai su enfin que la menace qui avait été proférée par « l’homme de l’ombre » il y a 4 ans, venait d’être mise à exécution.
Le Médiateur appelle au secrétariat de Madame Maupilé et tente d’obtenir des explications sur cette situation ahurissante.
Il obtient des réponses que j’entend car le niveau sonore du téléphone est très élevé.
J’entend un nom, celui de l’homme de l’ombre, j’entend qu’il est au courant de tous mes courriers, de toutes mes démarches depuis le début.
Il n’y a donc plus aucun doute c’est lui qui tire les ficelles de cette satanée histoire.

Compte tenu de la charge importante de travail qui est la sienne à la Mairie d’Arcachon mais aussi à la COBAS, il pourrait avoir autre chose à faire que de s’amuser à ce genre de petit complot mais non, j’avais fait « un affront au Maire d’Arcachon et je devais en payer les conséquences » !

Alors aujourd’hui, comme une dernière tentative mais aussi pour en avoir le coeur net j’ai tenté une action qui ne me ressemble pas.
J’ai décidé d’utiliser le même espace que ma voisine mais cette fois ci en partant de l’autre côté du trottoir, comme l’autorise l’arrêté municipal.
Ce qui a eu pour effet de bloquer totalement le passage.
Bien sûr, pour que les gens comprennent ma démarche j’ai mis un panneau explicatif avec une copie de la mise en demeure adressée au Maire, ainsi que le numéro de téléphone de la Police Municipale et de la Mairie.
Le but de cette manip était bien entendu de faire réagir la police et de voir si effectivement il y avait « deux poids deux mesures ».
Au bout de deux heures, trois agents sont venus. Et là… il n’y avait plus de doute possible…
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Ma voisine a sorti une autorisation qu’elle a qualifié « d’exceptionnelle » que la Mairie lui a délivré la semaine dernière, validée par la sous-préfecture. Cette autorisation l’autorise à utiliser la totalité de son espace actuel ! et plus encore puisqu’elle est désormais autorisée à utiliser 1m80 de largeur de trottoir…
C’est en totale contradiction avec l’arrêté Municipal que j’ai eu en ma possession fin avril.
Pourtant, il est joint à son autorisation un nouvel arrêté Municipal tamponné par la sous-prefecture au 15 avril 2010 qui modifie le précédent : laisser un passage de 1,40 m sur le trottoir pour les personnes à mobilité réduite au lieu des 1m20.
Il semblerait donc que suite à mes demandes répétées, le Maire d’ Arcachon soit intervenu pour effectuer des modifications qui en réalité ne font qu’ agraver ma situation.
Les policiers municipaux m’ordonnent donc avec beaucoup de fermeté de rétablir le passage puisque moi par contre je ne dispose pas d’autorisation !
Je suis sommé de tout enlever sous peine de sanctions.

Voilà, à ce stade, le jeux est très clairement dévoilé.

Ils sont nombreux les élus du Bassin (et pas seulement ) à souhaiter mon départ. Un photographe qui s’intéresse aux problèmes d’environnement du Bassin, qui en parle sur son blog très visité mais aussi sur d’autres médias tels que facebook, et qui a pignon sur rue dans l’avenue la plus passante d’Arcachon, cela peut -être dangereux sur le plan politique. Voici donc une bonne opportunité de l’affaiblir, de lui casser le moral. Mais surtout, voilà aussi une bonne occasion d’envoyer un message fort aux commerçants de la ville, leur montrer qui est le chef ici ! qui décide et quand il décide ce n’est pas discutable ! sinon… « vous en paierez les conséquences dans l’avenir… »

Sur le retour tout à l’heure j’ai croisé un ami au Port de la Teste. On en a parlé. Lui il a beaucoup d’expérience et il a tout compris.
il m’a dit : « Steph, c’est sûrement le signe que tu dois partir tenter une nouvelle aventure ailleurs, alors fais-le ! tu te rendras compte plus tard qu’ils t’ont rendu un grand service.  »

Alors oui je vais à coup sûr quitter cette boutique dans les mois qui viennent, ce qui va m’obliger à chercher « ailleurs ».
Parce-que je suis fatigué et que je n’ai plus envie.
Cette galerie c’était le lieu idéal pour être en contact avec vous, vous parler de mes photos, de ma technique, bref vous raconter les histoires qui vont avec mes prises de vues. A chaque nouvelle collection j’avais hâte de voir vos réactions. Et j’ai sympathisé avec beaucoup d’entre vous dans cet espace de convivialité.
Mais dans ces conditions ce n’est plus possible d’y travailler sereinement.
J’étais très motivé par la nouvelle conception de mon ami architecte Jean-Jacques Marvielle, mais vraiment, là, compte tenu de l’impasse dans laquelle je me retrouve, je sens qu’il faut prendre une décision avant que la situation ne devienne préoccupante sur le plan financier.
Croyez bien que je le regrette.

Ce sera donc certainement malheureusement la dernière saison d’été.

Ce qui m’a cruellement manqué pour trouver une issue favorable à cette crise c’est du soutien. Du monde derrière moi afin de montrer à mes adversaires que je n’étais pas seul. Cela aurait pu changer la donne.
Mais seul je suis donc en position de faiblesse j’ai été depuis le début.

Ils ont peut-être gagné.
Mais… ce n’est pas encore la fin de l’histoire…




Ré-ouverture de la Galerie !

1072010

Voilà ! enfin ça y est !
Après un mois de travaux très pénibles, la galerie est enfin à nouveau ouverte.

Un tout nouvel environnement entièrement repensé par l’architecte designer Jean-Jacques Marvielle, à qui l’on doit notamment le « sauvetage » et la rénovation des Ecuries de Pereire mais aussi l’intérieur du nouvel Olympia d’Arcachon.

Nous avons donc travaillé à la fois sur l’extérieur et sur l’intérieur.

La façade:
Plutôt que de conserver l’idée d’une vitrine qui n’aurait jamais pu être plus grande que la précédente, autrement dit insuffisante, Jean-Jacques a su me convaincre qu’il fallait ouvrir totalement la Galerie au public, et il a donc dessiné une nouvelle entrée que nous avons fait fabriquer sur mesure en acier métallisé par l’atelier AMCA de la Teste de Buch.
L’ouverture fait désormais 1,80 m de large. L’idée c’est qu’à l’extérieur vous vous sentiez déjà à l’intérieur !
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De l’intérieur justement, tout a été repensé et vous verrez que le changement est radical !
Il aura eu du mal, mais là encore Jean-Jacques Marvielle a réussi à me convaincre qu’il était temps d’abandonner le bois aux murs et de passer à quelque chose de plus neutre, dans l’esprit d’une véritable galerie. « Quitter l’esprit « boutique » pour créer une petite GALERIE digne de ce nom »
Donc les murs ont été peints en gris foncé. Le plafond aussi mais dès demain soir je vais le repeindre en blanc car l’ensemble manque de luminosité.
Afin de mettre en valeur les photos et de les mettre en scène, 25 spots de type « cinéma » ont été accrochés à des chemins de câbles fixés au plafond.

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L’énorme comptoir a été remplacé par un « module bureau » sur roulettes. Mais là encore, il va y avoir un changement car à l’usage nous nous sommes aperçu avec mon assistante Magali que cette originalité prenait trop de place dans un espace aussi restreint. Je vais donc le modifier dans les jours qui viennent en essayent de garder l’esprit qui était recherché dans ce meuble.

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Autre changement radical : les photos ne sont désormais plus attachées aux murs mais posées sur des petites étagères discrètes. C’est beaucoup plus pratique et les photographies sont bien alignées.

Bien sûr il n’a pas été possible de pousser les murs pour agrandir !!! donc je serais toujours confronté au même problème : pas assez de place pour exposer confortablement toutes mes créations. C’est pourquoi si vous appréciez le côté un peu « bordellique » qui régnait depuis 10 ans dans ce magasin, vous devriez toujours vous y sentir bien ! :-)

Il reste désormais à régler LE PROBLEME : à savoir la prise de territoire illégale de mes voisins magasin de fringues sur l’espace public, qui me porte un énorme préjudice depuis plus d’un an. Mais cela fera l’objet d’un article dès demain soir et vous découvrirez alors la face cachée des personnes qui dirigent la municipalité d’Arcachon…

Magali et moi même vous accueilleront tous les jours de 10:00 à 12:30 et de 14:30 à 19:00 jusqu’au 31 août.

Une inauguration sera très prochainement organisée et vous y serez invités.







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