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Concours photo : la nouvelle méthode des collectivités pour tuer les photographes

4082016

cap ferret Décidément c’est la semaine des articles consacrés aux atteintes portées à mon métier ! Croyez bien que je préférerai parler ici de mes voyages et partager avec vous mes dernières photos, mais comprenez aussi que je peux plus rester muet face à toutes ces menaces qui pèsent sur ma profession. la photographie n’est pas qu’une passion pour moi. C’est surtout mon métier. Je n’ai pas d’autres sources de revenus. Or depuis quelques années, nous assistons à une profonde mutation de cette activité. L’ubberisation, la diffusion à outrance d’images par millions à la seconde sur les réseaux sociaux, le statut d’auto-entrepreneur qui a permis à des photographes amateurs d’officialiser le travail au noir ou plus simplement de se lancer comme photographe en dilétante, la crise qui traverse la presse papier depuis quelques années tout ceci participe à niveler par le bas une activité qui est à la fois un Art et un Métier.

Jusqu’ici, on pouvait encore compter sur les collectivités locales et territoriales qui ont besoin de belles photos pour mettre en valeur leurs paysages, leurs activités, leur patrimoine. Mais c’était sans compter sur la nouvelle trouvaille des petits génies de la communication qui gravitent autour de maires peu instruits et facilement influençables, voir corrompus. Ainsi, les concours photos foisonnent. Les plus grandes villes s’y mettent et à chaque fois les photographes professionnels s’indignent de conditions de règlements totalement abusives, voir illégales. « partagez votre passion pour votre ville, envoyez nous vos photos et vous serez peut-être publié gratuitement avec votre nom dans notre prochain campagne de com ! » voici le type de slogan que l’on peut lire à chaque fois. Mais, depuis quelques jours,  un concours a dépassé toutes les limites  : celui lancé par la Ville de Lège Cap-Ferret ! Cette station balnéaire du Bassin d’Arcachon, fréquentée l’été par la jet set et les familles fortunées parisiennes, n’a peut-être pas les moyens de payer quelques centaines d’euros à des photographes professionnels locaux (et il y en a des bons) pour répondre à ses besoins de communication ? alors l’idée de génie : « lançons un grand concours photo « visages et paysages » et constituons nous une banque d’images gratuite ! » En étudiant le règlement (que peu de participants liront c’est bien connu) on s’aperçoit en effet que les droits sont automatiquement cédés à la commune de Lège Cap Ferret pour une durée de 10 ans et qu’elle pourra les utiliser comme bon lui semble sur tout document de communication. Si on va plus loin dans l’analyse, rien n’interdit à la commune d’offrir vos photos ou même de les revendre à des tiers : magazines, éditeurs, banques d’images. En gros, en croyant participer à un simple concours, vous alimentez une banque d’images et vous retrouverez peut-être vos photos dans des brochures touristiques, des magazines et pourquoi pas des magnets ou des mugs ! non seulement vous ne toucherez rien mais vous aurez permis aux organisateurs et à leurs « amis » de créer une concurrence totalement déloyale pour des photographes professionnels qui, du coup, ne peuvent plus vendre leur travail. Pour le professionnel que je suis, ce genre de concours est préjudiciable car il donne le sentiment que la photo n’a plus aucune valeur commerciale. Tout le monde peut faire des photos et elles seront toujours assez belles pour faire la com gratuite de la collectivité. Le travail soigné des photographes professionnels se retrouve noyé dans une profusion de photos, sans cohérence, sans critères de qualité. Les conséquences de cette vulgarisation de la photo sont catastrophiques. Dernièrement un promoteur immobilier a utilisé sans autorisation une de mes photos pour illustrer une campagne de communication pour un gros programme immobilier. Ma photo est une accroche visuelle, reproduite sur une bâche de 60m2 exposée dans la rue et sur la couverture d’une plaquette commerciale. Son mode de défense est aujourd’hui de dévaloriser cette photo en prétextant qu’il aurait très bien pu en choisir une autre. Mais alors pourquoi avoir choisi celle-ci et sans autorisation ? Il y a d’une part un contexte de dévaluation et de nivellement par le bas, et d’autre part, des petits malins qui profitent de la situation pour spolier le travail des autres. Dans un pays qui brille par sa culture, il est regrettable que la photographie se retrouve si peu considérée. Alors, parce-que je refuse de crever sans me battre, je lance cette pétition que je vous demande de signer, pour soutenir les photographes professionnels mais aussi défendre le droit d’auteur et la création. Signez ici !




Une page va se tourner sur ce blog…

23022009

Dans quelques jours ou quelques semaines, la rubrique « SOS Bassin » va migrer vers un autre site.
Pourquoi ?

Parce-que j’en suis arrivé à la conclusion que mélanger mon activité professionnelle et mon combat pour la défense du Bassin d’Arcachon ne servait les intérêts ni de l’un ni de l’autre…

Depuis mon intervention de 30 secondes dans l’émission Thalassa à Arcachon, je reçois parfois des messages me reprochant d’utiliser mon implication environnementale dans le but de me faire médiatiser afin de me faire de la publicité…

Je tiens à faire une mise au point.

Depuis que je me suis spécialisé dans les prises de vues de paysages du Bassin il y a 9 ans et que j’ai ouvert ma galerie, j’ai toujours été médiatisé et encouragé par la presse locale et même nationale, et ce, bien avant que je ne m’intéresse aux problèmes écologiques du Bassin…
Sud Ouest, la Dépêche du Bassin, Bordeaux Madame, Bordeaux Femmes, le magazine Thalassa (qui n’existe plus), Chasseurs d’Images, Photofan, Ti’Bass, ont été les premiers à parler de mon activité. Puis la télévision : M6 Bordeaux, TV7, France 3 Aquitaine, et plus récemment, le JT de 13h00 de TF1, ont réalisé des sujets sur mon travail photographique. La radio ne m’a pas oublié : Fréquences Grands Lacs, Radio Côte d’Argent, et France Bleue Gironde m’ont également interviewé bien avant que je ne découvre les maux du Bassin.

Et c’est justement parce-que j’entretiens de bonnes relations avec la presse que j’ai décidé de militer pour la défense de l’environnement, en conciliant prises de vues, informations et médiatisation.

Tout à commencé en août 2008, lors de la crise ostréicole et la mise en ligne sur daylimotion du petit document  » La souris qui cachait un éléphant« . Que voit-on dans ce petit document vidéo ? et bien uniquement ce qui s’est passé ce jour là, à savoir la manifestation des ostréiculteurs à l’usine Smurfit. Au lendemain de la mise en ligne de ce document j’ai reçu un nombre important de messages d’encouragements de président(e)s d’associations environnementales du Bassin. Et bien sur des demandes d’utilisations gratuites de mes photos. J’avais le sentiment que je pourrai apporter quelque chose de complémentaire à leur combat, qui ne date pas d’hier, mais, il faut bien le reconnaître, n’a pas permis d’éviter la situation actuellement préoccupante de l’état écologique du Bassin.

Et puis il y eu le courriel du sous-préfet Ramon qui me reprocha le premier de faire dans le « sensationnel », « sans aucune déontologie« , ceci afin de me faire de la publicité pour « mieux vendre mes produits »
J’aurais espéré à ce moment là un peu de soutien de ces mêmes associations qui quelques jours avant seulement me félicitaient pour mon engagement…
A part quelques exceptions, il n’en fut rien.
La plupart ont brillé par leur silence et d’autres ont trouvé bon de me faire savoir qu’elles comprenaient très bien le point de vue du sous-préfet…

« Diviser pour mieux régner » sera toujours la devise efficace de ceux qui ne souhaitent pas le changement. Et vous savez quoi ? et bien CA FONCTIONNE !!!

Mais je ne suis pas de ceux qui baissent les bras aussi facilement. J’ai donc continué, seul.

Depuis trois semaines je vous alerte sur la situation catastrophique du CET d’Audenge.
Vous êtes nombreux à avoir lu mes articles (environ 800) mais si peu à voir osé vous exprimer…
Vous devez sans doute penser que votre avis n’intéresse personne et ne servira rien. Je pense le contraire.
C’est la manifestation de la prise de conscience collective qui peut motiver nos élus à prendre les bonnes décisions.

Aujourd’hui, je le reconnais, je suis découragé.
Contrairement à ce que certains pensent, mon action, mon implication ne m’a rien apporté de positif, bien au contraire…
Dès le départ, je savais qu’en m’engageant ainsi j’y laisserai des plumes mais je pensais que cela en valait la peine.

Je me trompais. Cela n’en valait vraiment pas la peine…

J’ai donc décidé de ne plus utiliser ce blog à des fins « environnementales » ceci afin de ne plus mélanger mon travail et mes engagements.

Je vais donc créer dans les semaines qui viennent un autre blog destiné uniquement à la défense du Bassin d’Arcachon.
Je n’abandonne pas. Je change de méthode.
Je vais également créer un groupe « SOS Bassin d’Arcachon » sur Facebook et je proposerai aux associations, y compris celles qui m’ont blessé, d’en être également les administrateurs. Ainsi chacun de celles et ceux qui s’impliquent dans la défense de l’environnement du Bassin pourront écrire, diffuser et informer sur une même plate-forme.

Merci à toutes celles et tous ceux qui m’ont soutenus et sont intervenus sur ce blog.




La souris qui fait peur à la télévision

22112008

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La rédaction de Thalassa gardera un mauvais souvenir de son passage sur le Bassin d’Arcachon et je doute fort qu’ils ne reviennent de sitôt…

Une incroyable polémique sème désormais le trouble entre candidats aux législatives, ostréiculteurs, associations de défense de l’environnement et milieu de la presse et des médias.
Les faits sont très bien relatés dans cet article du journaliste Jacky Sanudo dans le Sud Ouest d’aujourd’hui:
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A lire aussi, l’article sur le site de telerama

Faisant moi même parti de cette émission et me retrouvant au final seul à attirer l’attention sur les problèmes environnementaux du Bassin (ma modeste intervention de 30 secondes concernait une fois de plus le Wharf de la Salie Sud…), je tiens à apporter certaines informations complémentaires qui vous aideront peut-être, chers lecteurs, à vous faire une opinion.

Car figurez vous que j’ai eu aussi affaire au reportage intitulé « Bassin d’Arcachon, le dossier noir de la plaisance »

En effet, j’avais été contacté courant août par le réalisateur Jean Marie Barère pour faire partie de cette « mini-enquête » qui lui avait été commandé par la production de Thalassa. Mon engagement environnemental tout récent était parvenu à ses oreilles et je devais donc être le fil conducteur de ce sujet, l’amenant à bord de mon bateaux à la rencontre des intervenants sur différents lieux du Bassin.
Avant de définir la date du tournage nous avons eu un grand nombre de conversations téléphoniques, parfois interminables, pendant lesquelles je lui expliquais ma vision du problème et tentais de m’assurer que mon intervention dans son reportage permettrait d’établir une balance équilibrée entre les problèmes, les solutions, et les perspectives d’avenir.
Mon souhait était de mettre en avant un certain nombre d’initiatives positives et de faire passer un message d’encouragement aux élus du Bassin qui sont conscients du problème mais qui, selon moi, manquent peut-être encore de créativité, de curiosité et de réactivité.

Parmi ces bonnes initiatives :
- le quai patrimoine au Port d’Arcachon, qui pourrait se populariser,
- encourager la plaisance traditionnelle, la voile, notamment par des places au port à tarifs attractifs et prioritaires pour les voiliers,
- développer et encourager la location de bateaux sans antifouling,
- restreindre l’accès aux sites sensibles dans les quelques week ends d’affluence excessive, par exemple en autorisant l’accès au Banc d’Arguin uniquement aux bateaux les moins polluants,
- encourager et trouver des financements pour aider les constructeurs de bateaux électriques et écolos comme la Tillole visible au port de la Teste.

Nous étions donc mi août et pour cette après midi de tournage à bord de mon zodiac le réalisateur allait d’abord faire ses images à l’Ile aux Oiseaux, interviewer des plaisanciers, interroger un chercheur qui venait à peine de commencer une étude sur le sujet, puis ce serait à mon tour d’argumenter.
Après 3 heures de tournage c’était à moi de parler.
Pour évoquer tous mes arguments je m’étais mis a proximité du Bac à Voile « Mallet » qui faisait des cercles autour de mon zodiac. Je pensais que cette image était celle qu’il faudrait retenir à la fin de ce reportage. Mais mon interview tourna au vinaigre. Je senti que le réalisateur n’avait que peu d’intérêt pour mes propos et qu’il y avait peu de place pour une note positive dans ce reportage. Je décidais alors de couper court à ce tournage en débarquant l’équipe sur le quai.
J’exigeais du réalisateur de ne pas figurer dans son « enquête », et afin de m’en assurer, je contactais le lendemain par téléphone le rédacteur en chef de Thalassa qui me rassura sur ce point.

Je sentais que ce sujet délicat n’était pas abordé d’une manière équilibrée. On allait montrer du doigt les bateaux à moteur et les jets ski comme des coupables, comme on montre les « méchants » propriétaires de 4×4, et faire l’impasse sur les possibilité intelligentes d’inverser la tendance et de revenir à une navigation plus sereine et mieux adapté à cet environnement fragile. On allait dénoncer un Bassin pollué par les plaisanciers alors que les journées d’affluences critiques se comptent sur les doigts d’une main…

Je n’ai pas eu la chance de pouvoir visionner ce reportage mais je peux comprendre la réaction violente et expéditive d’Olivier Laban, le nouveau président du syndicat ostréicole du Bassin quand il a exigé de visionner le documentaire, la veille de l’émission.

Mais alors… et la liberté d’expression dans tout ça ?

Facile à dire quand on n’est pas un ostréiculteur à un mois des fêtes de fin d’année…
Il faut aussi se mettre à leur place. Un métier de plus en plus difficile, exercé sous un climat politique local extrêmement tendu, une usine de carton ondulé au comportement douteux, une jetée en ferraille suspectée de polluer les eaux et toujours cette satanée souris qui apparaît comme une épée de Damoclès au dessus de leur tête.

Alors que faire de ce reportage ?
Liberté d’expression et indépendance de la presse ou protection d’une activité professionnelle en danger ?

Pour ma part, le choix sera toujours la liberté d’expression, garante de la démocratie.
Puisque ce reportage a été commandé et validé par Thalassa il aurait dû être diffusé.
Olivier Laban aurait pu argumenter et démonter le reportage en direct sur le plateau. Les blogs et internet se seraient chargés du reste.
Le dialogue et l’échange, même viril, plutôt que la censure. C’est la moins pire des solutions.

Quel dommage que ce reportage ait été tourné mi août quand tout allait mal sur le Bassin et diffusé 3 mois plus tard… quand tout va bien.
Quand au contexte politique lié aux législatives de demain : de la pure parano de la part des deux candidats impliqués dans cette polémique.

Cette histoire de déprogrammation de reportage me trouble au point que j’ai déjà changé d’avis sur la question trois fois depuis hier midi… et vous ?




« les écrits restent » « … et les fonctionnaires passent. » *

30092008

* Réplique de Jean Gabin dans le film « Deux hommes dans la ville »
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Mon courriel adressé au Sous-préfet d’Arcachon Philippe Ramon le 18 septembre 2008:

Monsieur le Sous-préfet d’Arcachon,

Dans le cadre de mon reportage sur le Wharf de la Salie et de ma collaboration avec le Comité de Vigilance et les différentes associations de défense de l’environnement sur le Bassin d’Arcachon, je souhaiterais filmer et photographier la réunion du 25 septembre qui se tiendra au Lycée de la Mer.
Le document audio-visuel intégral (sans montage) pourra être à la disposition des différents participants qui le souhaiteront, et ce gratuitement bien entendu.

Espérant une réponse favorable de votre part, veuillez agréer Monsieur mes salutations respectueuses.

Stéphane SCOTTO

Sa réponse, le 22 septembre 2008:

Monsieur,

la CLIS du 25 septembre sera ouverte à la presse.

Concernant votre demande, les éléments qui figurent sur votre blog attestent cependant de l’absence de toute déontologie journalistique de votre part. Certes, à la différence des journalistes, votre métier ne vous contraint qu’à bien peu de règles et la désinformation est une façon comme une autre de communiquer et le cas échéant de faire vendre vos produits.

Néanmoins, je ne pense pas que cette façon d’appréhender les dossiers permette d’entretenir les conditions de confiance et de responsabilité que je souhaite conserver sur le bassin d’Arcachon. La commission, prévue de longue date, apportera dans la sérénité toutes les précisions sur le suivi et les conditions de surveillance des installations classées du bassin. Elle n’a pas vocation à s’illustrer dans le sensationnel qui semble vous intéresser.

En conséquence je regrette de ne pouvoir vous accorder l’autorisation que vous sollicitez.

Salutations distinguées.

Philippe RAMON
Sous-préfet d’Arcachon

Ma réaction :

Monsieur le Sous-préfet a souhaité sortir de sa réserve pour tenir à mon égard des propos insultants et diffamatoires.
Je n’ai pas envie de polémiquer d’avantage mais cette réaction autoritaire et démesurée m’incite à encore plus de vigilance quand à l’évolution des événements dans les prochains mois.
J’invite les lecteurs de ce blog à faire de même.




La commission de l’espoir…

26092008

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Hier se tenait au Lycée de la Mer de Gujan Mestras, une réunion historique dans l’histoire du Bassin d’Arcachon : la CLIS (Commission Locale d’Information et de Suivi des eaux du Bassin).
Cette commission a été créée à l’initiative du Ministre Jean-Louis Borloo, qui répondait favorablement à la demande du Comité de Vigilance de Biscarrosse.

René Capo, coordinateur du Comité de vigilance m’avait demandé de réaliser un reportage sur cette journée mais le Sous préfet d’Arcachon Philippe Ramon n’a pas voulu me donner l’autorisation de pénétrer dans la salle. J’y reviendrais dans le prochain article…

Comme je suis têtu, je me suis quand même rendu sur place afin d’interviewer ceux qui le souhaitaient dans le hall d’entrée.

Beaucoup de monde en cette matinée. Au milieu des élèves du Lycée, dans l’amphi-théatre, arrivent à tour de rôle tous les élus du Bassin et un élu de Biscarrosse Claude Larcher. Les associations de défense de l’environnement sont là aussi, dossiers sous le bras.
Pour participer à la transparence de l’information, les différents scientifiques, experts, collectivités territoriales et instituts sont venus exposer leurs travaux.
C’est la première fois qu’une telle commission réunissant autant de monde est organisée sur le Bassin. Un net progrès qui devrait permettre de trouver des solutions aux différents problèmes liées à la qualité de l’eau.

Ceux qui me connaissent me saluent et Michel Sammarcelli, Maire du Cap-Ferret et Président du SIBA vient à ma rencontre avec courtoisie. Nous discutons un moment de mes photos aériennes du Wharf largement diffusées sur internet et dont la date de prise de vue pose problème. Je le rassure en lui expliquant que je fais de mon mieux pour contrôler la sincérité de mes images mais que je ne peux pas avoir les yeux partout. Puis nous discutons agréablement des paysages du Bassin, du Cap-Ferret, d’urbanisme, et… de Cape Cod où il voudrait aller faire un tour lui aussi.

Quelques élus arrivent au dernier moment dont Yves Foulon et MHDE. Le maire d’Arcachon est radieux ! il faut dire que Marie-Hélène Des Esgaults, élue Sénateur vient juste d’annoncer que Yves Foulon aura l’investiture de l’UMP pour les prochaines élections anticipées pour le poste de député. Il va encore y avoir beaucoup de politique et de coups bas sur le Bassin. Décidément cela ne s’arrêtera jamais… on est encore loin du « climat de sérénité » que certains me reprochent de mettre en danger avec mon modeste blog et mes … 25 visiteurs par jour !

Mais revenons à cette journée consacrée à l’environnement :

euh.. pardon… n’ayant pas de carte de presse je n’avais pas le droit d’y assister donc je ne pourrais pas raconter grand chose.
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En revanche, comme je voulais occuper ma matinée, j’ai eu l’idée de me diriger vers Audenge et d’aller voir (et sentir…) de près ce fameux Centre d’Enfouissement des déchets dont tout le monde parle depuis hier (suite à un article dans Sud Ouest). Je n’ai pas eu de difficulté à rentrer sur le site et à photographier et filmer tout ce que je voulais (notez que j’avais fait un vol en ulm la semaine dernière juste au dessus en repérage). Je puis vous confirmer ce que clament haut et fort les riverains du site : CA PUE ! et ça prends à la gorge.
Je plains ces pauvres gens qui vivent leur quotidien avec cette nuisance épouvantable. J’imagine le stress que cela doit représenter pour eux de ne pas en voir la fin.
Je plains aussi la maire d’Audenge, élue depuis mars dernier et qui doit se sentir bien seule pour affronter ce dossier. Si les autres élus du Bassin, même de droite, pouvaient faire preuve de solidarité, cela redonnerait peut-être un peu d’espoir aux habitants d’Audenge. Enfin, moi je dis ça…

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Je prends le temps de me faire expliquer le fonctionnement de cette décharge, qui heureusement n’est plus en activité depuis l’année dernière, et j’avoue que je ne suis qu’à moitié rassuré par ce que j’apprends.
Une partie n’aurait pas été traitée dans les normes et il est fort à parier que ses « jus » atteignent la nappe fréatique qui se dirige tout droit vers… le « coeur du Bassin ». Mais bon… tout cela n’est que supposition de ma part et n’engage que moi.

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Je m’approche de ce fameux conteneur contenant de la radio-activité (en faible quantité). C’est assez effarant de voir cette benne laissée à ciel ouvert, sous un préau en plein soleil, sécurisée par deux banderolles sur lesquelles sont accrochées de vulgaires feuilles A4 plastifiées avec un logo « Radio Activité ». Selon les informations qui me sont données sur place, elle contient un tapis roulant en cahoutchouc qui aurait servit à transporter des gravats.
Mais rassurez vous, je m’en suis entretenu avec le Sous préfet et il m’a assuré qu’il n’y avait aucun danger. Selon lui, il faudrait se tenir à proximité pendant 8 heures d’affilé, 40 jours de suite ( ou quelque chose comme ça…) pour que cela puisse représenter un risque pour la santé. Il est donc tout à fait normal que cette benne soit stockée ici depuis avril 2007 en attente de son traitement.
Vraiment… pas de quoi en faire un plat !

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Puis, vers 16h00, je suis retourné à la CLIS afin de prendre quelques témoignages à la sortie de la réunion. Les participants quittent les lieux assez rapidement et je ne puis m’entretenir qu’avec le Sous-préfet (ce sera le sujet d’un prochain article), René Ariscon (une mémoire du Bassin et de l’Ostréiculture) et Michel Daverat, élu des Verts. Ces deux derniers ne semblent pas vraiment satisfait par cette première CLIS : « Beaucoup d’informations et de statistiques et pas assez de temps pour les échanges et le dialogue ». J’apprends que l’avocate des ostréiculteurs s’est fait brillamment remarquer dans une intervention houleuse avec le Préfet de Région qui, par ailleurs, a fait des déclarations surprenantes à propos des ostréiculteurs dans Sud Ouest le matin même :
en parlant des ostréiculteurs bretons :  » là-bas, quand il y a une crise, ils en parlent le moins possible, ce en quoi ils ont raison. »
« la véritable saison est en hiver et autrefois les huîtres se mangeaient moins les mois sans R, ce qui constituait une forme de principe de précaution. »
(propos du Préfet Francis Idrac dans l’article de Hervé Mathurin – Sud Ouest du 25.09.2008)

Je suppose que les ostréiculteurs ont dû apprécier…
Quand je pense que je suis accusé de perturber le climat de sérénité avec mon blog…




Crise ostréicole : la souris qui cachait… un éléphant !

13082008

http://www.dailymotion.com/video/k1ZBqdpJkdCr2fKEfS
Aujourd’hui s’est déroulé sous mes yeux et devant mon objectif un événement que j’attendais depuis si longtemps…

Enfin, la vérité a fini par éclater.
Qui pourra nier, après cette journée qu’il existe bien un problème de fond à traiter sur le Bassin, et ce, de toute urgence !
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Nous voici donc environ 600 personnes rassemblées à l’entrée de l’usine Smurfit Kappa de Facture Biganos.
Il y a là la quasi totalité des ostréiculteurs, des membres d’associations écologiques, quelques inscrits à ma newsletter, des enfants, des vieux, et un ancien élu : René Serrano, conseiller général jusqu’en 2008…
Il y a aussi la presse, venu en nombre : Sud Ouest, la Dépêche, Le Marin, M6, TV7, TF1 et une radio.
René Capo du comité de vigilance de Biscarosse est là aussi, ainsi qu’un ami, admninistrateur d’un site internet bien connu qui a depuis longtemps abordé les problèmes d’environnement sur le Bassin.

Pour ceux qui ne connaissent pas, l’usine Smurfit, qui fabrique du papier kraft, est situé en bordure du Bassin.
Si vous êtes venu au moins une fois sur le Sud Bassin en voiture, il est impossible que vous n’ayez pas senti cette odeur immonde sur l’autoroute au niveau de la sortie Facture Biganos.

Une question que je me suis toujours posé : l’industrie du papier étant l’une des plus polluante qui soit, comment se fait-il que les élus, qui se sentent sois disant concerné par l’environnement, n’aient jamais tenté de la faire déménager ?
Elle n’est en effet située qu’à quelques centaine de mètres de la Leyre et du Bassin.
Dire que le service com du SIBA appelle ce secteur : « Le Coeur du Bassin » !…

Sur le coté de l’usine, un petit chemin conduit dans une zone ou la végétation, dense, cache une sorte d’étang… Nous ne sommes qu’à 400 ou 500 m de la Leyre qui rejoint le Bassin.
Même un aveugle pourrait y parvenir, il suffit de se laisser guider par l’odeur…
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Nous y voici… devant nous le spectacle pitoyable d’un plan d’eau qui pourrait faire penser au Lac Rose non loin de Dakar que j’ai bien connu… Sauf qu’ici ce ne sont pas des cristaux de sel qui lui donne cette couleur rose mais des métaux lourds ! (en tous cas c’est ce qu’affirme l’ancien Conseiller Général présent sur les lieux)
Tout autour un spectacle de désolation. On dirait un bombardement au napalm !!!
Les femmes d’ostréiculteurs ont préparé une chanson.
J’interroge René Serrano qui semble étonné de découvrir ce plan d’eau. Il affirme que cela fait trente ans que nous rejetons des métaux lourds dans l’Océan ! Ce n’est pas de sa faute dit-il… lui n’était que conseiller général et non pas élu au SIBA et à la COBAN. Il ne pouvait donc pas savoir…
Je ne remettrait pas sa bonne foi en cause.
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Puis, nous nous dirigeons vers une sorte de monticule…
Là, nous découvrons une décharge !

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Des interviews sont données à la presse. Je suis à côté d’une journaliste de TF1 qui recueille le témoignage émouvant d’un ostréiculteur de la nouvelle génération qui sort tout ce qu’il a sur le coeur. Il n’est plus question ici de « test souris » mais de ce que l’on va laisser aux générations futures. Elle est, elle aussi, bouleversée par ce qu’elle voit et ce qu’elle filme.

La colère gagne la foule. Moi je suis silencieux. Moi qui suis toujours à gueuler, et on me le reproche assez souvent, je ne dis plus rien. J’observe, je filme, je prends des photos, j’écoutes les commentaires. J’entends des mots qui, associés les uns aux autres, résument assez bien la situation : « pognon », « immobilier », « tourisme », « politique », « people », « frime »… Je sais que là, devant mes yeux, se joue une partie décisive pour l’avenir du Bassin. Cela pourrait déclencher une prise de conscience générale.

Puis, tout le monde se dirige vers l’entrée de l’usine, gardée par une poignée de gendarmes.
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Sitting devant la barrière. Peu à peu, les ostréiculteurs franchissent la barrière sous les yeux des gendarmes, impuissants devant cette foule hyper motivée.
Nous voilà maintenant à l’intérieur de l’usine. Que dire ? c’est une usine quoi ! une usine de papier, un des secteurs industriels des plus polluants de la planète. Tout est moche. Des amoncellements d’emballages cartons, destinés au recyclage, du bruit, de la fumée et cette odeur, cette putain d’odeur qui nous pique dans les narines et nous monte au cerveau. D’autres gendarmes qui se cachaient dans un petit local arrivent en courant pour essayer de contenir la foule mais rien n’y fait. Nous apprenons par un employé, qu’en fait, étant au courant de cette manifestation, la direction de l’usine à décidé de la faire tourner au ralentis… qu’est ce que cela doit être quand elle tourne à plein régime ! smurfit10.jpg smurfit11.jpg

Les ostréiculteurs veulent la visiter cette usine. Eux, les paysans de la mer, qui travaillent avec les caprices de la nature et s’y adaptent, eux qui cultivent une des denrées des plus délicates qui soient, se retrouvent dans un environnement industriel, sale et écoeurant, presque apocalyptique, un « mamouth » qui se trouve pourtant à quelques centaines de mètres des chenaux et des estey qui conduisent à leurs parcs. Etonnant contraste…
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Au bout d’une demi heure, nous ressortons de l’usine. Les ostréiculteurs voudraient rencontrer le directeur et surtout le sous préfet qui a laissé entendre qu’il venait. Mais il ne viendra pas.
A ce moment, le nouveau maire de Biganos, Bruno Lafon, dont j’ai pu lire quelques interventions éclairées liées au devenir du Bassin dans la presse, monte sur un muret, saisit le micro et s’adresse à la foule. Il veut manifester sa solidarité aux ostréiculteurs. Il évoque le test souris, comme pour détourner l’attention du vrai problème. Selon lui, l’usine Smurfit ne doit pas servir de bouc émissaire. Bah tu parles ! source d’emploi et de revenus non négligeables pour sa ville, on va pas cracher dessus…
Il évoque alors d’autres sites pollués sur le Bassin. Je lui demande lesquels. Il répond: « …la décharge d’Audenge par exemple ! »
La conversation tourne court. Il s’en va.

Ensuite, les ostréiculteurs quittent l’usine et partent bloquer la voie rapide au rond point de Gujan. Classique…

Au stade où nous en sommes, voici mon analyse de la situation.

Les souris meurent en période de forte affluence sur le Bassin et de température élevée.
Les analyses qui sont effectuées ne présentent aucune pollution dans les eaux du Bassin.

Mais :

1. Les souris meurent et uniquement à cette période sans que l’on puisse savoir pourquoi…
2. Les élus du Bassin ont TOUS voté non à Natura 2000 sans cacher qu’ils ne souhaitaient pas que le Wharf soit inclus dans le zonage…
3. Il y a de plus en plus de bateaux au Banc d’Arguin du 15 juillet jusqu’à fin août…
4. L’usine Smurfit stocke ses déchets industriels et ses eaux usées à proximité de l’Ayga et de la Leyre

5. Certains élus admettent publiquement que d’autres zones sont polluées sur le Bassin…

6. Marie Hélène des Esgaulx, députée maire de Gujan Mestras vise les sénatoriales dans quelques mois

7. Yves Foulon, maire d’Arcachon, et depuis peu Président de la COBAS, compte bien, du coup, prendre la place de député à la place de MHDE

8. Monsieur Eroles, nouveau maire de la Teste reste sur son projet de créer un port dans les Prés Salés et se prend la tête avec les défenseurs de l’environnement concernant des projets immobiliers au Pyla…

Je recommande vivement à toutes et à tous d’acheter le dernier magazine Geo actuellement en kiosque. C’est un spécial « Bassin vu du Ciel ». L’enquête, excellente, de la journaliste Sylvie Buy apporte une vision tout à fait pertinente, que je partage. Et vous ?

à suivre…


PS: Je rappelle que ce blog est ouvert à tout le monde, même à ceux qui ne partagent pas ma vision des choses. Beaucoup de visiteurs sur ces dernières pages mais… aucun commentaire… auriez vous peur de vous exprimer…?




Réunion au sommet du SIBA contre Natura 2000

14062008

Je ne m’étendrai pas sur le projet Natura 2000 car j’aurai trop peur de communiquer des erreurs.
J’en retiens juste qu’il s’agit d’une mesure de plus conçue par des technocrates, sans concertation, et ayant pour but de définir des espaces maritimes sensibles et protégés.
Que l’annonce de ce plan a été très mal gérée et que s’en est suivie une cacophonie d’informations et de désinformations…

Concernant le Bassin, personne ne semble d’accord sur la zone délimitée. Selon certains élus et représentants d’associations de plaisanciers et professionnels du nautisme, les conséquences de l’application de Natura 2000 sur le Bassin seraient catastrophiques puisque le plan d’eau deviendrait quasi impraticable.

Personnellement je ne suis évidemment pas pour qu’on en arrive là. Priver les habitants et les estivants du Bassin du plaisir de la promenade en bateau, de la pêche, et de l’accès aux endroits fantastiques que sont le Banc d’Arguin et l’Ile aux Oiseaux, seraient un constat d’echec absolue.

En revanche, force est de constater que les élus n’ont aucune volonté politique pour enrayer un phénomène visible depuis 3 ou 4 ans : le profusion de bateaux à moteurs, notamment de grosses unités au détriment de bateaux traditionnels ou à voile. Le Port d’Arcachon à crée un Quai Patrimoine et projette de l’agrandir mais les places restent chères : compter 2000 € par an. Je pense qu’il faudrait une politique plus encourageante. Exemple: 500 € par an pour une place pour un bateau traditionnel ou à voile et multiplier les pontons réservés à ce type de bateaux auraient un effet immédiat, visible sur l’eau. N’est-il pas plus agréable de voir le Bassin rempli de voiliers et de pinasses ?
L’année dernière, j’ai survolé le Banc d’Arguin en ULM début aout et j’ai pris des photos. En agrandissant l’image on peut compter les bateaux. Je me suis arrêté à 800 !
Cela me paraît tout de même excessif. Ne pourraient-on pas envisager de limiter l’accès à certains endroits lors de pics de chaleur les week end d’abondance d’estivants ? On pourrait par exemple, lors de ces périodes très précises, autoriser l’accès uniquement aux voiliers et bateaux à moteur traditionnels, les récompensant ainsi de leurs efforts pour faire perdurer ce type de navigation…
Notez que je ne montre pas du doigt les propriétaires de bateaux en plastique sur-motorisés. Je ne suis pas pour l’interdiction mais plutôt pour encourager un autre mode de vie sur le Bassin, plus respectueux de ses traditions. Un état d’esprit qui s’est perdu au fil des années et qui reste, à mon sens, le seul et unique gardien de cet environnement exceptionnel mais si délicat.
vol du 04 aout 2007

vol04080702.jpg

Revenons au Wharf et à Natura 2000…
Si j’ai bien compris l’article paru dans Sud Ouest aujourd’hui, les élus se prononcent contre Natura 2000 notamment à cause du Wharf qui serait compris dans le tracé de la zone protégée. Les conséquences seraient donc que le Wharf, étant toujours polluant, puisque rejetant les eaux usées partiellement traitées mais contenant toujours une pollution chimique, deviendrait « hors la loi » et obligerai les élus à son démontage, remettant ainsi en question toute leur politique de traitement des eaux usées du Bassin.
On comprend leur embarras…
Marie Hélène des Egaulx, députée maire de Gujan, ne parle pas de cela mais de la mise en danger de la « zone défense » incluant la Base de Cazaux.
Le bon prétexte…

Finalement, réaliste ou pas, le plan Natura 2000 aura au moins eu pour action positive de lancer un certain nombre de débats sur le sujet.

Et ce n’est pas fini…







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