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Concours photo : la nouvelle méthode des collectivités pour tuer les photographes

4082016

cap ferret Décidément c’est la semaine des articles consacrés aux atteintes portées à mon métier ! Croyez bien que je préférerai parler ici de mes voyages et partager avec vous mes dernières photos, mais comprenez aussi que je peux plus rester muet face à toutes ces menaces qui pèsent sur ma profession. la photographie n’est pas qu’une passion pour moi. C’est surtout mon métier. Je n’ai pas d’autres sources de revenus. Or depuis quelques années, nous assistons à une profonde mutation de cette activité. L’ubberisation, la diffusion à outrance d’images par millions à la seconde sur les réseaux sociaux, le statut d’auto-entrepreneur qui a permis à des photographes amateurs d’officialiser le travail au noir ou plus simplement de se lancer comme photographe en dilétante, la crise qui traverse la presse papier depuis quelques années tout ceci participe à niveler par le bas une activité qui est à la fois un Art et un Métier.

Jusqu’ici, on pouvait encore compter sur les collectivités locales et territoriales qui ont besoin de belles photos pour mettre en valeur leurs paysages, leurs activités, leur patrimoine. Mais c’était sans compter sur la nouvelle trouvaille des petits génies de la communication qui gravitent autour de maires peu instruits et facilement influençables, voir corrompus. Ainsi, les concours photos foisonnent. Les plus grandes villes s’y mettent et à chaque fois les photographes professionnels s’indignent de conditions de règlements totalement abusives, voir illégales. « partagez votre passion pour votre ville, envoyez nous vos photos et vous serez peut-être publié gratuitement avec votre nom dans notre prochain campagne de com ! » voici le type de slogan que l’on peut lire à chaque fois. Mais, depuis quelques jours,  un concours a dépassé toutes les limites  : celui lancé par la Ville de Lège Cap-Ferret ! Cette station balnéaire du Bassin d’Arcachon, fréquentée l’été par la jet set et les familles fortunées parisiennes, n’a peut-être pas les moyens de payer quelques centaines d’euros à des photographes professionnels locaux (et il y en a des bons) pour répondre à ses besoins de communication ? alors l’idée de génie : « lançons un grand concours photo « visages et paysages » et constituons nous une banque d’images gratuite ! » En étudiant le règlement (que peu de participants liront c’est bien connu) on s’aperçoit en effet que les droits sont automatiquement cédés à la commune de Lège Cap Ferret pour une durée de 10 ans et qu’elle pourra les utiliser comme bon lui semble sur tout document de communication. Si on va plus loin dans l’analyse, rien n’interdit à la commune d’offrir vos photos ou même de les revendre à des tiers : magazines, éditeurs, banques d’images. En gros, en croyant participer à un simple concours, vous alimentez une banque d’images et vous retrouverez peut-être vos photos dans des brochures touristiques, des magazines et pourquoi pas des magnets ou des mugs ! non seulement vous ne toucherez rien mais vous aurez permis aux organisateurs et à leurs « amis » de créer une concurrence totalement déloyale pour des photographes professionnels qui, du coup, ne peuvent plus vendre leur travail. Pour le professionnel que je suis, ce genre de concours est préjudiciable car il donne le sentiment que la photo n’a plus aucune valeur commerciale. Tout le monde peut faire des photos et elles seront toujours assez belles pour faire la com gratuite de la collectivité. Le travail soigné des photographes professionnels se retrouve noyé dans une profusion de photos, sans cohérence, sans critères de qualité. Les conséquences de cette vulgarisation de la photo sont catastrophiques. Dernièrement un promoteur immobilier a utilisé sans autorisation une de mes photos pour illustrer une campagne de communication pour un gros programme immobilier. Ma photo est une accroche visuelle, reproduite sur une bâche de 60m2 exposée dans la rue et sur la couverture d’une plaquette commerciale. Son mode de défense est aujourd’hui de dévaloriser cette photo en prétextant qu’il aurait très bien pu en choisir une autre. Mais alors pourquoi avoir choisi celle-ci et sans autorisation ? Il y a d’une part un contexte de dévaluation et de nivellement par le bas, et d’autre part, des petits malins qui profitent de la situation pour spolier le travail des autres. Dans un pays qui brille par sa culture, il est regrettable que la photographie se retrouve si peu considérée. Alors, parce-que je refuse de crever sans me battre, je lance cette pétition que je vous demande de signer, pour soutenir les photographes professionnels mais aussi défendre le droit d’auteur et la création. Signez ici !




Shoot4Me : l’uberisation du métier de photographe ?

27072016

Cela faisait un moment que je voulais écrire un article sur  mes préoccupations concernant mon métier. Mon confrère et ami Hervé Sentucq en a écrit un très fort sur la liberté de panorama il y a quelques jours et aujourd’hui, c’est à mon tour. Après de longues hésitations c’est la plateforme Shoot4Me  qui a déclenché mon tir. (prononcez « shoot for me »).

Une bonne idée mais…

Lancée il y a un an cette  start-up bordelaise propose aux photographes mais aussi aux « faux »tographes de répondre à des appels d’offres pour des reportages photographiques et des demandes d’images d’illustration. Autrement dit, des mandataires (entreprises, restaurants, agences immobilières, collectivités territoriales telles que des Offices de Tourisme, etc…) envoient sur le site le détail de la prestation souhaitée et les photographes inscrits peuvent répondre à l’appel d’offres. A la base, l’idée est très bonne. En effet, nous l’avons tous constaté, les mandataires ont parfois du mal à s’y retrouver dans la cohue des photographes, entre professionnels, amateurs, semi-pros, expérimentés ou non, spécialisés ou pas et des tarifs proposés qui vont du simple au quadruple parfois sans logique. De leur côté les photographes ont également de plus en plus de difficultés pour atteindre de nouveaux clients. Mettre en relation les uns et les autres sur une plateforme internet apparaît donc comme une solution au problème. Sauf que… selon moi, les concepteurs de Shoot4Me ont fait fausse route dès le départ. Au lieu de réserver leur plateforme aux photographes professionnels, ils l’ont ouvert à toute personne possédant de quoi faire une photo. Déclaré ou pas, équipé d’un smartphone ou du dernier réflex pro c’est pareil ! Certes, certains appels d’offres sont réservés uniquement aux photographes « certifiés » déclarés et possédant une assurance, certes il est mentionné dans ces offres le type de matériel qui ne peut pas être utilisé, il n’en demeure pas moins que globalement les conditions tarifaires sont difficiles à accepter pour de vrais professionnels. En effet, j’ai décortiqué avec minutie les derniers (rares) appels d’offres lancés par la plateforme. Et c’est édifiant !

Des « missions » sous évaluées

Prenons comme exemple cet appel d’offre du mois de juin 2016. Il s’agissait de photographier une compétition de mur d’escalade indoor à Bordeaux, suivie d’un cocktail. La « mission » (c’est le terme utilisé par shoot4me pour décrire un reportage photographique) était très précise, très détaillée, allant même jusqu’à préciser les types de cadrages souhaités et les mots clefs pour l’indexation. Le donneur d’ordre estimait la durée de la prestation à quatre heures (en soirée)… et proposait (« imposait » serait plutôt le terme approprié) 200 € au titre de la rémunération.  Tout photographe professionnel et un tant soit peu expérimenté sait que les quatre heures se transformeront sur le terrain en 5 ou 6 heures. Mais ce qui est inquiétant c’est que dans le calcul des « missions » proposées par shoot4me il n’est jamais question du travail de post-production. Comment croire qu’un reportage puisse être livré sans être passé par un tri des photos, des re-cadrages, des mises à niveau, des améliorations de contrastes, de netteté, bref le béaba du métier ? Pour un reportage de ce type, et compte tenu du nombre de photos à livrer et des exigences mentionnées dans la « mission » j’estime personnellement le temps de post-production à 3 heures minimum. La prestation ne fait donc plus 4 heures comme indiquée mais 8 heures environ (sans le déplacement). Le calcul est simple : 200 € divisé par 8 = 25 €/h …BRUT ! Une fois les charges déduites, il ne restera environ que 15 €/heure net au photographe, soit au total 120 € pour une prestation équivalente à une journée complète de travail. Pour certains 15 €/h pour faire un métier qu’on aime, par les temps qui courent, cela peut apparaître comme bien payé, mais il faut considérer qu’un photographe n’est pas un électricien ou un plombier qui va avoir des chantiers quasiment tous les jours. Et c’est bien pour cela que le photographe doit facturer plus cher ses prestations faute de pouvoir vivre dignement de son métier. Pourquoi accepter de travailler à 15 € de l’heure quand n’importe quel artisan refuse de travailler en dessous de 40 € de l’heure ? L’UPP (Union des Photographes Professionnels) estime dans un article détaillé de son site que la journée de travail ne doit pas être facturée moins de 700 € si le photographe veut s’y retrouver au moment de faire son bilan en fin d’exercice. Avec Shoot4Me on en est loin !!!

Les institutions publiques complices

Prenons maintenant l’exemple de cette autre « mission » cette fois-ci proposée par le service communication du SIBA (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon). Cette collectivité territoriale financée par les contribuables est en charge de la surveillance de la qualité des eaux du Bassin mais aussi de la promotion du tourisme (deux prérogatives qui sont en total conflit d’intérêt mais la question n’est pas là). Comme il n’y a pas assez de monde l’été sur le Bassin (ironie), ces génies de la communication ont trouvé un moyen de dépenser encore un peu plus d’argent des contribuables en créant une « marque » identitaire « Bassin d’Arcachon ». Je ne m’attarde pas dans ce billet sur ce que j’en pense et je vous invite plutôt à découvrir une de leurs offres de « mission » de reportage, extrêmement détaillée : lien mission SIBA missionSiba Là encore il convient de décortiquer cet appel d’offre afin de comprendre pourquoi c’est inacceptable, à la fois pour les photographes qui se retrouvent à travailler pour presque rien et pour les contribuables qui risquent au final de payer une campagne de communication de mauvaise qualité. Le SIBA estime par exemple que le photographe pourra réaliser l’ensemble des scènes précises demandées en 6 demi-journées et même les compacter en 3 journées ! Sachant que le photographe devra lui même organiser les rendez-vous avec les différents protagonistes (chantiers navals, restaurateurs, artisans, associations et ostréiculteurs…) qui risquent d’être très occupés en pleine saison, cela relève de l’exploit ! Nous voici donc avec des exigences techniques dignes d’un « shooting » de publicité ou de mode pour un grand magazine, avec modèles, éclairages, assistants, stylistes, directeur artistique, sauf que là, le photographe est seul et payé une misère ! Cerise sur le gâteau : les droits sont inclus et pour une durée de… 10 ans ! Et à nouveau, ni le mandataire ni les responsables de shoot4me ne semblent se préoccuper de la partie post-production qui est pourtant essentielle !  J’ai bien étudié cette offre et j’ai estimé que ce ne sont pas 3 jours de prises de vues qui seront nécessaires pour un travail de qualité mais bien 6 demi-journées. A cela s’ajouteront 3 jours minimum de post-production. Sans compter que les conditions météo, la lumière, la bonne ou la mauvaise volonté des « modèles » ou encore les exigences du client obligeront peut-être à recommencer une ou deux scènes et que le photographe n’osera peut-être pas demander une rallonge de peur de perdre ce nouveau client si « prometteur ». Je ne rentre pas dans les détails financiers mais sachez que là encore, au final, le photographe se retrouve à un taux horaire inférieur à celui d’une femme de ménage non déclarée. Pouvons nous l’accepter ?

Concurrence déloyale

Shoot4Me ne s’arrête pas là. Le site relaye également des demandes d’images d’illustration, pour des sites internet, pour la couverture d’une brochure ou encore un flyer… ces demandes ne sont pas réservées aux professionnels. N’importe qui peut y répondre. Les rémunérations vont de 30 € à 300 €. D’ailleurs aujourd’hui un compte instagram qui s’appelle modestement « Bassin_dArcachon » a partagé l’offre du SIBA, sans mesurer un instant les conséquences que cela représente pour des professionnels.

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Dans le cas présent, le SIBA (et oui encore eux !) pourrait tout simplement confier un petit budget de 600 € à l’un des nombreux photographes professionnels du Bassin ou de Bordeaux pour réaliser cette photo qui semble tout de même relativement importante. Mais non, pourquoi faire travailler un photographe alors qu’il y a peut-être quelqu’un qui aura une photo amateur en stock qui pourrait faire l’affaire et à bas prix ? et c’est tellement plus fun ! Dans d’autres cas de demandes d’images, le temps nécessaire à chercher une photo correspondante dans mes archives, à l’envoyer au client, à effectuer la facture si toutefois il la retient, à la rentrer en comptabilité, à relancer le client qui une fois sur deux a « oublié » de payer ne saurait être rentable pour 30 € brut ! mais cela, les concepteurs de shoot4me ils s’en balancent. Pour eux, ce qui semble compter c’est de donner l’impression que leur plateforme fonctionne, qu’elle génère du trafic, ceci afin de rendre crédible ce que toute start-up rêve de réussir : une levée de fonds !!! Et c’est bien là que je tiens à développer mon propos: sur l’absurdité de ce concept. Selon mon analyse les dirigeants de cette start-up se sont trompés de cible. Leurs clients auraient dû être les photographes et non les mandataires. Au lieu de prendre un pourcentage ridicule sur les appels d’offres aux tarifs sous-évalués car imposés par les donneurs d’ordre, shoot4me aurait dû se rémunérer sur une adhésion payante des photographes et éventuellement un petit pourcentage sur les transactions de paiement, à l’identique de ce qui se pratique sur des plateformes comme AirBnB. Ainsi, les photographes, qui sont les plus compétents pour savoir quels tarifs appliquer, auraient pu garder le contrôle de leur rémunération. Et cela est essentiel !

Infantiliser les photographes

D’ailleurs sur ce point, shoot4me prend les photographes pour des gamins, en employant un vocable limite naïf : « shooting », « mission photo » et j’en passe ! des expressions que l’ont retrouve en général dans le langage des jeunes (et moins jeunes) photographes débutants. ils ont même réussi à recruter des photographes professionnels chargés d’évaluer et de « certifier » leurs propres confrères ! sur quels critères objectifs ? ça je n’ai pas réussi à le savoir. Mais je ne doutes pas un instant que ces « élites de la photographie » ont dû se sentir flattés de la responsabilité qui leur incombe…à défaut d’une rémunération. Et oui, c’est cela l’économie « collaborative »…

Le coeur du problème 

Mais revenons au problème de départ : la tarification. Comment en effet concevoir que ce qui ressemble à un appel d’offre puisse imposer un prix précis et non modulable ?  Dans la normalité, le mandataire devrait définir ses besoins et attendre que les photographes lui fassent des propositions. Des propositions qui d’ailleurs ne seront pas forcément que financières mais aussi artistiques. Un bon photographe doit pouvoir prévenir son client de certaines difficultés qui n’avaient peut-être pas été évaluées et peut aussi apporter de nouvelles idées. Avec shoot4me ce n’est pas envisageable. Il y a une liste détaillée de photos à effectuer et le photographe est une sorte d’opérateur qui va venir appuyer sur le déclencheur.

Tirer les tarifs et la qualité vers le bas

Shoot4Me agit donc comme une agence de photographes alors qu’elle n’en n’a pas la légitimité car ses fondateurs n’ont pas la compétence nécessaire. En tirant ainsi les tarifs vers le bas, la plateforme encourage les mandataires à travailler avec des photographes peu expérimentés, prêt à tous les sacrifices pour démarrer leur activité, conquérir des clients, en espérant peut-être pouvoir ensuite augmenter leurs tarifs. Mauvaise stratégie car la réalité est que les mandataires ne feront que profiter de ce système jusqu’à épuisement. En essayant de gagner des clopinettes tout en participant malgré elle à affaiblir une profession déjà bien en difficulté, la jeune start-up risque de stagner sur ses faibles rentrées d’argent (ses dirigeants reconnaissent eux-mêmes ne pas être rentable) et de finir rapidement comme beaucoup d’autres : en liquidation judiciaire. Mais je ne doutes pas que les collectivités territoriales, qui ont bien compris l’intérêt qu’elles pouvaient en tirer en faisant des économies de bouts de chandelles sur les photos dont elles ont besoin pour communiquer, trouveront un moyen de financer via une levée de fonds publics cette entreprise qui ne peut pas, en l’état actuel du concept, être rentable. Alors pour moi, le photographe également contribuable, se sera un comble : avec mes impôts je participerai à creuser encore un peu plus ma tombe ! J’ai longuement hésité à écrire ce billet qui ressemble bien à une charge contre shoot4me car j’ai toujours aimé l’enthousiasme des entrepreneurs notamment dans les domaines du web. Ils cherchent souvent à répondre à des problématiques du quotidien en utilisant des moyens modernes adaptés à notre époque. Ils sont souvent très sympathiques et humains (ce qui est un drôle de paradoxe pour des gens qui passent l’essentiel de leur temps derrière un écran d’ordinateur) mais force est de constater que nombre d’entre eux vivent et évoluent avec naïveté dans une société qui n’est pas encore suffisamment préparée pour de tels bouleversements. Applications, automatisation, impression 3D, uberisation sont en train de détruire des métiers plus qu’ils n’en créent. Ils déstabilisent des professions, génèrent des conflits et créent du chômage de masse. L’emploi devient de plus en plus précaire et nos dirigeants politiques, une fois de plus, n’ont pas su anticiper.

Quel avenir pour les photographes ?

En tant que photographe professionnel et comme bon nombre de mes confrères de ma génération, je me pose donc beaucoup de questions sur mon avenir. Car je ne vis pas d’amour et d’eau fraîche. Il y a 25 ans, alors que le numérique n’existait pas encore j’ai choisi ce beau métier qui est aussi une passion. Je lui ai consacré l’essentiel de mon temps, allant même jusqu’à lui donner la priorité dans ma vie. A force d’apprentissages, d’échecs et d’obstination, j’avais fini par atteindre le succès et des revenus confortables. Je me suis adapté sans aucun problème à toutes les innovations technologiques et j’ai changé plusieurs fois de spécialités. La remise en question fait partie de mon quotidien mais j’ai le sentiment d’être allé au bout et que la seule alternative qui s’offre à moi c’est de régresser en me mettant au niveau des débutants. A 45 ans je suis bien loin de l’âge de la retraite et pourtant la question se pose : combien de temps vais-je pouvoir tenir ?

Pratiquant l’auto-dérision je dis souvent qu’aujourd’hui je fais des photos « à titre posthume ».

Mais je suis sûr d’une chose : shoot4me mourra avant moi.

Stéphane Scotto, auteur photographe.

Je tiens à préciser que j’ai plusieurs fois fait part de mes remarques par téléphone avec l’un des fondateurs de la plateforme qui a été très à l’écoute (même si au final il n’en n’a rien retenu), que je me suis déplacé à l’une de leurs journées de présentation et que j’ai trouvé cette équipe fort sympathique. Il n’y a rien de personnel dans mon billet qui est bien plus animé par une forme de désespoir et d’impuissance que par la rancoeur. Je ne supporte tout simplement plus la dévalorisation de mon métier. 




St Barth et la Bucket Regatta

31032015

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Il me fallait quelque chose de positif pour oublier cette mésaventure administrative et l’impossibilité de récupérer mon Pentax645Z, toujours bloqué en métropole, puisque j’ai décidé de ne pas céder au racket de l’Etat (lire article précédent).

Heureusement, mon ami Pierre Carreau, photographe installé à St Barth, m’a proposé de venir le rejoindre à l’occasion de la Bucket, cette fameuse régate de grands voiliers de luxe.

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Bien sûr j’ai immédiatement accepté l’invitation. J’embarque donc quelques jours plus tard à bord d’un twin- otter d’Air Antilles Espress  pour un vol de 45 minutes qui va m’emmener sur une ile vraiment à part. Pour la deuxième fois je survit à l’atterrissage (la piste de St Barth est l’une des 5 plus dangereuses du Monde) mais quel bonheur d’atterrir devant une plage aussi splendide que celle de St Jean.  Pierre m’attends et nous voilà partis directement nous enregistrer auprès de l’organisation de la Bucket. L’idée est de trouver une place sur le bateau presse pour le lendemain, ce que nous obtiendrons sans problème.

Les voiliers sont là, superbes, majestueux. Il y en a pour tous les goûts :  ultra modernes et design, comme « Better Place », le Wally. Ou plus classique comme le magnifique schooner « Elena of London ». Il y a aussi « Rebecca » que j’avais photographié à New Port en 2010 !

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Ils ne sont pas seuls à mouiller dans la rade de Gustavia. D’innombrables yachts et super yachts sont là aussi.

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Pas de doute, on est bien à St Barth !

Dans cette atmosphère très américaine qui n’est pas sans me rappeler Cape Cod et Nantucket, je me sens dans mon élément. Avec un curieux sentiment de culpabilité car je n’oublies pas que les 1% les plus riches du Monde sont en parti responsables (volontairement ou involontairement) de ce qui ne tourne pas rond sur la planète. J’ai moi aussi ma part d’hypocrisie. Je suis un être humain après tout.

La bonne humeur de mes amis et les sourires des jolies filles que je vais croiser vont vite me faire oublier ma conscience politique et je vais pouvoir me concentrer sur mes prises de vues qui s’annoncent difficiles pour moi, puisque je n’ai pas pu récupérer mon appareil photo et que je devrais me contenter de l’appareil de prêt qui n’est pas vraiment adapté à ce type de reportage. C’est d’ailleurs en utilisant le Pentax 645 D que je vais prendre conscience des progrès que Pentax à fait avec le 645Z. C’est un peu le jour et la nuit. Et là, je me retrouve dans la nuit…

Le vendredi matin, nous voici avec Pierre prêts à embarquer à bord du bateau presse. Cette année, ce n’est pas un tender confortable mais… un bateau de pêche ! une saintoise avec ces deux marins sympathiques. William, originaire de St Barth, connaît tout de son ile et a très envie de nous faire partager sa passion de son métier. En plus il a l’air de s’y connaitre assez bien en voile, ce qui nous facilite la tâche pour bien nous positionner. A bord il y a aussi la joyeuse Ingrid Abery, une photographe anglaise qui s’est spécialisée en photos de régates, Katarina Baliova, une artiste photographe très talentueuse basée à Londres, et Sandra Gâche, photographe de St Martin. Il y a aussi Ed, un américain qui prend des photos panoramiques avec un Sony alpha et qui n’est autre que ce gars qui s’était pris la roue d’un avion sur la tête pendant un atterrissage (article).

Cette année, il n’y a pas beaucoup de vent. Nos images seront donc moins impressionnantes que ce que mes confrères avaient pu faire les années précédentes. Mais il fait beau, et de toutes façons, pour moi, c’est une première expérience de ce type de régate, alors je suis HEUREUX !

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Au bout de deux heures en plein cagnard, je sens que le mal de mer commence à monter. Je me suis mal positionné sur le bateau, un peu trop à l’avant, dans un recoin inconfortable, et j’ai mal géré mon temps passé dans le viseur de l’appareil photo. Alors forcément… une bonne envie de vomir ne tarde pas à se faire sentir. Je préviens les autres : « attention, je vais dégueuler », je passe la tête par dessus bord en priant pour que personne n’ai eu l’idée de me prendre en photo, et j’expulse mon petit déjeuner. Ouf, ça va mieux. Le mal de mer a disparu aussitôt et nous voilà repartis pour la suite de la régate.

Je suis entouré de photographes tous équipés en Canon 5 D MIII avec des cadences de prises de vues en rafale. Moi je suis au coup par coup avec mon moyen format. C’est assez drôle d’entendre le claquement des obturateurs et le mien au milieu, lent, lourd, tel un pachiderme.

Mais je sais au fond de moi, que la qualité du capteur moyen format donnera peut-être un petit plus à mes images. De la profondeur, du détail, bref des petites choses subtiles que je me sens bien seul à percevoir aujourd’hui, au milieu de ces masses d’images filtrées et instagrammées à mort et partagées par milliards sur les réseaux sociaux. Tans pis, je poursuis ma route comme si de rien n’était, résigné à travailler , même « à titre posthume » comme dirait l’ami Tom Perrin :-)

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Toutes mes photos sont sur ce lien.

Cette première manche se termine et je pense déjà à celle de demain. Je choisi de varier l’angle de prises de vues et de ne pas embarquer dans le bateau presse le lendemain. Je resterai à terre, dans les hauteur de l’ile, afin de capturer les voiliers avec plus de recul. Et puis, on nous a promis en fin de régate un superbe show aérien. En effet, des passionnés d’aviation de la seconde Guerre Mondiale sont arrivés du Texas avec bombardiers et chasseurs tous droits sorti des Têtes Brûlées. Ils vont d’abord faire des passages bas au niveau de la piste d’atterrissage, puis nous présenter leur show au milieu des navires venus se mettre à l’ancre devant le Fort de St Barth. Pierre a pris son impressionnant 600 mm. Mais les conditions sont médiocres. Nous sommes en contre jour et les avions passent trop loin. Tout le public est déçu. Quant à nous, les photographes, on se dit qu’on aurait mieux fait d’aller à la plage… Heureusement, nous garderons un bon souvenir des passages bas au dessus de la piste.

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Dimanche, dernier jour de la régate, j’embarque à nouveau avec Pierre sur le bateau presse. Nous saisissons quelques belles images des navires sous spi, quand soudain, l’inespéré se produit : une baleine se met à faire des jump entre les bateaux. Je parviens à capter la baleine en train de sauter à côté d’un voilier sur le spi duquel est dessiné… une baleine !

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Je complèterai mon reportage par des photos de nuit du Port de Gustavia et j’en profiterai même pour retrouver par hasard, une copine de Dakar que je n’avais pas revu depuis presque 20 ans…

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Ainsi s’achève mon troisième séjour à St Barth en un an. Retour en Guadeloupe, où je dois passer encore quelques semaines avant de revenir dans mon petit paradis : le Bassin d’Arcachon ! Je ne manquerai pas d’amener soleil et chaleur dans mes bagages (en espérant qu’ils n’aient pas inventé une nouvelle taxe là dessus d’ici là !)…

 

Pour voir toutes mes photos de la Bucket c’est ici !

 




Aller photographier la Guadeloupe et se faire racketter par l’Etat

14032015

Douane

 

Comment l’Etat et l’administration française peuvent, avec leurs règles d’un autre temps, empêcher un photographe de paysages marins de travailler dans les DOM.

Je me serais bien passé de cette mésaventure qui, je l’imagine, va vous exaspérer autant que moi.

Voici donc quelques mois que je suis en Guadeloupe pour explorer et photographier les Antilles françaises. Les hivers sur le Bassin d’Arcachon me semblent de plus en plus longs et pluvieux et j’avais envie de reprendre les grands voyages, comme ceux que je faisais aux USA. J’aime rester plusieurs mois dans un autre pays. Cela permet de rentrer en immersion et de prendre son temps pour photographier les paysages avec les bonnes lumières. Et dans ma spécialité, prendre son temps, c’est essentiel.

J’ai donc choisi le sublime archipel de la Guadeloupe comme nouveau terrain de prises de vues. Je n’ai aucune commande, c’est une démarche de ma propre initiative. Cela veut dire que je ne sais pas encore ce que deviendront mes photos. Bien sûr elles iront alimenter PixPalace, la banque d’image qui fournit en photos plus de 400 magazines, et bien entendu je proposerai les plus belles, les plus originales en tirages grands formats à un public d’amoureux de la Guadeloupe. Et pourquoi pas faire un 5 ème livre ?

Comme il n’y a aucun moyen aux Antilles de traiter des films argentiques moyen format, j’ai décidé de franchir le pas et d’investir dans le tout nouveau Pentax 645 Z. Un gros boitier moyen format numérique de 51 Millions de pixels doté en plus de la fonction vidéo. Avec cette bête j’étais assuré de produire de la très haute qualité tout en étant parfaitement autonome. Je me suis donc soulagé de près de 10 000 € dans ce nouveau matériel en me confortant dans l’idée que c’est quand les affaires ne vont pas bien qu’il faut aller de l’avant, innover, investir. Comme pour conjurer le sort. J’ai donc acheté ce matériel à Bordeaux, plusieurs mois avant de partir.

Après 8 heures de vol, me voici arrivé hyper motivé dans la Caraïbe. Je passe la douane bagages sans soucis avec ma valise et mon énorme sac à dos photo (format cabine). Personne ne me demande quoi que ce soit. J’arrive dans un département français (et même une Région) ou seule la carte d’identité suffit. Devant moi, derrière moi, il y a des milliers de touristes qui arrivent eux aussi avec leurs appareils photos et leurs ordinateurs portables. Chacun à le sentiment d’avoir voyagé d’un département français à un autre.

Pendant plusieurs semaines tout se passe bien. Je ne rencontre aucune difficulté particulière. Il faut juste s’habituer aux grèves incessantes devenues un sport national. Grèves d’essence, grèves de l’eau,  et à nouveau grève d’essence (ou rumeurs de grève qui ont le même effet). Sinon, le soleil est là, le ciel est bleu, les paysages splendides, les guadeloupéens sont majoritairement sympas et accueillants, et les cocotiers qui dansent avec les alizés procurent l’apaisement. Un vrai paradis.

Arrive le carnaval, que bien entendu je veux photographier. Je me réjouis à l’avance du regard que je vais pouvoir poser sur le défilé avec mon moyen format. Je suis donc en place avec mon superbe appareil en bandoulière qui attise la curiosité des passionnés de photo présents dans le public.  Le défilé de Saint-François démarre et je commence mon travail. Et puis, au bout de 30 minutes, le drame. Celui que tout photographe redoute : la panne d’appareil photo. Je dois dire qu’en 25 ans de métier, je n’ai jamais été en panne d’appareil. Je me retrouve donc stupéfait face à cette situation qui s’annonce radicale. En effet, il semble que le ressort du bouton de déverrouillage des optiques à lâché et il est désormais impossible de retirer l’objectif en place pour le remplacer par une autre focale. Je me dis que ce n’est pas possible, que je vais réussir à débloquer ça, qu’il doit y avoir un grain de sable qui coince et que ça va s’arranger. Je m’excite donc pendant plus de 30 minutes sur mon boitier et mon objectif.

Voyant que je n’arriverai à rien, je rentre à pied, désabusé. J’essaye encore de retirer l’objectif, je force mais rien à faire, c’est foutu, il faut se rendre à l’évidence. Comment vais-je faire ? je n’ai que ce boitier. Rien d’autre. Et j’ai un reportage important et intéressant dans deux semaines (Triskell Cup, une régate de voiliers entre les iles sur 5 jours). L’organisateur ne m’a pas encore validé le devis mais il m’a dit verbalement que c’était ok, alors j’y crois. Il faut ABSOLUMENT que je trouve une solution !

Le lendemain, j’appelle le commercial de chez Pentax pour lui exposer la situation. Il n’en revient pas de cette panne et se confond d’excuses au nom de la marque. Il me promet de tout mettre en oeuvre pour que je ne sois pas lésé. « Je vous envois un 645 D de toute urgence pour vous dépanner et on va vous réparer le votre en priorité ».

Ouf, je vais me tirer de ce mauvais pas.

Ainsi donc, j’envois mon appareil à Paris en Chronopost  (ce qui me coutera tout de même 140 €) et j’attends la réception du boitier de remplacement. Ce sera un appareil de démonstration âgé de deux ans. En fait, l’ancien modèle du mien, moins performant et sans la vidéo, mais pour le reportage à venir cela suffira amplement, et de toutes façons je vais récupérer le mien très vite. C’est l’affaire de quelques jours.

Enfin… ça c’était sans compter sur la lourdeur de l’Administration !

Au bout de 4 jours, n’ayant aucune nouvelle du transporteur TNT choisi par Pentax, je me renseigne et je finit par tomber sur le responsable de la société de transport relais TNT. (En fait TNT n’est pas directement présent en Guadeloupe). Celui ci m’explique un peu décontenancé pour moi qu’il a bien reçu le colis mais qu’il l’a bloqué car il faut que je paye 1440 € de taxe d’importation !!! oui vous avez bien lu : 1440 € !  en fait 36 % d’octroi de mer basé sur  la valeur déclarée par Pentax sur le document de transport (4000 €).

Pourtant ils avaient bien précisé : « matériel de prêt suite retour SAV, pas de valeur commerciale » mais les douanes peuvent se baser apparemment sur la valeur couverte par l’assurance pour justifier le racket organisé par l’Etat. J’explique au transporteur que ce n’est pas possible et qu’il faut trouver une solution. Celui-ci me fait comprendre qu’il aurait fallu ne déclarer que 50 € pour ne payer que 36 % des 50 €. Autrement dit : frauder ! Mon urgence étant de débloquer la situation coute que coute, j’en fait part à Pentax qui refuse de rentrer dans ce genre de combine.  Le lendemain, le responsable de Pentax m’annonce qu’ils vont prendre à leur charge les 1440 € de taxe car il faut que je puisse assurer mon reportage. Moi je refuse catégoriquement ! c’est du chantage et il n’est pas question de céder.

Je décide de prendre le taureau par les cornes et d’essayer de contacter un responsable des douanes. Je finit par l’avoir au téléphone. Il m’écoute, puis me passe un sermon comme quoi j’aurais dû faire les choses dans les règles c’est à dire passer par un transitaire et remplir un document d’entrée provisoire sur le territoire avec date de sortie fixe. Je lui répond que je n’en savais rien, que c’est la première fois en 25 ans de métier que je suis confronté à cette situation, et que chez Pentax on ne se doutait pas que la Guadeloupe étant un département français, les choses puissent être aussi compliquées. Ce en quoi il me rétorque un peu agacé : « mais ici ce n’est pas la France !  » puis de préciser : « sur le plan fiscal ce n’est pas comme en France » … Je lui fait remarquer que c’était à TNT de signaler à Pentax cette subtilité et que nous sommes de bonne foi. Sensible à mes arguments, il finit par me proposer de venir le voir dans son bureau à l’aéroport demain matin avec une déclaration « de bonne foi » en trois exemplaires. Je ne vis pas en Guadeloupe et je n’ai pas d’imprimante. Je me débrouille donc pour trouver quelqu’un qui pourra m’imprimer la paperasse. Encore une perte de temps et d’énergie.

Nous sommes en 2015 et un simple mail aurait pu suffire mais non, là il faut que je me déplace…  Donc le lendemain matin, je me tape une heure de voiture pour aller aux douanes du fret aérien (griller du diesel pour polluer un peu plus l’ile, c’est sûr que je n’ai que ça à faire !) . Sur place, je rencontre le directeur des douanes qui me reçoit dans son bureau et m’explique que j’aurais dû déclarer tout mon matériel avant de partir de métropole. Il me précise que tout ce qui rentre en Guadeloupe est soumis à des taxes et que je ne déroge pas à la règle. Je lui explique que c’est la première fois que j’entends ça, que je voyage régulièrement sur d’autres continents et qu’on ne m’a jamais posé le moindre problème. Que de plus, la Guadeloupe est un département français et qu’il est aberrant qu’un photographe indépendant français doive déclarer son matériel et payer des taxes alors même qu’il vient photographier les paysages de Guadeloupe et que ses photos serviront peut-être à promouvoir le tourisme de l’ile. Mais il me rétorque (et il n’a pas tord) que ça il faut le dire au législateur, lui est là pour faire appliquer les règles, sans oublier d’ajouter la phrase classique : « nul n’est censé ignorer la loi ».

Au final, après 20 minutes de palabres, il me fait une faveur et me signe le papier « à titre exceptionnel » et je repars donc avec mon appareil de secours. Un papier volant qui ne sera classé nul part au final et qui me sert juste à récupérer mon paquet chez le transporteur. Je sors du bureau en me disant : « tout ça pour ça »…

Avant de quitter son bureau j’ose lui demander :  » et pour mon appareil qui va être réparé, comment je fait pour le récupérer ? » sa réponse : « ah non ! là il faut que vous alliez demander un carnet ATA à la CCI de Pointe à Pitre. Allez les voir ils vous expliqueront ».

Quand la balle est renvoyée dans une autre administration, alors là tu peux te dire que tu vas vivre un enfer…

Le lendemain, j’appelle donc la CCI de Guadeloupe et je demande le service concerné. Le nom du service c’est « Appui aux Entreprises » ,  avec une telle dénomination, je me dis donc tout naturellement qu’on va y arriver. Mon optimisme est vite rattrapé par la nonchalance d’une dame qui m’explique qu’il fallait que je déclare mon matériel au départ de Bordeaux à l’aide d’un carnet ATA et qu’elle va m’envoyer un… devis. Effectivement quelques minutes plus tard je reçois son devis. Le carnet ATA ne coute pas moins de 380,99 € et n’est valable que pour 5 voyages avec un plafond de matériel à 11 000 €. Selon elle il faut l’utiliser à chaque fois qu’on se déplace dans les DOM et… en Europe !!! il y aussi une proposition à 250 € pour un seul coupon. Je commence à enrager en découvrant en plus toute la paperasse qu’il faut fournir pour acheter le fameux carnet de coupons. Mais le summum va être atteint quand elle va m’envoyer quelques instants plus tard un autre mail pour m’annoncer que de toutes façons elle s’est renseignée auprès de la CCI de Paris et que dans la mesure où il aurait fallu le faire au départ de Bordeaux et bien il ne peut y avoir de rétroactivité et donc il n’y a pas de solution ! Il faut que je demande aux douanes comment faire !!!

Pièces à fournir

Pièces à fournir

 

Détail du prix du carnet ATA

Détail du prix du carnet ATA

 

Détail des redevances

Détail des redevances

 

Message de la CCI de PTP

Donc retour à la case départ. J’appelle à nouveau le chef des douanes du fret aérien. Il me dit qu’il ne peut rien faire. Je lui dit : « écoutez, je n’ai pas envie de polémiquer pendant 20 minutes parce-que vous avez autre chose à faire et moi j’en ai plus que marre, alors est-ce que vous me faîtes à nouveau une exception ? c’est OUI ou c’est NON ? ». Sa réponse est on ne peut plus claire : « c’est NON ». Au revoir Monsieur.

Me voici donc dans l’impasse. Cette fameuse impasse administrative insupportable à laquelle nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre et que nous vivons comme une injustice. Que ce soit les disfonctionnements du RSI, une amende injustifiée, une erreur administrative, un dossier égaré, une usurpation d’identité, à chaque fois la victime se sent impuissante et abattue face à un mur infranchissable qui est celui de l’ADMINISTRATION.

Là je peux le dire, je suis dépité, dégouté, scandalisé, écoeuré. Alors que j’apprend au même moment que la famille royale du Quatar ne paye aucune plu-value sur ses transactions immobilières en France, moi, simple auteur photographe indépendant, qui se bat chaque jour pour assurer sa subsistance dans un marché devenu très tendu, qui n’a droit à rien, ni congé maladie, ni chômage, et certainement ni retraite, je dois dépenser mon temps, mon énergie et mon argent à remplir de la paperasse, payer des taxes, uniquement pour avoir le droit de voyager DANS MON PROPRE PAYS avec mon appareil photo !

Et ce fameux « choc de simplification » annoncé par notre Président ? il est où ???

Je pense que nous devons être le seul pays démocratique et moderne au Monde à se comporter aussi injustement  avec ses propres concitoyens. Le simple fait de devoir déclarer son matériel en voyageant de métropole à un département d’outre mer équivaut d’emblée à une suspicion de  de fraude. Oui en France, tandis que des parlementaires eux fraudent à coup de millions en toute impunité, se payent des biens immobiliers (y compris aux Antilles) avec leurs indemnités et continuent de se pavaner sur les bancs de l’Assemblée, nous petits indépendants, artistes, artisans, commerçants, gérants de PME, nous devons nous soumettre à des règles absurdes, inventées par des énarques qui ne connaissent rien de la vraie vie et qui nous assomment de leur sens aigüe de la complexité ! Je ne me sens aucunement « populiste  » en faisant un tel constat. Juste un sentiment d’injustice et de gâchis.

Je suis en colère contre ce gouvernement qui nous a promis un « choc de simplification » . Simple effet d’annonce une fois de plus.

Quand on voyage on entend souvent que le français est roublard, malhonnête… mais il est évident que tout est fait pour nous conduire à la ruse, à la petite magouille… ou à baisser les bras.

Un ami m’a écrit hier : « et maintenant ? cette situation elle profite à qui ? à quoi ?  Cela n’a plus aucun sens. »

Dans quelques jours, j’irais à St Barth photographier un évènement exceptionnel : la Bucket Regatta. Je ne serais pas au top puisque je ne peux pas rapatrier ici mon propre appareil photo. Je vais donc me contenter de celui que Pentax m’a envoyé en secours, beaucoup moins performant, et je ferais de mon mieux, bien sûr. Mais je me dis qu’en résumé : je suis puni d’avoir investi dans du matériel haut de gamme et performant. Un photographe amateur ou pro, équipé avec un matériel plus basique et donc moins couteux, lui ne serait pas soumis à toutes ces tracasseries. Il se le ferait envoyer en simple collisimo et passerait au travers des mailles du filet. Mais moi je ne peux pas prendre le risque de faire voyager 10000 € de matériel par la poste avec une assurance limitée à 800 €.

Tirer la qualité vers le bas, décourager les plus dynamiques et ceux qui prennent des risques, voilà la politique qui est menée depuis des décennies en France. Et aujourd’hui j’en suis victime.

Oui bien sûr, il y a pire dans la vie et j’en suis bien conscient. Mais pour autant, cela reste absurde et insupportable.

Alors ami photographe qui a eu la patience de lire cet article jusqu’au bout, tu es aujourd’hui informé qu’à chaque fois que tu voyage en Guadeloupe et dans les DOM, si tu ne t’es pas soumis à ce racket organisé, et au jeu de la paperasserie administrative, tu prends un risque, celui de te voir confisquer ton matériel par les douaniers, à l’arrivée ou au départ. Eux n’y sont pour rien. Ils appliquent des règles absurdes dictées par des gens qui vivent sur leur nuage. Et je suis convaincu que les douaniers préféreraient utiliser leur énergie et leur temps à traquer les trafiquants de drogue, si nombreux dans cette région, plutôt que de gêner et ralentir ceux qui ne demandent qu’à travailler honnêtement.

Et à ce stade de mon billet et de mon exaspération je vais me permettre en conclusion un petit avis personnel :  selon moi, les premières victimes de cette barbarie administrative sont les guadeloupéens eux-mêmes, qui au quotidien se font racketer, notamment par la grande distribution, en payant leurs achats 30 à 50 % plus cher qu’en métropole. Tout ceci pour alimenter les dépenses considérables de la Région Guadeloupe qui a acheté la paix sociale en fonctionnarisant 40 % de la population active, et qui est capable de dépenser des dizaines de millions pour un musée de l’esclavage mais qui ne dépensera pas un centime pour construire un nouvel hôpital digne de ce nom ! et que dire de l’eau potable qui ne coule que par intermittence dans les foyers ! Comment un département où le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale, où le taux de criminalité bat chaque année tous les records, et ou le travail informel est toléré, peut-il se permettre le luxe de décourager celles et ceux qui voudraient participer, chacun à leur petit niveau, à faire de cette ile magnifique un territoire encore plus attrayant et dynamique ?

Et oui, un photographe qui se déplace plusieurs mois sur un territoire pour le photographier, observe, se renseigne, s’imprègne, tente de comprendre… et si on le prive de son outil de travail, il peut toujours s’exprimer par la parole ou l’écrit.

Voilà, c’est fait. Et maintenant ça va tweeter sec ! parce-que j’ai espoir que ce billet arrive devant les yeux d’un haut responsable politique et qu’il prenne conscience, à travers cette petite mésaventure,  de l’écart énorme qui existe entre sa vision du travail et celle de ceux qui sont dans la vraie vie.

Laissez nous respirer ! laissez nous libérer notre énergie, notre créativité ! arrêtez de nous compliquer l’existence ! c’est tout ce que je vous demande. Et apparemment on est quelques millions de français, de métropole et des DOM TOM,  à penser la même chose…

Lecteurs de ce blog, journalistes, administrateurs de sites, portails, pages fb, n’hésitez pas à partager cet article si vous le souhaitez. (Merci d’utiliser le lien et non un copié-collé du texte)

 




Mes photos du Bassin d’Arcachon à nouveau sur vos murs ! …et livraison gratuite jusqu’au 31 décembre !

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Tirage laminé sur bois 60x130 : 350 €

Tirage laminé sur bois 60×130 : 350 €

Je vous l’annonçais en septembre : mes photos du Bassin sont désormais à nouveau disponibles en tirages grands formats et sur différents supports. Bien entendu, toujours en édition limitée à 30 exemplaires, tous formats confondus.

La bonne surprise c’est le retour de la finition « Laminage sur bois » que les anciens clients de ma galerie d’Arcachon connaissent bien. J’ai réussi à remettre en place un process de commandes à distance et d’expédition fiable avec mes labos partenaires habituels. Parce-qu’on ne change pas une équipe qui gagne ! La deuxième bonne nouvelle c’est que les tarifs n’ont pas changé depuis plus de 10 ans ! Par exemple le panoramique 60×130 ou 50×150 est toujours à 350 €, comme au tout début de l’aventure !

En plus du tirage argentique laminé sur bois, je vous propose aussi l’impression directe sur verre acrylique et le contre collage sur dibond alu. Vous avez l’embarras du choix !

Sur ma page fb (que je vous invite toujours à suivre car c’est là que tout se passe), j’ai proposé pendant deux semaines les frais de livraison offerts. Une dizaine de personnes ont pu en bénéficier. Toutes les commandes sont arrivées à bon port et je n’ai eu que des messages de satisfaction. Cela m’encourage à développer mon site dans les prochains mois, notamment avec une version anglaise pour essayer de capter le marché américain avec mes photographies de Cape Cod.

C’est maintenant au tour des lecteurs de ce blog de pouvoir profiter de cette offre. Vous avez donc jusqu’au 31 décembre 2014 pour commander une photographie et bénéficier de la livraison gratuite. N’oubliez pas de me préciser que vous avez lu cet article !

Je vous présente une sélection de photos en situation en cliquant ici

Et toutes les autres sont sur mon site : www.stephanescotto.com




En attendant Irène…

28082011

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Depuis mon arrivée à Cape Cod il y a un mois je n’ai pas donné beaucoup de nouvelles sur ce blog et je m’en excuse.

Il faut dire que je suis surtout venu pour chercher un local afin d’ouvrir une galerie et réaliser un business plan. Aussi pour me faire des contacts et des amis.

J’ai également réalisé les photos aériennes manquantes pour mon prochain livre.
J’ai pour l’occasion retrouvé mon pilote Chris et nous avons pu réaliser de justesse 3 vols à bord de son cessna 172.

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Je dis de justesse car tous les vols au dessus de Cape Cod sont interdits pendant les vacances du Président Obama sur l’Ile de Martha’s Vineyard.

J’ai donc pu tout de même réaliser les photos de détails que je souhaitais ajouter à mon ouvrage.

Alors que je me prépare à aller passer une semaine sur l’ile de Nantucket, voici que l’ouragan Irène approche dangereusement des côtes de la Nouvelle Angleterre.
Au moment où je vous écrit cet article, il est en train de balayer la Virginie et a déjà fait 6 morts dont un enfant de 11 ans.
Une grande partie de la ville de New-York a été évacuée à cause des risques importants d’inondation.

Demain matin Irène atteindra le New Jersey, puis NYC puis, le Connecticut, puis… le Massachusetts où je me trouve.
Comme tout le monde je me suis préparé à l’affronter. Lampes électriques, bougies, vivres, eau, plein d’essence dans la voiture.
Je ne peux pas faire beaucoup plus.

Irene

En fonction des dégâts qu’Irène aura occasionné, ici et sur l’ile de Nantucket, je pourrai ou non prendre le ferry pour m’y rendre.
Il est possible que je sois coupé d’internet dès dimanche après-midi.

Voilà, si je parviens à garder le contact avec vous, notamment par le biais de ma page facebook, plus facile à alimenter que le blog, je vous raconterai le déroulement des évènements.

à suivre




Cape Cod, suite et fin…

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Oui oui je sais… je n’ ai pas tenu à jour le blog depuis plus de deux semaines…

Mais je vous avez bien prévenu lors de mes derniers articles : j’étais vraiment très occupé et la gestion du blog est assez lourde, surtout quand, comme moi, on souhaite y ajouter un maximum de photos et de vidéos…
C’est pourquoi je continue à vous conseiller de suivre mon aventure sur ma page facebook qui requiert beaucoup moins de manipulations et de programmation que le blog, et que je peux donc mettre à jour plus régulièrement.
Je vous rappelle à nouveau que vous n’êtes pas obligé de créer un compte pour accéder à ma page qui est publique.
Il vous suffit de cliquer sur ce lien :
http://www.facebook.com/pages/Stephane-Scotto-photographe/256749255407

Alors que s’est-il passé depuis le dernier article ?

Et bien j’ai continué à faire des photos, presque tous les jours, quand le temps le permettait.
Je me suis fait déposer en bateau au village de la lagune de Sandy Neck.
Située sur les communes de Barnstable et de Sandwich, Sandy Neck est une longue lagune de plus de 8 km, sans route ni piste cyclable donc inaccessible sans bateau ou sans 4X4. Au bout de cette lagune, il y a un village de cabanes en bois, sans eau et sans électricité et un petit phare. Quelques privilégiés les possèdent et les entretiennent de la façon la plus simple qu’il soit.
Quand je m’y suis rendu, le village était désert. Une atmosphère de village « fantôme » sous un ciel bleu « Scotto ». Magique !

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Cape Cod by the air

J’ai volé encore deux fois avec Chris et son Cesna 172.
Deux longs vols de deux heures, l’un pour explorer le Nord de Cape Cod, jusqu’à Provincetown, l’autre, il y a quelques jours, pour survoler et photographier l’ile de Nantucket.
Lors de ce dernier vol j’ai également demandé à Chris de monter jusqu’à 5000 pieds afin de réaliser des prises de vues de Cape Cod à haute altitude. Nous sommes donc monté le plus haut possible jusqu’à atteindre les nuages.
A cette altitude j’ai vraiment réalisé la taille gigantesque de la baie de Cape Cod car il m’a été impossible de réaliser une vue d’ensemble. Je pense qu’il faut monter beaucoup plus haut, peut-être 8000 pieds…
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Sailing with Kathleen…

Grâce à Florence et à son mari Bill, charpentier de Marine, j’ai eu le privilège de participer à la mise en place des petits rivets en bois sur le pont d’un magnifique voilier en pleine restauration au chantier Beetle Cap.

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Et puis, surtout, la cerise sur le gâteau de ce merveilleux séjour à Cape Cod fut l’expérience inoubliable que j’ai vécu à bord de Kathleen, un fantastique Cat Boat, construit par Bill.
Son propriétaire, Tim, m’avais invité pour une petite croisière de Bristol à Newport dans le Rhode Island.
3 heures de navigation dans un endroit mythique pour tous les marins et les « voileux ».
Comme Tim ne connaît pas le stress, il m’a laissé barrer longuement ce magnifique navire et j’ai même fait l’incroyable expérience de passer sous deux ponts avant de rejoindre le port de Newport. Croyez-moi, passer sous un pont à bord d’un tel voilier c’est extraordinaire ! Nous avons effectué le retour de nuit, sous la pleine lune et avec très peu de vent. Tim est un jusqu’auboutiste donc aucun moteur sur son bateau. Juste le vent et… la patience…

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J’ai également cherché à mieux connaître Cape Cod et ses habitants et saisir leur mode de fonctionnement.
J’ai assez d’images pour réaliser un livre de photos aériennes et je pense que je vais m’y atteler dès mon retour en France.

La suite de mon voyage en Amérique….

Mais avant de rentrer, j’ai encore un mois à passer aux USA et j’ai donc programmé la suite du voyage, avec quelques changements radicaux…
En effet, je ne pars plus en Floride comme je l’avais annoncé mais plutôt pour le Colorado !
Je rejoins mon ami Fabien Laugier, étudiant à l’école des Mines de Golden, dont je vous avait déjà parlé sur ce blog cet été car il réalise une étude sur l’érosion du Bassin d’Arcachon. Je vais rester avec lui quelques jours puis, je l’accompagnerai dans les montagnes rocheuses pour faire des prélèvements, puis je prendrai la route pour un grand « road movie » à travers l’Ouest américain. Je traverserai le Colorado, l’Utah, le Nevada, l’Arizona, et le Nouveau Mexique, afin d’atteindre le désert de White Sands. Puis je remonterai vers Denver par une autre route.
J’ai loué un SUV confortable, et je dormirai dans des Motels, voir dans la voiture si besoin est.
Ce périple devrait durer 15 jours.
Voici l’itinéraire prévu :
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Il restera donc encore une semaine avant mon retour sur le Bassin d’Arcachon, et j’irai soit à Los Angeles, soit à Miami. Je n’ai pas encore décidé…

Transition à Mystic…




Cocktail Cruise !

24092010

Pour un premier jour à Cape Cod, on peut dire que je suis vraiment gâté !

Me voici en train de prendre l’apéro à bord d’un bateau au beau milieu de la baie de Cotuit :

Agrandir le plan
, un des plus beaux endroits de Cape Cod, en compagnie de Florence et Bill.

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Florence, une française installée depuis dix ans à Cape Cod est rentrée en contact avec moi via mon blog. En réalité c’est moi qui l’ai contacté suite à des commentaires qu’elle avait posté sur certains articles de mes précédents voyages à Cape Cod.
A force de discuter nous avons sympathisé et je dois dire qu’elle m’a pas mal aidé pour l’organisation de ce nouveau voyage.
Bill, son mari, est charpentier de marine. Tous deux se sont rencontrés à Mystic Seaport (voir mon article en 2008) et partagent l’amour des bateaux traditionnels en bois. Je ne pouvais pas mieux tomber !

Hier donc, Florence m’appelle pour m’inviter à faire un tour en bateau sur la baie de Cotuit où ils ont la chance d’habiter.
Une invitation qui ne se refuse pas !
Leur bateau étant malheureusement sur cale pour cause d’entretien nous embarquons à bord d’un petit hors bord.
Une fois partis je me rends compte que j’ai oublié mon boitier numérique sur la table du séjour de leur maison… trop tard pour y retourner je vais donc devoir utiliser uniquement mon appareil panoramique rotatif moyen format et… mon iphone !

L’endroit est paisible, la lumière superbe, et nous parlons de Tom Perrin car le lieu possède son « Banc d’Arguin, réserve protégée pour les oiseaux ». Ahhh c’est certain il serait heureux ici le Tom ! Elle m’explique que l’été c’est un peu comme chez nous, l’endroit est envahi de bateaux et de parasols. En revanche il est interdit de traverser les Dunes. Les plaisanciers doivent choisir entre un côté ou l’autre pour débarquer.
Florence me fait remarquer la présence d’énormes nids en haut de certaines maisons pour des oiseaux dont j’ai oublié le nom mais qui doivent ressembler à des cigognes.
cielcotuit.jpg cotuit01.jpg cotuit02.jpg cotuit03.jpg

Nous continuons notre balade, le soleil descend et des nuages incroyables de dessinent dans le ciel. J’enrage de ne pas avoir mon boitier numérique qui me permettrait de photographier ces paysages magnifique avec cette basse lumière. Mon widepan à ses limites, surtout debout sur un bateau…

Un bateau à moteur au mouillage attire notre attention : il est inscrit dessus « Over Bordeaux »… un mystère qu’il va falloir éclaircir… c’est idiot, je n’ai pas pensé à laisser ma carte dessus…
overbordeaux.jpg

La lune se lève. Elle est pleine. C’est sublime.

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Un dernier verre de vin blanc et nous rentrons tranquillement au quai puis repartons chez eux pour le dîner.

Discussions à propos de Cape Cod, du Bassin d’Arcachon, de la France et de l’Amérique, des similitudes et des différences.
J’écoutes avec attention le point de vue de Florence.
Je leur ai offert mon calendrier et j’explique donc à Bill les particularité de notre endroit.
Nous évoquons aussi la plaisance traditionnelle qui semble en voie de disparition, même à Cape Cod, les plaisanciers préférant de plus en plus acquérir des bateaux à moteur en plastoc pour aller plus vite du point A au point B sans emmerdements !
Nous aurions pu discuter toute la nuit mais il commençait à se faire tard et, comme Bill, qui se lève tôt, je commençais à avoir les paupières lourdes.
Bill m’offre à son tour un magnifique calendrier : celui du célèbre magazine Wooden Boats, réalisé par le photographe Benjamin Mendlowitz, avec entre autre, une photo de Thetis, une des fiertés de Bill qui ne manquera pas d’interpeller mes amis « voileux » du Bassin.
woodenboatscalendar.jpg thetis.jpg

Voilà, je me suis fait des nouveaux amis ici, qui, comme Susan et George, sont en or !




Fin d’une belle histoire…

9092010

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Voilà…

La Galerie a fermé ses portes le lundi 30 août.

J’aurais tout tenté, absolument tout, pour obtenir juste une chose : le droit de tenir ma Galerie dans des conditions normales, comme je l’ai fait pendant 9 ans… jusqu’à l’installation de nouveaux voisins en mai 2009.
1 an et demi de diplomatie discrète avec l’adjointe Yvette Maupilé qui n’a cessé de me promettre de régler le problème et qui n’a jamais rien fait,
Des dizaine de courriels et de courriers sans réponse,
Le diagnostic de visibilité réalisé par un expert de la Chambre de Commerce qui met bien en évidence le préjudice subit,
Une mise en demeure adressée au Maire en mai 2010 restée elle aussi sans réponse,
L’intervention totalement inefficace du Médiateur de la République,
La tentative de conciliation du sous-préfet qui n’a pas réussi à convaincre le Maire de me recevoir,
Un article dans Sud Ouest et un autre dans la Dépêche du Bassin,
La polémique sur mon blog et la pétition en ligne qui a recueilli plus de 300 signatures (mystérieusement disparues début août suite à un bug du site hébergeur…),
La chute violente d’une personne âgée devant les innombrables portants extérieurs encombrant le trottoir et autorisés abusivement par la Mairie,
L’intervention de Vital Baude, au dernier conseil Municipal, qui n’aura eu comme réponse que des discours incohérents et contradictoires de la part du Maire et de son adjointe… (même pas repris dans la presse locale qui m’a bel et bien lâché)
La pose d’un grand panneau fournit par Reporter sans Frontières « Libérez les otages » afin de bloquer l’accès aux portants de la boutique voisine par mon entrée qui aura eu une certaine efficacité mais des agents municipaux seront quand même venus pour me le faire enlever…
et enfin, le soutien de centaines et de centaines de personnes qui n’a pas non plus ému Yves Foulon.

Le règlement existe, les textes me donnent raison, mais le Maire Yves Foulon a refusé catégoriquement de réagir.
Lui et son « homme de l’ombre » avaient bien compris le tort que pouvait me créer cette situation et ils m’auront donc eu à l’usure.
Alors pourquoi ?
Quelles seraient donc les motivations du Maire d’Arcachon, qui par ailleurs se défend de toute volonté de me nuire ?
Est-ce juste une vengeance pour ne pas avoir accepté que ma photo soit utilisée pour sa carte de voeux il y a 3 ans ?

Je pense qu’au départ il s’agissait bien de ça. Puis, voyant que j’étais près à me battre pour faire appliquer la loi, lui et son « homme de l’ombre » ont décidé d’aller plus loin.
Car ils ont bien compris que cette banale histoire de portants extérieurs représentait un réel préjudice pour mon activité, déjà fragilisé par la récession économique.
L’occasion était trop bonne pour débarrasser Arcachon de l’embarrassant photographe.

Ils savent aussi que cette galerie n’est pas juste un business pour moi mais avant tout un lieu de rencontres et d’échanges ou chacun pouvait venir partager son admiration du Bassin au travers de mes photographies. Et depuis deux ou trois ans, on y parlait aussi beaucoup de la protection du Bassin, d’environnement et c’est certainement cela qui a posé problème. J’ai toujours tenu à ne pas faire de politique mais il est vrai que l’activisme en matière de protection de l’environnement est en soit une forme d’engagement politique.

Il y a deux ans j’ai été approché par deux candidats d’opposition pour rejoindre leurs listes, l’un à Gujan, l’autre à Arcachon.
J’ai refusé mais j’ai quand même écopé d’un contrôle fiscal sur mon activité d’auteur-photographe deux semaines avant le premier tour…
1 er avertissement…

Il y a eu aussi mon intervention dans l’émission Thalassa à propos du Wharf et des eaux usées… une très courte intervention mais qui n’est pas passez inaperçue. Tiens, tiens, la presse nationale s’intéresse à lui maintenant ? oulala, pas bon, pas bon…

L’année dernière, deux gendarmes venus de Lorient sont venus à mon domicile afin de m’auditionner sur les problèmes environnementaux du Bassin, dans le cadre de l’enquête déclenchée par le magistrat de Bordeaux suite à la plainte contre X des ostréiculteurs pour pollution des eaux du Bassin. Les documents photos et vidéos que j’avais recueilli, mes connaissances de certains dossiers, la synthèse que je pouvais en faire en toute sincérité puisque non impliqué politiquement, intéressait donc la justice. J’imagine que la discrétion que j’avais réclamé aux enquêteurs n’a pas fait long feu… et que cette info est rapidement remontée aux oreilles de certains élus.

Alors OUI, le photographe « Scotto », pourtant activiste solitaire, commençait à prendre un peu trop d’importance au goût de certains, qui en bon calculateurs politiques ont dû s’imaginer qu’il pourrait bien s’impliquer d’avantage avant les prochaines échéances électorales…
Il fallait donc briser le lieu ou il s’exprime et cette banale histoire de portants extérieurs tombait donc à point.
Facile ! il suffisait de ne rien faire, de ne pas répondre à ses courriers, de laisser pourrir la situation, puis de déclarer dans la presse que « ce garçon est victime du syndrome de persécution »…

A ceux qui douteraient encore de mon analyse de la situation, je n’ai qu’une question à leur poser : si je me trompe, ou si je souffre du « syndrome de persecution » comme l’a déclaré Mme Maupilé dans Sud Ouest, pourquoi le Maire n’a t-il pas alors ordonné que l’arrêté municipal portant occupation du domaine public ne soit respecté et pourquoi a t-il donné une autorisation encore plus permissive à mes voisins début juillet, telle une ultime provocation, alors que je m’efforçais avec discrétion de le sensibiliser à ma situation depuis plus d’un an ?
Non il ne s’agit pas juste d’incompétence ! il y a bien eu depuis le début la volonté de ne pas résoudre le problème.

Beaucoup parmi vous me reprochent en ce moment de capituler mais j’aimerai juste vous rappeler je ne suis pas juste un commerçant. Je suis avant tout un photographe qui, pour vous transmettre par ses photos la beauté et la magie du Bassin, a besoin d’être créatif et positif. Cette lutte acharnée contre un élu qui a décidé d’avoir ma peau, m’a fait perdre peu à peu l’amour que je portais au Bassin.
Le désintérêt de la presse locale, qui manifestement n’a pas compris, qu’à travers moi, on s’en prenait aussi à la liberté d’expression, m’a également convaincu que ma place n’était plus ici.
Je ne peux pas passer mon temps à me battre contre les uns et les autres, alors que j’aspire juste au calme et à la sérénité.
Dernièrement, en juin, le Président de la COBAS (devinez qui c’est ?) a refusé que l’aérodrome expose ma « photo la plus longue du Monde » au motif qu’il n’en voyait pas l’intérêt…
Encore un message qui m’est envoyé…

C’est donc avec beaucoup de peine que j’ai pris la décision de fermer la Galerie et de la mettre en vente.
Ce fut une belle aventure qui aura duré 10 années, ponctuées de belles rencontres avec vous, clients, amis, artistes, visiteurs de toutes catégories sociales et de toutes nationalités.

Cette belle aventure je tenais pourtant vraiment à ce qu’elle perdure et c’est pourquoi, malgré cette période de récession économique, j’avais décidé au printemps cette rénovation totale de la Galerie et ré-embauché une collaboratrice à plein temps et en CDI.
J’étais plein d’enthousiasme…

… Bien mal m’en a pris.

L’unique Galerie de photographe de toute l’Aquitaine va donc disparaître (l’une des 5 ou 6 en France…).
Cette situation a entraîné la perte d’un emploi qualifié et bien sûr les répercutions indirectes pour les fournisseurs de la Galerie (tous du Sud Ouest) qui étaient les mêmes depuis 7 ans : labo photo, encadreur, atelier de finition, etc… mais cela pèse si peu par rapport à des employeurs tels que Couach, Smurfit, et les « bétonneurs » qui s’en donnent à coeur joie depuis quelques années…
Ma petite Galerie sera certainement remplacée par une énième boutique de fringues bas de gamme, pour le plus grand bonheur du Maire d’Arcachon et de ses administrés !
Et vous verrez alors, que dès que je ne serais plus propriétaire des lieux, le règlement sera appliqué au cm près. Comme une ultime provocation.

Mais d’ici là j’espère que je serais loin d’ici pour démarrer une nouvelle aventure photographique et humaine.

à suivre…

A vous tous qui m’avez apporté votre soutien, via le blog, via vos mails, en ayant le courage de signer la pétition, et en venant à la Galerie, je vous remercie du fond du coeur.. Je vous dois la vie tout simplement.




actualités de l’été…

7092010

Ce fut la pire saison d’été depuis l’ouverture de la Galerie il y a 10 ans, et ce, pour les raisons que vous savez…

Je ne reviens pas dessus puisque je le ferais dans le prochain article pour vous annoncer ce qui va se passer maintenant…

Heureusement, au milieu de cette tourmente, il y a eu aussi quelques bons moments liés à de belles rencontres.

Blog On The Beach :

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Chaque année depuis 7 ans, Jacques Froissant, administrateur de son blog du Cap-Ferret, et fondateur de Altaïde, société de recrutement dans le domaine du web, organise un rassemblement de bloggeurs.
Et chaque année je suis invité sans pouvoir y assister. Mais cette fois ci j’étais bien décidé à y participer et j’ai enfin réussi.
L’occasion pour moi de revoir quelques visages que je connaissais déjà : FX Bodin (blog de l’Iboga), Emmanuelle et Pierre Bastoul, Tom Perrin, Matthieu Couach (S2K) et de rencontrer enfin en chair et en os celles et ceux avec qui je correspond depuis des années via le monde virtuel d’internet.
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Le rendez-vous était donné au Village d’Afrique sur l’Ile aux Oiseaux pour un pic nic et des discussions diverses et variées. Puis nous nous sommes tous rendus au Cap-Ferret pour un apéro à la Bodega. C’est là que nous avons eu la surprise de la visite de Steve Jobs, fondateur d’Apple ! C’est bien connu, les people du Monde entier viennent au « Ferret » ! :-)
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Puis, nous étions invités par Jacques et son partenaire à un barbecue qui se termina tardivement.
Ce fut aussi un sacré rassemblement d’iphones !!!

Martine PERRET :

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Chaque année, je reçois à la galerie la visite d’une photographe exceptionnelle Martine PERRET.
Martine est photographe aux Nations Unies et travaille dans les régions du Monde les plus tourmentées. Elle participe aussi beaucoup à différents festivals de photo-journalisme à travers le Monde. Actuellement en poste au Timor, elle n’a pas manqué, comme chaque année, de venir se ressourcer sur le Bassin.
Vous pouvez visiter son site.

Voilà… il n’y a pas grand chose d’autre de positif à raconter.

Pour le reste, ce fut une saison difficile, très difficile, aux conséquences lourdes…







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