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Shoot4Me : l’uberisation du métier de photographe ?

27072016

Cela faisait un moment que je voulais écrire un article sur  mes préoccupations concernant mon métier. Mon confrère et ami Hervé Sentucq en a écrit un très fort sur la liberté de panorama il y a quelques jours et aujourd’hui, c’est à mon tour. Après de longues hésitations c’est la plateforme Shoot4Me  qui a déclenché mon tir. (prononcez « shoot for me »).

Une bonne idée mais…

Lancée il y a un an cette  start-up bordelaise propose aux photographes mais aussi aux « faux »tographes de répondre à des appels d’offres pour des reportages photographiques et des demandes d’images d’illustration. Autrement dit, des mandataires (entreprises, restaurants, agences immobilières, collectivités territoriales telles que des Offices de Tourisme, etc…) envoient sur le site le détail de la prestation souhaitée et les photographes inscrits peuvent répondre à l’appel d’offres. A la base, l’idée est très bonne. En effet, nous l’avons tous constaté, les mandataires ont parfois du mal à s’y retrouver dans la cohue des photographes, entre professionnels, amateurs, semi-pros, expérimentés ou non, spécialisés ou pas et des tarifs proposés qui vont du simple au quadruple parfois sans logique. De leur côté les photographes ont également de plus en plus de difficultés pour atteindre de nouveaux clients. Mettre en relation les uns et les autres sur une plateforme internet apparaît donc comme une solution au problème. Sauf que… selon moi, les concepteurs de Shoot4Me ont fait fausse route dès le départ. Au lieu de réserver leur plateforme aux photographes professionnels, ils l’ont ouvert à toute personne possédant de quoi faire une photo. Déclaré ou pas, équipé d’un smartphone ou du dernier réflex pro c’est pareil ! Certes, certains appels d’offres sont réservés uniquement aux photographes « certifiés » déclarés et possédant une assurance, certes il est mentionné dans ces offres le type de matériel qui ne peut pas être utilisé, il n’en demeure pas moins que globalement les conditions tarifaires sont difficiles à accepter pour de vrais professionnels. En effet, j’ai décortiqué avec minutie les derniers (rares) appels d’offres lancés par la plateforme. Et c’est édifiant !

Des « missions » sous évaluées

Prenons comme exemple cet appel d’offre du mois de juin 2016. Il s’agissait de photographier une compétition de mur d’escalade indoor à Bordeaux, suivie d’un cocktail. La « mission » (c’est le terme utilisé par shoot4me pour décrire un reportage photographique) était très précise, très détaillée, allant même jusqu’à préciser les types de cadrages souhaités et les mots clefs pour l’indexation. Le donneur d’ordre estimait la durée de la prestation à quatre heures (en soirée)… et proposait (« imposait » serait plutôt le terme approprié) 200 € au titre de la rémunération.  Tout photographe professionnel et un tant soit peu expérimenté sait que les quatre heures se transformeront sur le terrain en 5 ou 6 heures. Mais ce qui est inquiétant c’est que dans le calcul des « missions » proposées par shoot4me il n’est jamais question du travail de post-production. Comment croire qu’un reportage puisse être livré sans être passé par un tri des photos, des re-cadrages, des mises à niveau, des améliorations de contrastes, de netteté, bref le béaba du métier ? Pour un reportage de ce type, et compte tenu du nombre de photos à livrer et des exigences mentionnées dans la « mission » j’estime personnellement le temps de post-production à 3 heures minimum. La prestation ne fait donc plus 4 heures comme indiquée mais 8 heures environ (sans le déplacement). Le calcul est simple : 200 € divisé par 8 = 25 €/h …BRUT ! Une fois les charges déduites, il ne restera environ que 15 €/heure net au photographe, soit au total 120 € pour une prestation équivalente à une journée complète de travail. Pour certains 15 €/h pour faire un métier qu’on aime, par les temps qui courent, cela peut apparaître comme bien payé, mais il faut considérer qu’un photographe n’est pas un électricien ou un plombier qui va avoir des chantiers quasiment tous les jours. Et c’est bien pour cela que le photographe doit facturer plus cher ses prestations faute de pouvoir vivre dignement de son métier. Pourquoi accepter de travailler à 15 € de l’heure quand n’importe quel artisan refuse de travailler en dessous de 40 € de l’heure ? L’UPP (Union des Photographes Professionnels) estime dans un article détaillé de son site que la journée de travail ne doit pas être facturée moins de 700 € si le photographe veut s’y retrouver au moment de faire son bilan en fin d’exercice. Avec Shoot4Me on en est loin !!!

Les institutions publiques complices

Prenons maintenant l’exemple de cette autre « mission » cette fois-ci proposée par le service communication du SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon). Cette collectivité territoriale financée par les contribuables est en charge de la surveillance de la qualité des eaux du Bassin mais aussi de la promotion du tourisme (deux prérogatives qui sont en total conflit d’intérêt mais la question n’est pas là). Comme il n’y a pas assez de monde l’été sur le Bassin (ironie), ces génies de la communication ont trouvé un moyen de dépenser encore un peu plus d’argent des contribuables en créant une « marque » identitaire « Bassin d’Arcachon ». Je ne m’attarde pas dans ce billet sur ce que j’en pense et je vous invite plutôt à découvrir une de leurs offres de « mission » de reportage, extrêmement détaillée : lien mission SIBA missionSiba Là encore il convient de décortiquer cet appel d’offre afin de comprendre pourquoi c’est inacceptable, à la fois pour les photographes qui se retrouvent à travailler pour presque rien et pour les contribuables qui risquent au final de payer une campagne de communication de mauvaise qualité. Le SIBA estime par exemple que le photographe pourra réaliser l’ensemble des scènes précises demandées en 6 demi-journées et même les compacter en 3 journées ! Sachant que le photographe devra lui même organiser les rendez-vous avec les différents protagonistes (chantiers navals, restaurateurs, artisans, associations et ostréiculteurs…) qui risquent d’être très occupés en pleine saison, cela relève de l’exploit ! Nous voici donc avec des exigences techniques dignes d’un « shooting » de publicité ou de mode pour un grand magazine, avec modèles, éclairages, assistants, stylistes, directeur artistique, sauf que là, le photographe est seul et payé une misère ! Cerise sur le gâteau : les droits sont inclus et pour une durée de… 10 ans ! Et à nouveau, ni le mandataire ni les responsables de shoot4me ne semblent se préoccuper de la partie post-production qui est pourtant essentielle !  J’ai bien étudié cette offre et j’ai estimé que ce ne sont pas 3 jours de prises de vues qui seront nécessaires pour un travail de qualité mais bien 6 demi-journées. A cela s’ajouteront 3 jours minimum de post-production. Sans compter que les conditions météo, la lumière, la bonne ou la mauvaise volonté des « modèles » ou encore les exigences du client obligeront peut-être à recommencer une ou deux scènes et que le photographe n’osera peut-être pas demander une rallonge de peur de perdre ce nouveau client si « prometteur ». Je ne rentre pas dans les détails financiers mais sachez que là encore, au final, le photographe se retrouve à un taux horaire inférieur à celui d’une femme de ménage non déclarée. Pouvons nous l’accepter ?

Concurrence déloyale

Shoot4Me ne s’arrête pas là. Le site relaye également des demandes d’images d’illustration, pour des sites internet, pour la couverture d’une brochure ou encore un flyer… ces demandes ne sont pas réservées aux professionnels. N’importe qui peut y répondre. Les rémunérations vont de 30 € à 300 €. D’ailleurs aujourd’hui un compte instagram qui s’appelle modestement « Bassin_dArcachon » a partagé l’offre du SIBA, sans mesurer un instant les conséquences que cela représente pour des professionnels.

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Dans le cas présent, le SIBA (et oui encore eux !) pourrait tout simplement confier un petit budget de 600 € à l’un des nombreux photographes professionnels du Bassin ou de Bordeaux pour réaliser cette photo qui semble tout de même relativement importante. Mais non, pourquoi faire travailler un photographe alors qu’il y a peut-être quelqu’un qui aura une photo amateur en stock qui pourrait faire l’affaire et à bas prix ? et c’est tellement plus fun ! Dans d’autres cas de demandes d’images, le temps nécessaire à chercher une photo correspondante dans mes archives, à l’envoyer au client, à effectuer la facture si toutefois il la retient, à la rentrer en comptabilité, à relancer le client qui une fois sur deux a « oublié » de payer ne saurait être rentable pour 30 € brut ! mais cela, les concepteurs de shoot4me ils s’en balancent. Pour eux, ce qui semble compter c’est de donner l’impression que leur plateforme fonctionne, qu’elle génère du trafic, ceci afin de rendre crédible ce que toute start-up rêve de réussir : une levée de fonds !!! Et c’est bien là que je tiens à développer mon propos: sur l’absurdité de ce concept. Selon mon analyse les dirigeants de cette start-up se sont trompés de cible. Leurs clients auraient dû être les photographes et non les mandataires. Au lieu de prendre un pourcentage ridicule sur les appels d’offres aux tarifs sous-évalués car imposés par les donneurs d’ordre, shoot4me aurait dû se rémunérer sur une adhésion payante des photographes et éventuellement un petit pourcentage sur les transactions de paiement, à l’identique de ce qui se pratique sur des plateformes comme AirBnB. Ainsi, les photographes, qui sont les plus compétents pour savoir quels tarifs appliquer, auraient pu garder le contrôle de leur rémunération. Et cela est essentiel !

Infantiliser les photographes

D’ailleurs sur ce point, shoot4me prend les photographes pour des gamins, en employant un vocable limite naïf : « shooting », « mission photo » et j’en passe ! des expressions que l’ont retrouve en général dans le langage des jeunes (et moins jeunes) photographes débutants. ils ont même réussi à recruter des photographes professionnels chargés d’évaluer et de « certifier » leurs propres confrères ! sur quels critères objectifs ? ça je n’ai pas réussi à le savoir. Mais je ne doutes pas un instant que ces « élites de la photographie » ont dû se sentir flattés de la responsabilité qui leur incombe…à défaut d’une rémunération. Et oui, c’est cela l’économie « collaborative »…

Le coeur du problème 

Mais revenons au problème de départ : la tarification. Comment en effet concevoir que ce qui ressemble à un appel d’offre puisse imposer un prix précis et non modulable ?  Dans la normalité, le mandataire devrait définir ses besoins et attendre que les photographes lui fassent des propositions. Des propositions qui d’ailleurs ne seront pas forcément que financières mais aussi artistiques. Un bon photographe doit pouvoir prévenir son client de certaines difficultés qui n’avaient peut-être pas été évaluées et peut aussi apporter de nouvelles idées. Avec shoot4me ce n’est pas envisageable. Il y a une liste détaillée de photos à effectuer et le photographe est une sorte d’opérateur qui va venir appuyer sur le déclencheur.

Tirer les tarifs et la qualité vers le bas

Shoot4Me agit donc comme une agence de photographes alors qu’elle n’en n’a pas la légitimité car ses fondateurs n’ont pas la compétence nécessaire. En tirant ainsi les tarifs vers le bas, la plateforme encourage les mandataires à travailler avec des photographes peu expérimentés, prêt à tous les sacrifices pour démarrer leur activité, conquérir des clients, en espérant peut-être pouvoir ensuite augmenter leurs tarifs. Mauvaise stratégie car la réalité est que les mandataires ne feront que profiter de ce système jusqu’à épuisement. En essayant de gagner des clopinettes tout en participant malgré elle à affaiblir une profession déjà bien en difficulté, la jeune start-up risque de stagner sur ses faibles rentrées d’argent (ses dirigeants reconnaissent eux-mêmes ne pas être rentable) et de finir rapidement comme beaucoup d’autres : en liquidation judiciaire. Mais je ne doutes pas que les collectivités territoriales, qui ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient en tirer en faisant des économies de bouts de chandelles sur les photos dont elles ont besoin pour communiquer, trouveront un moyen de financer via une levée de fonds publics cette entreprise qui ne peut pas, en l’état actuel du concept, être rentable. Alors pour moi, le photographe également contribuable, se sera un comble : avec mes impôts je participerai à creuser encore un peu plus ma tombe ! J’ai longuement hésité à écrire ce billet qui ressemble bien à une charge contre shoot4me car j’ai toujours aimé l’enthousiasme des entrepreneurs notamment dans les domaines du web. Ils cherchent souvent à répondre à des problématiques du quotidien en utilisant des moyens modernes adaptés à notre époque. Ils sont souvent très sympathiques et humains (ce qui est un drôle de paradoxe pour des gens qui passent l’essentiel de leur temps derrière un écran d’ordinateur) mais force est de constater que nombre d’entre eux vivent et évoluent avec naïveté dans une société qui n’est pas encore suffisamment préparée pour de tels bouleversements. Applications, automatisation, impression 3D, uberisation sont en train de détruire des métiers plus qu’ils n’en créent. Ils déstabilisent des professions, génèrent des conflits et créent du chômage de masse. L’emploi devient de plus en plus précaire et nos dirigeants politiques, une fois de plus, n’ont pas su anticiper.

Quel avenir pour les photographes ?

En tant que photographe professionnel et comme bon nombre de mes confrères de ma génération, je me pose donc beaucoup de questions sur mon avenir. Car je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche. Il y a 25 ans, alors que le numérique n’existait pas encore j’ai choisi ce beau métier qui est aussi une passion. Je lui ai consacré l’essentiel de mon temps, allant même jusqu’à lui donner la priorité dans ma vie. A force d’apprentissages, d’échecs et d’obstination, j’avais fini par atteindre le succès et des revenus confortables. Je me suis adapté sans aucun problème à toutes les innovations technologiques et j’ai changé plusieurs fois de spécialités. La remise en question fait partie de mon quotidien mais j’ai le sentiment d’être allé au bout et que la seule alternative qui s’offre à moi c’est de régresser en me mettant au niveau des débutants. A 45 ans je suis bien loin de l’âge de la retraite et pourtant la question se pose : combien de temps vais-je pouvoir tenir ?

Pratiquant l’auto-dérision je dis souvent qu’aujourd’hui je fais des photos « à titre posthume ».

Mais je suis sûr d’une chose : shoot4me mourra avant moi.

Stéphane Scotto, auteur photographe.

Je tiens à préciser que j’ai plusieurs fois fait part de mes remarques par téléphone avec l’un des fondateurs de la plateforme qui a été très à l’écoute (même si au final il n’en n’a rien retenu), que je me suis déplacé à l’une de leurs journées de présentation et que j’ai trouvé cette équipe fort sympathique. Il n’y a rien de personnel dans mon billet qui est bien plus animé par une forme de désespoir et d’impuissance que par la rancoeur. Je ne supporte tout simplement plus la dévalorisation de mon métier. 




Saint-Barthélémy : un bleu indécent

21042016
St Barth - Plage de Gouverneur - ©Stéphane Scotto

St Barth – Plage de Salines – ©Stéphane Scotto

J’ai bien envie d’aller rendre visite à mon ami photographe Pierre Carreau, ferret-capien exilé avec sa famille sur le « caillou » depuis plus de dix ans. En plus, Pierre expose sa nouvelle série « Aqua Viva » à la galerie Space St Barth située dans le carré d’or de Gustavia. Et comme le hasard a parfois du bon, il se trouve que dans la même semaine auront lieu Les Voiles de St Barth, une régate réputée. J’ai déjà eu la chance de photographier l’arrivée de l’AG2R en 2014 et la magnifique Bucket Regata l’année dernière et cela ne me déplairai pas d’ajouter Les Voiles de St Barth à mon palmarès. Cerise sur le gâteau, Seb le pilote de gyrocoptère à St François m’annonce qu’il y sera avec son aéronef pour emmener les photographes officiels pendant les régates. Une occasion idéale pour faire des photos aériennes de St Barth. Alors il ne faut plus hésiter ! je prends mes billets et une semaine plus tard, après 40 minutes de vol et un nouvel atterrissage sur la cinquième piste la plus difficile au Monde, me voilà pour la 4ème fois sur cette ile surnommée de manière caricaturale et réductrice: « l’Ile des milliardaires ».

Les photographes et amis Pierre Carreau et Stéphane Scotto à l'expo Aqua Viva de Pierre Carreau - St Barth

Les photographes et amis Pierre Carreau et Stéphane Scotto à l’expo Aqua Viva de Pierre Carreau – St Barth

Le soir même de mon arrivée a lieu le vernissage de l’expo de Pierre. L’occasion pour moi de retrouver avec plaisir quelques visages amis et d’en rencontrer d’autres. Il y a du monde, c’est un succès pour Pierre qui répond aux nombreux admirateurs. Pour apprécier ses photographies originales sur le thème de la vague, cliquez ici.

Le lendemain, Seb arrive avec son gyrocoptère, après 3 heures de vol. Nous faisons le point sur la semaine à venir autour d’un verre. Nous convenons de faire un premier vol du soir puis un ou deux vols le jeudi suivant qui sera un jour « off  » pour les Voiles de St Barth.

Le premier vol est un succès. La lumière est belle, il y a des grains, du rose. Tout ce que j’aime ! Le déclencheur de mon moyen format numérique Pentax645Z ne s’arrête plus. Je mitraille à tout va !

vue aérienne de St Barth au coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de St Barth au coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de Gustavia après le coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

vue aérienne de Gustavia après le coucher du soleil. ©Stéphane Scotto

En attendant le vol suivant qui aura lieu dans deux jours, Pierre m’emmène crapahuter dans les cailloux de Grands Fonds, sous un cagnar de plomb, afin d’aller photographier, entre autres, les étonnantes Piscines Naturelles.

St Barth est une ile qui souffre de la sécheresse. Plus rien ne pousse. La végétation est en déclin. Et j’apprends que c’est un cercle vicieux inquiétant. Les cabris sauvages ont proliféré sur l’ile et ne parviennent plus à se nourrir alors ils mangent même les racines. Il n’y a plus d’ombre, les rochers sont brulants et les quelques graines qui parviennent à tomber sur le sol brûlent avant de germer. Mais le pire, c’est que quand une averse s’abat enfin sur l’ile, les torrents de pluie creusent encore d’avantage la terre et emportent les sédiments dans la mer mettant ainsi à mal le corail. Or le corail est nécessaire pour le maintien de la vie aquatique.

sécheresse à St Barth. ©Stéphane Scotto

sécheresse à St Barth. ©Stéphane Scotto

Paysage aride et minéral de Grands Fonds à St Barth. ©Stéphane Scotto

Paysage aride et minéral de Grands Fonds à St Barth. ©Stéphane Scotto

Natural Pool, Grands Fonds, St Barth. ©Stéphane Scotto

Natural Pool, Grands Fonds, St Barth. ©Stéphane Scotto

Et puis il y a un autre phénomène très inquiétant et qui s’est accéléré ces deux dernières années : le bétonnage de l’ile. Comme sur le Bassin d’Arcachon, les promoteurs immobiliers savent être convainquant avec les élus locaux… Ainsi, plus de 250 permis de construire ont été attribués cette année sur un territoire de 28 km carrés et moins de 10 000 habitants à l’année ! et effectivement, il y a des chantiers partout. Pourtant, pour les actifs de l’ile, il n’a jamais été aussi difficile de se loger. Pour un saisonnier et même pour une infirmière, un médecin, un prof, trouver un logement est un véritable défi ! Quant aux loyers, ils sont surréalistes : 1500 à 2000 € pour un studio. Il n’est pas rare de rencontrer des quinquagénaires qui vivent en collocation comme des étudiants.

Mais ne gâchons pas plus notre plaisir. St Barth est encore une ile ravissante, un petit havre de paix où il fait bon vivre. C’est un fait.

Au delà du cliché des boutiques de luxe et d’une jeunesse dorée américaine qui se douche au geroboam de champagne sur la terrasse du Nikki Beach et sur les ponts des yachts, Saint-Barthélémy recèle de curiosités plutôt magiques pour celles et ceux qui se donnent la peine de marcher un peu.

Comme il n’y a pas un pèt de vent et que les régates ne s’annoncent pas très impressionnantes, je choisi de ne pas perdre mon temps à négocier une place sur un bateau presse et de passer plus de temps avec Pierre. Les voiliers nous les aurons dans le viseur mais depuis la côte.

Les Voiles de St Barth. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. Au loin : l'ile de Saba. ©Stéphane Scotto

Les Voiles de St Barth. Au loin : l’ile de Saba. ©Stéphane Scotto

Jeudi matin.  Comme prévu, 1 noeud de vent ! pas un nuage, pas de brume de sable, l’horizon est net. On voit avec précision toutes les iles alentours. St Martin, Anguilla, Saba, Nevis, St Kitts… on dirait une escadre de navires au mouillage dans la mer des Caraïbes. Je salive à l’avance du vol que je vais effectuer dans quelques instants. J’arrive le sourire aux lèvres et hyper motivé sur le tarmac et je lis immédiatement sur les visages de Seb et son copilote que quelque chose ne va pas. Seb m’annonce : « Steph, on a cassé une pièce, on ne peut plus voler ! ». Je suis d’autant plus dégouté que je suis censé repartir le lendemain. Seb me dis qu’ils se font ramener une pièce de rechange depuis Pointe à Pitre dans deux heures et qu’ils vont essayer de réparer avant ce soir. Nous convenons de faire le point plus tard. Ma déception est immense. Vers 20:00 Seb m’annonce qu’ils n’ont toujours pas réussi à réparer. C’est foutu. Pierre me sert un whisky, puis deux, puis trois…

Le lendemain matin, je prends mon café (et une aspirine) sur la terrasse de la villa avec vue panoramique sur la mer. Les conditions sont toujours aussi exceptionnelles. Mon vol de retour en Guadeloupe est à midi. J’appelle Seb pour lui dire que je peux reporter mon vol si ils pensent pouvoir réparer dans la journée. Il m’annonce que justement, c’est réparé, et qu’on peut voler dans deux heures. Je reporte mon retour au lendemain.

Le photographe Stéphane Scotto en prises de vues aériennes en gyrocoptère.

Le photographe Stéphane Scotto en prises de vues aériennes en gyrocoptère.

Nous décollons à 11:30 pour un grand tour de l’ile. Le bleu est si intense qu’il en est presque violet ! c’est irréel. On dirait que la mer est bleu fluo ! On va encore me dire que mes photos sont truquées. Je fais chauffer la carte mémoire car je ne peux m’empêcher de réaliser des panoramiques par assemblage.

Plage de Gouverneur - ©Stéphane Scotto

Plage de Gouverneur – ©Stéphane Scotto

St Barth - ©Stéphane Scotto

St Barth – ©Stéphane Scotto

Baie de St Jean - St Barth. ©Stéphane Scotto

Baie de St Jean – St Barth. ©Stéphane Scotto

St Barth aerial. © Stéphane Scotto

St Barth aerial. © Stéphane Scotto

Après une heure de vol nous devons rentrer. Seb est réclamé par l’organisation des Voiles de St Barth. Moi, j’ai ce qu’il me faut, je suis content.

Le lendemain matin, retour en Guadeloupe après une très belle semaine sur une petite ile que j’adore.

Un grand merci à Pierre et Marina, Timothé et Lilou, pour leur accueil fantastique et à Seb pour le pilotage parfait.

Pour voir toutes les photos aériennes, cliquez ici

Pour voir les panoramiques aux détails surprenants, cliquez ici 

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Retour dans la Caraïbe

12042016

Mon dernier ouvrage consacré à ma terre de prédilection étant sorti et bien distribué, et le froid commençant à s’installer sur le Bassin d’Arcachon, il est temps pour moi de repartir vers des paysages plus exotiques.

Je suis loin d’avoir terminé mes aventures photographiques dans la Caraïbe et me voici donc de retour en Guadeloupe, plus précisément à St François, devenue ma base d’accueil. Il faut dire que l’aérodrome se trouve juste à côté et que les ULM et GYROCOPTERES sont prêts à décoller en permanence pour me permettre d’aboutir à mon nouveau projet : un livre de photos aériennes de l’archipel de Guadeloupe.

Plage de Bois Jolan en Guadeloupe

Plage de Bois Jolan en Guadeloupe

Basse Terre, Grande Terre, La Désirade, Petite Terre, Marie Galante, les Saintes… « il y a tant d’iles en elle » c’est le joli slogan intelligemment trouvé par l’Office de Tourisme de Guadeloupe et il est parfaitement approprié. L’archipel de Guadeloupe est de loin le plus intéressant de toute la zone caraïbe, tant ses paysages et ses ambiances sont variées. Je n’ai donc pas finit de l’explorer, d’autant plus que je suis du genre à prendre mon temps.

Pour réaliser mes prises de vues aériennes j’ai choisi de travailler avec Seb, un pilote d’autogyre (ou gyrocoptère) expérimenté en travail aérien et qui a l’habitude d’emmener des photographes ou des cameramen. De plus, il est très disponible et pour moi c’est important puisque je suis exigeant en lumière et que cela ne se prévoit pas vraiment à l’avance.

Le pilote de gyrocoptere Sebastien Anselme et le photographe Stéphane Scotto

Le pilote de gyrocoptere Sebastien Anselme et le photographe Stéphane Scotto

Notre premier vol sera un vol du soir. Nous décollons à 17:30 avec l’obligation de rentrer 15 minutes après le coucher du soleil. C’est la règlementation qui l’impose, la même que sur le Bassin d’Arcachon. Il faut savoir qu’ici aux Antilles, le soleil se couche vers 18:00. Cela laisse donc peu de temps. Je choisi de capter l’ambiance de la Pointe des Châteaux qui est assez magique à ce moment précis. Tandis que nous longeons la côte et que nous tournons à basse altitude autour d’un spot connu appelé « la douche », je vois apparaître juste en dessous de notre aéronef deux grosses masses, suivi d’un jet d’eau. Oui vous l’avez sans doutes compris, nous sommes juste au dessus de deux magnifiques baleines ! Les baleines sont nombreuses dans le secteur en ce moment mais nous ne nous attendions pas à en voir à 200 m à peine de la côte !  je demande à Seb de faire une manoeuvre de demi tour afin de me laisser le temps de changer d’objectif. Mais le temps de revenir sur nos pas, les petites malines qui nous ont repéré ont plongé. C’est peu profond et on les vois très bien par transparence mais il faut nous rendre à l’évidence : elles nous voient et elles n’ont visiblement pas envie de poser pour moi. Alors nous choisissons de poursuivre notre chemin vers la Pointe des Châteaux et de tenter de les retrouver au retour.

Baleines au large de la Guadeloupe

Baleines au large de la Guadeloupe

La Pointe des Châteaux

La Pointe des Châteaux

Effectivement, une demie heure plus tard, tandis que le soleil a disparu derrière la Soufrière et que nous revenons vers l’aérodrome de St François, nous croisons à nouveau leur chemin. Juste le temps pour moi de faire une dernière photo et il faut atterrir.

Au final, une très belle séquence aérienne et de belles photos.

Pour un premier vol s’est encourageant !

Pour les deuxièmes et troisièmes vols, nous ne nous éloignons pas trop de notre base. Je ne suis pas encore habitué aux prises de vues en gyrocoptère. C’est assez différent de l’ULM puisque cela se rapproche d’avantage de l’hélicoptère. Pour celles et ceux qui veulent comprendre le principe : les pales du gyrocoptères ne sont pas motorisées, elles tournent par la vitesse de l’engin qui est lui même propulsé par une hélice située à l’arrière. Autrement dit, si il n’y a plus de vitesse, l’autogyre redescend. Tout réside donc dans le bon dosage entre vitesse horizontale et verticale. Si une pale casse, ou si le rotor se bloque, c’est la chute irrémédiable. En revanche si l’hélice arrière tombe en panne, alors on peut espérer redescendre en douceur (du moins tant que les pales tournent à une vitesse minimale suffisante pour porter l’engin).

Bref, il faut avoir confiance ou être fataliste !

Image de prévisualisation YouTube

Nous survolons donc la côte atlantique de la Grande Terre, hachée par les vents et les vagues qui viennent s’éclater sur des falaises qui ne sont pas sans rappeler celles de Bretagne et de Normandie. Un paysage minéral qu’on n’attend pas forcément d’une ile tropicale et qui s’étend de St François à la Pointe de la Grande Vigie (mais pour le moment nous nous sommes arrêtés à Moule).

Porte d'Enfer (Guadeloupe)

Porte d’Enfer (Guadeloupe)

Le troisième vol sera plus exotique puisque nous survolerons le lagon de St François, la baie de St Anne et ses plages de rêve bordées de cocotiers : Bois Jolan et La Caravelle.

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

Lagon, Guadeloupe

La Caravelle, Club Med.

La Caravelle, Club Med.

Je m’amuses beaucoup avec les formes et les couleurs que me fournissent les coraux. La Guadeloupe, c’est aussi « l’Ile aux Belles Eaux », et ce n’est pas mon appareil photo qui dira le contraire !

Pour voir toutes les photos, cliquez ici !

Le résultat de ces trois premiers vols est très encourageant et il me tarde de poursuivre les explorations. J’évalue à 15 heures de vol nécessaires pour constituer le stock d’images qui me permettra de réaliser cet ouvrage. Mais malheureusement, la lumière idéale est devenue rare. Des vents de sable ont fait leur apparition pendant plusieurs semaines et les belles journées dégagées sont furtives.

Peu importe, je m’adapte et je prends mon temps, comme toujours ;-)




« A la recherche du bonheur » sur le Bassin d’Arcachon

9072011

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La semaine dernière j’ai eu l’occasion de participer à un tournage pour France 2 en compagnie de l’animateur Frédéric Lopez et d’une équipe de production fort sympathique.

Le réalisateur Stéphane Gillot m’avait contacté quelques jours plus tôt afin que je lui donne quelques tuyaux sur des endroits photogéniques mais relativement simples d’accès.
Le but de ce tournage de deux demi-journées était de réaliser la bande annonce d’une nouvelle émission qui sera diffusée à la rentrée sur France2 : « A la recherche du bonheur ».
Cette émission ne se déroulera pas sur le Bassin mais Frédéric Lopez, ayant gardé en tête quelques belles images d’océan lors d’un séjour au Cap-Ferret, avait souhaité que le teaser soit tourné ici.
Je lui ai donc proposé d’accompagner l’équipe sur les lieux adéquats.
Ce fut d’autant plus intéressant pour moi que les moyens techniques utilisés sont identiques aux miens, à savoir l’utilisation de la fonction vidéo HD du Canon 5D MarkII.

En effet, les nouveaux boitiers numériques possèdent une fonction de prise de vues vidéo HD, qui, couplée avec des optiques photo de qualité, permet d’obtenir un rendu très cinématographique. Ce qui nécessitait à l’époque des moyens techniques lourds et très coûteux peut désormais se tourner avec un matériel léger et plutôt économique. Le talent, l’originalité, la maîtrise technique et l’expérience restant l’essentiel bien entendu.

L’équipe de WooW était composé d’un réalisateur, d’un cadreur-réalisateur, d’un ingénieur du son, d’une directrice de production et d’un régisseur. Une équipe légère et créative entourant le sympathique animateur Frédéric Lopez dont l’émission « Rendez-vous en Terre inconnue » rencontre depuis son lancement un grand succès auprès des téléspectateurs.

Je les ai donc d’abord conduit aux Sabloneys entre la Dune du Pilat et le Petit Nice. Je savais que le décors serait parfait, avec l’avantage de ne pas avoir à escalader la Dune, et surtout, de ne pas être dérangé, en ce début de vacances estivales, par les nombreux touristes. A notre arrivée sur les lieux, vers 17:30, la lumière était encore relativement dure mais surtout un vent très fort de Nord Ouest rendait le tournage assez pénible, surtout pour le son. L’équipe s’est parfaitement adaptée aux conditions et termina la dernière séquence aux dernières lueurs du soleil, vers 22:00, exploitant à fond l’ouverture de mon 50mm f1,2 que je me fit un plaisir de leur prêter.
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Le lendemain matin, nous nous rendions au Petit Nice. Le réalisateur avait besoin de tourner plusieurs séquences et une interview en un temps record, c’est à dire avant 15:00, heure à laquelle toute l’équipe reprenait le TGV du retour pour Paris. Il souhaitait à la fois tourner sur une plage océane mais aussi dans une forêt de pins.

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L’avantage d’un tournage avec ce type de moyens techniques et de pouvoir tourner en équipe légère, très mobile et donc très discrète. Le cadreur a tourné toutes les séquences façon steadycam c’est à dire à main levé.

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Vous aurez très bientôt l’occasion de retrouver cette bande annonce sur France 2 et de découvrir le concept de cette nouvelle émission, qui risque de révéler, chez beaucoup d’entre nous… les secrets du bonheur.




sur le chemin du retour : Grand Canyon

24112010

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Mon séjour à Talahogan se termine malheureusement et je dois commencer à prendre le chemin du retour vers Denver car j’ai un avion pour Boston le 30 novembre.

Talahogan fut une formidable expérience et j’ai vraiment ressenti la quiétude des lieux et l’énergie positive dégagée par les Red Rocks tout autour.
Merci à Ron de m’avoir offert cette possibilité de séjourner dans sa maison et ainsi de faire une pause très agréable avant de reprendre la route vers le Colorado enneigé.

Je pars donc en direction de Grand Canyon. J’avais gardé le meilleur pour la fin… en tout cas le plus impressionnant.
Je n’ai que deux heures de route à faire pour atteindre l’entrée du parc.

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Comme tous les parcs nationaux, l’entrée est de 25 $, valable 7 jours, et le Park’s Ranger vous donne un plan détaillé et quelques informations.

Je regarde craintivement le thermomètre de la voiture qui affiche 0 °c et j’entame la visite.

Que puis-je dire…? c’est juste à couper le souffle ! C’est dans ce genre d’endroit que l’on se rend compte de la puissance de la nature et que l’on réalise combien nous sommes petits. Il y a là une force tranquille qui s’impose à l’Homme. En regardant cette immense faille dans la Terre, j’ai ressenti comme un avertissement de la nature. En effet c’est aussi aujourd’hui que j’apprend qu’un rapport très sérieux de l’OMM nous annonce un niveau record des concentrations de gaz à effet de serre en 2009 ! preuve que nos maigres efforts n’ont même pas réussi à freiner la spirale infernale dans laquelle nous nous sommes mis tout seul. Et demain matin au petit déjeuner de l’hôtel je vais retrouver les inévitables gobelets en polystyrène et les dosettes sous plastique non recyclés.
J’arrive pas à croire que l’humain qui a été capable en si peu de temps d’inventer des choses incroyables et de faire des découvertes scientifiques extraordinaires, ne soit pas capable en même temps de comprendre qu’il est temps de changer notre mode de développement et d’inventer les outils qui permettraient de le faire.
Nous sommes juste en train de nous suicider, lentement, mais sûrement.

Bon, enfin bref…
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Il neige un peu, il y a des nuages blancs et le soleil parvient à percer au travers me procurant un bel éclairage sur le canyon.
Je croise beaucoup d’indiens mais ceux là viennent d’Inde et ils sont venus en groupes.

La journée passe très vite. je sais que j’ai deux heures de route pour aller à Page (Lake Powell) mais la lumière promet d’être magnifique au coucher du soleil alors je décide d’aller jusqu’au bout et tant pis, je ferais la route de nuit.

Je suis donc à Desert View au moment du sunset et la température à sacrément baissé car un vent glacial s’est levé. Je suis bien emmitouflé mais comme je suis obligé d’enlever mes gants pour faire les réglages, j’ai le bout des doigts gelés. Je suis bientôt seul avec un autre photographe pro asiatique et pas très bavard… lui il est carrément en combinaison de ski !

Dernier déclenchement et je me précipite dans ma voiture, chauffage à fond et direction Page.

Je craignais du monde sur la route à cause de Thangsgiving demain mais en fait non, la route est calme. Je ne mets qu’une heure trente pour arriver à Page et rejoindre mon hôtel. Trop fatigué pour me restaurer, je décide d’avaler un soupe industrielle pour micro-onde et de me mettre au lit.

Demain, je dois réaliser une photo de HorseshoePoint et voir un peu à quoi ressemble Lake Powell…

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Les lumières du printemps (1ère partie)

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Comme vous le savez, l’essentiel de mon travail photographique sur le Bassin je le fais en automne.
Une lumière plus douce, des couleurs à la limite de l’irréel et peu de monde sur les sites naturels, contribuent à mon inspiration.

Cette année, j’éprouve le besoin de faire mon travail de photographe beaucoup plus tôt.
Je vais donc m’atteler à réaliser une collection Printemps 2010 qui me permettra de vous proposer de nouvelles images lors de l’ouverture de la Galerie après les travaux de rénovation importants que j’ai programmé pour la fin du mois (cela fera l’objet d’un prochain article).

Mercredi dernier il faisait un temps de rêve. Ciel bleu, 28 °c à l’ombre, et un très fort coefficient de marée (100).
Mon bateau « Cape Cod 1″ étant révisé et remis à l’eau, pourquoi ne pas larguer les amarres direction le Banc d’Arguin et voir de près les transformations radicales que j’ai pu constater lors de mon vol en ulm avec Michel Boudigues il y a deux semaines…

Départ du ponton à 9h00, navigation à petite allure, et 1h30 plus tard me voici à l’entrée de la conche sud du Banc. Des ostréiculteurs sont déjà là, au travail sur leurs parcs. D’autres ont mis les gaz à fond pour rejoindre leurs parcs avant qu’il n’y ait plus assez d’eau pour passer.
Car cette année, les forts coefficients de marrée et les tempêtes successives ont donné au Banc d’Arguin un tout autre visage et il est bien moins évident de se mettre à l’abris dans une conche. Il faudra être beaucoup plus attentif aux horaires et apprendre à vivre avec les caprices de l’Atlantique.

Pour ma part je suis ravi de ce changement. Il est fort à parier qu’il y aura moins de monde au même endroit cet été, ce qui permettra au lieu de retrouver un semblant de calme en juillet-août…

J’avais repéré dans mes vues aériennes un petit estey permettant de passer d’une conche à l’autre. Une plate d’ostréiculteur vient de s’y engager juste devant moi. Je la suis à distance. Elle passe avec difficulté. Je me lance à mon tour mais je me retrouve dans 30 cm de tirant d’eau (mon bateau fait 40 cm de tirant d’eau). Obligé de couper le moteur et de tirer le bateau à la main. Comme je suis suivit par un autre ostréiculteur, je décide de le laisser passer devant moi. Je ne veux pas prendre le risque de lui boucher le passage.
Malheureusement pour moi il mettra du temps à passer et le petit estey continue à se vider.
Quand c’est enfin à mon tour de passer, il n’y a plus que 20 cm… j’ai beau tirer le navire de toutes mes forces, le courant est trop fort, je ne peux lutter contre. Je décide donc d’abandonner et de me mettre au mouillage juste là, dans l’estey.
Une chose est sûre: personne ne viendra me déranger ici.

Pas une minute à perdre, je sors le matériel, le trépied et me mets au travail.
Tout est beau. Je pourrai tenter de vous décrire ce paysage mais je ne saurai faire mieux que de me contenter de vous le montrer en photos…
Je n’ai désormais qu’une envie : y retourner !

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Quand l’inspiration revient…

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Après un été presque caniculaire il était à prévoir un magnifique été indien.
Et ce fut le cas ! depuis le début du mois de septembre nous avons l’impression d’être… en juin !

Et c’est donc tout naturellement que nombre de personnes que je croise me font cette remarque :
 » vous devez faire des magnifiques photos en ce moment…!  »

Et bien NON !
Car en fait, il ne suffit pas d’avoir du soleil et un ciel bleu pour réussir des photos suffisamment exceptionnelles pour que vous ayez envie de les mettre sur vos murs.
Il faut quelque chose de magique en plus. Et en général, c’est dans le ciel que cela se passe.
Il fallait donc que j’attende mi-octobre pour retrouver la lumière qui me permette de retrouver l’inspiration.

Cette année encore, j’ai pu compter dessus. Depuis une semaine je multiplie donc les prises de vues en quête d’originalité.

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La collection automne 2008 fut largement aérienne mais depuis la sortie de mon dernier livre « Balade en altitude », j’ai décidé d’atterrir…
Me voici donc dans la préparation d’une nouvelle collection plutôt orientée sur l’eau.

Ce plan d’eau est merveilleux et puisque j’ai la chance de posséder un bateau, je me promène donc à petite allure depuis quelques jours autour de l’Ile aux Oiseaux et de la Conche du Mimbeau, comptant sur le hasard des rencontres.
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C’est ainsi que j’ai pu croiser le magnifique canot mixte « Pétrel » devant l’Ile aux Oiseaux avant de le retrouver une heure plus tard au Mimbeau.
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Pour la première fois je me suis aventuré dans le « fond » du Bassin et j’ai remonté l’embouchure de la Leyre jusqu’au port des Tuiles. Mais la lumière n’avait finalement rien d’exceptionnel. Tans pis, j’y retournerai un peu plus tard…

Et puis comme ce fut la pleine lune, j’en ai profité pour réaliser quelques vues insolites du Port de la Teste.
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Lundi et mardi, j’ai bénéficié de la marée montante aux limites du couché de soleil et d’un fort coefficient ce qui m’a permis d’aller explorer le Village d’Afrique.
Moments magiques et rencontres de gens authentiques qui profitent du calme privilégié dans leurs cabanes de l’Ile, loin des tumultes du « test souris » et de la polémique (justifiée) autour d’un Bassin d’Arcachon qui me paraît de plus en plus menacé.

L’ile aux Oiseaux est un endroit qui se mérite.
D’abord il faut pouvoir (et savoir) se faufiler au milieu des esteys et des parcs à huîtres, puis il faut mouiller au bon endroit pour pouvoir ensuite repartir. Ne pas oublier donc de lever l’ancre avant que la marée ne redescende sous peine de passer la nuit sur l’Ile… Et là attention : il faudra affronter avec courage et ténacité les nombreux insectes qui pullulent tout naturellement dans une végétation plus dense et variée que l’on ne pourrait l’imaginer : fourmis rouges (j’en ai fait les frais !), moustiques, puces d’eau, ahoutas, etc… sans parler des rats.
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Mais la récompense est là : comment dire… c’est magique ! oui magique c’est bien le mot !!!
Comment envisager depuis la Jetée Thiers, qu’en face, à seulement 15 minutes de bateau, on puisse passer du tourisme de masse à la simplicité d’une Île sur laquelle s’est épanouit dans notre enfance Babar et sa famille !
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Je rencontre des heureux propriétaires de cabanes.
Accueillants, ils me proposent de monter en haut d’un mirador de fortune en bois qui me permet de faire des photos de l’Ile à 15 mètres du sol.
Puis c’est l’invitation à l’apéro avec bonne tranche de rigolade garantie !

Le soleil se couche vite en cette fin d’automne, et la marée ne va pas tarder à redescendre. Il est temps de quitter l’Ile et de revenir à la réalité.
Sortir du Village par l’estey d’Afrique aux reflets roses et mauves, dans le silence absolue, est un instant inoubliable.
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Dans les jours qui viennent je me consacrerai à la Dune du Pilat, au lever et au coucher du soleil.
J’attends la bonne lumière.

à suivre…




9 ème jour à Cape Cod : Martha’s Vineyard

28102008

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Une chose est sure, la météo américaine n’est pas très fiable…
Ils avaient annoncé de la pluie et une température de… 7 °c pour aujourd’hui et… il a fait un soleil splendide et au moins 22 °c !

Je me lève de bonheur et départ pour Woods Hole (une heure de route) pour ensuite prendre le Ferry pour l’ile de Martha’s Vineyard.
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J’avais pris contact par email avec l’office du tourisme (Chamber of commerce) et la directrice m’avait répondu qu’elle m’aiderait à visiter l’ile.

Après 3/4 d’heures de traversée sur un énorme ferry, je pose le pied sur l’ile, qui déjà me semble très attrayante.
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Je suis accueilli par Linda et Nancy dans l’office du tourisme. Je leur explique ma démarche et leur montre le livre du Bassin d’Arcachon. Comme à chaque fois elles sont émerveillées par la beauté de nos paysages. Je leur offre un calendrier. Linda se propose de me faire découvrir l’ile avec sa voiture. Je ne pouvais espérer mieux comme guide. Voici ce que j’appelle l’efficacité à l’américaine !
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Nous partons pour Menemsha, un village de pêcheur entièrement fabriqué à l’époque pour le tournage du film de Steven Spielberg « Les dents de la mer » et qui est devenu par la suite un véritable village de pêcheurs.
Mais d’abord, Linda veut me montrer une petite fabrique de verrerie « Martha’s Vineyard Glassorks ».
L’atelier est situé dans une bâtisse en bois. Je découvre leurs oeuvres absolument magnifiques ! Je voudrais bien acheter une citrouille en verre mais j’ai trop peur de la casse dans l’avion du retour. Je me contente donc de faire des photos.
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Nous arrivons à Menemsha sous un ciel bleu et un soleil radieux. Je suis tout excité d’être là car j’ai dû voir Les dents de la mer au moins 30 fois et je le connais par coeur.
Me voici sur le ponton où Richard Dreyfuss vient rencontrer le chef Brody !
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Comme il est déjà midi, Linda me propose de manger quelque chose et nous rentrons dans une cabane qui abrite une sorte de petite poissonnerie. Le patron est très sympa et me fait goûter une soupe de homard délicieuse ! Je prends un feuilleté au homard, crevette et coquilles saint Jacques, et Linda un sandwiches au homard. Nous mangeons assis sur le rebord du ponton et les casiers à homard nous servent de table. C’est tellement incroyable pour moi de me retrouver là. je me dis que l’équipe du film a dû faire ça tous les jours et je mange peut-être à la même place que Steven Spielberg il y a 30 ans !
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Après cette flictuaille qui me change des hamburgers et des pizzas, je reprend l’appareil photo et je shoote tout ce que je peux dans les moindres détails. mais il faut que je fasse vite car il y a encore d’autres lieux à voir.

Nous repartons pour le phare d’Aquinnah. Une falaise située à l’extrémité de l’île connue pour ses roches colorées.
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Puis Linda m’emmène sur une plage océane bordée de rochers.
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Puis nous allons à Edgartown, la ville chic de l’île.
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C’est ici qu’il y a ce petit traversier qui permet de se rendre en voiture sur la presqu’île de Chappaquiddick (où l’actrice Meg Ryan s’est fait construire une immense propriété). Ce mini-ferry vous l’avez vu dans le film Les Dents de la Mer. Quand le shériff Brody essaye de convaincre le maire de fermer les plages…

Il est déjà l’heure de rentrer à Vineyard Haven. Je veux profiter de le lumière du couchant pour faire des photos du port.
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Sur la route, Linda me fait remarquer que nous passons sur un petit pont qui surplombe un bassin ouvert sur la mer. C’est ici même qu’à été tourné la scène dans laquelle les enfants font du dériveur et sont attaqués par le requin…

10 minutes après, me voici à nouveau à Vineyard Haven. Un paradis pour les voiliers en bois qui sont nombreux, même en cette saison. J’en connais qui se feraient des potes ici (n’est-ce pas FX et Mat …?).
Le ciel devient rose, il n’y a pas de vent, juste le bruit des claquements d’ailes des goélands.
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Ma plus belle journée à Cape Cod est en train de s’achever.
Cette île est magnifique et ses habitants d’une grande gentillesse.
J’en garderai un souvenir impérissable.

Un grand merci à Linda et Nancy de la Chamber of Commerce pour leur aide précieuse.




3 ème jour à Cape Cod : National Seashore

22102008

Il fait beau ce matin. Un ciel bleu et quelques nuages bas. Le vent est enfin tombé et la température est remontée de quelques degrés farenheit.

Aujourd’hui je pars explorer le National Seashore. C’est une vaste étendue de forêts et de plages océanes, qui regorge de spots pour les surfeurs. Dans les années 60, inquiet pour l’avenir de Cape Cod, JF Kennedy est intervenu pour faire voter une loi protégeant ce territoire de toute construction. A la même époque on bétonnait à tout va sur Arcachon…

Sur le chemin, mon regard est attiré par un jardin dans lequel se détachent des silhouettes étranges et inquiétantes. Je stoppe la Prius pour aller voir de plus près…

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Je fais un petit crochet par Wellfleet car je voudrais retrouver le campement du fameux « Chuck, une figure de Cape Cod, soixante huitard hermite qui vit seul dans la forêt. Jétais tombé dessus l’année dernière mais impossible de retrouver l’endroit. Je m’arrête pour prendre quelques pancartes que les habitants du coin ont accroché sur les arbres pour indiquer leurs maisons.

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J’arrive sur le parking d’une plage du National Seashore. Quelques pick up sont garés là. Leurs propriétaires sont des surfeurs. L’eau doit être glaciale mais certains n’hésitent pas à aller afronter les vagues. Je suis interpelé par l’un d’eux qui me demande d’où je viens. Lorsque jeréponds que je viens de France, sa première phrase sera :  » ah ! Lacanôôôe « . On discute un peu de Lacanau et de Biarritz et puis je lui sort mon livre sur le Bassin. Encore un américain qui sera conquit par nos paysages magiques !

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Je reprends la voiture et me dirige vers une autre plage. Il devrait y avoir là une vieille cabane bien connue pour avoir hébergé un écrivain du début du siècle. Je prends tout le matos et me retrouve donc avec un sac de 20 kilos sur le dos pour marcher 2 ou 3 km sur la plage jusqu’à cette cabane.

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Je ne suis pas le seul photographe a avoir attiré par la lumière… au loin, en contre jour, j’aperçois un photographe qui à l’air d’être un professionnel. Je m’approche et j’engage la conversation. Il a lui aussi un Mamiya 6×7. Je lui montre mon attirail. Au départ il me semble un peu méfiant mais finalement il finit par se décontracter et par m’expliquer qu’il a une galerie à Chatham et une autre à Brewster avec sa femme qui est peintre. Son nom est Tom Ruddefurth. Il n’avait pas de carte de visite sur lui et il m’a écrit son nom sur le sable. Voici son site : ruddeforthgallery.com

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Je poursuis ma route le long de l’océan sans jamais réussir à trouver la fameuse cabane.

Je m’arrête pour faire quelques photos puis je reviens à la voiture. En tout j’ai bien dû faire 6 ou 7 km et mon dos commençait à souffrir… pourquoi faut-il toujours que je prenne toute la panoplie !

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Comme le ciel est en train de se couvrir et que je meurs de faim, je décide de pousser jusqu’à Provincetown.

Provincetown est une ville assez excentrique, habitée essentiellement par des gays. Les rues sont étroites et c’est toujours une galère pour se garer quelque part car tout est privé et les parkings sont payants bien sur.

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Je choisi un restaurant où je me fais arnaquer. Déjà l’année dernière j’avais trouvé que les commercants Provincetown profitaient un peu trop des touristes… et dans les boutiques l’accueil est très pédant (sans jeu de mot déplacé…)

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Il commence à tomber quelques gouttes alors je décide de rentrer directement sur Hyannis

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1h30 de route à 40 miles heure plus tard me voici dans ma chambre d’hôtel. J’allume la Tv sur la chaine locale et je tombe sur une interview d’un biologiste qui parle d’ostréiculture. J’ai filmé l’interview que vous trouverez ci dessous (désolé pour les barres noires mais cela est dûe au défilement du tube cathodique).

Si un lecteur du blog parle suffisamment bien anglais pour tout comprendre, je suis preneur de la traduction !

http://www.dailymotion.com/video/k4EUF8YGp6rZDdOoOh

J’en profite pour remercier ceux qui ont apporté des renseignements à propos de la carapace étrange découverte hier. Le photographe New yorkais Albert Delamour nous fait savoir que cet animal étrange a inspiré le masque de Dark Vaddor (en plus de Alien).

Je viens d’ajouter une vidéo sur l’article d’hier. Il s’agit d’un robinet étrang… allez voir c’est vraiment rigolo.

Demain il va pleuvoir. Je n’ai pas encore de programme…

 




Article dans Sud Ouest du vendredi 12 septembre

17092008

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photo©Franck Perrogon-Sud Ouest 2008

RENCONTRE. –Photographe militant, Stéphane Scotto a suivi de près la crise ostréicole. Il diffuse sur Internet deux films tournés cet été et anime un blog

Son optique nature
:Sabine Menet

Au Wharf de la Salie, à Smurfit-Kappa à Biganos, au cours des fêtes de la mer à Arcachon : Stéphane Scotto a suivi de près les ostréiculteurs cet été. Derrière son objectif et derrière sa caméra, le photographe a figé les actions réalisées au cours de l’été pour dénoncer les dérives environnementales.
Comment vous positionnez-vous ? Êtes-vous un militant, un écologiste ?

Je porte un regard émotionnel sur les choses. Je mets au profit des autres mes images. J’ai une liberté de parole et d’action. Je ne fais partie d’aucune association ni d’aucun mouvement politique. Je m’exprime sur mon blog (1) et surtout je tiens à y donner la parole au plus grand nombre. Parce qu’il faut se mobiliser pour que les choses bougent.

Que pensez-vous des actions menées cet été ?

Je pense que les choses ne font que commencer. La visite à Smurfit lorsque les ostréiculteurs ont découvert, à 400 ou 500 m de la Leyre, un plan d’eau qui pourrait faire penser au Lac Rose, non loin de Dakar, a été édifiante. Car là, ce ne sont pas des cristaux de sel qui donnent cette couleur rose mais des métaux lourds. Et que dire de la décharge à ciel ouvert. Je crois que la machine est lancée. Depuis que j’ai mis en ligne le film tourné là-bas (2), je croule sous les mails. L’impact du visuel est énorme.

Est-ce à dire que vous êtes optimiste quant à l’avenir ?

Hélas non. Je reste fataliste face au peu de prise de conscience des habitants du Bassin. Nous sommes dans une situation d’urgence où il faut prendre des mesures et non plus des demi-mesures. Il faut établir une direction pour le développement du Bassin.

« Je pense que les choses ne font que commencer, la machine est lancée »

En fait, non, il ne faudrait même plus parler de développement. Comment prévoir 100 000 habitants en plus d’ici 2030, alors qu’on n’a même pas réussi à gérer le doublement de la population en six ans ?

Que pensez-vous traduire à travers vos photos ?

Avant tout mon amour du Bassin. Un endroit où je suis venu en vacances jeune, avant de venir m’y établir en 2001. Un endroit beau et fragile à l’incomparable lumière. Avec des endroits où j’ai appris la solitude. Mes photos sont des témoignages que l’on retrouvera peut-être dans quelques années en se disant : « Tiens, ça ressemblait à ça, avant. »

Vous faites souvent le parallèle entre le bassin d’Arcachon et Cape Cod aux États-Unis…

Oui. Les paysages sont identiques, les activités, ostréiculture, pêche et nautisme aussi. La seule différence, c’est que l’environnement y est beaucoup plus protégé. Que l’on ne peut pas y construire n’importe comment, ni y implanter n’importe quelle activité. J’ai réalisé une série de photos là-bas et je repars, en octobre, pour poursuivre mon projet. J’aimerais y ouvrir une galerie.

Quid de la prochaine plus grande photo du monde (3) ?

Elle est repoussée aux vacances de Pâques afin de pouvoir être présentée avant l’été 2009. Mais elle se fera et englobera cette fois-ci toute la côte intérieure du bassin, du Wharf à la pointe du Cap Ferret.

(1) http://stephanescotto.unblog.fr (2) Le film s’intitule « La souris qui cachait un éléphant », en référence au test de la souris appliqué à la commercialisation des huîtres. Il est visible sur http ://www.dailymot ion.com/altitude33/video/x6mako-la-souris-qui- cachait-un-elephant-news. (3) Il y a deux ans, à bord d’un ULM, il a réalisé la plus grande photo panoramique au monde en proposant, en un seul coup d’œil, de visualiser tout le front de mer, d’Arcachon aux plages océanes.







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