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DESTRUCTION DU BASSIN D’ARCACHON : J-10 !

22012013

DESTRUCTION DU BASSIN D'ARCACHON : J-10 ! dans SOS Bassin d'Arcachon affichescot_72

 

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit un coup de gueule sur ce blog !

Mais aujourd’hui plus que jamais, il faut que je vous parle de ce qui est en train de se passer. Car dans quelques jours, et l’indifférence générale, l’enquête publique concernant le Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) va se terminer. Alors j’entends déjà vos réflexions :

 » mais c’est quoi encore ce truc , le SCOT ? » , « pourquoi il vient nous emmerder avec ça ? nous on veut juste qu’il continue de nous faire des belles photos de notre petit paradis et qu’il arrête de nous gonfler avec la politique et l’écologie ! »

Sauf que… notre « petit paradis », le votre, le mien, celui de ceux qui vivent ici et de ceux qui viennent en week-end, en vacances, ou pour se ressourcer, et bien figurez vous qu’il va crever !!! Le mot est fort me direz vous ? et surtout vous devez penser qu’une telle mauvaise nouvelle, forcément vous l’auriez vu venir, vous seriez au courant, la presse en parlerait…  et bien NON. Cette fois-ci encore, nos élus ont bien réussi leur coup !

Pourtant je vous en parle depuis longtemps du SCOT. Souvenez-vous il y a 4 ans, ici, sur ce blog, j’avais écrit un billet qui s’intitulait : « Mon rêve brisé ». C’était ce fameux soir au retour d’une réunion publique organisée par le Sybarval (Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre) à laquelle j’avais assisté. C’est ce soir là que j’ai découvert ce qui était en train de se passer, ce que les élus étaient en train de « comploter »  pour définir l’avenir de ce territoire, de notre « petit paradis » comme nous aimons tous nous vanter. Pourquoi j’utilise le verbe « comploter » ? et bien parce-que j’estime que chaque habitant des 17 communes du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre, aurait dû être personnellement informé qu’un projet de Schéma de Cohérence Territorial qui allait définir l’avenir de notre territoire était en cours d’élaboration. Chaque maire aurait dû nous le faire savoir par un courrier et nous inviter au débat.

L’année dernière je vous ai proposé mon documentaire  » Un paradis Menacé » que beaucoup d’entre vous ont vu, revu, et partagé sur les réseaux sociaux. Je croise encore régulièrement des personnes qui me remercient de leur avoir montré la face cachée du Bassin. Certains me disent:  » je suis né ici, j’y ai toujours vécu et je n’étais pas au courant de ce que vous nous avez montré dans votre film »…  Avaient-ils remarqué qu’à la fin du film j’évoquais justement le projet de SCOT ?… Malheureusement peu de citoyens vivant sur le Bassin ou le fréquentant s’intéressent à la façon dont ce territoire est géré. Alors, nos élus en profitent. Et c’est bien ce qu’ils ont fait pour le SCOT. Ils ont défini presque secrétement ce que sera le pays du Bassin d’Arcachon-Val de l’Eyre d’ici à 2030. Il y a bien eu quelques réunions publiques d’information mais qui l’a su ? y a t-il eu une volonté d’informer les citoyens ? de les inviter au débat ? ABSOLUMENT PAS !

Alors maintenant, lisez bien attentivement ce que je vais vous dévoiler :

Cet été les élus ont voté à la majorité + une voix le projet de SCOT élaboré depuis 4 ans avec l’aide d’une étude qui aura coûté aux contribuables du Bassin plus de 1 million d’euros ! Ce projet définit précisément ce que sera le Bassin d’ici à 2030. Voici en résumé ce que cela dit :

- 4400 hectares supplémentaires seront ouverts à l’urbanisation. Ceci correspond à 34 % en plus de l’espace déjà urbanisé.

- Il est prévu de construire de 38 000 à 50 000 logements supplémentaires 

- les centres villes et centre-bourg seront densifiés (cela signifie qu’en lieu est place d’une maison on construira un immeuble de plusieurs étages avec des parkings)

- Des nouvelles zones industrielles et commerciales seront créées afin d’y implanter encore plus de grandes surfaces

- Cela provoquera l’installation de 110 000 à 200 000 habitants supplémentaires (données fournies par l’Etat) sur un territoire qui compte déjà 140 000 âmes et dont la démographie a déjà doublé ces 20 dernières années !

Je pourrais continuer la liste des aberrations que nous ont concocté nos élus mais vous n’auriez pas la patience de les lire jusqu’au bout. Alors si vous voulez plus de détails, je vous recommande de vous rendre sur le site du Sybarval, censé informer les citoyens et fournir tous les documents qui dépendent du domaine public. Et là je vous souhaite bien du courage ! car il en faut pour s’y retrouver sur ce site ! allez-y, juste pour voir, et dîtes moi si vous y comprenez quelque chose ? A moins d’être un expert ou d’être passionné par le sujet, c’est juste IMPOSSIBLE de comprendre quoi que ce soit. De là à dire que cela est fait exprès…

Tout a été conçu pour éloigner le citoyen du débat et faire passer la pilule en douceur et surtout en toute discrétion.

Et la presse locale dans tout ça ? elle en a pourtant parlé régulièrement du SCOT. Mais jamais de véritable article de fond, pas d’enquête, pas d’investigation… comme d’habitude quoi ! résultat le sujet est passé totalement inaperçu.

Quelles seront les conséquences ?

Si le SCOT est validé, ce sera irrévocable.

Vous imaginez bien que les grands groupes de promoteurs immobiliers sont déjà prêts à faire couler le béton. Les projets sont dans les tiroirs et n’attendent que le feu vert. Alors, les buldozers viendront labourer les jardins et les espaces boisés, feront tomber les petites villas arcachonaises, les grues pousseront comme des champignons et les immeubles sortiront de terre. Il faudra de nouvelles routes, de nouveaux ronds-points, des nouvelles écoles, des nouvelles salles de sport, bref de nouvelles infrastructures. Le territoire deviendra pendant 10 ans un vaste chantier tel que les habitants et les commerçants d’Arcachon l’ont connu pendant les travaux de la fameuse ZAC (vous savez, ce que certains appellent: Disneyland !). Les embouteillages seront permanents et ce que nous appelons tous « Notre petit Paradis » deviendra juste un ENFER !

Une fois la la pompe à fric lancée il sera impossible de l’arrêter.

Comme prévu, une nouvelle population viendra donc s’installer autour de ce magnifique plan d’eau. Des gens qui viendront de Bordeaux et de la CUB, de Paris , d’un peu partout. Car qui ne rêve pas d’habiter au bord de la mer ? qui ne rêve pas d’avoir sa maison, son bateau ? d’aller surfer quelques vagues le matin avant d’aller au boulot, ou de se donner rendez-vous avec quelques amis pour un petit apéro sur la plage après le boulot ? qui ne rêve pas d’aller en famille ramasser les cèpes en automne dans la forêt ? n’est-ce pas égoïste de dire à ceux qui n’ont pas encore accomplit ce rêve que c’est trop tard, qu’il n’y a plus de place, qu’il fallait venir avant ! ?

Vivre sur le Bassin, comme partout en Europe est un DROIT. Nul besoin de visa ou d’autorisation des « locaux » pour s’y installer. Et heureusement.

En revanche, ce n’est pas pour autant un acquit ! comme tous les endroits prisés, il se mérite. Et être né sur le Bassin, y avoir eu une famille installée depuis toujours ne donne pas plus de droits qu’aux autres. Il va falloir la mériter sa place au « Paradis » ! Personne n’échappe à la règle, ni ici, ni ailleurs.

Ceux qui affirment qu’en construisant 38 000 logements en plus les prix vont baisser, se trompent complètement. Car il y aura toujours plus de demandes que d’offres. Donc non seulement cela ne résoudra en rien les difficultés de logement pour les plus modestes mais cela aura des conséquences irréversibles sur l’environnement et la qualité de vie.

S’engager dans un processus de développement qui fera passer la population du Bassin et du Val de l’Eyre de 140 000 à plus de 300 000 habitants c’est mener le Bassin tout droit à son asphyxie ! C’est détruire à petit feu un environnement extraordinaire qui est la base de son succès. C’est mettre en danger les activités économiques qui dépendent directement de cette nature généreuse, et en particulier l’ostréiculture, c’est dégrader la qualité de vie de ceux qui sont déjà là… et de ceux qui vont arriver. Au final, nous sommes tous perdants !

Savez vous par exemple qu’il faudra changer les 80 km de collecteurs des eaux usées pour un coût de 1 million d’euros du Km ?! qu’il faudra une ou deux nouvelles stations d’épuration à 50 Millions d’euros l’unité ?!

Arriverons nous à fournir suffisamment d’électricité, d’eau potable, de réseau internet, de produits frais ? arriverons nous à gérer les déchets d’une population qui aura plus que doublé ? et croyez vous vraiment que nous pourrons continuer à jouir de notre liberté de déplacement sur des des lieux naturels remarquables ? Savez-vous que chaque été, l’air de la ville d’Arcachon est plus pollué par les particules fines des gaz d’échappement que celui de Bordeaux ?

Chaque été j’entends les locaux se plaindre de la période estivale :  » ah vivement qu’ils s’en aillent les touristes, on n’en peu plus ! » . Imaginez juste que si le scénario proposé (pour ne pas dire imposé) par nos élus est mis en application, ce seront les mêmes nuisances… TOUTE L’ANNEE !

Comme vous pouvez le ressentir, je suis très en colère.

Il reste encore un espoir d’empêcher ce massacre : exprimer notre avis défavorable au commissaire enquêteur de l’Enquête Publique. Car figurez-vous que nous sommes en plein dedans ! comment ? vous ne le saviez pas ? c’est normal puisque là encore nos élus n’ont pas souhaité vous en informer !

Vous avez donc jusqu’au 4 février pour exprimer votre avis sur le registre du SCOT dans l’une des 17 mairies du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre.

Si vous avez la flemme de vous déplacer, où tout simplement pas le temps. Vous pouvez m’envoyer votre lettre et je me chargerais de la remettre au commissaire enquêteur le 31 janvier au siège de la COBAS à Arcachon.

Cela ne vous prendra que 5 minutes pour lire le modèle, l’adapter avec vos mots à vous, coller un timbre sur l’enveloppe et me l’envoyer. 5 minutes de votre précieux temps pour participer à sauver le Bassin. Vous lui devez bien ça non ?

Dîtes vous bien que chaque avis va compter !

Tous les renseignements et le modèle de lettre sont sur ce lien :

www.sentinellesdubassin.org 




Mon rêve brisé

30102009

Ce soir j’ai vraiment le cafard.

Je savais qu’en me rendant à ce « débat public » du SCOT (Shéma de Cohérence Territorial ) organisé par le SYBARVAL (Syndicat du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre), je serai déçu. Mais pas à ce point.
Après avoir essayé, en vain, de convaincre mes propres amis de m’accompagner, je m’y suis donc rendu seul ce soir, à la Salle des Fêtes de Biganos.

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Première constatation : 45 personnes dans la salle !
Pour un territoire qui comporte 140 000 habitants, un débat qui porte sur son avenir de façon très concrète, seuls 45 personnes ont jugé utile d’y participer. C’est désespérant.
Mais il est vrai que nos élus n’ont pas fait beaucoup d’efforts pour proposer à leurs concitoyens de participer au débat… quel est l’habitant du Bassin et du Val de l’Eyre qui a été informé de cette réunion pourtant d’une importance capitale ? Même la presse locale a brillé par son absence. Il n’y avait dans la salle qu’un correspondant de Sud Ouest (même pas journaliste professionnel), une correspondante de la Dépêche du Bassin, et… c’est tout !

Parmi elles, beaucoup de retraités, des Présidents d’Associations diverses et variées (qui manifestement n’ont même pas réussi à mobiliser leurs adhérents), les Verts, et une représentante du Parti Communiste.

Je balaye du regard la salle à la recherche d’un ostréiculteur. Pas un seul. Il me semble pourtant les avoir bien entendu cet été crier au complot immobilier qui se préparait derrière leur mort annoncée… Il faut dire que les souris ne meurent plus, et qu’ils sont invités au cirque Pinder à Paris le 1 er décembre pour promouvoir leurs huîtres. C’est tellement plus facile de dompter les tigres en cage plutôt que les promoteurs « bétonneurs » !

Donc pas d’ostréiculteurs ce soir et c’est bien dommage car si il y a bien une corporation qui peut sauver le Bassin ce sontcertainement les paysans de la mer.

Sur 17 maires de la circonscription, 5 sont présents !!! Il y a Marie Hélène DesEgaulx (MHDE) sénateur-maire de Gujan-Mestras, le Maire de Biganos Bruno Lafon, la Maire d’Audenge Nathalie Le Yondre ( bien placée pour savoir les conséquences que peuvent représenter les ordures ménagères de 10 communes déversées sur sa ville pendant des années…), Christiane Dornon , maire du Barp et Jean-Guy Perrière le maire d’Arès qui « anime » la soirée. On notera donc l’absence du Président de la Cobas Yves Foulon qui était occupé à donner une interview sur Radio Côte d’Argent après un conseil municipal sur sa comune. Quelques élus conseillers municipaux ou conseillers régionaux sont là aussi : Vital Baude et Michel Daverat des Verts, et René Serano ancien conseiller général pour la Teste.

De toute évidence, à presque 40 ans, je suis le plus jeune dans la salle… (à part Vital Baude des Verts). Finalement j’ai honte de ma génération, qui a le devoir de s’investir pour changer les choses et les améliorer, et qui est totalement démissionnaire, préférant de loin aller se bourrer la gueule dans les bars du Moulleau et aller surfer plutôt que d’aller se faire chier à écouter parler de SCOT, de SYBARVAL, de PADD, de SDAU 1 et même de SDAU 2 !!!! Comment leur en vouloir, tout est conçu pour repousser le jeune citoyen vers ses préoccupations quotidiennes et finalement assez insignifiantes.

En face de ce maigre public non représentatif de la population du Bassin, une estrade et 3 intervenants. Ce sont les ingénieurs de l’étude qui a été commandée par le Sybarval pour définir les enjeux et les perspectives de développement du SCOT. J’apprends que cette étude commandée au cabinet A’URBA aura coûté aux contribuables la coquette somme de 830 000 € ! Dépensons sans compter, c’est du « développement durable »…

La présentation commence…

Projections de cartes et de simulations démographiques et urbaines au mur, annonces de chiffres (presque à voix basse tellement c’est indécent…), et solutions envisagées, adaptations… tout cela enrobé de jolies phrases dans un vocabulaire qui rapellerait presque le menu d’un restaurant étoilé !

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3 aspects sont développés : l’urbanisation, le transport, et l’offre économique et touristique.

Dès le début, je suis pris d’un mal être. Je m’aperçois en effet que comme tous les habitants du Bassin (qui ne le savent pas encore…) je suis mis devant le fait accompli. Les élus ont bel et bien décidé d’assumer les + 100 000 habitants (minimum) annoncés pour 2030 sur le Bassin d’Arcachon et ont commandé (en toute discrétion) cette étude sérieuse afin de savoir quelle était la meilleure façon de bétonner et d’offrir les infrastructures nécessaires pour accueillir ces nouveaux arrivants. Pourtant, l’année dernière, lors du débat de la journée « L’eau en partage » organisée par le SIBA, deux élus d’importance et de bords différents : François Deluga Député-Maire du Teich et Michel Sammarcelli, maire du Cap-Ferret, Président du SIBA, avaient donné publiquement leur avis sur la question : c’était « NON, STOP, on a atteint la limite ». Mais ce soir ces deux élus ne sont pas là… faut-il en déduire quelque chose …?

Il aurait été plus simple et moins coûteux de geler l’urbanisation pendant 10 ans et d’observer les dégats occasionnés par les 10 années de bétonnage qui viennent de s’écouler. Mais non, cela réclame un courage politique que nos élus n’ont pas. Quelque part je les comprends. Difficile de dire à un jeune ménage qui voudrait bien s’installer dans le coin et profiter lui aussi de la qualité de vie qu’offre ce territoire : « désolé il n’y a plus de place pour vous, il fallait venir avant ». Et pourtant, aussi injuste que cela puisse être, j’en suis convaincu c’est la seule et unique solution pour protéger la nature exceptionnelle du Bassin d’Arcachon qui fait tout le charme de la qualité de vie qui nous attire. Alors, depuis des années, sous prétexte de limiter la spéculation foncière, on a autorisé la construction de nouveaux lotissements, on a mordu et mordu encore sur la forêt, sur le bord de mer (Gujan-Mestras, vers le Chateau Madère), même inondable c’est pas grave… on a autorisé la division de terrains et la construction de « cages à lapins » mitoyenne  spécialité du constructeur Palma Immobilier, au beau milieu de villas arcachonnaises classées au patrimoine ! incohérence totale ! anarchie permanente ! manque de respect de l’identité de nos villages, et on ne pourra pas faire marche arrière. Ce qui est construit ne sera pas détruit. Il faudra vivre avec. Ce soir pour nous rassurer, les élus ont affirmé leur volonté de ne plus ouvrir de nouveaux territoires à la construction. Nous allons donc « densifier » les communes… heureux propriétaires d’une jolie villa arcachonnaise ou d’un chalet en bois de pêcheur, préparez vous car si votre voisin vend son bien, il aura tout intérêt à vendre son terrain à un spécialiste de la « cage à lapin » qui optimisera chaque cm2 constructible, ne laissant aucune place pour un petit bout de jardin. Sur la commune sur laquelle je vis, La Hume/ Gujan-Mestras, c’est la politique menée malgrè les belles promesses de campagne.

Mais revenons à cette belle présentation du SYBARVAL…

Après avoir évoqué donc l’urbanisation, nous voici sur le sujet du transport. On nous parle de transports collectifs mais moi je sais que sur un tel territoire, on utilisera toujours plus sa voiture que le bus ou le train. Il y a un individualisme sur le Bassin assez évident et il sera difficile de changer les mentalités. On aura beau doubler les voies rapides, il y aura toujours plus de voitures, plus de camions et donc… plus d’embouteillages qui rendront la vie de ceux-là même qui voulaient vivre ici, de plus en plus proche de la vie qu’ils avaient dans la grande ville qu’ils ont fui…

Puis le sujet de l’économie. Alors là je dois dire que j’ai été épaté par l’imagination et la créativité de nos ingénieurs ! On nous propose de construire des bureaux, beaucoup de bureaux car il n’y en a pas sur le Bassin. De miser sur une usine de fabrication de panneaux solaires car nous avons du silicium sur place (mais l’intervention d’un monsieur qui avait l’air bien renseigné sur la question a vite fait perdre son enthousiasme à l’ingénieur-économiste : en effet il semblerait que le marché des panneaux solaires soient définitivement occupé par les chinois, faute d’avoir anticipé sur la demande. Et qu’en plus, une nouvelle technologie plus performante n’utilisant pas du silicium soit déjà à l’étude…). On nous propose aussi de développer la filière bois en la diversifiant. Là par contre, je trouve que l’ingénieur à vu juste en précisant au Maire de Biganos que l’usine Smurfit ne sera certainement plus là dans 20 ans et qu’il faudra donc trouver de nouveaux débouchés pour tous ces pins. Personnellement je pense que Smurfit ne sera plus là dans 5 ans du fait des crises économiques mondiales à répétition que nous allons subir. En revanche j’ai été choqué par l’idée de clôturer les forêts pour « protéger »  des promeneurs du dimanche la ressource sylvicole. C’est un comble quand même : on livre de l’espace naturel aux promoteurs mais on « protège » la forêt des promeneurs indésirables !!! Le monde à l’envers.

Il a également évoqué l’industrie nautique que l’on pourrait développer en créant des… ports à sec ! ben voyons ! tout le monde à bien remarqué cet été qu’il n’y avait pas assez de bateaux sur le Bassin !!!

A ce stade de la présentation je me rends compte que nos élus ont fait le choix d’adapter le territoire à l’Homme sous couvert du mot magique : « développement durable » parsemé par ci par là… pourtant la seule chose qui « dure » dans le « développement » c’est la pollution. Et la nature dans tout ça ? oh et bien elle s’adaptera à l’Homme elle aussi. Enfin… on verra ça plus tard…

Au bout de deux heures, la présentation se termine enfin. Le débat peut commencer.

C’est Michel Daverat, élu des Verts au Conseil Régional, qui prend la parole le premier. Il reprend un chiffre annoncé lors de l’exposé : 38 000 logements en plus ! Oui vous avez bien entendu : 38 000 logements !!! dont 15000 logements sociaux. Multiplié par 3 ou 4 personnes par logement = 130 000 habitants en plus. Et il s’interroge : que vont faire ces gens ? quels emplois pour eux sur un territoire déjà bien touché par le chômage et les emplois précaires et saisonniers ? il rappelle aux élus présents qu’ils avaient parlé de « freins à l’urbanisation » mais qu’au final c’est un schéma tout à fait contraire qui a été présenté ce soir. Et de conclure :  » développement durable, je ne vois pas ce qu’il y a de durable dans tout ça ».

Jean-Claude Laloubere, personnalité politique du Barp saisit le micro et se lance dans une critique fort bien faite sur la qualité du travail effectué par le cabinet A’URBA et soulève le manque de démocratie qui règne au sein de ce débat majeur.

Puis c’est Monsieur Duhard, président du COBARTEC (collectif pour le transport en commun) qui prend la parole et s’engage dans la lecture interminable du tract qu’il a distribué à l’entrée. Tout ce qui est dit dans ce tract est vrai, bien éclairé, et très clair. Le seul problème c’est qu’il fait deux pages A4, que tout le monde l’a déjà lu et qu’il nous faut maintenant l’écouter en totalité. Des voix s’élèvent : « faites le taire ! », « pfffffffffffff », tout le monde en a marre mais l’élu chargé d’animer le débat laisse parler. Au bout de 10 minutes c »est enfin terminé et le débat reprend.

C’est très tendu et désordonné. Cela part dans tous les sens. Le maire d’Arès chargé de mener le débat ne semble pas motivé pour créer une animation constructive. C’est un peu comme si il laissait parler les « empêcheurs de tourner en rond » dans un désordre volontaire, histoire que le débat ne mène à rien… pipo, pipo !

Moi même je me suis lamentablement fait remarqué dans une intervention excessive en réclamant le micro de façon maladroite et impolie… Bref, je suis passé pour un con. Je décide donc de me calmer un peu et d’attendre avant d’intervenir à nouveau.

J’arrive enfin à avoir le micro. Je précise à la salle que je ne suis « membre de rien », ce qui fait sourire Jean-Guy Perrière. Mon intervention se limitera à exprimer mon désarroi aux élus présent. Leur dire que je me sens bien seul dans cette salle, leur rappeler que le Bassin est très fragile, qu’il souffre déjà beaucoup de surpopulation et qu’il faut s’arrêter là. Je conclu par la phrase d’un ami, un jeune architecte de 26 ans amoureux du Bassin :  » le Bassin c’est comme un cannot de sauvetage prévu pour 10 personnes… si on monte à 30 dessus, il coule et tout le monde meurt ». Je m’attendais à quelques applaudissements pour cette phrase tellement significative mais rien. Et Monsieur Jean-Guy Perrière, maire d’Arès de rétorquer que les élus du Bassin sont des gens responsables. Responsables peut-être mais conscients j’en doute.

Enfin, c’est Vital Baude, élu d’Arcachon pour les Verts qui prend à son tour la parole. Il précise, et je tiens à l’en remercier, qu’il comprend très bien ma réaction puisque j’ai fait l’effort de venir à cette réunion et que j’ai découvert que j’avais été mis, comme tout le monde, devant le fait accomplit, sans aucun débat préalable à cette étude, et que cela n’était pas normal de considérer les citoyens du Bassin de cette façon. Il intervient sur un point qui n’a pas été pris en compte dans cette étude pourtant très coûteuse: la nourriture. Qu’allons nous en effet donner à manger aux 250 000 habitants du Bassin ??? Il interpelle MHDE car il est vrai que depuis la projection du film « Nos enfants nous accuseront » et le débat violent qui a suivit (voir mon article en cliquant ici), elle a fait la démarche d’amener le bio dans les cantines de sa commune et c’est une très bonne mesure. Comment faire donc pour offrir une nourriture de qualité à une population aussi importante qui vit sur un territoire ou la pression foncière est telle qu’il est difficile voir impossible pour un maraîcher de s’y installer. Allons nous subir un va et viens permanent de camions remplis de nourriture industrielle vendue dans les hyper qui viendront s’installer dans les nouvelles Zones Industrielles crées pour l’occasion ? cet aspect pourtant capital n’a pas été pris en compte dans le SCOT.

A ce stade, il ne reste plus que 20 personnes dans la salle, il est 21h30 et je décide de rentrer.

Dans ma voiture j’ai eu envie de pleurer.

Ce soir j’ai compris que c’était foutu. Il n’y a plus rien à faire. Le compte à rebours de la déchéance du Bassin à commencé. Dans 5 ans, on commencera à s’en rendre compte mais il sera trop tard pour faire marche arrière. Finalement j’en arrive à la conclusion que, de part leur manque d’implication, ni les habitants, ni les ostréiculteurs du Bassin ne méritent ce territoire merveilleux. Ils vont donc le perdre au profit des bétonneurs. Je ne veux pas assister impuissant à l’agonie d’un endroit aussi magique qui méritait tellement plus de respect.

Je décide donc de partir avant le désastre.

A partir de ce jour, je vais réfléchir sérieusement à une nouvelle expatriation.

Cela devrait prendre deux ans à peine.

Certains seront contents de me voir partir, d’autres moins, mais je partirai la conscience tranquille car moi, au moins, j’aurai fait l’effort de m’informer, de m’exprimer, de participer aux différents débats et d’essayer de vous sensibiliser, tout en restant un simple citoyen apolitique et indépendant.
Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, je vous en remercie.

 

intervention de Michel DAVERAT, Conseiller Régional des Verts après les deux heures d’exposé:

http://www.dailymotion.com/video/xazyl5

Archives vidéos (deux Maires au moins affirmaient il y a moins d’un an qu’il n’était pas raisonnable de ne pas mettre un frein à l’augmentation démographique sur le Bassin):

Dans cette vidéo tournée lors du débat qui suivait la journée « L’eau en Partage » en février 2008, François DELUGA, député-Maire du Teich répond à la question d’un habitant concernant la pression démographique. Il parle alors de +70 000 habitants évalués alors que nous parlons désormais de… + 130 000 habitants !!!:

http://www.dailymotion.com/video/xb00nk

http://www.dailymotion.com/video/xb01bk

Dans cette vidéo, la réaction de Michel SAMMARCELLI, Maire de Lège-Cap-Ferret et Président du SIBA:

http://www.dailymotion.com/video/xb01xg




Le compte à rebours a commencé…

9082008

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Un frisson m’a traversé lorsque j’ai reçu le mail de René Capo, coordinateur du comité de vigilance de Biscarosse, m’invitant à me joindre au rassemblement des ostréiculteurs au pied du Wharf de la Salie…
Enfin ça va bouger ! enfin ils se décident à dénoncer le véritable problème.

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(ci dessus :René Capo, coordinateur du comité de vigilance de Biscarosse)

Si vous lisez mes précédents articles sur le Wharf et le plan Natura 2000, vous pourrez mieux comprendre pourquoi on en est arrivé là.

Depuis cet hiver, je me suis beaucoup investit pour dénoncer les rejets en mer au Wharf.
J’ai participé au blog de la député maire de Gujan Marie-Hélène des Esgaulx pendant les élections municipales, posant des questions embarrassantes à propos de rejets en mer, et une semaine plus tard, alors que je n’avais pas eu de réponse à mes questions malgré plusieurs relances, par le plus grand des hazards, j’ai eu un contrôle fiscal… Mais j’y reviendrai plus tard… avec tous les détails.

Hier donc, je me suis rendu, appareil photo et camescope à la main à ce rassemblement des ostréiculteurs.
Depuis deux semaines, les huîtres sont à nouveau interdites à la vente et le week end du 15 août est tout proche.
Les ostréiculteurs sont désormais au pied du mur.
Les élus du Bassin ont finalement réussi au fil des crises mal gérées, à les diviser au point que Marc Druart et tous les membres du bureau ont démissionné… Les « paysans de la mer » n’ont plus de représentant et sont affaiblis.
Alors, n’ayant plus rien à perdre, les « parqueurs », gardiens de l’identité du Bassin, se décident enfin à attirer l’attention des médias et du public sur ce qui est peut-être et très certainement l’un des maillons de la contamination de leurs huîtres et de la pollution du Bassin: je veux bien sûr parler des rejets en mer par le Wharf des eaux usées du Bassin et de l’usine de papier de Facture…

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Mes photos le prouvent : ce qui sort du Wharf, longe le Banc d’Arguin et la pointe du Cap Ferret, selon le sens du courant. Or, ce sont toujours les souris-test du Banc d’Arguin qui meurent en premier…
Voici une vue aérienne du Wharf prise le 28 août 2006 :
le Wharf

Après enquête avec René Capo, nous savons que les deux nouvelles stations d’épuration « high tech » de La Teste et de Biganos ne savent pas traiter les produits chimiques, sont limites au niveau de leur capacité en pleine saison estivale, et utilisent du polychlorure d’aluminium pour blanchir et floculer les mousses. Quand au nettoyage des canalisations, les explications restent floues…

René Capo, collectif Aquitain contre les rejets en mer
(ci dessus : René Capo interviewé par France 3 Aquitaine devant la station d’épuration de La Teste)

Cette prise de conscience des ostréiculteurs arrive un peu tard… cela fait 3 ans que je ressent le déclin du Bassin d’Arcachon. Malgré un discours rassurant des élus genre « vive l’identité du Bassin et ses traditions ! » et vas y que je participe à la régate des maires en pinasses à voile, et que je joue à la pétanque avec les people (tiens j’ai déjà vu ça à Saint Trop…) et que je me goinfre d’huîtres gratuites sur le front de mer, les élus continuent de favoriser le développement économique du Bassin et de permettre un peu plus d’urbanisation… + 100 000 habitants en 2030, c’est annoncé officiellement par le sous préfet depuis deux mois !

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Mais revenons à cette journée d’hier…
200 ostréiculteurs étaient présents avec banderolles et toute la presse locale s’était déplacé.
On va enfin parler de cette monstruosité : le Wharf !
Concernant les élus présents, seul Michel Daverat, Conseiller Régional des Verts avait fait le déplacement… Il y a avait aussi deux anciens élus : Acot-Mirande, ancien Maire de la Teste et René Serrano, lui aussi du PS… un peu tard pour se manifester…

wharf03.jpg

J’ai pris des contacts avec plusieurs personnes à qui je vais pouvoir fournir mes photos aériennes en espérant qu’elles puissent leur servir. Je pense que les journalistes locaux ont réalisé aussi ce qui était en train de se passer : la mort annoncé de l’ostréiculture sur la Bassin, et donc par conséquent, la mort programmée d’un environnement fragile qui sera laissé en pâture aux promoteurs immobiliers, à l’industrie du nautisme et aux grands groupes hôteliers ! Tout cela sur un fond d’ambitions politiques destructrices.

Les ostréiculteurs menacent de bloquer l’accès au Bassin pendant le week end du 15 août. Je crois que nous sommes au bord de l’explosion. Une explosion désormais nécessaire pour sauver ce qui peu encore l’être…

Le compte à rebours a commencé…

Pour voir la vidéo de la manifestation, rendez vous sur Youtube en cliquant ici !




Une semaine après…

11112007

Une semaine que je suis rentré.

A peine déposé mes bagages dans ma petite maison en bois de la Hume que je reçois un coup de téléphone de Jean-Philippe Claverie, le réalisateur de la Teste qui a tourné et monté le reportage du DVD qui accompagne mon livre sur le Bassin. Il fait un temps splendide et il voudrait que je lui tourne des images vidéos à bord de l’ULM. Il en a besoin pour son DVD sur le Bassin qui sortira dans quelques semaines. Vous pouvez d’ailleurs en voir un extrait sur son site : www.bassindarcachon-lefilm.com.
C’est vrai qu’il fait beau. A 17h00 je décolle avec Michel Boudigues. JP m’a amené sa caméra pro. Il fait très froid là haut. La tour de Cazaux nous autorise à survoler la Dune et le Banc d’Arguin quelques instants à 1000 pieds. Il y a beaucoup de trafic aujourd’hui. J’ai du mal à trouver la bonne position pour lutter contre le vent et garder la caméra stable. J’aurais préféré être à gauche mais Michel a l’habitude de piloter à cette place alors je dois faire avec.
Nous longeons à 150 pieds (50 mètres) les plages océanes du Cap Ferret. C’est superbe ! Puis nous coupons vers le phare autour duquel nous tournons presque à la verticale. Nous remontons vers le Mimbeau, puis direction le Moulleau. Je filme la plage Pereire puis le front de mer d’Arcachon baigné d’une lumière rasante orangée. Arrivé au niveau du port, nous partons vers l’Ile aux Oiseaux. Je demande à Michel de faire le tour par le Village d’Afrique. Nous sommes toujours à 150 pieds. Sous nos ailes, un groupe d’oiseaux migrateurs nous accompagne. Quel bonheur !

massacre01.jpg

Ma joie est de courte durée et prend un goût amer. Je découvre de mes propres yeux le chantier de la Cabane Tchanquée 53. Ca y est, elle n’est plus là… Décidemment j’ai du mal à accepter cette destruction… Je sais ce qu’ils vont faire de la nouvelle cabane-musée, je devine ce qui se passera par la suite, la dérive dans laquelle nous nous laissons emporter sans rien dire. Je reste convaincu que ce chantier préfigure le devenir du Bassin. Depuis mon retour de Cape Cod je suis encore plus attiré et choqué par les grues innombrables qui bordent les routes d’Arcachon, de Gujan et de la Teste… des résidences, des immeubles, des cages à lapin partout ! des « Pichet » interviewés par la presse locale et qui, avec la complicité des élus locaux qui leurs octroient les permis de construire, ont trouvé la bonne formule pour justifier l’urbanisation : « si on arrette de construire, l’immobilier continuera à flamber et les enfants des locaux ne pourront pas se loger… » Quelle connerie ! de toutes façons cela fait bien longtemps qu’il est devenu quasiment impossible de se loger sur le Bassin pour des jeunes ménages… et puis les enfants des locaux moi je n’en vois pas beaucoup rester sur le Bassin, et ce n’est pas vraiment pour des problèmes de logement mais plutot par l’absence de travail…

Le Bassin est une jolie station balnéaire, un environnement de travail pour les métiers de la mer, ostréiculteurs, pêcheurs, charpentiers de marine, une source d’emploi pour les métiers du tourisme et du commerce. Mais ça les élus ne veulent pas l’assumer. ils veulent voir plus grand, plus moderne, plus… valorisant pour leur carrière politique !

Je suis un parisien qui aime les grandes cités. J’aime New York, j’aime le dynamisme des grandes villes et leurs excentricités. Mais chaque chose à sa place. Quand je me suis installé ici, je cherchais le calme, la nature, l’authenticité. J’ai de plus en plus de mal à retrouver ces qualités.

Je redoute que la magie de ces lieux, de cette lumière si particulière qui m’avait inspiré depuis 7 ans, ne fonctionne plus à présent.
Je me dis qu’il est temps pour moi d’envisager de partir. Oui je vais envisager mon départ dans les 3 ans à venir. C’est mieux.







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