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DESTRUCTION DU BASSIN D’ARCACHON : J-10 !

22012013

DESTRUCTION DU BASSIN D'ARCACHON : J-10 ! dans SOS Bassin d'Arcachon affichescot_72

 

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit un coup de gueule sur ce blog !

Mais aujourd’hui plus que jamais, il faut que je vous parle de ce qui est en train de se passer. Car dans quelques jours, et l’indifférence générale, l’enquête publique concernant le Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) va se terminer. Alors j’entends déjà vos réflexions :

 » mais c’est quoi encore ce truc , le SCOT ? » , « pourquoi il vient nous emmerder avec ça ? nous on veut juste qu’il continue de nous faire des belles photos de notre petit paradis et qu’il arrête de nous gonfler avec la politique et l’écologie ! »

Sauf que… notre « petit paradis », le votre, le mien, celui de ceux qui vivent ici et de ceux qui viennent en week-end, en vacances, ou pour se ressourcer, et bien figurez vous qu’il va crever !!! Le mot est fort me direz vous ? et surtout vous devez penser qu’une telle mauvaise nouvelle, forcément vous l’auriez vu venir, vous seriez au courant, la presse en parlerait…  et bien NON. Cette fois-ci encore, nos élus ont bien réussi leur coup !

Pourtant je vous en parle depuis longtemps du SCOT. Souvenez-vous il y a 4 ans, ici, sur ce blog, j’avais écrit un billet qui s’intitulait : « Mon rêve brisé ». C’était ce fameux soir au retour d’une réunion publique organisée par le Sybarval (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre) à laquelle j’avais assisté. C’est ce soir là que j’ai découvert ce qui était en train de se passer, ce que les élus étaient en train de « comploter »  pour définir l’avenir de ce territoire, de notre « petit paradis » comme nous aimons tous nous vanter. Pourquoi j’utilise le verbe « comploter » ? et bien parce-que j’estime que chaque habitant des 17 communes du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre, aurait dû être personnellement informé qu’un projet de Schéma de Cohérence Territorial qui allait définir l’avenir de notre territoire était en cours d’élaboration. Chaque maire aurait dû nous le faire savoir par un courrier et nous inviter au débat.

L’année dernière je vous ai proposé mon documentaire  » Un paradis Menacé » que beaucoup d’entre vous ont vu, revu, et partagé sur les réseaux sociaux. Je croise encore régulièrement des personnes qui me remercient de leur avoir montré la face cachée du Bassin. Certains me disent:  » je suis né ici, j’y ai toujours vécu et je n’étais pas au courant de ce que vous nous avez montré dans votre film »…  Avaient-ils remarqué qu’à la fin du film j’évoquais justement le projet de SCOT ?… Malheureusement peu de citoyens vivant sur le Bassin ou le fréquentant s’intéressent à la façon dont ce territoire est géré. Alors, nos élus en profitent. Et c’est bien ce qu’ils ont fait pour le SCOT. Ils ont défini presque secrétement ce que sera le pays du Bassin d’Arcachon-Val de l’Eyre d’ici à 2030. Il y a bien eu quelques réunions publiques d’information mais qui l’a su ? y a t-il eu une volonté d’informer les citoyens ? de les inviter au débat ? ABSOLUMENT PAS !

Alors maintenant, lisez bien attentivement ce que je vais vous dévoiler :

Cet été les élus ont voté à la majorité + une voix le projet de SCOT élaboré depuis 4 ans avec l’aide d’une étude qui aura coûté aux contribuables du Bassin plus de 1 million d’euros ! Ce projet définit précisément ce que sera le Bassin d’ici à 2030. Voici en résumé ce que cela dit :

- 4400 hectares supplémentaires seront ouverts à l’urbanisation. Ceci correspond à 34 % en plus de l’espace déjà urbanisé.

- Il est prévu de construire de 38 000 à 50 000 logements supplémentaires 

- les centres villes et centre-bourg seront densifiés (cela signifie qu’en lieu est place d’une maison on construira un immeuble de plusieurs étages avec des parkings)

- Des nouvelles zones industrielles et commerciales seront créées afin d’y implanter encore plus de grandes surfaces

- Cela provoquera l’installation de 110 000 à 200 000 habitants supplémentaires (données fournies par l’Etat) sur un territoire qui compte déjà 140 000 âmes et dont la démographie a déjà doublé ces 20 dernières années !

Je pourrais continuer la liste des aberrations que nous ont concocté nos élus mais vous n’auriez pas la patience de les lire jusqu’au bout. Alors si vous voulez plus de détails, je vous recommande de vous rendre sur le site du Sybarval, censé informer les citoyens et fournir tous les documents qui dépendent du domaine public. Et là je vous souhaite bien du courage ! car il en faut pour s’y retrouver sur ce site ! allez-y, juste pour voir, et dîtes moi si vous y comprenez quelque chose ? A moins d’être un expert ou d’être passionné par le sujet, c’est juste IMPOSSIBLE de comprendre quoi que ce soit. De là à dire que cela est fait exprès…

Tout a été conçu pour éloigner le citoyen du débat et faire passer la pilule en douceur et surtout en toute discrétion.

Et la presse locale dans tout ça ? elle en a pourtant parlé régulièrement du SCOT. Mais jamais de véritable article de fond, pas d’enquête, pas d’investigation… comme d’habitude quoi ! résultat le sujet est passé totalement inaperçu.

Quelles seront les conséquences ?

Si le SCOT est validé, ce sera irrévocable.

Vous imaginez bien que les grands groupes de promoteurs immobiliers sont déjà prêts à faire couler le béton. Les projets sont dans les tiroirs et n’attendent que le feu vert. Alors, les buldozers viendront labourer les jardins et les espaces boisés, feront tomber les petites villas arcachonaises, les grues pousseront comme des champignons et les immeubles sortiront de terre. Il faudra de nouvelles routes, de nouveaux ronds-points, des nouvelles écoles, des nouvelles salles de sport, bref de nouvelles infrastructures. Le territoire deviendra pendant 10 ans un vaste chantier tel que les habitants et les commerçants d’Arcachon l’ont connu pendant les travaux de la fameuse ZAC (vous savez, ce que certains appellent: Disneyland !). Les embouteillages seront permanents et ce que nous appelons tous « Notre petit Paradis » deviendra juste un ENFER !

Une fois la la pompe à fric lancée il sera impossible de l’arrêter.

Comme prévu, une nouvelle population viendra donc s’installer autour de ce magnifique plan d’eau. Des gens qui viendront de Bordeaux et de la CUB, de Paris , d’un peu partout. Car qui ne rêve pas d’habiter au bord de la mer ? qui ne rêve pas d’avoir sa maison, son bateau ? d’aller surfer quelques vagues le matin avant d’aller au boulot, ou de se donner rendez-vous avec quelques amis pour un petit apéro sur la plage après le boulot ? qui ne rêve pas d’aller en famille ramasser les cèpes en automne dans la forêt ? n’est-ce pas égoïste de dire à ceux qui n’ont pas encore accomplit ce rêve que c’est trop tard, qu’il n’y a plus de place, qu’il fallait venir avant ! ?

Vivre sur le Bassin, comme partout en Europe est un DROIT. Nul besoin de visa ou d’autorisation des « locaux » pour s’y installer. Et heureusement.

En revanche, ce n’est pas pour autant un acquit ! comme tous les endroits prisés, il se mérite. Et être né sur le Bassin, y avoir eu une famille installée depuis toujours ne donne pas plus de droits qu’aux autres. Il va falloir la mériter sa place au « Paradis » ! Personne n’échappe à la règle, ni ici, ni ailleurs.

Ceux qui affirment qu’en construisant 38 000 logements en plus les prix vont baisser, se trompent complètement. Car il y aura toujours plus de demandes que d’offres. Donc non seulement cela ne résoudra en rien les difficultés de logement pour les plus modestes mais cela aura des conséquences irréversibles sur l’environnement et la qualité de vie.

S’engager dans un processus de développement qui fera passer la population du Bassin et du Val de l’Eyre de 140 000 à plus de 300 000 habitants c’est mener le Bassin tout droit à son asphyxie ! C’est détruire à petit feu un environnement extraordinaire qui est la base de son succès. C’est mettre en danger les activités économiques qui dépendent directement de cette nature généreuse, et en particulier l’ostréiculture, c’est dégrader la qualité de vie de ceux qui sont déjà là… et de ceux qui vont arriver. Au final, nous sommes tous perdants !

Savez vous par exemple qu’il faudra changer les 80 km de collecteurs des eaux usées pour un coût de 1 million d’euros du Km ?! qu’il faudra une ou deux nouvelles stations d’épuration à 50 Millions d’euros l’unité ?!

Arriverons nous à fournir suffisamment d’électricité, d’eau potable, de réseau internet, de produits frais ? arriverons nous à gérer les déchets d’une population qui aura plus que doublé ? et croyez vous vraiment que nous pourrons continuer à jouir de notre liberté de déplacement sur des des lieux naturels remarquables ? Savez-vous que chaque été, l’air de la ville d’Arcachon est plus pollué par les particules fines des gaz d’échappement que celui de Bordeaux ?

Chaque été j’entends les locaux se plaindre de la période estivale :  » ah vivement qu’ils s’en aillent les touristes, on n’en peu plus ! » . Imaginez juste que si le scénario proposé (pour ne pas dire imposé) par nos élus est mis en application, ce seront les mêmes nuisances… TOUTE L’ANNEE !

Comme vous pouvez le ressentir, je suis très en colère.

Il reste encore un espoir d’empêcher ce massacre : exprimer notre avis défavorable au commissaire enquêteur de l’Enquête Publique. Car figurez-vous que nous sommes en plein dedans ! comment ? vous ne le saviez pas ? c’est normal puisque là encore nos élus n’ont pas souhaité vous en informer !

Vous avez donc jusqu’au 4 février pour exprimer votre avis sur le registre du SCOT dans l’une des 17 mairies du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre.

Si vous avez la flemme de vous déplacer, où tout simplement pas le temps. Vous pouvez m’envoyer votre lettre et je me chargerais de la remettre au commissaire enquêteur le 31 janvier au siège de la COBAS à Arcachon.

Cela ne vous prendra que 5 minutes pour lire le modèle, l’adapter avec vos mots à vous, coller un timbre sur l’enveloppe et me l’envoyer. 5 minutes de votre précieux temps pour participer à sauver le Bassin. Vous lui devez bien ça non ?

Dîtes vous bien que chaque avis va compter !

Tous les renseignements et le modèle de lettre sont sur ce lien :

www.sentinellesdubassin.org 




Dans les coulisses de l’imprimerie

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La plupart des gens ne savent pas quelles sont les étapes de la fabrication d’un livre, d’un magazine ou d’un calendrier.

J’ai profité de mes 3 jours passés à l’imprimerie Escourbiac pour prendre quelques photos avec mon iphone et vous faire partager les coulisses de l’impression de mon prochain livre et de mes deux calendriers 2013.

La première étape est bien sûr de réfléchir au concept, au format, à la qualité du papier, au nombre de pages, et bien sur au nombre d’exemplaires à imprimer. Pour toutes ces étapes il est primordial d’avoir un bon interlocuteur, créatif, imaginatif et qui possède une bonne connaissance des différents papiers et supports. Si en plus, votre imprimeur possède une fibre artistique, photographique, il sera d’autant plus en mesure de vous donner des conseils utiles. C’est pour cela que je travaille régulièrement avec l’imprimerie Escourbiac située dans le Tarn.

J’ai travaillé pour la première fois avec cet imprimeur pour ma collection de cartes postales haut de gamme, en 2005. A l’époque, j’avais signé un contrat avec un éditeur auquel j’avais imposé de pouvoir choisir moi-même l’imprimeur. Un labo photo à Toulouse m’avait conseillé Escourbiac. Ils venaient de remporter pour la deuxième fois le Quadra d’Or, une récompense nationale. Comme tout s’était bien passé et que le contact fut bon, je leur ai alors proposé de me faire une proposition pour un livre photo. Souvenez-vous, c’était en 2007 pour mon livre « Rencontre avec la lumière ». Ils m’avaient proposé ce format panoramique, difficile à réaliser mais tellement original. C’était un véritable défis. C’est à l’occasion de l’impression de ce premier livre que j’ai pu mesurer l’importance d’avoir de bons partenaires et de se sentir à l’aise avec les différents collaborateurs de l’entreprise. Trois années plus tard, j’ai donc imprimé mon deuxième livre Balade en Altitude chez eux, ainsi que deux calendriers. Pourquoi changer de crèmerie quant on est satisfait du travail et du relationnel ?

Livres du Bassin d'Arcachon  < (de gauche à droite) : le petit dernier « Mon petit Paradis » (juin 2012), « Balade en Altitude » (juin 2010), « Rencontre avec la lumière » (juin 2009)

Pour moi, il est hors de question d’aller imprimer en Espagne, en Italie, en Pologne ou même… en Chine ! Un de mes confrères photographe du Bassin l’a fait et il a vu le résultat ! Il est revenu déçu et je dois dire que la qualité d’impression et de façonnage de son livre ne sont pas à la hauteur de la beauté de ses photos. C’est bien dommage.

Je suis aussi très attentif au respect de l’environnement, d’autant plus dans le domaine très polluant qu’est l’imprimerie offset. Escourbiac est labellisé Imprim’Vert et utilise des papiers PEFC et FSC. Pour moi c’est important.

Un bon imprimeur saura donc vous conseiller quant au choix du format et il optimisera au maximum le coût en jouant sur la surface du papier.

La deuxième étape consiste à réaliser la maquette. Trois options s’offrent à vous : confier votre projet au maquettiste de l’imprimeur (ce qui peut être un choix judicieux), engager un graphiste free-lance, ou le faire soit même, mais là attention ! mieux vaut s’y connaître un minimum car il ne s’agit pas de réaliser un diaporama sur power point ou une note de service sur Word ! L’impression offset ne pardonne pas l’erreur et il y a des normes à respecter scrupuleusement.

Dans les coulisses de l'imprimerie dans Mon actu photographique photo5-300x300  < le maquettiste réalise la mise en page sur Indesign ou Quark X press

Pour un photographe, il y a un point important à ne surtout pas négliger : la chromie. Il s’agit de l’opération délicate du passage de vos images RVB en CMJN. Gare aux surprises ! La perte de nuance, de profondeur, peut vous déprimer si vous êtes un puriste. C’est pourquoi, le responsable de la chromie doit être un grand chef ! Chez Escourbiac, je suis en sécurité avec Christophe. Au fil du temps, nous avons accordé nos violons et nous travaillons désormais très efficacement. Encore une bonne raison de ne pas changer de crèmerie. Mais on a beau avoir un bon partenaire, il faut savoir être philosophe car certaines images sont parfois irrécupérables en CMJN. Cela est notamment le cas pour des paysages comportant des ciels bleus profonds… justement ma spécialité ! mais bon… on ne m’a jamais dit que ce serait facile…

photo15-300x300 dans Mon actu photographique  < Christophe, responsable de la Chromie passe mes photos « à la moulinette »

Une fois la maquette terminée et le PDF définitif exporté, un opérateur va réaliser l’imposition, c’est à dire organiser votre fichier PDF sur une plaque pour réaliser la gravure.

Mais avant de graver les plaques d’aluminium, il va vous sortir ce qu’on appelle « un traceur ». Il s’agit d’imprimer votre livre sur une imprimante jet d’encre en basse définition, de couper les pages et d’assembler les cahiers, pour leur donner la forme du livre fini. Ainsi vous pourrez tout re-vérifier une ultime fois, que ce soit la mise en page, les « coquilles » ou les fautes d’orthographe. Et croyez moi, cette étape n’est pas à négliger. En effet, c’est toujours à ce moment là que l’on se rend compte d’énormités qu’on avait laissé passé. Un écran d’ordinateur, aussi grand et aussi bon soit-il ne permet pas une lecture avec suffisamment de recul pour débusquer les erreurs.

photo10-300x300 < Ali réalise « l’imposition » des pages photo6-300x300  < le traceur        photo9-300x300  < Jean-Louis découpe et assemble les épreuves basse def du traceur 

 

Une fois que vous aurez lu, relu et relu encore, vous devrez vous engager en signant le BAT. A partir de ce moment là, la machine est lancée.

photo1-300x300  photo3-300x300< les épreuves traceur des calendriers et du livre sont prêts. Il n’y a plus qu’à tout vérifier et à signer le Bon à Tirer…  

Puis, les plaques sont gravées et rejoignent le « conducteur machine », c’est à dire l’opérateur qui va imprimer vos 1000, 2000, ou 4000 exemplaires. Mieux vaut bien s’entendre avec lui. Personnellement je mets un point d’honneur à être présent au « calage » des couleurs. C’est fatiguant car cela dure longtemps (ils travaillent en 3×8), dans une atmosphère industrielle, avec du bruit. Il faut aussi savoir être patient car l’opérateur a tout un travail de préparation avant de lancer l’impression et il faut recommencer à chaque changement de plaque.

photo7-300x300  < Les plaques en aluminium sont gravées. Une pour chaque couleur : Cyan, Magenta, Jaune et Noir      

photo2-300x300  < William Bastou, conducteur machine chez Escourbiac.

Pour mon livre et mes deux calendriers, je vais travailler avec William et José. Je commence avec William  qui avait déjà travaillé sur mon livre Balade en Altitude et sur mon calendrier  2011. Il sort une première page (en réalité, à chaque fois qu’il lance une page, c’est 20 à 50 pages qui sortent et qui partent ensuite à la poubelle de recyclage), il la pose sur le plan de travail, on regarde ensemble, il fait des mesures, et on fait des choix : plus de bleu, moins de jaune, plus de noir… il faut être capable de faire des choix et des concessions car ce que l’on gagne d’un côté on peut le perdre de l’autre. Une fois qu’on est « calé » , je signe le BAT et il lance les 4000 pages ! C’est cette opération de calage des couleurs qui fera la différence entre un livre correctement imprimé et un livre superbement imprimé ! Moi je ne suis pas, comme dirait un ami réalisateur, un « enculeur de mouches » mais je suis un perfectionniste et un puriste. Alors impensable de ne pas mettre mon grain de sel dans cette histoire.

photo4-300x300photo8-300x300  < le genre de machine qui vaut 1 Million d’euros…

photo13-300x300  < je signe le BAT. C’est partit pour 2000 exemplaires du calendrier ! Allez, on « roule » !

Il faut environ une journée et une nuit pour imprimer un de mes livres. On ne dors pas beaucoup, on est fatigué, mais soulagé et impatient de recevoir le « bébé » enfin terminé.

Chez Escourbiac, ils ont deux machines et cette fois-ci, j’ai la chance d’imprimer mon livre en même temps que Gregory Wait, photographe australien vivant en Normandie et qui n’est autre que le lauréat de la Photo de l’Année 2012 en catégorie paysages. Il est en train de faire imprimer un livre en bichromie (c’est à dire en Noir et Blanc). C’est toujours plaisant de pouvoir échanger avec un confrère, d’autant plus quand il est sympa.

photo12-300x300  < avec le photographe australien Greg Wait

photo11-300x300  photo14-300x300< les palettes de pages s’accumulent.

Après le travail de l’impression, il y a encore le vernis sélectif (option), le découpage au massicot, la reliure (souvent effectuée chez un relieur sous-traitant), l’emballage et l’expédition. Des opérations qui prennent encore quelques jours, voir quelques semaines.

Puis, le camion arrive avec ses palettes de cartons remplis de livres. Il ne reste plus alors qu’à distribuer les libraires et les différents points de vente et à les convaincre de mettre en avant votre « bébé » dont vous êtes si fier. Car maintenant que vous avez travaillé jour et nuit pondant des semaines, voir des mois, fait un chèque de 20 000 ou 50 000 euros à l’imprimeur, il faut le vendre ce livre !

Mais ça… c’est une autre histoire…




sur le chemin du retour : Grand Canyon

24112010

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Mon séjour à Talahogan se termine malheureusement et je dois commencer à prendre le chemin du retour vers Denver car j’ai un avion pour Boston le 30 novembre.

Talahogan fut une formidable expérience et j’ai vraiment ressenti la quiétude des lieux et l’énergie positive dégagée par les Red Rocks tout autour.
Merci à Ron de m’avoir offert cette possibilité de séjourner dans sa maison et ainsi de faire une pause très agréable avant de reprendre la route vers le Colorado enneigé.

Je pars donc en direction de Grand Canyon. J’avais gardé le meilleur pour la fin… en tout cas le plus impressionnant.
Je n’ai que deux heures de route à faire pour atteindre l’entrée du parc.

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Comme tous les parcs nationaux, l’entrée est de 25 $, valable 7 jours, et le Park’s Ranger vous donne un plan détaillé et quelques informations.

Je regarde craintivement le thermomètre de la voiture qui affiche 0 °c et j’entame la visite.

Que puis-je dire…? c’est juste à couper le souffle ! C’est dans ce genre d’endroit que l’on se rend compte de la puissance de la nature et que l’on réalise combien nous sommes petits. Il y a là une force tranquille qui s’impose à l’Homme. En regardant cette immense faille dans la Terre, j’ai ressenti comme un avertissement de la nature. En effet c’est aussi aujourd’hui que j’apprend qu’un rapport très sérieux de l’OMM nous annonce un niveau record des concentrations de gaz à effet de serre en 2009 ! preuve que nos maigres efforts n’ont même pas réussi à freiner la spirale infernale dans laquelle nous nous sommes mis tout seul. Et demain matin au petit déjeuner de l’hôtel je vais retrouver les inévitables gobelets en polystyrène et les dosettes sous plastique non recyclés.
J’arrive pas à croire que l’humain qui a été capable en si peu de temps d’inventer des choses incroyables et de faire des découvertes scientifiques extraordinaires, ne soit pas capable en même temps de comprendre qu’il est temps de changer notre mode de développement et d’inventer les outils qui permettraient de le faire.
Nous sommes juste en train de nous suicider, lentement, mais sûrement.

Bon, enfin bref…
img7098bd.jpg img7111bd.jpg img7119bd.jpgimg7139bd.jpg img7158bd.jpg img7245bd.jpg img7248bd.jpg img7318bd.jpg

Il neige un peu, il y a des nuages blancs et le soleil parvient à percer au travers me procurant un bel éclairage sur le canyon.
Je croise beaucoup d’indiens mais ceux là viennent d’Inde et ils sont venus en groupes.

La journée passe très vite. je sais que j’ai deux heures de route pour aller à Page (Lake Powell) mais la lumière promet d’être magnifique au coucher du soleil alors je décide d’aller jusqu’au bout et tant pis, je ferais la route de nuit.

Je suis donc à Desert View au moment du sunset et la température à sacrément baissé car un vent glacial s’est levé. Je suis bien emmitouflé mais comme je suis obligé d’enlever mes gants pour faire les réglages, j’ai le bout des doigts gelés. Je suis bientôt seul avec un autre photographe pro asiatique et pas très bavard… lui il est carrément en combinaison de ski !

Dernier déclenchement et je me précipite dans ma voiture, chauffage à fond et direction Page.

Je craignais du monde sur la route à cause de Thangsgiving demain mais en fait non, la route est calme. Je ne mets qu’une heure trente pour arriver à Page et rejoindre mon hôtel. Trop fatigué pour me restaurer, je décide d’avaler un soupe industrielle pour micro-onde et de me mettre au lit.

Demain, je dois réaliser une photo de HorseshoePoint et voir un peu à quoi ressemble Lake Powell…

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plein de nouvelles photos sur ma page facebook !

13102010

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Oui je sais… j’ai pris du retard sur le blog.
Et même un retard considérable !

C’est juste que je suis vraiment débordé et que l’editing des photos me tient éveillé jusqu’à 2 heures du matin tous les jours…

En revanche ma page facebook est alimentée quasiment tous les jours, au moins en photos.

Ce soir j’ai ajouté plusieurs albums dont Cotuit, Martha’s Vineyard, une balade en kayak à Poponoset, et surtout… mes premières photos aériennes !

Je vous rappelle que ma page facebook est accessible même si vous n’avez pas de compte Facebook !

Il vous suffit de cliquer sur ce lien :

scotto_facebook




Fin d’une belle histoire…

9092010

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Voilà…

La Galerie a fermé ses portes le lundi 30 août.

J’aurais tout tenté, absolument tout, pour obtenir juste une chose : le droit de tenir ma Galerie dans des conditions normales, comme je l’ai fait pendant 9 ans… jusqu’à l’installation de nouveaux voisins en mai 2009.
1 an et demi de diplomatie discrète avec l’adjointe Yvette Maupilé qui n’a cessé de me promettre de régler le problème et qui n’a jamais rien fait,
Des dizaine de courriels et de courriers sans réponse,
Le diagnostic de visibilité réalisé par un expert de la Chambre de Commerce qui met bien en évidence le préjudice subit,
Une mise en demeure adressée au Maire en mai 2010 restée elle aussi sans réponse,
L’intervention totalement inefficace du Médiateur de la République,
La tentative de conciliation du sous-préfet qui n’a pas réussi à convaincre le Maire de me recevoir,
Un article dans Sud Ouest et un autre dans la Dépêche du Bassin,
La polémique sur mon blog et la pétition en ligne qui a recueilli plus de 300 signatures (mystérieusement disparues début août suite à un bug du site hébergeur…),
La chute violente d’une personne âgée devant les innombrables portants extérieurs encombrant le trottoir et autorisés abusivement par la Mairie,
L’intervention de Vital Baude, au dernier conseil Municipal, qui n’aura eu comme réponse que des discours incohérents et contradictoires de la part du Maire et de son adjointe… (même pas repris dans la presse locale qui m’a bel et bien lâché)
La pose d’un grand panneau fournit par Reporter sans Frontières « Libérez les otages » afin de bloquer l’accès aux portants de la boutique voisine par mon entrée qui aura eu une certaine efficacité mais des agents municipaux seront quand même venus pour me le faire enlever…
et enfin, le soutien de centaines et de centaines de personnes qui n’a pas non plus ému Yves Foulon.

Le règlement existe, les textes me donnent raison, mais le Maire Yves Foulon a refusé catégoriquement de réagir.
Lui et son « homme de l’ombre » avaient bien compris le tort que pouvait me créer cette situation et ils m’auront donc eu à l’usure.
Alors pourquoi ?
Quelles seraient donc les motivations du Maire d’Arcachon, qui par ailleurs se défend de toute volonté de me nuire ?
Est-ce juste une vengeance pour ne pas avoir accepté que ma photo soit utilisée pour sa carte de voeux il y a 3 ans ?

Je pense qu’au départ il s’agissait bien de ça. Puis, voyant que j’étais près à me battre pour faire appliquer la loi, lui et son « homme de l’ombre » ont décidé d’aller plus loin.
Car ils ont bien compris que cette banale histoire de portants extérieurs représentait un réel préjudice pour mon activité, déjà fragilisé par la récession économique.
L’occasion était trop bonne pour débarrasser Arcachon de l’embarrassant photographe.

Ils savent aussi que cette galerie n’est pas juste un business pour moi mais avant tout un lieu de rencontres et d’échanges ou chacun pouvait venir partager son admiration du Bassin au travers de mes photographies. Et depuis deux ou trois ans, on y parlait aussi beaucoup de la protection du Bassin, d’environnement et c’est certainement cela qui a posé problème. J’ai toujours tenu à ne pas faire de politique mais il est vrai que l’activisme en matière de protection de l’environnement est en soit une forme d’engagement politique.

Il y a deux ans j’ai été approché par deux candidats d’opposition pour rejoindre leurs listes, l’un à Gujan, l’autre à Arcachon.
J’ai refusé mais j’ai quand même écopé d’un contrôle fiscal sur mon activité d’auteur-photographe deux semaines avant le premier tour…
1 er avertissement…

Il y a eu aussi mon intervention dans l’émission Thalassa à propos du Wharf et des eaux usées… une très courte intervention mais qui n’est pas passez inaperçue. Tiens, tiens, la presse nationale s’intéresse à lui maintenant ? oulala, pas bon, pas bon…

L’année dernière, deux gendarmes venus de Lorient sont venus à mon domicile afin de m’auditionner sur les problèmes environnementaux du Bassin, dans le cadre de l’enquête déclenchée par le magistrat de Bordeaux suite à la plainte contre X des ostréiculteurs pour pollution des eaux du Bassin. Les documents photos et vidéos que j’avais recueilli, mes connaissances de certains dossiers, la synthèse que je pouvais en faire en toute sincérité puisque non impliqué politiquement, intéressait donc la justice. J’imagine que la discrétion que j’avais réclamé aux enquêteurs n’a pas fait long feu… et que cette info est rapidement remontée aux oreilles de certains élus.

Alors OUI, le photographe « Scotto », pourtant activiste solitaire, commençait à prendre un peu trop d’importance au goût de certains, qui en bon calculateurs politiques ont dû s’imaginer qu’il pourrait bien s’impliquer d’avantage avant les prochaines échéances électorales…
Il fallait donc briser le lieu ou il s’exprime et cette banale histoire de portants extérieurs tombait donc à point.
Facile ! il suffisait de ne rien faire, de ne pas répondre à ses courriers, de laisser pourrir la situation, puis de déclarer dans la presse que « ce garçon est victime du syndrome de persécution »…

A ceux qui douteraient encore de mon analyse de la situation, je n’ai qu’une question à leur poser : si je me trompe, ou si je souffre du « syndrome de persecution » comme l’a déclaré Mme Maupilé dans Sud Ouest, pourquoi le Maire n’a t-il pas alors ordonné que l’arrêté municipal portant occupation du domaine public ne soit respecté et pourquoi a t-il donné une autorisation encore plus permissive à mes voisins début juillet, telle une ultime provocation, alors que je m’efforçais avec discrétion de le sensibiliser à ma situation depuis plus d’un an ?
Non il ne s’agit pas juste d’incompétence ! il y a bien eu depuis le début la volonté de ne pas résoudre le problème.

Beaucoup parmi vous me reprochent en ce moment de capituler mais j’aimerai juste vous rappeler je ne suis pas juste un commerçant. Je suis avant tout un photographe qui, pour vous transmettre par ses photos la beauté et la magie du Bassin, a besoin d’être créatif et positif. Cette lutte acharnée contre un élu qui a décidé d’avoir ma peau, m’a fait perdre peu à peu l’amour que je portais au Bassin.
Le désintérêt de la presse locale, qui manifestement n’a pas compris, qu’à travers moi, on s’en prenait aussi à la liberté d’expression, m’a également convaincu que ma place n’était plus ici.
Je ne peux pas passer mon temps à me battre contre les uns et les autres, alors que j’aspire juste au calme et à la sérénité.
Dernièrement, en juin, le Président de la COBAS (devinez qui c’est ?) a refusé que l’aérodrome expose ma « photo la plus longue du Monde » au motif qu’il n’en voyait pas l’intérêt…
Encore un message qui m’est envoyé…

C’est donc avec beaucoup de peine que j’ai pris la décision de fermer la Galerie et de la mettre en vente.
Ce fut une belle aventure qui aura duré 10 années, ponctuées de belles rencontres avec vous, clients, amis, artistes, visiteurs de toutes catégories sociales et de toutes nationalités.

Cette belle aventure je tenais pourtant vraiment à ce qu’elle perdure et c’est pourquoi, malgré cette période de récession économique, j’avais décidé au printemps cette rénovation totale de la Galerie et ré-embauché une collaboratrice à plein temps et en CDI.
J’étais plein d’enthousiasme…

… Bien mal m’en a pris.

L’unique Galerie de photographe de toute l’Aquitaine va donc disparaître (l’une des 5 ou 6 en France…).
Cette situation a entraîné la perte d’un emploi qualifié et bien sûr les répercutions indirectes pour les fournisseurs de la Galerie (tous du Sud Ouest) qui étaient les mêmes depuis 7 ans : labo photo, encadreur, atelier de finition, etc… mais cela pèse si peu par rapport à des employeurs tels que Couach, Smurfit, et les « bétonneurs » qui s’en donnent à coeur joie depuis quelques années…
Ma petite Galerie sera certainement remplacée par une énième boutique de fringues bas de gamme, pour le plus grand bonheur du Maire d’Arcachon et de ses administrés !
Et vous verrez alors, que dès que je ne serais plus propriétaire des lieux, le règlement sera appliqué au cm près. Comme une ultime provocation.

Mais d’ici là j’espère que je serais loin d’ici pour démarrer une nouvelle aventure photographique et humaine.

à suivre…

A vous tous qui m’avez apporté votre soutien, via le blog, via vos mails, en ayant le courage de signer la pétition, et en venant à la Galerie, je vous remercie du fond du coeur.. Je vous dois la vie tout simplement.




Disparition annoncée de ma Galerie

3072010

Cet après midi, j’ai compris que je devais prendre une décision grave. Il en va de ma santé morale et physique.

Je n’en ai jamais parlé sur ce blog car j’ai toujours pensé que mon activité professionnelle devait rester positive à vos yeux et je vous ai donc épargné les problèmes que je rencontre depuis quelques temps avec mon voisinage mais aussi avec certaines personnes de la Municipalité d’Arcachon.
Ce soir j’ai besoin de partager cette triste nouvelle avec vous.

Ce soir, j’ai décidé de vous raconter en détail cette histoire qui se termine mal.

Pour comprendre pourquoi j’en suis arrivé à cette décision, il faut remonter 4 ans en arrière. Souvenez vous, j’avais à l’époque réalisé la « photo aérienne la plus longue du Monde » que j’avais exposé sur la plage d’Arcachon un dimanche de novembre.

Mon récit est long et détaillé mais il vous faut tout lire pour comprendre la suite de l’histoire et ce qui s’est joué aujourd’hui.

Ce projet je l’avais réalisé seul sans l’aide de qui que se soit et encore moins de la Ville d’Arcachon.
Mais pour l’exposer sur la plage il me fallait une autorisation d’occupation du domaine public et des barrières en fer pour y accrocher la photo de 52 m de long.
Je n’ai pas eu le temps de le demander que la directrice de communication de la Mairie de l’époque m’a contacté pour me le proposer. Bien.
Mais elle avait aussi eu l’idée d’utiliser cette photo pour illustrer la carte de voeux du Maire à l’occasion des 150 ans d’Arcachon. Bien aussi. J’étais plutôt content que cette photo pour le moins originale puisse servir sur un support marquant les 150 ans de la Ville. J’acceptais donc volontier.

Jusque là tout va bien et nous fixons la date de l’expo pour le premier dimanche de novembre.
Malheureusement, une semaine avant la date programmée pour l’expo, un de mes meilleurs amis d’enfance décède d’une crise d’asthme aïgue et je devais me rendre aux obsèques à Paris la veille de l’exposition. J’avertit immédiatement la directrice de communication de ce fait et lui demande de bien vouloir repousser l’expo au dimanche suivant. Elle ne fait aucune remarque à ce sujet.

La semaine suivante M6 Bordeaux décide de réaliser un reportage sur cet événement et une équipe vient donc sur le Bassin pour tourner des séquences. Le reportage est diffusée le jeudi soir annonçant l’expo pour le dimanche suivant.
Mais dans la journée, la directrice de communication de la Mairie m’appelle et me demande de bien vouloir annuler l’expo et la reporter à une date ultérieure car « il serait bien que la photo ne soit pas dévoilée avant la carte de voeux du Maire… »
Autrement dit il fallait tout annuler et exposer l’image sur la patinoire en… janvier !!!

Je lui fait remarquer que la Mairie ne m’a apporté aucune aide pour réaliser ce projet et que je ne l’ai pas faite pour le Maire mais pour les gens. Que je souhaite l’exposer sur la plage par une température encore relativement agréable. Elle insiste et je ne cède pas.
Mais quelques heures plus tard, elle me rappelle pour m’annoncer que l’autorisation m’est retirée purement et simplement, que c’est trop compliqué de mobiliser une équipe municipale pour me déposer les barrières en fer un dimanche, etc…
Je lui explique que tout a été annoncé dans la presse locale et qu’un reportage de M6 va être diffusé ce soir pour donner rendez-vous aux gens sur la plage dimanche prochain. Il n’est donc plus possible de faire marche-arrière. Elle semble ne pas me croire.

Finalement, le lendemain, s’étant assurée que j’avais bien dit la vérité concernant les annonces dans la presse, et se retrouvant donc coincée, elle me rappelle pour m’annoncer que j’avais l’autorisation.
Elle me lance  » c’est vraiment compliqué de travailler avec vous Stéphane… » (phrase que je n’ai pas oublié tellement cela était ahurissant !)
Pour les barrières je lui dit que je n’en voulais plus puisque « c’est compliqué » et que je déroulerais la photo sur le sable en toute simplicité. Mais là, j’apprend que les barrières avaient déjà été déposée sur la plage !!! confirmation du coup de bluff…

Le dimanche arrive, l’expo se fait avec succès. 2000 personnes font le déplacement, on en parle sur France3, M6, TV7, la presse locale mais aussi nationale.
Finalement il ne manquait plus qu’un représentant de la Mairie sur la plage. Car aucun n’avait fait le déplacement…

Le lundi, la directrice de com me rappelle pour les détails de la carte de voeux.
Je lui explique alors que compte tenu de ce qui s’était passé, je ne souhaitais plus que cette photo soit utilisée pour promouvoir la Mairie. Cette annonce elle ne l’a pas bien prise bien entendu, d’autant que « Monsieur » le Maire avait validé le projet.
Après quelques âpres discussions, je propose une porte de sortie : m’assurer de l’autorisation par écrit pour une prochaine expo l’an prochain avec une photo encore plus grande afin que je donne mon accord pour la carte de voeux.
Elle refuse estimant que c’est du chantage et nous en restons là.

Quelques jours plus tard, c’est un des plus proches collaborateurs du Maire qui m’appelle. Je n’écrit pas son nom mais tous ceux qui ont eu une sale histoire avec la Mairie d’Arcachon un jour ou un autre savent bien de qui je veux parler. C’est « l’homme de l’ombre de Yves Foulon », celui qui manigance, organise, complote, c’est lui qui ordonne, court-circuite. Et parfois quand on discute avec un employé municipal et que l’on prononce son nom, les yeux se baissent et plus un mot ne sort. Il fait peur car il a le pouvoir sur Arcachon. Le pouvoir « politique ». Le pire qui soit…
Bref, il m’appelle pour discuter de ce problème de carte de voeux. On en parle calmement et je lui propose la même chose qu’à la directrice de communication à savoir une autorisation pour l’année prochaine.
Lui :  » Mais bien sûr Monsieur Scotto, vous l’aurez ne vous inquiétez pas pour ça… »
Moi :  » je n’ai plus confiance avec ce qui s’est passé, alors je souhaites un écrit dès maintenant »
Lui :  » ah, là monsieur Scotto je crois qu’on ne va pas s’entendre  »
Moi :  » mais ce n’est pas grave alors… on ne s’entend pas et puis c’est tout  »
Lui :  » très bien Monsieur Scotto mais là vous venez de faire un affront au Maire et vous devrez en payer les conséquences dans l’avenir… »

Ne travaillant pas avec la Mairie d’Arcachon ni avec aucune Mairie je ne voyais pas très bien comment il pourrait mettre en application cette menace ridicule d’un niveau extrêmement petit pour une personne ayant autant de responsabilités.
Mais aujourd’hui j’ai la réponse…

Nous en arrivons donc au problème auquel j’essaye de faire face depuis plus d’un an. C’est à dire depuis qu’une nouvelle boutique de vêtements s’est installée à côté de ma galerie en mai 2009. Dès l’ouverture, ce couple de commerçants habitués à vendre sur les marchés, a choisit d’occuper un maximum d’espace sur le trottoir ne se souciant absolument pas de la gêne que je pouvais subir au niveau de la visibilité de ma galerie.
Depuis un an je dois donc cohabiter avec pas moins de 4 portants remplis de vêtements, d’une longueur de 1m55 au lieu des 80 cm normalement autorisés par l’arrêté municipal portant occupation du domaine public.
Evidemment ma première réaction a été de tenter de convaincre ma voisine de diminuer ses portants notamment celui qui se trouve à la frontière de nos deux boutiques et qui créé une situation ubuesque puisque des clientes stationnent devant mon entrée pour choisir les vêtements allant même jusqu’à utiliser ma vitrine comme miroir !
La réponse a été claire et sans appel : « la mairie nous a donné son accord donc on le fait ». Point !
On pourrait en rire, sauf que la sanction a été immédiate : baisse de mon chiffre d’affaire qui est venue s’ajouter à une baisse due à la crise qui n’a pas arrangé les choses.

En effet, la présence de tous ces présentoirs obligent les passant à s’éloigner des vitrine pour marcher sur le bord du trottoir. Il sont d’ailleurs tellement occupés à chercher où passer qu’ils ne tournent même plus la tête vers la galerie…
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sur cette photo prise cet après midi, des clientes de la boutique voisine essayent des chaussures devant ma galerie !

J’entreprends donc de prendre contact avec Madame Yvette Maupilé, adjointe au Maire chargée du Commerce et de l’occupation du domaine public.
Je lui envoie un mail avec des photos mais pas de réponses.
Je décide donc de débarquer dans son bureau à l’improviste et elle me reçoit.
Au bout d’une demi-heure de discussion elle me promet d’intervenir au plus vite.
Elle finit par venir voir sur place, entame une discussion avec la voisine qui se solde par un échec.
Nous sommes déjà en pleine saison d’été 2009 et le problème ne sera jamais résolu. Je n’ai d’autre choix que de subir.

A la rentrée, Sarah qui travaillait pour moi depuis deux ans décide de partir à l’étranger et je me retrouve donc sans employé.
Je me demande alors si il ne serait pas temps de vendre ce local et de tenter une nouvelle aventure ailleurs…
Mais c’est aussi la période pendant laquelle la Mairie d’Arcachon propose aux commerçants une aide « FISAC » pour les encourager à rénover leurs magasins.

Du coup, je change d’idée et décide de remettre le paquet. Donc refaire intégralement la galerie à neuf et recruter une nouvelle collaboratrice.
Mais cela ne pouvait se faire qu’à la condition de retrouver une certaine sérénité avec mes voisins.
Je sollicite alors à nouveau Madame Maupilé qui m’assure que le problème sera réglé avant Noël.
Je décide de faire confiance et j’enclenche le projet de rénovation. Je contracte un nouveau crédit et j’investit plus de 20 000 euros dans ce nouveau concept de déco.
Je recrute une nouvelle collaboratrice en CDI et je suis alors très optimiste. J’ai plein d’idées, plein de projets.

Les mois passent, les travaux démarrent, mon employée est dans l’entreprise depuis mars 2010, mais le problème de voisinage demeure. A cela s’ajoute un nouveau problème avec l’autre voisin de droite (problème résolu depuis) et un litige juridique avec les propriétaires des trois magasins (qui vivent au dessus !). Donc vous l’avez compris, beaucoup d’énergie négative autour de moi…
Mais je veux encore y croire alors je décide de tout tenter pour régler cette difficulté majeure puisqu’elle correspond à une baisse de CA allant de 20 à 30 % tous les mois ! ce qui en période de crise est très difficile avec un salarié à plein temps !

Je multiplie les courriers à la mairie, j’envoie une mise en demeure au Maire de faire respecter l’arrêté Municipal (resté sans réponse) et je prend rendez-vous avec le médiateur de la République à la sous -prefecture.
C’est là que j’ai eu les réponse à mes questions.
C’est là que j’ai su enfin que la menace qui avait été proférée par « l’homme de l’ombre » il y a 4 ans, venait d’être mise à exécution.
Le Médiateur appelle au secrétariat de Madame Maupilé et tente d’obtenir des explications sur cette situation ahurissante.
Il obtient des réponses que j’entend car le niveau sonore du téléphone est très élevé.
J’entend un nom, celui de l’homme de l’ombre, j’entend qu’il est au courant de tous mes courriers, de toutes mes démarches depuis le début.
Il n’y a donc plus aucun doute c’est lui qui tire les ficelles de cette satanée histoire.

Compte tenu de la charge importante de travail qui est la sienne à la Mairie d’Arcachon mais aussi à la COBAS, il pourrait avoir autre chose à faire que de s’amuser à ce genre de petit complot mais non, j’avais fait « un affront au Maire d’Arcachon et je devais en payer les conséquences » !

Alors aujourd’hui, comme une dernière tentative mais aussi pour en avoir le coeur net j’ai tenté une action qui ne me ressemble pas.
J’ai décidé d’utiliser le même espace que ma voisine mais cette fois ci en partant de l’autre côté du trottoir, comme l’autorise l’arrêté municipal.
Ce qui a eu pour effet de bloquer totalement le passage.
Bien sûr, pour que les gens comprennent ma démarche j’ai mis un panneau explicatif avec une copie de la mise en demeure adressée au Maire, ainsi que le numéro de téléphone de la Police Municipale et de la Mairie.
Le but de cette manip était bien entendu de faire réagir la police et de voir si effectivement il y avait « deux poids deux mesures ».
Au bout de deux heures, trois agents sont venus. Et là… il n’y avait plus de doute possible…
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Ma voisine a sorti une autorisation qu’elle a qualifié « d’exceptionnelle » que la Mairie lui a délivré la semaine dernière, validée par la sous-préfecture. Cette autorisation l’autorise à utiliser la totalité de son espace actuel ! et plus encore puisqu’elle est désormais autorisée à utiliser 1m80 de largeur de trottoir…
C’est en totale contradiction avec l’arrêté Municipal que j’ai eu en ma possession fin avril.
Pourtant, il est joint à son autorisation un nouvel arrêté Municipal tamponné par la sous-prefecture au 15 avril 2010 qui modifie le précédent : laisser un passage de 1,40 m sur le trottoir pour les personnes à mobilité réduite au lieu des 1m20.
Il semblerait donc que suite à mes demandes répétées, le Maire d’ Arcachon soit intervenu pour effectuer des modifications qui en réalité ne font qu’ agraver ma situation.
Les policiers municipaux m’ordonnent donc avec beaucoup de fermeté de rétablir le passage puisque moi par contre je ne dispose pas d’autorisation !
Je suis sommé de tout enlever sous peine de sanctions.

Voilà, à ce stade, le jeux est très clairement dévoilé.

Ils sont nombreux les élus du Bassin (et pas seulement ) à souhaiter mon départ. Un photographe qui s’intéresse aux problèmes d’environnement du Bassin, qui en parle sur son blog très visité mais aussi sur d’autres médias tels que facebook, et qui a pignon sur rue dans l’avenue la plus passante d’Arcachon, cela peut -être dangereux sur le plan politique. Voici donc une bonne opportunité de l’affaiblir, de lui casser le moral. Mais surtout, voilà aussi une bonne occasion d’envoyer un message fort aux commerçants de la ville, leur montrer qui est le chef ici ! qui décide et quand il décide ce n’est pas discutable ! sinon… « vous en paierez les conséquences dans l’avenir… »

Sur le retour tout à l’heure j’ai croisé un ami au Port de la Teste. On en a parlé. Lui il a beaucoup d’expérience et il a tout compris.
il m’a dit : « Steph, c’est sûrement le signe que tu dois partir tenter une nouvelle aventure ailleurs, alors fais-le ! tu te rendras compte plus tard qu’ils t’ont rendu un grand service.  »

Alors oui je vais à coup sûr quitter cette boutique dans les mois qui viennent, ce qui va m’obliger à chercher « ailleurs ».
Parce-que je suis fatigué et que je n’ai plus envie.
Cette galerie c’était le lieu idéal pour être en contact avec vous, vous parler de mes photos, de ma technique, bref vous raconter les histoires qui vont avec mes prises de vues. A chaque nouvelle collection j’avais hâte de voir vos réactions. Et j’ai sympathisé avec beaucoup d’entre vous dans cet espace de convivialité.
Mais dans ces conditions ce n’est plus possible d’y travailler sereinement.
J’étais très motivé par la nouvelle conception de mon ami architecte Jean-Jacques Marvielle, mais vraiment, là, compte tenu de l’impasse dans laquelle je me retrouve, je sens qu’il faut prendre une décision avant que la situation ne devienne préoccupante sur le plan financier.
Croyez bien que je le regrette.

Ce sera donc certainement malheureusement la dernière saison d’été.

Ce qui m’a cruellement manqué pour trouver une issue favorable à cette crise c’est du soutien. Du monde derrière moi afin de montrer à mes adversaires que je n’étais pas seul. Cela aurait pu changer la donne.
Mais seul je suis donc en position de faiblesse j’ai été depuis le début.

Ils ont peut-être gagné.
Mais… ce n’est pas encore la fin de l’histoire…




La galerie est ouverte !

20122009

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Depuis quelques jours, la galerie a de nouveau ouverte ses portes.

La nouvelle collection « Automne 2009″ que je vous avais présenté un peu plus bas sur le blog est arrivée hier et il m’aura fallu toute la journée de vendredi pour déballer et trier et toute la journée d’aujourd’hui pour ranger et accrocher, tout en accueillant les premiers visiteurs des vacances de Noël.

En 10 ans, je crois que je n’ai jamais eu autant de choix disponible tant par le style des photos que par les formats proposés.

il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets, de 29 € pour une photo 20×30 encadrée à 430 € pour un grand panoramique 60×180 cm laminé sur bois, numéroté et signé.
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Cette année, les triptiques sont à l’honneur avec pas moins de 45 modèles différents en 50×50 pour créer votre ambiance ou raconter une balade sur le Bassin, mais aussi une nouveauté :
les triptiques en 20×20 laminés sur bois avec chassis !
venez les découvrir, c’est mignon et très abordable (100 € les 3 photos en 20×20 au choix)
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Idée cadeau : le livre « Balade en altitude » avec son DVD et le poster-dépliant offert. Et pour les dédicaces, je suis présent tous les jours jusqu’à la fin des vacances de Noël.
Pour ceux qui souhaitent acheter le livre à distance, les frais de port sont offerts pendant cette période de fêtes !
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La galerie est ouverte tous les jours de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 19h00 avec possibilité d’ouverture jusqu’à 20h00 sur demande (appelez moi au 06 61 63 52 62)
13 avenue Gambetta (à côté de la patisserie Marquet) à Arcachon – tel : 05 56 22 52 62

à bientôt et très bonnes fêtes de fin d’année !




Adieu mon fidèle compagnon

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photo Marine Boivin (04.12.2009)

Il aura partagé 12 années de mon existence. Les plus importantes.
Il a été de toutes mes aventures, à mes cotés pour partager mes joies et me consoler dans mes peines.

Né à Dakar en juillet 1998, Mac aura réussi à vivre 12 ans heureux et en parfaite santé jusqu’à il y a trois semaines.

Il a lutté, NOUS avons lutté ensemble jusqu’au bout, mais la maladie à eu raison de lui.
Le syndrome de cushing dont il souffrait aura fini par l’affaiblir au point que samedi soir, il ne réussissait plus à se lever, son arrière train l’ayant soudainement trahit.

Je suis resté à ses côté toute la journée de dimanche, l’aidant à se déplacer pour manger et boire, et à trouver une position confortable sur l’un de ces deux coussins.
Il ne souffrait pas heureusement. Mais je crois que son regard voulait dire quelque chose. Il voulait partir.
Je crois que s’il avait pu parler il m’aurait dit:  » Steph, à quoi bon vivre sans pouvoir courir après les chats et les écureuils, sans pouvoir me prélasser au soleil dans notre jardin, sans pouvoir aboyer et hurler au premier qui s’approche du portail, sans jouer à la balle ou avec le canard en plastique que je m’efforce de déchiqueter depuis deux ans, sans aller gambader dans la vase sur la plage de la Hume et croquer les petits crabes enfouis dans les algues, sans pouvoir jouer ou me battre selon l’humeur avec « copain » au parc, …sans avoir la force de garder la maison et de te protéger toi mon maître…?  »

Alors j’ai pris cette pénible décision hier soir.
J’ai passé la moitié de la nuit à y réfléchir mais il n’y avait pas d’autre issue.

Ce matin, je lui ai préparé un bon repas à la place des croquettes sans saveur. Puis je l’ai amené à son endroit préféré : la plage de la Hume.
Je l’ai porté dans mes bras jusqu’à l’estran afin qu’il puisse sentir les algues. Il s’est allongé et je me suis assis à côté de lui. Par miracle, le ciel s’est dégagé juste à ce moment là et quelques rayons de soleil sont venus le réchauffer. Devant nous, le spectacle magnifique des oies bernaches et de quelques cignes.
Nous sommes resté là une demie heure. Personne pour déranger ce calme naturel.
Il devait sentir que ce serait la dernière fois car il m’a donné l’impression de savourer chaque seconde.
J’ai pris une dernière photo de lui:
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Quand ce fut le moment, je l’ai emmené chez le vétérinaire où il s’est endormi paisiblement en me regardant dans les yeux.

Il me reste son collier, sa gamelle, son coussin, et plein de souvenirs.
Ceux qui ont partagé un peu de ma vie et donc de la sienne le savent, Mac était un chien exceptionnel et ma relation avec lui était fusionnelle. Je ne pouvais pas faire autrement que de lui rendre hommage.

Il laisse un grand vide dans mon coeur.

Mac je ne t’oublierai jamais.
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photo Marine Boivin (04.12.2009)

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Nouvelle collection « Automne 2009″

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POUR DECOUVRIR LES 80 PHOTOS DE LA NOUVELLE COLLECTION « AUTOMNE 2009″, CLIQUEZ ICI ! 

 

Et bien voilà, c’est prêt !

Ouf… un bon mois de post-production aura été nécessaire pour trier, sélectionner et optimiser 80 nouvelles photographies prises entre le 15 septembre et le 31 octobre.

Je me suis efforcé de vous proposer une vision très éclectique du Bassin, des formats et des couleurs différentes, une atmosphète paisible qui collait bien avec le climat exceptionnel d’été indien dont nous avons bénéficié.

Avec cette nouvelle collection, vous pourrez composer les triptiques de votre choix parmi 45 photos au format carré. Je vais d’ailleurs vous proposer à la galerie à partir de mi-décembre, des triptiques à partir d’images carrées en format 20×20 cm laminés sur bois avec chassi à un tarif très étudié.

Pensez aux cadeaux de Noël ! frais de port offerts pour toute commande passée avant le 20 décembre 2009, valable pour les photos et pour les livres. J’annoncerai également des promos très prochainement aux abonnés de la newsletter et aux abonnés facebook. Alors n’hésitez plus à vous inscrire !

POUR DECOUVRIR LA NOUVELLE COLLECTION « AUTOMNE 2009″, CLIQUEZ ICI !




Mon rêve brisé

30102009

Ce soir j’ai vraiment le cafard.

Je savais qu’en me rendant à ce « débat public » du SCOT (Shéma de Cohérence Territorial ) organisé par le SYBARVAL (Syndicat du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre), je serai déçu. Mais pas à ce point.
Après avoir essayé, en vain, de convaincre mes propres amis de m’accompagner, je m’y suis donc rendu seul ce soir, à la Salle des Fêtes de Biganos.

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Première constatation : 45 personnes dans la salle !
Pour un territoire qui comporte 140 000 habitants, un débat qui porte sur son avenir de façon très concrète, seuls 45 personnes ont jugé utile d’y participer. C’est désespérant.
Mais il est vrai que nos élus n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour proposer à leurs concitoyens de participer au débat… quel est l’habitant du Bassin et du Val de l’Eyre qui a été informé de cette réunion pourtant d’une importance capitale ? Même la presse locale a brillé par son absence. Il n’y avait dans la salle qu’un correspondant de Sud Ouest (même pas journaliste professionnel), une correspondante de la Dépêche du Bassin, et… c’est tout !

Parmi elles, beaucoup de retraités, des Présidents d’Associations diverses et variées (qui manifestement n’ont même pas réussi à mobiliser leurs adhérents), les Verts, et une représentante du Parti Communiste.

Je balaye du regard la salle à la recherche d’un ostréiculteur. Pas un seul. Il me semble pourtant les avoir bien entendu cet été crier au complot immobilier qui se préparait derrière leur mort annoncée… Il faut dire que les souris ne meurent plus, et qu’ils sont invités au cirque Pinder à Paris le 1 er décembre pour promouvoir leurs huîtres. C’est tellement plus facile de dompter les tigres en cage plutôt que les promoteurs « bétonneurs » !

Donc pas d’ostréiculteurs ce soir et c’est bien dommage car si il y a bien une corporation qui peut sauver le Bassin ce sontcertainement les paysans de la mer.

Sur 17 maires de la circonscription, 5 sont présents !!! Il y a Marie Hélène DesEgaulx (MHDE) sénateur-maire de Gujan-Mestras, le Maire de Biganos Bruno Lafon, la Maire d’Audenge Nathalie Le Yondre ( bien placée pour savoir les conséquences que peuvent représenter les ordures ménagères de 10 communes déversées sur sa ville pendant des années…), Christiane Dornon , maire du Barp et Jean-Guy Perrière le maire d’Arès qui « anime » la soirée. On notera donc l’absence du Président de la Cobas Yves Foulon qui était occupé à donner une interview sur Radio Côte d’Argent après un conseil municipal sur sa comune. Quelques élus conseillers municipaux ou conseillers régionaux sont là aussi : Vital Baude et Michel Daverat des Verts, et René Serano ancien conseiller général pour la Teste.

De toute évidence, à presque 40 ans, je suis le plus jeune dans la salle… (à part Vital Baude des Verts). Finalement j’ai honte de ma génération, qui a le devoir de s’investir pour changer les choses et les améliorer, et qui est totalement démissionnaire, préférant de loin aller se bourrer la gueule dans les bars du Moulleau et aller surfer plutôt que d’aller se faire chier à écouter parler de SCOT, de SYBARVAL, de PADD, de SDAU 1 et même de SDAU 2 !!!! Comment leur en vouloir, tout est conçu pour repousser le jeune citoyen vers ses préoccupations quotidiennes et finalement assez insignifiantes.

En face de ce maigre public non représentatif de la population du Bassin, une estrade et 3 intervenants. Ce sont les ingénieurs de l’étude qui a été commandée par le Sybarval pour définir les enjeux et les perspectives de développement du SCOT. J’apprends que cette étude commandée au cabinet A’URBA aura coûté aux contribuables la coquette somme de 830 000 € ! Dépensons sans compter, c’est du « développement durable »…

La présentation commence…

Projections de cartes et de simulations démographiques et urbaines au mur, annonces de chiffres (presque à voix basse tellement c’est indécent…), et solutions envisagées, adaptations… tout cela enrobé de jolies phrases dans un vocabulaire qui rapellerait presque le menu d’un restaurant étoilé !

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3 aspects sont développés : l’urbanisation, le transport, et l’offre économique et touristique.

Dès le début, je suis pris d’un mal être. Je m’aperçois en effet que comme tous les habitants du Bassin (qui ne le savent pas encore…) je suis mis devant le fait accompli. Les élus ont bel et bien décidé d’assumer les + 100 000 habitants (minimum) annoncés pour 2030 sur le Bassin d’Arcachon et ont commandé (en toute discrétion) cette étude sérieuse afin de savoir quelle était la meilleure façon de bétonner et d’offrir les infrastructures nécessaires pour accueillir ces nouveaux arrivants. Pourtant, l’année dernière, lors du débat de la journée « L’eau en partage » organisée par le SIBA, deux élus d’importance et de bords différents : François Deluga Député-Maire du Teich et Michel Sammarcelli, maire du Cap-Ferret, Président du SIBA, avaient donné publiquement leur avis sur la question : c’était « NON, STOP, on a atteint la limite ». Mais ce soir ces deux élus ne sont pas là… faut-il en déduire quelque chose …?

Il aurait été plus simple et moins coûteux de geler l’urbanisation pendant 10 ans et d’observer les dégats occasionnés par les 10 années de bétonnage qui viennent de s’écouler. Mais non, cela réclame un courage politique que nos élus n’ont pas. Quelque part je les comprends. Difficile de dire à un jeune ménage qui voudrait bien s’installer dans le coin et profiter lui aussi de la qualité de vie qu’offre ce territoire : « désolé il n’y a plus de place pour vous, il fallait venir avant ». Et pourtant, aussi injuste que cela puisse être, j’en suis convaincu c’est la seule et unique solution pour protéger la nature exceptionnelle du Bassin d’Arcachon qui fait tout le charme de la qualité de vie qui nous attire. Alors, depuis des années, sous prétexte de limiter la spéculation foncière, on a autorisé la construction de nouveaux lotissements, on a mordu et mordu encore sur la forêt, sur le bord de mer (Gujan-Mestras, vers le Chateau Madère), même inondable c’est pas grave… on a autorisé la division de terrains et la construction de « cages à lapins » mitoyenne  spécialité du constructeur Palma Immobilier, au beau milieu de villas arcachonnaises classées au patrimoine ! incohérence totale ! anarchie permanente ! manque de respect de l’identité de nos villages, et on ne pourra pas faire marche arrière. Ce qui est construit ne sera pas détruit. Il faudra vivre avec. Ce soir pour nous rassurer, les élus ont affirmé leur volonté de ne plus ouvrir de nouveaux territoires à la construction. Nous allons donc « densifier » les communes… heureux propriétaires d’une jolie villa arcachonnaise ou d’un chalet en bois de pêcheur, préparez vous car si votre voisin vend son bien, il aura tout intérêt à vendre son terrain à un spécialiste de la « cage à lapin » qui optimisera chaque cm2 constructible, ne laissant aucune place pour un petit bout de jardin. Sur la commune sur laquelle je vis, La Hume/ Gujan-Mestras, c’est la politique menée malgrè les belles promesses de campagne.

Mais revenons à cette belle présentation du SYBARVAL…

Après avoir évoqué donc l’urbanisation, nous voici sur le sujet du transport. On nous parle de transports collectifs mais moi je sais que sur un tel territoire, on utilisera toujours plus sa voiture que le bus ou le train. Il y a un individualisme sur le Bassin assez évident et il sera difficile de changer les mentalités. On aura beau doubler les voies rapides, il y aura toujours plus de voitures, plus de camions et donc… plus d’embouteillages qui rendront la vie de ceux-là même qui voulaient vivre ici, de plus en plus proche de la vie qu’ils avaient dans la grande ville qu’ils ont fui…

Puis le sujet de l’économie. Alors là je dois dire que j’ai été épaté par l’imagination et la créativité de nos ingénieurs ! On nous propose de construire des bureaux, beaucoup de bureaux car il n’y en a pas sur le Bassin. De miser sur une usine de fabrication de panneaux solaires car nous avons du silicium sur place (mais l’intervention d’un monsieur qui avait l’air bien renseigné sur la question a vite fait perdre son enthousiasme à l’ingénieur-économiste : en effet il semblerait que le marché des panneaux solaires soient définitivement occupé par les chinois, faute d’avoir anticipé sur la demande. Et qu’en plus, une nouvelle technologie plus performante n’utilisant pas du silicium soit déjà à l’étude…). On nous propose aussi de développer la filière bois en la diversifiant. Là par contre, je trouve que l’ingénieur à vu juste en précisant au Maire de Biganos que l’usine Smurfit ne sera certainement plus là dans 20 ans et qu’il faudra donc trouver de nouveaux débouchés pour tous ces pins. Personnellement je pense que Smurfit ne sera plus là dans 5 ans du fait des crises économiques mondiales à répétition que nous allons subir. En revanche j’ai été choqué par l’idée de clôturer les forêts pour « protéger »  des promeneurs du dimanche la ressource sylvicole. C’est un comble quand même : on livre de l’espace naturel aux promoteurs mais on « protège » la forêt des promeneurs indésirables !!! Le monde à l’envers.

Il a également évoqué l’industrie nautique que l’on pourrait développer en créant des… ports à sec ! ben voyons ! tout le monde à bien remarqué cet été qu’il n’y avait pas assez de bateaux sur le Bassin !!!

A ce stade de la présentation je me rends compte que nos élus ont fait le choix d’adapter le territoire à l’Homme sous couvert du mot magique : « développement durable » parsemé par ci par là… pourtant la seule chose qui « dure » dans le « développement » c’est la pollution. Et la nature dans tout ça ? oh et bien elle s’adaptera à l’Homme elle aussi. Enfin… on verra ça plus tard…

Au bout de deux heures, la présentation se termine enfin. Le débat peut commencer.

C’est Michel Daverat, élu des Verts au Conseil Régional, qui prend la parole le premier. Il reprend un chiffre annoncé lors de l’exposé : 38 000 logements en plus ! Oui vous avez bien entendu : 38 000 logements !!! dont 15000 logements sociaux. Multiplié par 3 ou 4 personnes par logement = 130 000 habitants en plus. Et il s’interroge : que vont faire ces gens ? quels emplois pour eux sur un territoire déjà bien touché par le chômage et les emplois précaires et saisonniers ? il rappelle aux élus présents qu’ils avaient parlé de « freins à l’urbanisation » mais qu’au final c’est un schéma tout à fait contraire qui a été présenté ce soir. Et de conclure :  » développement durable, je ne vois pas ce qu’il y a de durable dans tout ça ».

Jean-Claude Laloubere, personnalité politique du Barp saisit le micro et se lance dans une critique fort bien faite sur la qualité du travail effectué par le cabinet A’URBA et soulève le manque de démocratie qui règne au sein de ce débat majeur.

Puis c’est Monsieur Duhard, président du COBARTEC (collectif pour le transport en commun) qui prend la parole et s’engage dans la lecture interminable du tract qu’il a distribué à l’entrée. Tout ce qui est dit dans ce tract est vrai, bien éclairé, et très clair. Le seul problème c’est qu’il fait deux pages A4, que tout le monde l’a déjà lu et qu’il nous faut maintenant l’écouter en totalité. Des voix s’élèvent : « faites le taire ! », « pfffffffffffff », tout le monde en a marre mais l’élu chargé d’animer le débat laisse parler. Au bout de 10 minutes c »est enfin terminé et le débat reprend.

C’est très tendu et désordonné. Cela part dans tous les sens. Le maire d’Arès chargé de mener le débat ne semble pas motivé pour créer une animation constructive. C’est un peu comme si il laissait parler les « empêcheurs de tourner en rond » dans un désordre volontaire, histoire que le débat ne mène à rien… pipo, pipo !

Moi même je me suis lamentablement fait remarqué dans une intervention excessive en réclamant le micro de façon maladroite et impolie… Bref, je suis passé pour un con. Je décide donc de me calmer un peu et d’attendre avant d’intervenir à nouveau.

J’arrive enfin à avoir le micro. Je précise à la salle que je ne suis « membre de rien », ce qui fait sourire Jean-Guy Perrière. Mon intervention se limitera à exprimer mon désarroi aux élus présent. Leur dire que je me sens bien seul dans cette salle, leur rappeler que le Bassin est très fragile, qu’il souffre déjà beaucoup de surpopulation et qu’il faut s’arrêter là. Je conclu par la phrase d’un ami, un jeune architecte de 26 ans amoureux du Bassin :  » le Bassin c’est comme un cannot de sauvetage prévu pour 10 personnes… si on monte à 30 dessus, il coule et tout le monde meurt ». Je m’attendais à quelques applaudissements pour cette phrase tellement significative mais rien. Et Monsieur Jean-Guy Perrière, maire d’Arès de rétorquer que les élus du Bassin sont des gens responsables. Responsables peut-être mais conscients j’en doute.

Enfin, c’est Vital Baude, élu d’Arcachon pour les Verts qui prend à son tour la parole. Il précise, et je tiens à l’en remercier, qu’il comprend très bien ma réaction puisque j’ai fait l’effort de venir à cette réunion et que j’ai découvert que j’avais été mis, comme tout le monde, devant le fait accomplit, sans aucun débat préalable à cette étude, et que cela n’était pas normal de considérer les citoyens du Bassin de cette façon. Il intervient sur un point qui n’a pas été pris en compte dans cette étude pourtant très coûteuse: la nourriture. Qu’allons nous en effet donner à manger aux 250 000 habitants du Bassin ??? Il interpelle MHDE car il est vrai que depuis la projection du film « Nos enfants nous accuseront » et le débat violent qui a suivit (voir mon article en cliquant ici), elle a fait la démarche d’amener le bio dans les cantines de sa commune et c’est une très bonne mesure. Comment faire donc pour offrir une nourriture de qualité à une population aussi importante qui vit sur un territoire ou la pression foncière est telle qu’il est difficile voir impossible pour un maraîcher de s’y installer. Allons nous subir un va et viens permanent de camions remplis de nourriture industrielle vendue dans les hyper qui viendront s’installer dans les nouvelles Zones Industrielles crées pour l’occasion ? cet aspect pourtant capital n’a pas été pris en compte dans le SCOT.

A ce stade, il ne reste plus que 20 personnes dans la salle, il est 21h30 et je décide de rentrer.

Dans ma voiture j’ai eu envie de pleurer.

Ce soir j’ai compris que c’était foutu. Il n’y a plus rien à faire. Le compte à rebours de la déchéance du Bassin à commencé. Dans 5 ans, on commencera à s’en rendre compte mais il sera trop tard pour faire marche arrière. Finalement j’en arrive à la conclusion que, de part leur manque d’implication, ni les habitants, ni les ostréiculteurs du Bassin ne méritent ce territoire merveilleux. Ils vont donc le perdre au profit des bétonneurs. Je ne veux pas assister impuissant à l’agonie d’un endroit aussi magique qui méritait tellement plus de respect.

Je décide donc de partir avant le désastre.

A partir de ce jour, je vais réfléchir sérieusement à une nouvelle expatriation.

Cela devrait prendre deux ans à peine.

Certains seront contents de me voir partir, d’autres moins, mais je partirai la conscience tranquille car moi, au moins, j’aurai fait l’effort de m’informer, de m’exprimer, de participer aux différents débats et d’essayer de vous sensibiliser, tout en restant un simple citoyen apolitique et indépendant.
Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, je vous en remercie.

 

intervention de Michel DAVERAT, Conseiller Régional des Verts après les deux heures d’exposé:

http://www.dailymotion.com/video/xazyl5

Archives vidéos (deux Maires au moins affirmaient il y a moins d’un an qu’il n’était pas raisonnable de ne pas mettre un frein à l’augmentation démographique sur le Bassin):

Dans cette vidéo tournée lors du débat qui suivait la journée « L’eau en Partage » en février 2008, François DELUGA, député-Maire du Teich répond à la question d’un habitant concernant la pression démographique. Il parle alors de +70 000 habitants évalués alors que nous parlons désormais de… + 130 000 habitants !!!:

http://www.dailymotion.com/video/xb00nk

http://www.dailymotion.com/video/xb01bk

Dans cette vidéo, la réaction de Michel SAMMARCELLI, Maire de Lège-Cap-Ferret et Président du SIBA:

http://www.dailymotion.com/video/xb01xg







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