Soirée « Mousse » à Biscarosse

16122008

mousses.jpg
photo © René Capo 2008

Et non, ce n’est pas le thème d’une soirée organisée par une discothèque de Biscarosse mais bien le retour des mystérieuses mousses qui viennent envahir les plages de Biscarosse chaque année à la même période, apportant leur lot d’inquiétudes et d’interrogations…

Sauf que cette année nous allons enfin tout savoir sur ces mousses (qui autrefois furent marrons et sont devenus blanches depuis peu).
En effet, soucieux de transparence et de recherche de vérité et afin de lever les doutes et les accusations portés vers le Wharf de la Salie, le SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon), en charge de la qualité des eaux du Bassin et de l’assainissement des eaux usées avant leur rejet en mer, a mis en place une procédure d’analyse à la disposition du Comité de Vigilance de Biscarosse.
Alors phénomène naturel ou conséquence d’une pollution ? nous le saurons bientôt.

Car depuis cet été et tous ces scandales à répétition largement médiatisés su le plan national (Wharf, Usine Smurfit, décharge d’Audenge, polémique autour de l’émission Thalassa, etc…), il semble que les choses évoluent dans le bon sens.

Tout d’abord il y eu la CLIS (Commission Locale d’Information et de Surveillance) qui a permit aux élus, scientifiques, ostréiculteurs et associations du Bassin de mettre en commun leurs informations et leurs recherches.
Il y a un certain nombre d’initiatives du SIBA en collaboration avec les associations et les ostréiculteurs pour savoir si les rejets en mer du Wharf ont effectivement un impact sur la qualité des eaux du Bassin et sur les huîtres.

Puis, il y a eu plus récemment le projet de Parc Marin, qui fut soutenu par le candidat aux élections législatives anticipées François Deluga (maire du Teich), attaqué sur ce thème par son adversaire politique Yves Foulon, maire d’Arcachon.
Ce dernier, qui a perdu les élections, continuait lors d’une récente réunion au SIBA a agiter l’épouvantail d’un Parc Marin non maîtrisable qui enlèverait toute liberté d’utilisation du plan d’eau.

Michel Sammarcelli, maire du Cap Ferret et Président du SIBA, que j’ai souvent attaqué sur mon blog à propos du Wharf de la Salie, a fait une déclaration très forte qui me redonne espoir quand à l’avenir du Bassin :
« La politique pollue. Nous sortons d’une période qui en a déchiré plus d’un. Le parc naturel marin est une chance. Je souhaite qu’on regarde devant »
(relevé dans les colonnes de Sud Ouest du 08.12.2008)
Sur Radio Côte d’Argent, à l’issue de cette même réunion, évoquant l’urbanisme et une démographie galopante, il a affirmé que l’on était allé trop loin sur le Bassin et que l’on entrait dans une nouvelle ère.

Cette prise de conscience, qui ne date sûrement pas d’hier mais qui est clairement exprimée aujourd’hui, est un signe très fort d’une volonté de chercher enfin des solutions afin d’éviter le pire à cet environnement si fragile.

Les cris d’alerte des uns et des autres ont donc fini par payer.
Mais restons vigilants…




Radio Fréquence Grands Lacs: interview à propos de l’émission de Thalassa et du voyage aux USA

26112008

interviewfgl.jpg
Stéphane Scotto (à gauche) et René Capo, du Comité de Vigilance de Biscarosse (à droite sur la photo), dans les locaux de Radio Fréquence Grands Lacs.

L’interview menée par Hervé Delrieu et enregistrée hier sur le thème de l’environnement et de la polémique autour de l’émission de Thalassa, est disponible à l’écoute sur le site de FGL en cliquant ici.
Vous pourrez également entendre les réactions de René Capo du Comité de Vigilance de Biscarrosse.

La deuxième partie concerne un sujet plus détendu: mon voyage à Cape Cod et l’élection de Barack Obama depuis Times Square à New York.
Pour l’écouter, cliquez ici.




La commission de l’espoir…

26092008

clis01.jpg

Hier se tenait au Lycée de la Mer de Gujan Mestras, une réunion historique dans l’histoire du Bassin d’Arcachon : la CLIS (Commission Locale d’Information et de Suivi des eaux du Bassin).
Cette commission a été créée à l’initiative du Ministre Jean-Louis Borloo, qui répondait favorablement à la demande du Comité de Vigilance de Biscarrosse.

René Capo, coordinateur du Comité de vigilance m’avait demandé de réaliser un reportage sur cette journée mais le Sous préfet d’Arcachon Philippe Ramon n’a pas voulu me donner l’autorisation de pénétrer dans la salle. J’y reviendrais dans le prochain article…

Comme je suis têtu, je me suis quand même rendu sur place afin d’interviewer ceux qui le souhaitaient dans le hall d’entrée.

Beaucoup de monde en cette matinée. Au milieu des élèves du Lycée, dans l’amphi-théatre, arrivent à tour de rôle tous les élus du Bassin et un élu de Biscarrosse Claude Larcher. Les associations de défense de l’environnement sont là aussi, dossiers sous le bras.
Pour participer à la transparence de l’information, les différents scientifiques, experts, collectivités territoriales et instituts sont venus exposer leurs travaux.
C’est la première fois qu’une telle commission réunissant autant de monde est organisée sur le Bassin. Un net progrès qui devrait permettre de trouver des solutions aux différents problèmes liées à la qualité de l’eau.

Ceux qui me connaissent me saluent et Michel Sammarcelli, Maire du Cap-Ferret et Président du SIBA vient à ma rencontre avec courtoisie. Nous discutons un moment de mes photos aériennes du Wharf largement diffusées sur internet et dont la date de prise de vue pose problème. Je le rassure en lui expliquant que je fais de mon mieux pour contrôler la sincérité de mes images mais que je ne peux pas avoir les yeux partout. Puis nous discutons agréablement des paysages du Bassin, du Cap-Ferret, d’urbanisme, et… de Cape Cod où il voudrait aller faire un tour lui aussi.

Quelques élus arrivent au dernier moment dont Yves Foulon et MHDE. Le maire d’Arcachon est radieux ! il faut dire que Marie-Hélène Des Esgaults, élue Sénateur vient juste d’annoncer que Yves Foulon aura l’investiture de l’UMP pour les prochaines élections anticipées pour le poste de député. Il va encore y avoir beaucoup de politique et de coups bas sur le Bassin. Décidément cela ne s’arrêtera jamais… on est encore loin du « climat de sérénité » que certains me reprochent de mettre en danger avec mon modeste blog et mes … 25 visiteurs par jour !

Mais revenons à cette journée consacrée à l’environnement :

euh.. pardon… n’ayant pas de carte de presse je n’avais pas le droit d’y assister donc je ne pourrais pas raconter grand chose.
clis02.jpg

En revanche, comme je voulais occuper ma matinée, j’ai eu l’idée de me diriger vers Audenge et d’aller voir (et sentir…) de près ce fameux Centre d’Enfouissement des déchets dont tout le monde parle depuis hier (suite à un article dans Sud Ouest). Je n’ai pas eu de difficulté à rentrer sur le site et à photographier et filmer tout ce que je voulais (notez que j’avais fait un vol en ulm la semaine dernière juste au dessus en repérage). Je puis vous confirmer ce que clament haut et fort les riverains du site : CA PUE ! et ça prends à la gorge.
Je plains ces pauvres gens qui vivent leur quotidien avec cette nuisance épouvantable. J’imagine le stress que cela doit représenter pour eux de ne pas en voir la fin.
Je plains aussi la maire d’Audenge, élue depuis mars dernier et qui doit se sentir bien seule pour affronter ce dossier. Si les autres élus du Bassin, même de droite, pouvaient faire preuve de solidarité, cela redonnerait peut-être un peu d’espoir aux habitants d’Audenge. Enfin, moi je dis ça…

cea03.jpg

Je prends le temps de me faire expliquer le fonctionnement de cette décharge, qui heureusement n’est plus en activité depuis l’année dernière, et j’avoue que je ne suis qu’à moitié rassuré par ce que j’apprends.
Une partie n’aurait pas été traitée dans les normes et il est fort à parier que ses « jus » atteignent la nappe fréatique qui se dirige tout droit vers… le « coeur du Bassin ». Mais bon… tout cela n’est que supposition de ma part et n’engage que moi.

dchargeaudenge06bd.jpg
cea01.jpgdchargeaudenge02bd.jpg

Je m’approche de ce fameux conteneur contenant de la radio-activité (en faible quantité). C’est assez effarant de voir cette benne laissée à ciel ouvert, sous un préau en plein soleil, sécurisée par deux banderolles sur lesquelles sont accrochées de vulgaires feuilles A4 plastifiées avec un logo « Radio Activité ». Selon les informations qui me sont données sur place, elle contient un tapis roulant en cahoutchouc qui aurait servit à transporter des gravats.
Mais rassurez vous, je m’en suis entretenu avec le Sous préfet et il m’a assuré qu’il n’y avait aucun danger. Selon lui, il faudrait se tenir à proximité pendant 8 heures d’affilé, 40 jours de suite ( ou quelque chose comme ça…) pour que cela puisse représenter un risque pour la santé. Il est donc tout à fait normal que cette benne soit stockée ici depuis avril 2007 en attente de son traitement.
Vraiment… pas de quoi en faire un plat !

dchargeaudenge09bd.jpg

Puis, vers 16h00, je suis retourné à la CLIS afin de prendre quelques témoignages à la sortie de la réunion. Les participants quittent les lieux assez rapidement et je ne puis m’entretenir qu’avec le Sous-préfet (ce sera le sujet d’un prochain article), René Ariscon (une mémoire du Bassin et de l’Ostréiculture) et Michel Daverat, élu des Verts. Ces deux derniers ne semblent pas vraiment satisfait par cette première CLIS : « Beaucoup d’informations et de statistiques et pas assez de temps pour les échanges et le dialogue ». J’apprends que l’avocate des ostréiculteurs s’est fait brillamment remarquer dans une intervention houleuse avec le Préfet de Région qui, par ailleurs, a fait des déclarations surprenantes à propos des ostréiculteurs dans Sud Ouest le matin même :
en parlant des ostréiculteurs bretons :  » là-bas, quand il y a une crise, ils en parlent le moins possible, ce en quoi ils ont raison. »
« la véritable saison est en hiver et autrefois les huîtres se mangeaient moins les mois sans R, ce qui constituait une forme de principe de précaution. »
(propos du Préfet Francis Idrac dans l’article de Hervé Mathurin – Sud Ouest du 25.09.2008)

Je suppose que les ostréiculteurs ont dû apprécier…
Quand je pense que je suis accusé de perturber le climat de sérénité avec mon blog…




Crise ostréicole : la souris qui cachait… un éléphant !

13082008

http://www.dailymotion.com/video/k1ZBqdpJkdCr2fKEfS
Aujourd’hui s’est déroulé sous mes yeux et devant mon objectif un événement que j’attendais depuis si longtemps…

Enfin, la vérité a fini par éclater.
Qui pourra nier, après cette journée qu’il existe bien un problème de fond à traiter sur le Bassin, et ce, de toute urgence !
smurfit031.jpg

smurfit05.jpg

Nous voici donc environ 600 personnes rassemblées à l’entrée de l’usine Smurfit Kappa de Facture Biganos.
Il y a là la quasi totalité des ostréiculteurs, des membres d’associations écologiques, quelques inscrits à ma newsletter, des enfants, des vieux, et un ancien élu : René Serrano, conseiller général jusqu’en 2008…
Il y a aussi la presse, venu en nombre : Sud Ouest, la Dépêche, Le Marin, M6, TV7, TF1 et une radio.
René Capo du comité de vigilance de Biscarosse est là aussi, ainsi qu’un ami, admninistrateur d’un site internet bien connu qui a depuis longtemps abordé les problèmes d’environnement sur le Bassin.

Pour ceux qui ne connaissent pas, l’usine Smurfit, qui fabrique du papier kraft, est situé en bordure du Bassin.
Si vous êtes venu au moins une fois sur le Sud Bassin en voiture, il est impossible que vous n’ayez pas senti cette odeur immonde sur l’autoroute au niveau de la sortie Facture Biganos.

Une question que je me suis toujours posé : l’industrie du papier étant l’une des plus polluante qui soit, comment se fait-il que les élus, qui se sentent sois disant concerné par l’environnement, n’aient jamais tenté de la faire déménager ?
Elle n’est en effet située qu’à quelques centaine de mètres de la Leyre et du Bassin.
Dire que le service com du SIBA appelle ce secteur : « Le Coeur du Bassin » !…

Sur le coté de l’usine, un petit chemin conduit dans une zone ou la végétation, dense, cache une sorte d’étang… Nous ne sommes qu’à 400 ou 500 m de la Leyre qui rejoint le Bassin.
Même un aveugle pourrait y parvenir, il suffit de se laisser guider par l’odeur…
smurfit02.jpg

Nous y voici… devant nous le spectacle pitoyable d’un plan d’eau qui pourrait faire penser au Lac Rose non loin de Dakar que j’ai bien connu… Sauf qu’ici ce ne sont pas des cristaux de sel qui lui donne cette couleur rose mais des métaux lourds ! (en tous cas c’est ce qu’affirme l’ancien Conseiller Général présent sur les lieux)
Tout autour un spectacle de désolation. On dirait un bombardement au napalm !!!
Les femmes d’ostréiculteurs ont préparé une chanson.
J’interroge René Serrano qui semble étonné de découvrir ce plan d’eau. Il affirme que cela fait trente ans que nous rejetons des métaux lourds dans l’Océan ! Ce n’est pas de sa faute dit-il… lui n’était que conseiller général et non pas élu au SIBA et à la COBAN. Il ne pouvait donc pas savoir…
Je ne remettrait pas sa bonne foi en cause.
smurfit07.jpg

Puis, nous nous dirigeons vers une sorte de monticule…
Là, nous découvrons une décharge !

smurfit06.jpg smurfit08.jpg smurfit09.jpg

Des interviews sont données à la presse. Je suis à côté d’une journaliste de TF1 qui recueille le témoignage émouvant d’un ostréiculteur de la nouvelle génération qui sort tout ce qu’il a sur le coeur. Il n’est plus question ici de « test souris » mais de ce que l’on va laisser aux générations futures. Elle est, elle aussi, bouleversée par ce qu’elle voit et ce qu’elle filme.

La colère gagne la foule. Moi je suis silencieux. Moi qui suis toujours à gueuler, et on me le reproche assez souvent, je ne dis plus rien. J’observe, je filme, je prends des photos, j’écoutes les commentaires. J’entends des mots qui, associés les uns aux autres, résument assez bien la situation : « pognon », « immobilier », « tourisme », « politique », « people », « frime »… Je sais que là, devant mes yeux, se joue une partie décisive pour l’avenir du Bassin. Cela pourrait déclencher une prise de conscience générale.

Puis, tout le monde se dirige vers l’entrée de l’usine, gardée par une poignée de gendarmes.
smurfit18.jpg

Sitting devant la barrière. Peu à peu, les ostréiculteurs franchissent la barrière sous les yeux des gendarmes, impuissants devant cette foule hyper motivée.
Nous voilà maintenant à l’intérieur de l’usine. Que dire ? c’est une usine quoi ! une usine de papier, un des secteurs industriels des plus polluants de la planète. Tout est moche. Des amoncellements d’emballages cartons, destinés au recyclage, du bruit, de la fumée et cette odeur, cette putain d’odeur qui nous pique dans les narines et nous monte au cerveau. D’autres gendarmes qui se cachaient dans un petit local arrivent en courant pour essayer de contenir la foule mais rien n’y fait. Nous apprenons par un employé, qu’en fait, étant au courant de cette manifestation, la direction de l’usine à décidé de la faire tourner au ralentis… qu’est ce que cela doit être quand elle tourne à plein régime ! smurfit10.jpg smurfit11.jpg

Les ostréiculteurs veulent la visiter cette usine. Eux, les paysans de la mer, qui travaillent avec les caprices de la nature et s’y adaptent, eux qui cultivent une des denrées des plus délicates qui soient, se retrouvent dans un environnement industriel, sale et écoeurant, presque apocalyptique, un « mamouth » qui se trouve pourtant à quelques centaines de mètres des chenaux et des estey qui conduisent à leurs parcs. Etonnant contraste…
smurfit13.jpg smurfit14.jpg smurfit16.jpg smurfit17.jpg

Au bout d’une demi heure, nous ressortons de l’usine. Les ostréiculteurs voudraient rencontrer le directeur et surtout le sous préfet qui a laissé entendre qu’il venait. Mais il ne viendra pas.
A ce moment, le nouveau maire de Biganos, Bruno Lafon, dont j’ai pu lire quelques interventions éclairées liées au devenir du Bassin dans la presse, monte sur un muret, saisit le micro et s’adresse à la foule. Il veut manifester sa solidarité aux ostréiculteurs. Il évoque le test souris, comme pour détourner l’attention du vrai problème. Selon lui, l’usine Smurfit ne doit pas servir de bouc émissaire. Bah tu parles ! source d’emploi et de revenus non négligeables pour sa ville, on va pas cracher dessus…
Il évoque alors d’autres sites pollués sur le Bassin. Je lui demande lesquels. Il répond: « …la décharge d’Audenge par exemple ! »
La conversation tourne court. Il s’en va.

Ensuite, les ostréiculteurs quittent l’usine et partent bloquer la voie rapide au rond point de Gujan. Classique…

Au stade où nous en sommes, voici mon analyse de la situation.

Les souris meurent en période de forte affluence sur le Bassin et de température élevée.
Les analyses qui sont effectuées ne présentent aucune pollution dans les eaux du Bassin.

Mais :

1. Les souris meurent et uniquement à cette période sans que l’on puisse savoir pourquoi…
2. Les élus du Bassin ont TOUS voté non à Natura 2000 sans cacher qu’ils ne souhaitaient pas que le Wharf soit inclus dans le zonage…
3. Il y a de plus en plus de bateaux au Banc d’Arguin du 15 juillet jusqu’à fin août…
4. L’usine Smurfit stocke ses déchets industriels et ses eaux usées à proximité de l’Ayga et de la Leyre

5. Certains élus admettent publiquement que d’autres zones sont polluées sur le Bassin…

6. Marie Hélène des Esgaulx, députée maire de Gujan Mestras vise les sénatoriales dans quelques mois

7. Yves Foulon, maire d’Arcachon, et depuis peu Président de la COBAS, compte bien, du coup, prendre la place de député à la place de MHDE

8. Monsieur Eroles, nouveau maire de la Teste reste sur son projet de créer un port dans les Prés Salés et se prend la tête avec les défenseurs de l’environnement concernant des projets immobiliers au Pyla…

Je recommande vivement à toutes et à tous d’acheter le dernier magazine Geo actuellement en kiosque. C’est un spécial « Bassin vu du Ciel ». L’enquête, excellente, de la journaliste Sylvie Buy apporte une vision tout à fait pertinente, que je partage. Et vous ?

à suivre…


PS: Je rappelle que ce blog est ouvert à tout le monde, même à ceux qui ne partagent pas ma vision des choses. Beaucoup de visiteurs sur ces dernières pages mais… aucun commentaire… auriez vous peur de vous exprimer…?




Le compte à rebours a commencé…

9082008

wharf06.jpg wharf02.jpg wharf05.jpg

Un frisson m’a traversé lorsque j’ai reçu le mail de René Capo, coordinateur du comité de vigilance de Biscarosse, m’invitant à me joindre au rassemblement des ostréiculteurs au pied du Wharf de la Salie…
Enfin ça va bouger ! enfin ils se décident à dénoncer le véritable problème.

renecapo.jpg
(ci dessus :René Capo, coordinateur du comité de vigilance de Biscarosse)

Si vous lisez mes précédents articles sur le Wharf et le plan Natura 2000, vous pourrez mieux comprendre pourquoi on en est arrivé là.

Depuis cet hiver, je me suis beaucoup investit pour dénoncer les rejets en mer au Wharf.
J’ai participé au blog de la député maire de Gujan Marie-Hélène des Esgaulx pendant les élections municipales, posant des questions embarrassantes à propos de rejets en mer, et une semaine plus tard, alors que je n’avais pas eu de réponse à mes questions malgré plusieurs relances, par le plus grand des hazards, j’ai eu un contrôle fiscal… Mais j’y reviendrai plus tard… avec tous les détails.

Hier donc, je me suis rendu, appareil photo et camescope à la main à ce rassemblement des ostréiculteurs.
Depuis deux semaines, les huîtres sont à nouveau interdites à la vente et le week end du 15 août est tout proche.
Les ostréiculteurs sont désormais au pied du mur.
Les élus du Bassin ont finalement réussi au fil des crises mal gérées, à les diviser au point que Marc Druart et tous les membres du bureau ont démissionné… Les « paysans de la mer » n’ont plus de représentant et sont affaiblis.
Alors, n’ayant plus rien à perdre, les « parqueurs », gardiens de l’identité du Bassin, se décident enfin à attirer l’attention des médias et du public sur ce qui est peut-être et très certainement l’un des maillons de la contamination de leurs huîtres et de la pollution du Bassin: je veux bien sûr parler des rejets en mer par le Wharf des eaux usées du Bassin et de l’usine de papier de Facture…

wharf01.jpg

Mes photos le prouvent : ce qui sort du Wharf, longe le Banc d’Arguin et la pointe du Cap Ferret, selon le sens du courant. Or, ce sont toujours les souris-test du Banc d’Arguin qui meurent en premier…
Voici une vue aérienne du Wharf prise le 28 août 2006 :
le Wharf

Après enquête avec René Capo, nous savons que les deux nouvelles stations d’épuration « high tech » de La Teste et de Biganos ne savent pas traiter les produits chimiques, sont limites au niveau de leur capacité en pleine saison estivale, et utilisent du polychlorure d’aluminium pour blanchir et floculer les mousses. Quand au nettoyage des canalisations, les explications restent floues…

René Capo, collectif Aquitain contre les rejets en mer
(ci dessus : René Capo interviewé par France 3 Aquitaine devant la station d’épuration de La Teste)

Cette prise de conscience des ostréiculteurs arrive un peu tard… cela fait 3 ans que je ressent le déclin du Bassin d’Arcachon. Malgré un discours rassurant des élus genre « vive l’identité du Bassin et ses traditions ! » et vas y que je participe à la régate des maires en pinasses à voile, et que je joue à la pétanque avec les people (tiens j’ai déjà vu ça à Saint Trop…) et que je me goinfre d’huîtres gratuites sur le front de mer, les élus continuent de favoriser le développement économique du Bassin et de permettre un peu plus d’urbanisation… + 100 000 habitants en 2030, c’est annoncé officiellement par le sous préfet depuis deux mois !

vol04080702.jpg

Mais revenons à cette journée d’hier…
200 ostréiculteurs étaient présents avec banderolles et toute la presse locale s’était déplacé.
On va enfin parler de cette monstruosité : le Wharf !
Concernant les élus présents, seul Michel Daverat, Conseiller Régional des Verts avait fait le déplacement… Il y a avait aussi deux anciens élus : Acot-Mirande, ancien Maire de la Teste et René Serrano, lui aussi du PS… un peu tard pour se manifester…

wharf03.jpg

J’ai pris des contacts avec plusieurs personnes à qui je vais pouvoir fournir mes photos aériennes en espérant qu’elles puissent leur servir. Je pense que les journalistes locaux ont réalisé aussi ce qui était en train de se passer : la mort annoncé de l’ostréiculture sur la Bassin, et donc par conséquent, la mort programmée d’un environnement fragile qui sera laissé en pâture aux promoteurs immobiliers, à l’industrie du nautisme et aux grands groupes hôteliers ! Tout cela sur un fond d’ambitions politiques destructrices.

Les ostréiculteurs menacent de bloquer l’accès au Bassin pendant le week end du 15 août. Je crois que nous sommes au bord de l’explosion. Une explosion désormais nécessaire pour sauver ce qui peu encore l’être…

Le compte à rebours a commencé…

Pour voir la vidéo de la manifestation, rendez vous sur Youtube en cliquant ici !




Journée Mondiale des Océans… la transparence selon le SIBA…

8062008

le Wharf

Alors là j’avoue que je suis resté scotché à mon siège quand j’ai ouvert le journal et découvert que le SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon) avait choisi le jour de la Journée Mondiale des Océans pour organiser une grande opération de communication sur l’efficacité des deux nouvelles stations d’épuration de Biganos et de la Teste de Buch !

Il fallait avoir du culot pour oser le faire.

J’ai immédiatement proposé à René Capo du collectif Aquitain contre les rejets en mer de nous y rendre afin de visiter la station de La Teste et de rappeler que de gros progrès restaient à faire en matière de traitement des eaux usées.
J’étais muni pour l’occasion d’une photo aérienne du Wharf prise le 28 aout 2006.
France 3 Aquitaine venu couvrir l’événement n’a pas manqué d’interviewer René Capo qui a ainsi pu faire un certain nombre de précisions.

René Capo, collectif Aquitain contre les rejets en mer

Il faut savoir en effet que les deux nouvelles stations d’épuration permettent de traiter les eaux usées de l’ensemble des communes du Bassin d’Arcachon. L’usine de papier Smurfit de Biganos possède, elle, sa propre station de traitement.
C’est un progrès notoire puisque depuis un an, le traitement est beaucoup plus efficace.

MAIS :

Il reste tout de même un problème et il est de taille : nous continuons à rejeter en mer, par le Wharf de la Salie Sud, les eaux partiellement traitées et donc encore polluées en partie.
Personnellement je trouve que le SIBA devrait faire profil bas plutôt que de se vanter d’avoir dépensé 40 Millions d’euros pour ces deux stations d’épuration.
Je n’ai pas manqué de rappeler à Isabelle Galinier, responsable de la communication du SIBA, que les élus du Bassin avaient réussi à réunir 80 Millions d’euros pour prolonger de 5 kilomètres l’autoroute de Gujan à la Hume afin d’en faire un « aspirateur à camions ». Ils pourraient donc se donner les moyens de traiter nos eaux usées jusqu’au bout et éviter ainsi de continuer à prendre l’Océan pour une poubelle ! Des solutions existent, elles coûtent de l’argent.

stationlateste01bd.jpg

Philippe d’Agata, kite surfer et membre de l’association « Michel d’Agata » (voir sur Facebook) avait également fait le déplacement accompagné de Candice.
Tous ensemble nous avons donc pu visiter les installations et poser un certain nombre de questions.
Ainsi, nous avons eu la confirmation que les produits chimiques contenus dans les détergents n’étaient pas traités ! mais que l’on se rassure : Isabelle Galinier nous apprend que le SIBA va communiquer pour que les habitants du Bassin n’utilisent plus de détergents ! y a du boulot !…
Nous avons eu la confirmation que le polychlorure d’aluminium était utilisé pour floculer et blanchir les mousses. Or il se trouve que de nombreux scientifiques émettent aujourd’hui des réserves sur l’impact de ce produit sur la santé. Il serait peut-être l’un des suspects responsables de la maladie d’Alzheimer…
Quand au nettoyage des dizaine de kilomètres de canalisations, les explications étaient, à mon sens, pour le moins confuses et évasives.

En conclusion : les élus du Bassin n’ont peut-être pas choisi la bonne option pour traiter les eaux usées. Tout concentrer sur 2 grandes stations d’épuration n’était peut-être pas la meilleure option. Selon René Capo, il aurait été plus judicieux que chaque commune du Bassin puisse traiter ses propres eaux usées, par le biais de stations écologiques, évitant ainsi tout rejet en mer.

Comment allons nous faire désormais pour sortir de cette impasse ? Alors même que le Bassin ne cesse de s’urbaniser à grands coups de buldozers, que l’augmentation démographique est la plus importante du département, que les zones industrielles s’agrandissent et que l’autoroute va bientôt amener les camions sur une longue file inintérompue jusqu’à la Hume, personne n’a pensé à une solution qui permettrait d’éviter de rejeter notre pollution à tous dans l’océan, à quelques centaines de mètres du Banc d’Arguin…

Je suis de plus en plus inquiet pour l’avenir du Bassin d’Arcachon…







la saga dbz !!!!!!!!!!!! |
Jem et les hologrammes |
les gifs |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | fotos y gifs
| Le Photo Blog
| bloginterdit