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Projection de mon documentaire « Le Bassin d’Arcachon, un paradis menacé »

18032011

Depuis 2006 je m’intéresse aux problèmes environnementaux du Bassin.

J’ai suivi la crise ostréicole en 2007 et 2008 et j’ai cherché à comprendre…

Mon enquête ma emmené au Wharf, à l’usine Smurfit, au CET d’Audenge, mais ce ne sont pas les seules causes de pollution qui menacent l’équilibre de notre plan d’eau, sur lequel repose toute notre économie…
Ce soir, je termine le montage de ce documentaire de 25 minutes que je repoussais depuis plus d’un an.

Suite aux « fouloneries » dont j’ai été victime et qui ont entraîné la fermeture de ma galerie, j’ai enfin pu trouver le temps nécessaire à organiser toutes ces images vidéos que j’avais accumulé.

Je vous propose donc de venir assister à la première projection de :

« Le Bassin d’Arcachon, un paradis menacé »

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demain vendredi 18 mars à 20h30 à l’Olympia d’Arcachon (entrée gratuite).

Ce film sera projeté en introduction du meeting de Vital Baude, candidat Europe Ecologie aux cantonales d’Arcachon, que je soutiens pour son honnêteté, ses convictions et l’action qu’il mène depuis déjà quelques années pour la sauvegarde de notre patrimoine naturel et historique.

Néanmoins, si vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas assister au meeting, vous pourrez bien entendu quitter la salle après la diffusion. Personne ne vous le reprochera.

J’espère que vous serez nombreux à pouvoir venir.
Pour les autres, il y a aura des séances de rattrapages…

à bientôt




Fin d’une belle histoire…

9092010

galeriefermee.jpg

Voilà…

La Galerie a fermé ses portes le lundi 30 août.

J’aurais tout tenté, absolument tout, pour obtenir juste une chose : le droit de tenir ma Galerie dans des conditions normales, comme je l’ai fait pendant 9 ans… jusqu’à l’installation de nouveaux voisins en mai 2009.
1 an et demi de diplomatie discrète avec l’adjointe Yvette Maupilé qui n’a cessé de me promettre de régler le problème et qui n’a jamais rien fait,
Des dizaine de courriels et de courriers sans réponse,
Le diagnostic de visibilité réalisé par un expert de la Chambre de Commerce qui met bien en évidence le préjudice subit,
Une mise en demeure adressée au Maire en mai 2010 restée elle aussi sans réponse,
L’intervention totalement inefficace du Médiateur de la République,
La tentative de conciliation du sous-préfet qui n’a pas réussi à convaincre le Maire de me recevoir,
Un article dans Sud Ouest et un autre dans la Dépêche du Bassin,
La polémique sur mon blog et la pétition en ligne qui a recueilli plus de 300 signatures (mystérieusement disparues début août suite à un bug du site hébergeur…),
La chute violente d’une personne âgée devant les innombrables portants extérieurs encombrant le trottoir et autorisés abusivement par la Mairie,
L’intervention de Vital Baude, au dernier conseil Municipal, qui n’aura eu comme réponse que des discours incohérents et contradictoires de la part du Maire et de son adjointe… (même pas repris dans la presse locale qui m’a bel et bien lâché)
La pose d’un grand panneau fournit par Reporter sans Frontières « Libérez les otages » afin de bloquer l’accès aux portants de la boutique voisine par mon entrée qui aura eu une certaine efficacité mais des agents municipaux seront quand même venus pour me le faire enlever…
et enfin, le soutien de centaines et de centaines de personnes qui n’a pas non plus ému Yves Foulon.

Le règlement existe, les textes me donnent raison, mais le Maire Yves Foulon a refusé catégoriquement de réagir.
Lui et son « homme de l’ombre » avaient bien compris le tort que pouvait me créer cette situation et ils m’auront donc eu à l’usure.
Alors pourquoi ?
Quelles seraient donc les motivations du Maire d’Arcachon, qui par ailleurs se défend de toute volonté de me nuire ?
Est-ce juste une vengeance pour ne pas avoir accepté que ma photo soit utilisée pour sa carte de voeux il y a 3 ans ?

Je pense qu’au départ il s’agissait bien de ça. Puis, voyant que j’étais près à me battre pour faire appliquer la loi, lui et son « homme de l’ombre » ont décidé d’aller plus loin.
Car ils ont bien compris que cette banale histoire de portants extérieurs représentait un réel préjudice pour mon activité, déjà fragilisé par la récession économique.
L’occasion était trop bonne pour débarrasser Arcachon de l’embarrassant photographe.

Ils savent aussi que cette galerie n’est pas juste un business pour moi mais avant tout un lieu de rencontres et d’échanges ou chacun pouvait venir partager son admiration du Bassin au travers de mes photographies. Et depuis deux ou trois ans, on y parlait aussi beaucoup de la protection du Bassin, d’environnement et c’est certainement cela qui a posé problème. J’ai toujours tenu à ne pas faire de politique mais il est vrai que l’activisme en matière de protection de l’environnement est en soit une forme d’engagement politique.

Il y a deux ans j’ai été approché par deux candidats d’opposition pour rejoindre leurs listes, l’un à Gujan, l’autre à Arcachon.
J’ai refusé mais j’ai quand même écopé d’un contrôle fiscal sur mon activité d’auteur-photographe deux semaines avant le premier tour…
1 er avertissement…

Il y a eu aussi mon intervention dans l’émission Thalassa à propos du Wharf et des eaux usées… une très courte intervention mais qui n’est pas passez inaperçue. Tiens, tiens, la presse nationale s’intéresse à lui maintenant ? oulala, pas bon, pas bon…

L’année dernière, deux gendarmes venus de Lorient sont venus à mon domicile afin de m’auditionner sur les problèmes environnementaux du Bassin, dans le cadre de l’enquête déclenchée par le magistrat de Bordeaux suite à la plainte contre X des ostréiculteurs pour pollution des eaux du Bassin. Les documents photos et vidéos que j’avais recueilli, mes connaissances de certains dossiers, la synthèse que je pouvais en faire en toute sincérité puisque non impliqué politiquement, intéressait donc la justice. J’imagine que la discrétion que j’avais réclamé aux enquêteurs n’a pas fait long feu… et que cette info est rapidement remontée aux oreilles de certains élus.

Alors OUI, le photographe « Scotto », pourtant activiste solitaire, commençait à prendre un peu trop d’importance au goût de certains, qui en bon calculateurs politiques ont dû s’imaginer qu’il pourrait bien s’impliquer d’avantage avant les prochaines échéances électorales…
Il fallait donc briser le lieu ou il s’exprime et cette banale histoire de portants extérieurs tombait donc à point.
Facile ! il suffisait de ne rien faire, de ne pas répondre à ses courriers, de laisser pourrir la situation, puis de déclarer dans la presse que « ce garçon est victime du syndrome de persécution »…

A ceux qui douteraient encore de mon analyse de la situation, je n’ai qu’une question à leur poser : si je me trompe, ou si je souffre du « syndrome de persecution » comme l’a déclaré Mme Maupilé dans Sud Ouest, pourquoi le Maire n’a t-il pas alors ordonné que l’arrêté municipal portant occupation du domaine public ne soit respecté et pourquoi a t-il donné une autorisation encore plus permissive à mes voisins début juillet, telle une ultime provocation, alors que je m’efforçais avec discrétion de le sensibiliser à ma situation depuis plus d’un an ?
Non il ne s’agit pas juste d’incompétence ! il y a bien eu depuis le début la volonté de ne pas résoudre le problème.

Beaucoup parmi vous me reprochent en ce moment de capituler mais j’aimerai juste vous rappeler je ne suis pas juste un commerçant. Je suis avant tout un photographe qui, pour vous transmettre par ses photos la beauté et la magie du Bassin, a besoin d’être créatif et positif. Cette lutte acharnée contre un élu qui a décidé d’avoir ma peau, m’a fait perdre peu à peu l’amour que je portais au Bassin.
Le désintérêt de la presse locale, qui manifestement n’a pas compris, qu’à travers moi, on s’en prenait aussi à la liberté d’expression, m’a également convaincu que ma place n’était plus ici.
Je ne peux pas passer mon temps à me battre contre les uns et les autres, alors que j’aspire juste au calme et à la sérénité.
Dernièrement, en juin, le Président de la COBAS (devinez qui c’est ?) a refusé que l’aérodrome expose ma « photo la plus longue du Monde » au motif qu’il n’en voyait pas l’intérêt…
Encore un message qui m’est envoyé…

C’est donc avec beaucoup de peine que j’ai pris la décision de fermer la Galerie et de la mettre en vente.
Ce fut une belle aventure qui aura duré 10 années, ponctuées de belles rencontres avec vous, clients, amis, artistes, visiteurs de toutes catégories sociales et de toutes nationalités.

Cette belle aventure je tenais pourtant vraiment à ce qu’elle perdure et c’est pourquoi, malgré cette période de récession économique, j’avais décidé au printemps cette rénovation totale de la Galerie et ré-embauché une collaboratrice à plein temps et en CDI.
J’étais plein d’enthousiasme…

… Bien mal m’en a pris.

L’unique Galerie de photographe de toute l’Aquitaine va donc disparaître (l’une des 5 ou 6 en France…).
Cette situation a entraîné la perte d’un emploi qualifié et bien sûr les répercutions indirectes pour les fournisseurs de la Galerie (tous du Sud Ouest) qui étaient les mêmes depuis 7 ans : labo photo, encadreur, atelier de finition, etc… mais cela pèse si peu par rapport à des employeurs tels que Couach, Smurfit, et les « bétonneurs » qui s’en donnent à coeur joie depuis quelques années…
Ma petite Galerie sera certainement remplacée par une énième boutique de fringues bas de gamme, pour le plus grand bonheur du Maire d’Arcachon et de ses administrés !
Et vous verrez alors, que dès que je ne serais plus propriétaire des lieux, le règlement sera appliqué au cm près. Comme une ultime provocation.

Mais d’ici là j’espère que je serais loin d’ici pour démarrer une nouvelle aventure photographique et humaine.

à suivre…

A vous tous qui m’avez apporté votre soutien, via le blog, via vos mails, en ayant le courage de signer la pétition, et en venant à la Galerie, je vous remercie du fond du coeur.. Je vous dois la vie tout simplement.




Mon rêve brisé

30102009

Ce soir j’ai vraiment le cafard.

Je savais qu’en me rendant à ce « débat public » du SCOT (Shéma de Cohérence Territorial ) organisé par le SYBARVAL (Syndicat du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre), je serai déçu. Mais pas à ce point.
Après avoir essayé, en vain, de convaincre mes propres amis de m’accompagner, je m’y suis donc rendu seul ce soir, à la Salle des Fêtes de Biganos.

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Première constatation : 45 personnes dans la salle !
Pour un territoire qui comporte 140 000 habitants, un débat qui porte sur son avenir de façon très concrète, seuls 45 personnes ont jugé utile d’y participer. C’est désespérant.
Mais il est vrai que nos élus n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour proposer à leurs concitoyens de participer au débat… quel est l’habitant du Bassin et du Val de l’Eyre qui a été informé de cette réunion pourtant d’une importance capitale ? Même la presse locale a brillé par son absence. Il n’y avait dans la salle qu’un correspondant de Sud Ouest (même pas journaliste professionnel), une correspondante de la Dépêche du Bassin, et… c’est tout !

Parmi elles, beaucoup de retraités, des Présidents d’Associations diverses et variées (qui manifestement n’ont même pas réussi à mobiliser leurs adhérents), les Verts, et une représentante du Parti Communiste.

Je balaye du regard la salle à la recherche d’un ostréiculteur. Pas un seul. Il me semble pourtant les avoir bien entendu cet été crier au complot immobilier qui se préparait derrière leur mort annoncée… Il faut dire que les souris ne meurent plus, et qu’ils sont invités au cirque Pinder à Paris le 1 er décembre pour promouvoir leurs huîtres. C’est tellement plus facile de dompter les tigres en cage plutôt que les promoteurs « bétonneurs » !

Donc pas d’ostréiculteurs ce soir et c’est bien dommage car si il y a bien une corporation qui peut sauver le Bassin ce sontcertainement les paysans de la mer.

Sur 17 maires de la circonscription, 5 sont présents !!! Il y a Marie Hélène DesEgaulx (MHDE) sénateur-maire de Gujan-Mestras, le Maire de Biganos Bruno Lafon, la Maire d’Audenge Nathalie Le Yondre ( bien placée pour savoir les conséquences que peuvent représenter les ordures ménagères de 10 communes déversées sur sa ville pendant des années…), Christiane Dornon , maire du Barp et Jean-Guy Perrière le maire d’Arès qui « anime » la soirée. On notera donc l’absence du Président de la Cobas Yves Foulon qui était occupé à donner une interview sur Radio Côte d’Argent après un conseil municipal sur sa comune. Quelques élus conseillers municipaux ou conseillers régionaux sont là aussi : Vital Baude et Michel Daverat des Verts, et René Serano ancien conseiller général pour la Teste.

De toute évidence, à presque 40 ans, je suis le plus jeune dans la salle… (à part Vital Baude des Verts). Finalement j’ai honte de ma génération, qui a le devoir de s’investir pour changer les choses et les améliorer, et qui est totalement démissionnaire, préférant de loin aller se bourrer la gueule dans les bars du Moulleau et aller surfer plutôt que d’aller se faire chier à écouter parler de SCOT, de SYBARVAL, de PADD, de SDAU 1 et même de SDAU 2 !!!! Comment leur en vouloir, tout est conçu pour repousser le jeune citoyen vers ses préoccupations quotidiennes et finalement assez insignifiantes.

En face de ce maigre public non représentatif de la population du Bassin, une estrade et 3 intervenants. Ce sont les ingénieurs de l’étude qui a été commandée par le Sybarval pour définir les enjeux et les perspectives de développement du SCOT. J’apprends que cette étude commandée au cabinet A’URBA aura coûté aux contribuables la coquette somme de 830 000 € ! Dépensons sans compter, c’est du « développement durable »…

La présentation commence…

Projections de cartes et de simulations démographiques et urbaines au mur, annonces de chiffres (presque à voix basse tellement c’est indécent…), et solutions envisagées, adaptations… tout cela enrobé de jolies phrases dans un vocabulaire qui rapellerait presque le menu d’un restaurant étoilé !

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3 aspects sont développés : l’urbanisation, le transport, et l’offre économique et touristique.

Dès le début, je suis pris d’un mal être. Je m’aperçois en effet que comme tous les habitants du Bassin (qui ne le savent pas encore…) je suis mis devant le fait accompli. Les élus ont bel et bien décidé d’assumer les + 100 000 habitants (minimum) annoncés pour 2030 sur le Bassin d’Arcachon et ont commandé (en toute discrétion) cette étude sérieuse afin de savoir quelle était la meilleure façon de bétonner et d’offrir les infrastructures nécessaires pour accueillir ces nouveaux arrivants. Pourtant, l’année dernière, lors du débat de la journée « L’eau en partage » organisée par le SIBA, deux élus d’importance et de bords différents : François Deluga Député-Maire du Teich et Michel Sammarcelli, maire du Cap-Ferret, Président du SIBA, avaient donné publiquement leur avis sur la question : c’était « NON, STOP, on a atteint la limite ». Mais ce soir ces deux élus ne sont pas là… faut-il en déduire quelque chose …?

Il aurait été plus simple et moins coûteux de geler l’urbanisation pendant 10 ans et d’observer les dégats occasionnés par les 10 années de bétonnage qui viennent de s’écouler. Mais non, cela réclame un courage politique que nos élus n’ont pas. Quelque part je les comprends. Difficile de dire à un jeune ménage qui voudrait bien s’installer dans le coin et profiter lui aussi de la qualité de vie qu’offre ce territoire : « désolé il n’y a plus de place pour vous, il fallait venir avant ». Et pourtant, aussi injuste que cela puisse être, j’en suis convaincu c’est la seule et unique solution pour protéger la nature exceptionnelle du Bassin d’Arcachon qui fait tout le charme de la qualité de vie qui nous attire. Alors, depuis des années, sous prétexte de limiter la spéculation foncière, on a autorisé la construction de nouveaux lotissements, on a mordu et mordu encore sur la forêt, sur le bord de mer (Gujan-Mestras, vers le Chateau Madère), même inondable c’est pas grave… on a autorisé la division de terrains et la construction de « cages à lapins » mitoyenne  spécialité du constructeur Palma Immobilier, au beau milieu de villas arcachonnaises classées au patrimoine ! incohérence totale ! anarchie permanente ! manque de respect de l’identité de nos villages, et on ne pourra pas faire marche arrière. Ce qui est construit ne sera pas détruit. Il faudra vivre avec. Ce soir pour nous rassurer, les élus ont affirmé leur volonté de ne plus ouvrir de nouveaux territoires à la construction. Nous allons donc « densifier » les communes… heureux propriétaires d’une jolie villa arcachonnaise ou d’un chalet en bois de pêcheur, préparez vous car si votre voisin vend son bien, il aura tout intérêt à vendre son terrain à un spécialiste de la « cage à lapin » qui optimisera chaque cm2 constructible, ne laissant aucune place pour un petit bout de jardin. Sur la commune sur laquelle je vis, La Hume/ Gujan-Mestras, c’est la politique menée malgrè les belles promesses de campagne.

Mais revenons à cette belle présentation du SYBARVAL…

Après avoir évoqué donc l’urbanisation, nous voici sur le sujet du transport. On nous parle de transports collectifs mais moi je sais que sur un tel territoire, on utilisera toujours plus sa voiture que le bus ou le train. Il y a un individualisme sur le Bassin assez évident et il sera difficile de changer les mentalités. On aura beau doubler les voies rapides, il y aura toujours plus de voitures, plus de camions et donc… plus d’embouteillages qui rendront la vie de ceux-là même qui voulaient vivre ici, de plus en plus proche de la vie qu’ils avaient dans la grande ville qu’ils ont fui…

Puis le sujet de l’économie. Alors là je dois dire que j’ai été épaté par l’imagination et la créativité de nos ingénieurs ! On nous propose de construire des bureaux, beaucoup de bureaux car il n’y en a pas sur le Bassin. De miser sur une usine de fabrication de panneaux solaires car nous avons du silicium sur place (mais l’intervention d’un monsieur qui avait l’air bien renseigné sur la question a vite fait perdre son enthousiasme à l’ingénieur-économiste : en effet il semblerait que le marché des panneaux solaires soient définitivement occupé par les chinois, faute d’avoir anticipé sur la demande. Et qu’en plus, une nouvelle technologie plus performante n’utilisant pas du silicium soit déjà à l’étude…). On nous propose aussi de développer la filière bois en la diversifiant. Là par contre, je trouve que l’ingénieur à vu juste en précisant au Maire de Biganos que l’usine Smurfit ne sera certainement plus là dans 20 ans et qu’il faudra donc trouver de nouveaux débouchés pour tous ces pins. Personnellement je pense que Smurfit ne sera plus là dans 5 ans du fait des crises économiques mondiales à répétition que nous allons subir. En revanche j’ai été choqué par l’idée de clôturer les forêts pour « protéger »  des promeneurs du dimanche la ressource sylvicole. C’est un comble quand même : on livre de l’espace naturel aux promoteurs mais on « protège » la forêt des promeneurs indésirables !!! Le monde à l’envers.

Il a également évoqué l’industrie nautique que l’on pourrait développer en créant des… ports à sec ! ben voyons ! tout le monde à bien remarqué cet été qu’il n’y avait pas assez de bateaux sur le Bassin !!!

A ce stade de la présentation je me rends compte que nos élus ont fait le choix d’adapter le territoire à l’Homme sous couvert du mot magique : « développement durable » parsemé par ci par là… pourtant la seule chose qui « dure » dans le « développement » c’est la pollution. Et la nature dans tout ça ? oh et bien elle s’adaptera à l’Homme elle aussi. Enfin… on verra ça plus tard…

Au bout de deux heures, la présentation se termine enfin. Le débat peut commencer.

C’est Michel Daverat, élu des Verts au Conseil Régional, qui prend la parole le premier. Il reprend un chiffre annoncé lors de l’exposé : 38 000 logements en plus ! Oui vous avez bien entendu : 38 000 logements !!! dont 15000 logements sociaux. Multiplié par 3 ou 4 personnes par logement = 130 000 habitants en plus. Et il s’interroge : que vont faire ces gens ? quels emplois pour eux sur un territoire déjà bien touché par le chômage et les emplois précaires et saisonniers ? il rappelle aux élus présents qu’ils avaient parlé de « freins à l’urbanisation » mais qu’au final c’est un schéma tout à fait contraire qui a été présenté ce soir. Et de conclure :  » développement durable, je ne vois pas ce qu’il y a de durable dans tout ça ».

Jean-Claude Laloubere, personnalité politique du Barp saisit le micro et se lance dans une critique fort bien faite sur la qualité du travail effectué par le cabinet A’URBA et soulève le manque de démocratie qui règne au sein de ce débat majeur.

Puis c’est Monsieur Duhard, président du COBARTEC (collectif pour le transport en commun) qui prend la parole et s’engage dans la lecture interminable du tract qu’il a distribué à l’entrée. Tout ce qui est dit dans ce tract est vrai, bien éclairé, et très clair. Le seul problème c’est qu’il fait deux pages A4, que tout le monde l’a déjà lu et qu’il nous faut maintenant l’écouter en totalité. Des voix s’élèvent : « faites le taire ! », « pfffffffffffff », tout le monde en a marre mais l’élu chargé d’animer le débat laisse parler. Au bout de 10 minutes c »est enfin terminé et le débat reprend.

C’est très tendu et désordonné. Cela part dans tous les sens. Le maire d’Arès chargé de mener le débat ne semble pas motivé pour créer une animation constructive. C’est un peu comme si il laissait parler les « empêcheurs de tourner en rond » dans un désordre volontaire, histoire que le débat ne mène à rien… pipo, pipo !

Moi même je me suis lamentablement fait remarqué dans une intervention excessive en réclamant le micro de façon maladroite et impolie… Bref, je suis passé pour un con. Je décide donc de me calmer un peu et d’attendre avant d’intervenir à nouveau.

J’arrive enfin à avoir le micro. Je précise à la salle que je ne suis « membre de rien », ce qui fait sourire Jean-Guy Perrière. Mon intervention se limitera à exprimer mon désarroi aux élus présent. Leur dire que je me sens bien seul dans cette salle, leur rappeler que le Bassin est très fragile, qu’il souffre déjà beaucoup de surpopulation et qu’il faut s’arrêter là. Je conclu par la phrase d’un ami, un jeune architecte de 26 ans amoureux du Bassin :  » le Bassin c’est comme un cannot de sauvetage prévu pour 10 personnes… si on monte à 30 dessus, il coule et tout le monde meurt ». Je m’attendais à quelques applaudissements pour cette phrase tellement significative mais rien. Et Monsieur Jean-Guy Perrière, maire d’Arès de rétorquer que les élus du Bassin sont des gens responsables. Responsables peut-être mais conscients j’en doute.

Enfin, c’est Vital Baude, élu d’Arcachon pour les Verts qui prend à son tour la parole. Il précise, et je tiens à l’en remercier, qu’il comprend très bien ma réaction puisque j’ai fait l’effort de venir à cette réunion et que j’ai découvert que j’avais été mis, comme tout le monde, devant le fait accomplit, sans aucun débat préalable à cette étude, et que cela n’était pas normal de considérer les citoyens du Bassin de cette façon. Il intervient sur un point qui n’a pas été pris en compte dans cette étude pourtant très coûteuse: la nourriture. Qu’allons nous en effet donner à manger aux 250 000 habitants du Bassin ??? Il interpelle MHDE car il est vrai que depuis la projection du film « Nos enfants nous accuseront » et le débat violent qui a suivit (voir mon article en cliquant ici), elle a fait la démarche d’amener le bio dans les cantines de sa commune et c’est une très bonne mesure. Comment faire donc pour offrir une nourriture de qualité à une population aussi importante qui vit sur un territoire ou la pression foncière est telle qu’il est difficile voir impossible pour un maraîcher de s’y installer. Allons nous subir un va et viens permanent de camions remplis de nourriture industrielle vendue dans les hyper qui viendront s’installer dans les nouvelles Zones Industrielles crées pour l’occasion ? cet aspect pourtant capital n’a pas été pris en compte dans le SCOT.

A ce stade, il ne reste plus que 20 personnes dans la salle, il est 21h30 et je décide de rentrer.

Dans ma voiture j’ai eu envie de pleurer.

Ce soir j’ai compris que c’était foutu. Il n’y a plus rien à faire. Le compte à rebours de la déchéance du Bassin à commencé. Dans 5 ans, on commencera à s’en rendre compte mais il sera trop tard pour faire marche arrière. Finalement j’en arrive à la conclusion que, de part leur manque d’implication, ni les habitants, ni les ostréiculteurs du Bassin ne méritent ce territoire merveilleux. Ils vont donc le perdre au profit des bétonneurs. Je ne veux pas assister impuissant à l’agonie d’un endroit aussi magique qui méritait tellement plus de respect.

Je décide donc de partir avant le désastre.

A partir de ce jour, je vais réfléchir sérieusement à une nouvelle expatriation.

Cela devrait prendre deux ans à peine.

Certains seront contents de me voir partir, d’autres moins, mais je partirai la conscience tranquille car moi, au moins, j’aurai fait l’effort de m’informer, de m’exprimer, de participer aux différents débats et d’essayer de vous sensibiliser, tout en restant un simple citoyen apolitique et indépendant.
Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, je vous en remercie.

 

intervention de Michel DAVERAT, Conseiller Régional des Verts après les deux heures d’exposé:

http://www.dailymotion.com/video/xazyl5

Archives vidéos (deux Maires au moins affirmaient il y a moins d’un an qu’il n’était pas raisonnable de ne pas mettre un frein à l’augmentation démographique sur le Bassin):

Dans cette vidéo tournée lors du débat qui suivait la journée « L’eau en Partage » en février 2008, François DELUGA, député-Maire du Teich répond à la question d’un habitant concernant la pression démographique. Il parle alors de +70 000 habitants évalués alors que nous parlons désormais de… + 130 000 habitants !!!:

http://www.dailymotion.com/video/xb00nk

http://www.dailymotion.com/video/xb01bk

Dans cette vidéo, la réaction de Michel SAMMARCELLI, Maire de Lège-Cap-Ferret et Président du SIBA:

http://www.dailymotion.com/video/xb01xg




sur le Bassin d’Arcachon : à chacun sa merde !

13022009

Ce matin dans le journal Sud-Ouest je lis que les audengeois sont solidaires de leur maire Nathalie Le Yondre face à la situation catastrophique de la décharge d’Audenge (Centre d’Enfouissement Technique pour les puristes)…

C’est le monde à l’envers ! eux dont le sort n’a jamais préoccupé ni les élus du Bassin, ni les habitants des autres communes viennent au secours de leur maire aujourd’hui menacée de mise en examen par le sous-préfet…

Alors je me suis replongé dans mes archives vidéo et j’ai retrouvé ce petit document fort intéressant. Cette scène a été tournée avec mon téléphone portable lors de la manifestation des ostréiculteurs à l’usine Smurfit le 12 août 2008.

Le maire de Biganos, Bruno Lafon, intervient et s’adresse à la foule avec, il faut le reconnaître, un certain courage. Soucieux de protéger les emplois et la taxe professionnelle sur sa commune, il vole au secours du groupe Smurfit Kappa et attire l’attention des « agriculteurs de la mer » sur la commune voisine qui abrite la fameuse décharge. Autrement dit : allez voir à côté, c’est encore pire !…

On croît rêver. Ce document prouve, qu’à ce moment précis, au moins un élu (qui se trouve par ailleurs être le président de la COBAN) est parfaitement au courant de la situation au CET d’Audenge et des risques de pollution pour les eaux du Bassin. Pourtant, depuis cette date, rien n’a été fait pour accompagner solidairement la nouvelle municipalité d’Audenge dans cette difficulté majeure…

Les élus UMP, largement majoritaires sur le Bassin d’Arcachon, auraient-ils attendu tranquillement que la situation se détériore afin d’assister à l’élimination d’une élue d’opposition …? on peut se poser la question tant, le contexte politique sur le Bassin revêt une importance du plus haut niveau.

Il y a quelques semaines, le maire du Cap-Ferret et président du SIBA, Michel Sammarcelli, disait :  » la politique pollue le Bassin ». Cette phrase résume tous les maux de ce lieu magique malheureusement en pleine déchéance écologique.

http://www.dailymotion.com/video/k1dxPaChQ823SzWWcd

 




Soirée « Mousse » à Biscarosse

16122008

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photo © René Capo 2008

Et non, ce n’est pas le thème d’une soirée organisée par une discothèque de Biscarosse mais bien le retour des mystérieuses mousses qui viennent envahir les plages de Biscarosse chaque année à la même période, apportant leur lot d’inquiétudes et d’interrogations…

Sauf que cette année nous allons enfin tout savoir sur ces mousses (qui autrefois furent marrons et sont devenus blanches depuis peu).
En effet, soucieux de transparence et de recherche de vérité et afin de lever les doutes et les accusations portés vers le Wharf de la Salie, le SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon), en charge de la qualité des eaux du Bassin et de l’assainissement des eaux usées avant leur rejet en mer, a mis en place une procédure d’analyse à la disposition du Comité de Vigilance de Biscarosse.
Alors phénomène naturel ou conséquence d’une pollution ? nous le saurons bientôt.

Car depuis cet été et tous ces scandales à répétition largement médiatisés su le plan national (Wharf, Usine Smurfit, décharge d’Audenge, polémique autour de l’émission Thalassa, etc…), il semble que les choses évoluent dans le bon sens.

Tout d’abord il y eu la CLIS (Commission Locale d’Information et de Surveillance) qui a permit aux élus, scientifiques, ostréiculteurs et associations du Bassin de mettre en commun leurs informations et leurs recherches.
Il y a un certain nombre d’initiatives du SIBA en collaboration avec les associations et les ostréiculteurs pour savoir si les rejets en mer du Wharf ont effectivement un impact sur la qualité des eaux du Bassin et sur les huîtres.

Puis, il y a eu plus récemment le projet de Parc Marin, qui fut soutenu par le candidat aux élections législatives anticipées François Deluga (maire du Teich), attaqué sur ce thème par son adversaire politique Yves Foulon, maire d’Arcachon.
Ce dernier, qui a perdu les élections, continuait lors d’une récente réunion au SIBA a agiter l’épouvantail d’un Parc Marin non maîtrisable qui enlèverait toute liberté d’utilisation du plan d’eau.

Michel Sammarcelli, maire du Cap Ferret et Président du SIBA, que j’ai souvent attaqué sur mon blog à propos du Wharf de la Salie, a fait une déclaration très forte qui me redonne espoir quand à l’avenir du Bassin :
« La politique pollue. Nous sortons d’une période qui en a déchiré plus d’un. Le parc naturel marin est une chance. Je souhaite qu’on regarde devant »
(relevé dans les colonnes de Sud Ouest du 08.12.2008)
Sur Radio Côte d’Argent, à l’issue de cette même réunion, évoquant l’urbanisme et une démographie galopante, il a affirmé que l’on était allé trop loin sur le Bassin et que l’on entrait dans une nouvelle ère.

Cette prise de conscience, qui ne date sûrement pas d’hier mais qui est clairement exprimée aujourd’hui, est un signe très fort d’une volonté de chercher enfin des solutions afin d’éviter le pire à cet environnement si fragile.

Les cris d’alerte des uns et des autres ont donc fini par payer.
Mais restons vigilants…




Les souris s’écrasent devant l’éléphant…

28082008

C’est fou comme les choses peuvent vite s’arranger…

Il y a une semaine, 600 personnes dont 500 ostréiculteurs marchaient sur le Wharf et envahissaient l’usine Smurfit criant à la pollution des eaux, conséquence d’une politique de développement du Bassin d’Arcachon inadaptée et aux conséquences environnementales désastreuses. Le ton était accusateur et les messages violents.
Enfin le scandale avait éclaté, on remettait tout en cause et on s’inquiétait collectivement de l’avenir du Bassin.
On demandait des comptes aux élus, on les insultait même.

Seul problème : personne n’a évoqué la moindre idée pour inverser la tendance et améliorer les choses pour un avenir plus rassurant…

Une dizaine de jours après et une réunion au Ministère, en compagnie des élus du Bassin (dont les « trois mousquetaires » : Marie Hélène des Esgaulx, Michel Sammarcelli, Jean Jacques Eyrolles, et, dans le rôle de Dartagnan: Yves Foulon) , un climat de paix est finalement revenu, comme si de rien n’était.

Tout ce que vous avez pu voir n’a jamais existé !…

Plus sérieusement, il est très clair que les ostréiculteurs sont divisés en deux camps : ceux qui voudraient bien poursuivre l’action entamée et arriver à contraindre les élus de traiter le fond du problème ; et ceux qui se contentent du chèque de 200 000 euros débloqué par la COBAS (avec encore un concours de politique politicienne entre Foulon et Deluga à propos de cette enveloppe…) pour faire de la com autour des huîtres plutôt que de faire des analyses…

A priori, si on en croit les belles promesses (deux mois avant les élections sénatoriales c’est toujours louche les promesses…) le test souris sera bientôt remplacé par un nouveau test moins contraignant. On ne saura donc jamais de quoi sont mortes les souris… certainement pas des rejets en mer du Wharf dont l’eau serait, selon certains, une « eau de baignade »…

En attendant la prochaine crise, j’ai fait comme tout le monde, je me suis précipité sur la terrasse d’une cabane du port de Larros et je me suis régalé d’une bonne douzaine d’huîtres avec un petit verre de blanc !

Je me dis qu’en demandant la remise en cause du test souris, les ostréiculteurs risquaient gros…
Mais peut être est-ce la volonté d’un éléphant qui attends, placide, la mort, non pas des souris, mais des « paysans de la mer »…

Si les ostréiculteurs jettent l’éponge, ce n’est pas le cas de tout le monde. Il reste des associations qui sont plus motivées et mobilisées que jamais. Quand à moi, je continuerai à contribuer modestement à leur combat en faisant dons de mes photos. Et on verra bien si la situation évolue…

Voici donc, pour vous chers lecteurs, mes dernières prises de vues aériennes du Wharf et de l’usine:
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« Bénissez nous ! »

18082008

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Les élus du Bassin ont dû passer une mauvaise nuit.
Il était évident que les ostréiculteurs allaient profiter des Fêtes de la Mer et de la retransmission en Eurovision de la messe pour faire passer leurs messages.

Sur la Place Thiers, les élus sont alignés devant le Cardinal Ricard. Entre Yves Foulon et Marie Hélène des Esgaulx se dresse le Sous-Préfet Ramon.
Les visages sont graves. A quoi pensent-ils ? problèmes personnels, carrière politique ? j’ai un maigre espoir que leur recueillement soit destiné au Bassin et à son avenir… Si seulement ils pouvaient prendre le temps de regarder le Bassin. Peut-être pourraient-ils alors se remettre en question.

Le Cardinal est porté sur sa chaise au bout de la jetée Thiers. Des bateaux attendent d’être baptisés. Les ostréiculteurs se sont placés devant sur leurs plates, brandissant leurs banderolles et leurs messages. Les élus sont mal à l’aise.
Une plate passe devant et ses occupants arrosent les officiels avec de l’eau de mer. Il fallait s’y attendre.
Moi je filme et je prends des photos. J’observe.

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En bas, sur la plage, les ostréiculteurs proposent une grande dégustation d’huîtres aux touristes et en profitent pour plaider leur cause. On sent que les gens veulent comprendre ce qui se passe. On parle du test souris, de la pollution, du Wharf, de l’Usine Smurfit, de l’augmentation démographique. Mais je n’ai pas le sentiment que les touristes y comprennent grand chose. Ils ne sont là que pour quelques jours alors que peuvent-ils voir du Bassin ? la seule chose qui leur importe c’est de manger des huîtres. Preuve en est que les huîtres sont, encore plus que les Cabanes Tchanquées, l’emblème du Bassin.

Le Sous-Préfet Ramon et le Conseiller Général Jacques Chauvet viennent rejoindre les ostréiculteurs. Il reste UNE huître pour le Sous-Prefet: « la seule du Banc d’Arguin! » lance un représentant des ostréiculteurs. Le sous-préfet l’ingurgite.  » Voilà ! nous venons de réaliser le test SOURIS ! » … Le sous-préfet et Jacques Chauvet rient jaune…
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Puis, je discute avec les ostréiculteurs qui ont été accrocher des banderoles sur les Cabanes Tchanquées la veille. Nous parlons du Bassin. Ceux là me confient que depuis deux ans ils trouvent que la flore à changé sur le Bassin. Elle est moins généreuse. Ceci vient confirmer ce que je ressentais également d’un point de vue purement visuel.
C’est vrai que depuis l’année dernière, quand je pars faire mes prises de vue sur le Bassin, j’ai la vision d’une nature en train de mourir lentement…
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Le problème dans l’écologie, c’est que les conséquences d’une pollution, quelle qu’elle soit, ne sont jamais immédiates. Il faut plusieurs années pour les percevoir et en général, c’est trop tard. C’est tout à fait ce que je ressent ici. Certains me reprochent de voir tout en noir et d’avoir un discours pessimiste, voir parano, mais moi je veux juste utiliser la liberté d’expression pour donner mon sentiment et lancer un débat avec ceux qui me lisent ou qui m’écoutent.

Si seulement il y avait un débat…

Mercredi prochain les élus accompagnent les représentants des ostréiculteurs au ministère de l’agriculture et vont réclamer le retrait du test souris. Je pense qu’ils vont l’obtenir.
Que va t-il se passer ensuite ?
Les ostréiculteurs vont-ils reprendre sagement le chemin de leurs parcs sans plus jamais parler ni du Wharf, ni de Smurfit, ni d’urbanisation..?
C’est bien possible.

à suivre…




Crise ostréicole : la souris qui cachait… un éléphant !

13082008

http://www.dailymotion.com/video/k1ZBqdpJkdCr2fKEfS
Aujourd’hui s’est déroulé sous mes yeux et devant mon objectif un événement que j’attendais depuis si longtemps…

Enfin, la vérité a fini par éclater.
Qui pourra nier, après cette journée qu’il existe bien un problème de fond à traiter sur le Bassin, et ce, de toute urgence !
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Nous voici donc environ 600 personnes rassemblées à l’entrée de l’usine Smurfit Kappa de Facture Biganos.
Il y a là la quasi totalité des ostréiculteurs, des membres d’associations écologiques, quelques inscrits à ma newsletter, des enfants, des vieux, et un ancien élu : René Serrano, conseiller général jusqu’en 2008…
Il y a aussi la presse, venu en nombre : Sud Ouest, la Dépêche, Le Marin, M6, TV7, TF1 et une radio.
René Capo du comité de vigilance de Biscarosse est là aussi, ainsi qu’un ami, admninistrateur d’un site internet bien connu qui a depuis longtemps abordé les problèmes d’environnement sur le Bassin.

Pour ceux qui ne connaissent pas, l’usine Smurfit, qui fabrique du papier kraft, est situé en bordure du Bassin.
Si vous êtes venu au moins une fois sur le Sud Bassin en voiture, il est impossible que vous n’ayez pas senti cette odeur immonde sur l’autoroute au niveau de la sortie Facture Biganos.

Une question que je me suis toujours posé : l’industrie du papier étant l’une des plus polluante qui soit, comment se fait-il que les élus, qui se sentent sois disant concerné par l’environnement, n’aient jamais tenté de la faire déménager ?
Elle n’est en effet située qu’à quelques centaine de mètres de la Leyre et du Bassin.
Dire que le service com du SIBA appelle ce secteur : « Le Coeur du Bassin » !…

Sur le coté de l’usine, un petit chemin conduit dans une zone ou la végétation, dense, cache une sorte d’étang… Nous ne sommes qu’à 400 ou 500 m de la Leyre qui rejoint le Bassin.
Même un aveugle pourrait y parvenir, il suffit de se laisser guider par l’odeur…
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Nous y voici… devant nous le spectacle pitoyable d’un plan d’eau qui pourrait faire penser au Lac Rose non loin de Dakar que j’ai bien connu… Sauf qu’ici ce ne sont pas des cristaux de sel qui lui donne cette couleur rose mais des métaux lourds ! (en tous cas c’est ce qu’affirme l’ancien Conseiller Général présent sur les lieux)
Tout autour un spectacle de désolation. On dirait un bombardement au napalm !!!
Les femmes d’ostréiculteurs ont préparé une chanson.
J’interroge René Serrano qui semble étonné de découvrir ce plan d’eau. Il affirme que cela fait trente ans que nous rejetons des métaux lourds dans l’Océan ! Ce n’est pas de sa faute dit-il… lui n’était que conseiller général et non pas élu au SIBA et à la COBAN. Il ne pouvait donc pas savoir…
Je ne remettrait pas sa bonne foi en cause.
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Puis, nous nous dirigeons vers une sorte de monticule…
Là, nous découvrons une décharge !

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Des interviews sont données à la presse. Je suis à côté d’une journaliste de TF1 qui recueille le témoignage émouvant d’un ostréiculteur de la nouvelle génération qui sort tout ce qu’il a sur le coeur. Il n’est plus question ici de « test souris » mais de ce que l’on va laisser aux générations futures. Elle est, elle aussi, bouleversée par ce qu’elle voit et ce qu’elle filme.

La colère gagne la foule. Moi je suis silencieux. Moi qui suis toujours à gueuler, et on me le reproche assez souvent, je ne dis plus rien. J’observe, je filme, je prends des photos, j’écoutes les commentaires. J’entends des mots qui, associés les uns aux autres, résument assez bien la situation : « pognon », « immobilier », « tourisme », « politique », « people », « frime »… Je sais que là, devant mes yeux, se joue une partie décisive pour l’avenir du Bassin. Cela pourrait déclencher une prise de conscience générale.

Puis, tout le monde se dirige vers l’entrée de l’usine, gardée par une poignée de gendarmes.
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Sitting devant la barrière. Peu à peu, les ostréiculteurs franchissent la barrière sous les yeux des gendarmes, impuissants devant cette foule hyper motivée.
Nous voilà maintenant à l’intérieur de l’usine. Que dire ? c’est une usine quoi ! une usine de papier, un des secteurs industriels des plus polluants de la planète. Tout est moche. Des amoncellements d’emballages cartons, destinés au recyclage, du bruit, de la fumée et cette odeur, cette putain d’odeur qui nous pique dans les narines et nous monte au cerveau. D’autres gendarmes qui se cachaient dans un petit local arrivent en courant pour essayer de contenir la foule mais rien n’y fait. Nous apprenons par un employé, qu’en fait, étant au courant de cette manifestation, la direction de l’usine à décidé de la faire tourner au ralentis… qu’est ce que cela doit être quand elle tourne à plein régime ! smurfit10.jpg smurfit11.jpg

Les ostréiculteurs veulent la visiter cette usine. Eux, les paysans de la mer, qui travaillent avec les caprices de la nature et s’y adaptent, eux qui cultivent une des denrées des plus délicates qui soient, se retrouvent dans un environnement industriel, sale et écoeurant, presque apocalyptique, un « mamouth » qui se trouve pourtant à quelques centaines de mètres des chenaux et des estey qui conduisent à leurs parcs. Etonnant contraste…
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Au bout d’une demi heure, nous ressortons de l’usine. Les ostréiculteurs voudraient rencontrer le directeur et surtout le sous préfet qui a laissé entendre qu’il venait. Mais il ne viendra pas.
A ce moment, le nouveau maire de Biganos, Bruno Lafon, dont j’ai pu lire quelques interventions éclairées liées au devenir du Bassin dans la presse, monte sur un muret, saisit le micro et s’adresse à la foule. Il veut manifester sa solidarité aux ostréiculteurs. Il évoque le test souris, comme pour détourner l’attention du vrai problème. Selon lui, l’usine Smurfit ne doit pas servir de bouc émissaire. Bah tu parles ! source d’emploi et de revenus non négligeables pour sa ville, on va pas cracher dessus…
Il évoque alors d’autres sites pollués sur le Bassin. Je lui demande lesquels. Il répond: « …la décharge d’Audenge par exemple ! »
La conversation tourne court. Il s’en va.

Ensuite, les ostréiculteurs quittent l’usine et partent bloquer la voie rapide au rond point de Gujan. Classique…

Au stade où nous en sommes, voici mon analyse de la situation.

Les souris meurent en période de forte affluence sur le Bassin et de température élevée.
Les analyses qui sont effectuées ne présentent aucune pollution dans les eaux du Bassin.

Mais :

1. Les souris meurent et uniquement à cette période sans que l’on puisse savoir pourquoi…
2. Les élus du Bassin ont TOUS voté non à Natura 2000 sans cacher qu’ils ne souhaitaient pas que le Wharf soit inclus dans le zonage…
3. Il y a de plus en plus de bateaux au Banc d’Arguin du 15 juillet jusqu’à fin août…
4. L’usine Smurfit stocke ses déchets industriels et ses eaux usées à proximité de l’Ayga et de la Leyre

5. Certains élus admettent publiquement que d’autres zones sont polluées sur le Bassin…

6. Marie Hélène des Esgaulx, députée maire de Gujan Mestras vise les sénatoriales dans quelques mois

7. Yves Foulon, maire d’Arcachon, et depuis peu Président de la COBAS, compte bien, du coup, prendre la place de député à la place de MHDE

8. Monsieur Eroles, nouveau maire de la Teste reste sur son projet de créer un port dans les Prés Salés et se prend la tête avec les défenseurs de l’environnement concernant des projets immobiliers au Pyla…

Je recommande vivement à toutes et à tous d’acheter le dernier magazine Geo actuellement en kiosque. C’est un spécial « Bassin vu du Ciel ». L’enquête, excellente, de la journaliste Sylvie Buy apporte une vision tout à fait pertinente, que je partage. Et vous ?

à suivre…


PS: Je rappelle que ce blog est ouvert à tout le monde, même à ceux qui ne partagent pas ma vision des choses. Beaucoup de visiteurs sur ces dernières pages mais… aucun commentaire… auriez vous peur de vous exprimer…?




Journée Mondiale des Océans… la transparence selon le SIBA…

8062008

le Wharf

Alors là j’avoue que je suis resté scotché à mon siège quand j’ai ouvert le journal et découvert que le SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon) avait choisi le jour de la Journée Mondiale des Océans pour organiser une grande opération de communication sur l’efficacité des deux nouvelles stations d’épuration de Biganos et de la Teste de Buch !

Il fallait avoir du culot pour oser le faire.

J’ai immédiatement proposé à René Capo du collectif Aquitain contre les rejets en mer de nous y rendre afin de visiter la station de La Teste et de rappeler que de gros progrès restaient à faire en matière de traitement des eaux usées.
J’étais muni pour l’occasion d’une photo aérienne du Wharf prise le 28 aout 2006.
France 3 Aquitaine venu couvrir l’événement n’a pas manqué d’interviewer René Capo qui a ainsi pu faire un certain nombre de précisions.

René Capo, collectif Aquitain contre les rejets en mer

Il faut savoir en effet que les deux nouvelles stations d’épuration permettent de traiter les eaux usées de l’ensemble des communes du Bassin d’Arcachon. L’usine de papier Smurfit de Biganos possède, elle, sa propre station de traitement.
C’est un progrès notoire puisque depuis un an, le traitement est beaucoup plus efficace.

MAIS :

Il reste tout de même un problème et il est de taille : nous continuons à rejeter en mer, par le Wharf de la Salie Sud, les eaux partiellement traitées et donc encore polluées en partie.
Personnellement je trouve que le SIBA devrait faire profil bas plutôt que de se vanter d’avoir dépensé 40 Millions d’euros pour ces deux stations d’épuration.
Je n’ai pas manqué de rappeler à Isabelle Galinier, responsable de la communication du SIBA, que les élus du Bassin avaient réussi à réunir 80 Millions d’euros pour prolonger de 5 kilomètres l’autoroute de Gujan à la Hume afin d’en faire un « aspirateur à camions ». Ils pourraient donc se donner les moyens de traiter nos eaux usées jusqu’au bout et éviter ainsi de continuer à prendre l’Océan pour une poubelle ! Des solutions existent, elles coûtent de l’argent.

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Philippe d’Agata, kite surfer et membre de l’association « Michel d’Agata » (voir sur Facebook) avait également fait le déplacement accompagné de Candice.
Tous ensemble nous avons donc pu visiter les installations et poser un certain nombre de questions.
Ainsi, nous avons eu la confirmation que les produits chimiques contenus dans les détergents n’étaient pas traités ! mais que l’on se rassure : Isabelle Galinier nous apprend que le SIBA va communiquer pour que les habitants du Bassin n’utilisent plus de détergents ! y a du boulot !…
Nous avons eu la confirmation que le polychlorure d’aluminium était utilisé pour floculer et blanchir les mousses. Or il se trouve que de nombreux scientifiques émettent aujourd’hui des réserves sur l’impact de ce produit sur la santé. Il serait peut-être l’un des suspects responsables de la maladie d’Alzheimer…
Quand au nettoyage des dizaine de kilomètres de canalisations, les explications étaient, à mon sens, pour le moins confuses et évasives.

En conclusion : les élus du Bassin n’ont peut-être pas choisi la bonne option pour traiter les eaux usées. Tout concentrer sur 2 grandes stations d’épuration n’était peut-être pas la meilleure option. Selon René Capo, il aurait été plus judicieux que chaque commune du Bassin puisse traiter ses propres eaux usées, par le biais de stations écologiques, évitant ainsi tout rejet en mer.

Comment allons nous faire désormais pour sortir de cette impasse ? Alors même que le Bassin ne cesse de s’urbaniser à grands coups de buldozers, que l’augmentation démographique est la plus importante du département, que les zones industrielles s’agrandissent et que l’autoroute va bientôt amener les camions sur une longue file inintérompue jusqu’à la Hume, personne n’a pensé à une solution qui permettrait d’éviter de rejeter notre pollution à tous dans l’océan, à quelques centaines de mètres du Banc d’Arguin…

Je suis de plus en plus inquiet pour l’avenir du Bassin d’Arcachon…